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Maison de repos et de retraite religieuse dite Béthanie

Dossier IA17046800 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéesparc, chapelle
Dénominationscouvent
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde
AdresseCommune : Saint-Palais-sur-Mer
Lieu-dit : Adresse : 67 avenue
de Courlay
Cadastre : 2009 AI 58

La création de la Maison religieuse de Béthanie fait partie des initiatives prises, au début du 20e siècle, par la bonne société catholique venue en villégiature à Saint-Palais-sur-Mer durant l'été. Le projet est lancé dès 1913-1914 par Louis-Jean d'Auby, riche banquier parisien, par ailleurs commanditaire de la villa Primavera, au Concié, et membre des fondateurs et financeurs de la nouvelle église du Bureau. Sa première idée, dans un objectif philanthropique, est de construire une usine et une crèche. Après avoir acquis des terrains à mi-chemin entre le Bureau et Courlay, il fait appel à Gustave Baudet, entrepreneur à Royan, qu'il a déjà employé sur sa villa Primavera, mais la Première Guerre mondiale interrompt la construction du bâtiment.

Au sortir de la guerre, d'Auby relance son projet en le réorientant : il ne s'agit plus d'accueillir une usine et une crèche dans ce qui a été construit du bâtiment, mais un orphelinat jusqu'ici tenu à Mornac-sur-Seudre par des religieuses de la congrégation de la Charité de Nevers. Pour encadrer le projet, d'Auby fonde en 1923 la Société civile immobilière (SCI) de Saint-Palais-sur-Mer. Il est décidé de reprendre la construction du bâtiment, inachevé depuis 1914. Le projet est toutefois à nouveau freiné, en juillet 1924, par le refus du conseil municipal de Saint-Palais de donner son autorisation. Il semble que le projet d'une telle implantation catholique en une terre majoritairement protestante fasse grincer des dents.

D'Auby finit par renoncer à faire venir l'orphelinat de Mornac et, sur les conseils de l'évêché, il décide de créer une maison de repos pour les institutrices des écoles privées du diocèse. Restée inachevée depuis 1914, la construction des bâtiments reprend : l'aile sud, une grande partie de l'aile ouest et la chapelle sortent de terre, sous la conduite de l'entrepreneur Gustave Baudet qui signe là une de ses dernières réalisations (il décède en 1925). Loué à l'évêché, le nouvel établissement reçoit ses premières pensionnaires en août 1926 et, le 13, il est béni par l'évêque de La Rochelle. La chapelle est placée sous le vocable de saint Louis, saint patron de M. d'Auby. Au-dessus de l'entrée, la cloche, baptisée "Marie-Térésa", est offerte par un anonyme. L'établissement reçoit le nom de "Béthanie", village où le Christ aimait se retirer, à l'entrée de Jérusalem.

En 1926, la maison de repos accueille 34 institutrices, près du double en 1927. Des travaux sont menés peu à peu pour améliorer le site (installation de l'électricité, adduction d'eau chaude et froide, constitution d'une bibliothèque, achat de mobilier, plantation d'arbres fruitiers dans le parc, construction de la structure au-dessus du puits). Le bâtiment lui-même reste pourtant inachevé : des cartes postales de l'époque montrent que seule la construction de la moitié sud du bâtiment a été menée à son terme ; les ailes nord et est (cloître) n'existent pas encore.

De nouveaux travaux d'importance sont alors réalisés en 1927-1928, sous la conduite de l'architecte Georges Vaucheret. La façade ouest est achevée par l'adjonction d'un pavillon nord, symétrique et identique au pavillon sud déjà existant, de manière à abriter notamment une salle de conférence. A l'été 1928, l'aile nord qui manquait jusqu'ici est achevée, parallèle à l'aile sud.

Quelques jours plus tard, le 30 juillet 1928, Louis-Jean d'Auby s'éteint dans sa villa Primavera. Sa veuve, Marie-Gabrielle Ducreux reprend le flambeau à la tête de la SCI de Saint-Palais, puis en laisse en 1937 la direction, en même temps que ses parts sociales, à Christine Parrot de Guigne, comtesse de Dampierre. Dotée d'une confortable fortune, elle décide d'achever le bâtiment de Béthanie. Ainsi, un cloître vient fermer la cour intérieure, à l'est, et un parc avec allées et pelouses est créé. Le cloître est édifié sur le modèle de celui proposé par l'Etat du Vatican à l'Exposition internationale des arts et techniques qui se déroule à Paris en cette même année 1937. La comtesse de Dampierre décide par ailleurs de réserver les mois d'été au repos des institutrices, et la période hivernale à l'accueil de personnes souhaitant effectuer une retraite religieuse.

En 1940, "Béthanie" est réquisitionné par les troupes allemandes d'Occupation pour en faire un hôpital militaire. L'établissement accueille de nombreux blessés à l'issue des premiers bombardements de Royan, en janvier 1945. Le bâtiment sort très endommagé de la guerre, mais les retraites religieuses reprennent dès 1946. En 1947, la comtesse de Dampierre quitte la France et cède ses parts au diocèse de La Rochelle. En 1974, la SCI est dissoute au profit d'une association de type loi 1901, l'Association Béthanie, qui fait donation du site en 1977 à une communauté de religieuses dominicaines. Celle-ci quitte les lieux en 2004, relayée jusqu'en 2006 par l'association catholique Pain de Vie. En 2012, le bâtiment, désaffecté, est racheté par la Communauté d'Agglomération de Royan-Atlantique.

Période(s)Principale : 1ère moitié 20e siècle
Dates1914, daté par travaux historiques, daté par source
1928, daté par source
1937, daté par travaux historiques, daté par source
Auteur(s)Auteur : Baudet Gustave
Baudet Gustave (1854 - 1925)

Fils de Constant Baudet, entrepreneur de travaux publics, Gustave Baudet a tenu une importante entreprise de bâtiment à Royan à la fin du 19e siècle et au début du 20e.


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entrepreneur attribution par source
Auteur : Vaucheret Georges
Vaucheret Georges (1867 - 1957)

Originaire de Lyon, Georges Vaucheret (1867-1957) est connu pour plusieurs projets et réalisations, publics et privés, autour de Royan où il s'est établi au début du 20e siècle. Maire de Royan juste avant 1940, il participa à la réflexion sur la reconstruction de la ville après 1945.


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architecte attribution par source, attribution par travaux historiques

Située à mi-chemin entre le Bureau et Courlay, en un site autrefois dénué de constructions, la Maison de Béthanie comprend un ensemble de corps de bâtiments répartis autour d'une cour rectangulaire. Cet ensemble est encadré au nord et au sud par deux allées d'arbres, à l'est et à l'ouest par des jardins.

Le corps principal de bâtiment, à l'ouest, est encadré par deux pavillons d'angles, couverts d'un toit à croupes et que prolongent, en retour d'équerre, deux longues ailes, délimitant la cour au nord et au sud. L'architecture de l'ensemble est d'une grande sobriété, le décor se limitant aux encadrements saillants des ouvertures, et au parement en moellons équarris sur le solin. La façade ouest est marquée en son centre par un avant-corps en pierre de taille, percé d'une large porte en plein cintre, de trois baies étroites, également en plein cintre, au-dessus, le tout surmonté d'un fronton et d'un campanile. De part et d'autre de cet avant-corps, la façade présente trois baies en plein cintre au rez-de-chaussée, deux baies rectangulaires à l'étage, le tout formant une parfaite symétrie.

On retrouve la même rigueur sur les façades des ailes nord et sud. L'aile nord abrite notamment une buanderie et une lingerie. L'aile sud, partiellement plus élevée d'un niveau que l'aile nord, accueille des chambres au rez-de-chaussée et à l'étage, une cuisine et des pièces de service au soubassement. Ces deux ailes se terminent par un cloître qui ferme la cour à l'est. Ce cloître se distingue par sa charpente apparente, munie de fermes en plein cintre qui retombent sur des colonnes sans chapiteau. Les trois ailes du cloître enserrent la cour dans laquelle prend place un puits à margelle ronde et à structure métallique.

A l'arrière du corps principal de bâtiment, accessible depuis la porte percée dans sa façade ouest, la chapelle avance dans la cour vers l'est. Terminée par un chevet à trois pans, elle présente un toit à longs pans brisés, couvert d'ardoises sur le brisis et de tuiles mécaniques sur le terrasson. Le chevet est percé d'une baie circulaire centrale, encadrée par deux baies en plein cintre. La nef présente, de chaque côté, des baies triples, dont la baie centrale est plus haute que les deux autres. C'est là le seul décor architectural de la chapelle, avec la corniche à modillons qui, à l'intérieur, soutient la voûte en lambris, percée de lucarnes. Une tribune surmonte l'entrée de la chapelle. Au sud se trouve une sacristie.

Murscalcaire moellon enduit partiel
parement
Toittuile mécanique, ardoise
Étagesétage de soubassement, 1 étage carré
Couvrementsvoûte en berceau
lambris de couvrement
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
toit à longs pans brisés
Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales de Saint-Palais-sur-Mer, 1G 3 à 22. 1839-1962 : plan, état de section et matrices cadastrales de Saint-Palais-sur-Mer (NB : la date de construction indiquée par le cadastre est tantôt celle de la construction effective, soit celle de la première imposition, généralement réalisée trois ans après).

  • Archives municipales de Saint-Palais-sur-Mer, 3R 3. 1976-1977 : notice historique et réunion du chapitre conventuel de la communauté des dominicaines de Saint-Palais-sur-Mer.

  • Archives diocésaines de La Rochelle-Saintes, 4L 7. 1923-1974 : fondation et activités de la Société immobilière de Saint-Palais-Béthanie, registre des assemblées générales, brochure Souvenirs de Béthanie racontant l'histoire de l'institution jusqu'en 1958.

  • Archives diocésaines de La Rochelle-Saintes, 4L 10. 1924-1981 : construction et agrandissement de la maison de Béthanie, correspondance, assemblées générales de la Société civile immobilière de Saint-Palais.

  • Informations et références fournies par M. Nicolas Champ, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Bordeaux 3, auteur en 2009 d'une thèse de doctorat intitulée "Religion et territoire. L´espace public entre présence confessionnelle et sécularisation dans la France du 19e siècle. Le cas de la Charente-Inférieure (1801-1914)".

Bibliographie
  • Bulletin religieux du diocèse de La Rochelle et Saintes.

    N° des 7 et 28 août 1926, 11 août 1928. Archives diocésaines de La Rochelle-Saintes, La Rochelle
  • Magrenon, Stéphane. Histoire de Saint-Palais-sur-Mer : naissance et essor d'une station balnéaire (1826-1939). Saint-Palais-sur-Mer : Keïmola, 2013, 364 p.

    p. 298-304
  • Richet, François. Souvenirs de Saint-Palais-sur-Mer. Saintes : éditions du Trier-Têtu, 2015, 473 p.

    p. 262-263
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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