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Maison de maître dite Castel Courtioux

Dossier IA23002059 réalisé en 2010

Fiche

Genrede maître
AppellationsCastel Courtioux
Parties constituantes non étudiéesatelier
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes du Pays Dunois - Dun-le-Palestel
AdresseCommune : Lafat
Lieu-dit : le Courtioux
Cadastre : 1826 C 26 ; 2008 AA 116

La maison d'origine figurerait sur un plan domanial de Saint Germain Beaupré. Les parties anciennes visibles extérieurement semblent dater du 18e siècle mais le dallage intérieur faire tendre la datation vers le 17e siècle. L´édifice est également référencé sur le plan cadastral de 1826. Dans la seconde moitié du 19e siècle, cette maison appartenait à Charles Quinquaud, médecin des Hôpitaux et lauréat de l'Académie des Sciences, et à son épouse Thérèse Quinquaud née Caillaux, femme aux talents multiples, reconnue notamment comme peintre, sculpteur et musicienne. Leur fille Anna est actuellement considérée comme l'une des plus grandes sculptrices africanistes françaises du 20e siècle. Bien que son atelier principal demeurait à Paris, elle venait dans cette maison de famille tous les étés pendant plusieurs mois. Elle y réalisait principalement des dessins et des peintures. Charles Quinquaud faisant carrière à Paris, cette maison resta inhabitée dans les années 1870 et 1880. Il y séjourna davantage vers la fin de sa vie, en compagnie de son épouse. Après la mort de son époux en 1894, c'est Thérèse qui se chargea d'entretenir l'édifice puis d'effectuer des transformations, notamment l'ajout de la tour au sud-est, terminée peu avant 1914, dont elle avait elle-même dessiné le plan.

La partie nord-est comportait autrefois une grange-étable, réhabilitée dans les années 1950 par une petite-fille de Thèrese et Charles Quinquaud.

Période(s)Principale : 17e siècle , (?)
Principale : 18e siècle , (?)
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : milieu 20e siècle , daté par source
Auteur(s)Personnalité : Quinquaud Charles propriétaire attribution par source
Personnalité : Caillaux-Quinquaud Thérèse propriétaire attribution par source
Personnalité : Quinquaud Anna personnage célèbre attribution par source

La maison se situe à l'extrémité nord-est du bourg, au lieu dit Le Courtioux qui a donné son nom à l'édifice. Bâtie sur cave, elle comporte un corps de logis central rectangulaire de deux niveaux orienté sud-ouest / nord-est, contre lequel est adossée une aile perpendiculaire de trois niveaux ainsi qu'une tour circulaire au sud-est. A l'exception de la tour, les bâtiments sont construits en moellon de gneiss recouvert intégralement par un enduit. Les ouvertures de l'aile sont presque toutes à linteaux droits, tandis que sur la façade sud-est alternent des fenêtres cintrées, en arc segmentaire ou en anse de panier, formant une composition asymétrique qui semble inspirée de l'architecture anglo-saxonne. La partie nord-est de cette façade témoigne de la réhabilitation de l´ancienne grange-étable : les contours de la porte de grange subsistent (elle a été transformée en baie vitrée) ainsi que la lucarne passante à croupe qui devait autrefois permettre d'accéder à un grenier ou à un fenil. Les espaces agricoles sont désormais des espaces d´habitation. Un garde-corps en fonte orne la fenêtre de l'étage au nord-est. Le corps central comporte un toit à deux pans alors que l'aile est dotée d'un toit à croupes ; l'ensemble est couvert en tuile plate. Une large souche de cheminée surmonte la toiture à la jonction sud entre l'aile et le corps central. Une seconde souche de cheminée en brique se dresse à l'extrémité ouest. La tour en demi hors-œuvre est construite en moellon de granite et présente des encadrements d'ouvertures cintrés également en granite. A l'entrée au sud, une pierre ancienne en granite rose sculptée d'une croix nimbée a été scellée contre le mur. Une seconde pierre en granite gris lui fait face, sur laquelle le modèle ancien a été copié et sommairement gravé. La tour, coiffée en poivrière et sommée par un épi de faîtage en pointe, est pourvue d'une toiture débordante en tuile plate sur la partie basse, en ardoise sur la partie haute. Dans la cour se trouvent deux auges-abreuvoirs monolithes en granite ainsi qu'une pierre à mil de section octogonale.

Mursgneiss moellon enduit
granite moellon
granite pierre de taille
brique
Toittuile plate, ardoise
Plansplan allongé
Étagessous-sol, 2 étages carrés, étage de comble
Couverturestoit à deux pans
toit conique
croupe
Typologiesmaison de maître
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Biographie de Charles Quinquaud (1841 - 1894)
    Né dans une famille paysanne de Lafat, il montre très tôt de brillantes dispositions pour les études. Il les continue au lycée de Limoges, puis commence dans cette même ville des études de médecine qu´il termine à Paris. Interne, puis médecin des hôpitaux (1872), il franchit très vite les échelons de la spécialité :

    - médecin du bureau central des hôpitaux (1878) ;

    - assure un cours libre de pathologie interne à l´Ecole pratique de la Faculté de médecine (1878-1882) et à l´hôpital Saint-Louis (1879-1890) ;

    - lauréat de l´Académie des sciences (1880 et 1882) et de l´Académie de médecine (1887) ;

    - agrégé de la faculté (1885) ;

    - médecin de l´hôpital Saint-Louis (1885) ;

    - professeur de pathologie interne à la Faculté de médecine (1887) ;

    - membre de nombreuses sociétés savantes (sociétés d´anatomie, de biologie, d´anthropologie, de botanique, d´entomologie, co-fondateur de la société de dermatologie et de syphiligraphie) ;

    - membre de l´Académie de médecine (1891).

    Son érudition et sa puissance de travail lui permettent de s´illustrer dans divers domaines de la médecine portant surtout sur la physique et la chimie appliquées à la physiologie et à la pathologie. (...)

    La publication de plusieurs ouvrages importants, de plus de 200 articles dans les revues médicales, sa collaboration à des dictionnaires et oeuvres scientifiques ont été l´aboutissement de ses recherches et travaux.

    Il aurait pu acquérir une renommée prestigieuse, mais hélas ! une grippe infectieuse l´emporte le 9 janvier 1894. Il a 52 ans.

    Extrait de : DELANGLE, Georges. Une grande famille creusoise : les Quinquaud. Les Cahiers des Amis de la Creuse, n°5. 17 p., p. 2-3.

  • Biographie de Thérèse Quinquaud (1860 - 1928)
    C´est une artiste aux multiples talents : peintre, pianiste, chanteuse, sculpteur (elle avait été élève de Rodin).

    Elle est beaucoup plus jeune que son mari et celui-ci hésite longtemps avant de l´emmener dans une ferme de la Creuse. Mais elle tombe amoureuse de la région. (...) Elle commence la rénovation de la maison, continuée par la suite, de sorte que celle-ci est devenue l´élégant castel, avec ses deux tours et un parc, que l´on peut voir aujourd´hui.

    Elle sculpte, entre autres, l´imposant statue en bronze de Martin Nadaud, érigée en 1902 à Bourganeuf sur la place du Palais de Justice, et inaugurée par Gaston Doumergue, ministre des colonies, qui deviendra ultérieurement président de la République. Cette statue sera hélas ! enlevée en 1942 par les Allemands pour être fondue.

    Elle exécute également le buste d´Armand Fourot, maire d´Evaux-les-Bains, plusieurs fois député, l´une des figures les plus représentatives de la Creuse et de son idéal républicain, disparu en pleine activité à l´âge de 48 ans.

    Inauguré en grande pompe en 1909, le buste est lui aussi enlevé par les Allemands. Le socle était demeuré vide jusqu´à ce qu´un nouveau buste reprenne sa place dans la cité. Il avait été exécuté par Anna Quinquaud, la fille de Thérèse, d´après les études de sa mère.

    Extrait de : DELANGLE, Georges. Une grande famille creusoise : les Quinquaud. Les Cahiers des Amis de la Creuse, n°5. 17 p., p. 4.

  • Biographie d'Anna Quinquaud (1890 - 1984)

    Anna Fanny Quinquaud est l´une des grandes figures de la sculpture africaniste et sa vie d´artiste est exemplaire à plus d´un titre. Née à Paris dans 5e arrondissement le 5 mars 1890, elle est la fille de Charles Quinquaud, professeur et chercheur en médecine, creusois d´origine, né à Lafat, et de sa femme Thérèse, sculpteur, ancienne élève de Rodin. (...) La mère exerce son métier de sculpteur et la petite Anna sera très jeune à la bonne école. Un bas-relief en terre cuite réalisé à l´âge de douze ans intitulé Une bergère et ses moutons est toujours dans la famille. Anna et sa soeur cadette sont inscrites dans un cours privé à Paris. L´été, les Quinquaud passent régulièrement les vacances scolaires dans la maison familiale de Lafat.

    Très tôt, Anna eut la vocation de la sculpture, comme sa mère. En 1902, alors qu´elle a à peine vingt-deux ans, elle participe au Salon des Artistes Français et présente deux bustes en plâtre. (...) Elle obtient, en 1914, le prix de sculpture des femmes peintres et sculpteurs. Puis, avec la Grande Guerre, comme beaucoup de jeunes femmes, elle sera infirmière durant ces années difficiles. Après l´Armistice, elle travaille dans l´atelier de Laurent Marqueste et entre à l´Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts où, présentée par Denys Puech, elle est définitivement admise le 22 décembre 1919. (...) Anna Quinquaud tente plusieurs fois le prix de Rome. Elle est deuxième logiste en avril 1922, troisième logiste en avril 1924 et obtient le premier second Grand Prix le 23 juillet 1924. (...) Elle se verra décerner le prix de l´Afrique occidentale française en 1924, et celui de Madagascar en 1932, obtenus à la société coloniale des Artistes français. Elle préférera la découverte du continent africain au séjour qui lui était offert à la villa Médicis.

    Anna Quinquaud aurait pu se contenter d´une vie métropolitaine. Jeune et jolie, cet artiste voyageur ne va cependant pas hésiter à affronter les roulis de l´océan et la fournaise de la brousse. (...)

    En 1925, suite au prix de l´A. O. F. qui lui donne le droit au voyage pour Dakar et à une bourse de deux ans, elle traverse la Mauritanie, le Sénégal puis le Soudan, actuel Mali. Enfin, elle remonte en pirogue le Niger accompagnée de quelques soudanais. Elle se dit impressionnée par ce qu´elle appelait le statisme du mouvement de ces Africains aux gestes mesurés et harmonieux. De retour, elle passe quatre années à Paris, de 1926 à 1929, dans son petit atelier au 159, rue Vercingétorix où elle perfectionne sa technique sculpturale et réalise des oeuvres de commande. Elle retrouve en 1930 le Niger et la Guinée et y vit parmi les peuples foulahs, coniaguis, bassaris des massifs montagneux du Fouta-Djallon. A son retour, elle expose ses sculptures et aquarelles à la galerie Charpentier. (...)

    Le prix de Madagascar, acquis en 1932, est accompagné d´une bourse de voyage, qui lui permet de visiter l´île l´année suivante, puis l´Abyssinie, actuelle Ethiopie. [...] Elle visite enfin les côtes des Somalies et part à Fort-de-France en Martinique. (...)

    A son retour en France, elle s´installe, plus confortablement, dans un appartement en duplex 26, rue des Plantes dans le 14e arrondissement. Elle place son atelier au rez-de-chaussée, son appartement au-dessus et vivra là presque jusqu´à la fin de ses jours. (...)

    L´époque des grands voyages est derrière elle et son activité, à partir de 1940, devient moins importante en raison de l´absence de commande. Elle va s´occuper d´un atelier d´encadrement et d´ébénisterie. Elle reprend son métier de sculpteur dès la fin de la guerre et réalise de nombreux bustes de commande. Elle passe toujours les étés à Lafat où elle a son atelier. Elle y réalise surtout des peintures. Elle y rencontre de nombreux artistes dont Guillaumin, Monet et Gaston Thiéry. (...) Malgré ses nombreuses toiles, cet artiste se considérait avant tout comme un sculpteur. (...)

    Sculpteur ethnographe, Anna Quinquaud a réalisé des sculptures d´une facture sobre et d´une grande sensibilité. Ses sujets, en général féminins, sont souvent dignes, calmes, mélancoliques.

    Extrait de : RICHEMONT, Stéphane. CHAPPEY, Frédéric. Terres cuites orientalistes et africanistes, 1860-1940. Editions de l'Amateur, 1999. 238 p. Anna Quinquaud, p. 212-217.

Références documentaires

Bibliographie
  • RICHEMONT, Stéphane, CHAPPEY, Frédéric. Terres cuites orientalistes et africanistes, 1860-1940. Paris : l'Amateur, 1999. 238 p.

    p. 212-218 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
  • [Exposition. Guéret, Musée d'Art et d'Archéologie. 1977]. Anna Quinquaud. Réd. Simone DOUBLARD DU VIGNEAU. Guéret : éd. Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, imp. Lecante, 1977. 27 p.

    Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
Périodiques
  • DEVILLETTE, Anita. De la Creuse au bout du monde... Une femme à la recherche de l´âme africaine. Les Magazines de France, octobre 1995, p. 64-65.

    p. 64-65
  • DELANGLE, Georges. Une grande famille creusoise : les Quinquaud. Les Cahiers des Amis de la Creuse, [s. d.], n°5. 17 p.

    Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Département de la Creuse - Belzic Céline
Belzic Céline

Chargée de recherche, Conservation du Patrimoine, Conseil départemental de la Creuse, 2008-2010


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- Pacquot Eglantine
Pacquot Eglantine

Chargée de recherche, Conseil départemental de la Creuse, 2010


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