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Mairie, école primaire

Dossier IA17045332 réalisé en 2012

Fiche

Dénominationsmairie, école, école primaire
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
AdresseCommune : Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet
Lieu-dit : Chenac
Adresse : route du
Pineau
Cadastre : 2009 OC 138

En 1700, Pierre Garnier est instructeur de la jeunesse à Chenac. En 1791, Jacques-Louis Guertin, curé de Chenac, prête serment de fidélité à la Consitution civile du clergé, puis quitte l'habit et se marie avec sa servante. Devenu huissier puis greffier du juge de paix du canton de Mortagne et adjoint au maire de Chenac, il est mentionné en 1801 comme maître d'école à Chenac. En 1807, le conseil municipal se tient dans une maison mise à disposition par le maire. En 1832, la municipalité de Chenac prend en location pour trois ans une pièce dans la maison de Louis Victor Gillebert, au hameau de Chez-Rullaud, pour y installer la mairie. Cette location est renouvelée en 1835. En 1836, l'école de garçons est installée en location dans l'ancien presbytère près de l'église (aujourd'hui détruit), propriété de l'instituteur Guertin qui y tenait en fait déjà sa classe. En 1847, la municipalité acquiert du matériel scolaire : une estrade, une table de quatre mètres de long, des ardoises, des encriers et un bureau pour le maître. En 1850, une maison est prise en location, cette fois dans le bourg de Chenac (actuellement au 2 rue de l'Oumade), auprès d'Alexandre Laraud, pour accueillir à la fois l'école de garçons, le logement de l'instituteur et, dans une pièce au-dessus de la salle de classe, la mairie. Pendant ce temps, une école privée de filles, tenue par des religieuses de la congrégation des Ursulines du Sacré-Cœur de Pons, est ouverte grâce à l'intervention de Mme Delacroix-Durepaire, du château Saint-Denis, bienfaitrice de la paroisse, et de la supérieure de la congrégation, soeur Louis de Gonzague, née Aglaë Emery-Desbrousses, dont la famille est originaire de Saint-Fort-sur-Gironde et de Chenac. Le 25 juillet 1853, un décret impérial autorise l'installation de cette école dans une maison donnée par Mme Durepaire et située dans le bourg (maison aujourd'hui disparue, sur la petite place à l'angle de la rue du Clocher et de la rue de l'Oumade). Le couvent des Ursulines, chargé aussi de la visite des malades, accueille jusqu'à cinquante élèves, et est reconnu école communale en 1874. Il périclite ensuite : en 1881, il ne compte plus que douze pensionnaires. Il se maintient jusqu'à l'interdiction de l'enseignement congréganiste en 1904. Entre temps, en 1857, la municipalité de Chenac achète une maison dans le bourg de Chenac (5 rue des Vallons) pour y établir de manière plus stable la mairie et l'école publique de garçons. En 1894-1895, une école publique de filles est installée en location au 6 rue du Clocher. Un inventaire de son mobilier indique qu'elle dispose notamment de tables, d'un bureau pour l'enseignante et de cartes. Tous ces locaux étant trop petits et vétustes, et la fermeture de l'école privée de filles amenant davantage d'élèves à l'école publique, la municipalité décide en 1905 de faire construire un nouveau bâtiment réunissant la mairie, l'école de garçons et l'école de filles. Le projet est confié à l'architecte Félicien Balley, de Saintes (engagé à la même époque pour la mairie-école de Saint-Seurin-d'Uzet). Il présente ses plans, devis et détail estimatif le 25 juillet 1905. Ces documents précisent entre autres que la pierre de taille proviendra des carrières de Thénac et de Pons, les moellons de Chaussat et les tuiles de Roumazières. Le projet initial prévoit deux grandes cours à l'arrière du bâtiment sur rue, avec des préaus et même un gymnase au fond. Le projet finalement adopté comprend deux cours plus réduites, l'une pour les filles, l'autre pour les garçons, avec chacune un préau au fond, et un jardin entre les deux cours. Une modification est également apportée à l'élévation de la façade : à des fenêtres en plein cintre au rez-de-chaussée, on préfère des fenêtres rectangulaires, avec un fronton brisé au-dessus de la porte. Adjugés le 29 avril 1906 à Ferdinand Cougrand, entrepreneur à Royan, les travaux commencent peu après (la date 1906 est inscrite sur le fronton) et sont réceptionnés le 5 janvier 1909. En 1952, la municipalité décède d'acheter l'ancien couvent des ursulines (bâtiment aujourd'hui disparu, rue de l'Oumade) afin d'y installer la cantine scolaire. C'est chose faite à la rentrée des vacances de Pâques 1956. Une salle de spectacle est améagée dans l'ancien dortoir.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1906, porte la date
Auteur(s)Auteur : Balley Félicien
Balley Félicien , né(e) 1866

Architecte à Saintes au début du 20e siècle.


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architecte attribution par source

La mairie-école primaire est organisée en deux corps de bâtiments, répartis de part et d'autre de la cour. Au fond de la cour se trouvent les préaux. Le corps de bâtiment sur la rue, dont il est séparé par un jardin et un muret avec grille, se veut monumental. Il comprend la mairie, au centre, une salle de classe, ancienne école de garçons, à gauche, et une autre, ancienne école de filles, à droite. Le tout est encadré par deux portails couverts en arc segmentaire, avec linteau en pierre et en brique. Ce jeu de couleurs créé par la brique et la pierre se retrouve sur une frise au sommet de la façade de la mairie. Le reste de la façade est en pierre de taille et s'organise symétriquement autour d'une travée centrale. Celle-ci comprend la porte en plein cintre, accessible par un emmarchement, un fronton en plein cintre brisé, reposant sur quatre consoles, une baie circulaire et enfin un fronton triangulaire, lui aussi soutenu par deux consoles. Le reste du décor de la façade réside dans les encadrements saillants des fenêtres et les corniches au-dessus de celles du rez-de-chaussée. A l'intérieur de la mairie, l'entrée comprend un escalier en bois. A gauche, la salle du conseil présente une cheminée dont le linteau est soutenu par deux colonnes. Un buste de Mariane est placé sur la clé de linteau saillante de la cheminée.

Mursbrique
calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile mécanique
Étages1 étage carré
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Techniquessculpture
Représentationsvolute ornement végétal
Précision représentations

Des volutes et des enroulements végétaux ornent le fronton brisé au-dessus de la porte de la mairie et le fronton triangulaire au sommet de sa façade.

La date 1906 est inscrite sur le fronton triangulaire. Au-dessus de la porte figurent le mot "Mairie" et les initiales "RF" pour République Française. Ces initiales se retrouvent sur la porte et sur la cheminée à l'intérieur.

Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • 6 juin 1905, lettre de Félicien Balley, architecte à Saintes, au maire de Chenac au sujet du projet de groupe scolaire (Archives départementales de Charente-Maritime, archives de la commune de Chenac, E dépôt 103/107, 1M 1) :

    "J´espère que mon envoi aura votre approbation et celle du conseil municipal.

    Les quatre plans diffèrent en ce sens que le jardin est placé soit au centre, soit aux extrémités avec, dans ce dernier cas (parties B et C), une plus ou moins grande étendue de jardin.

    Ils ont tous des avantages mais je dois vous dire que le parti D me semble le meilleur. Il isole les deux cours en faisant néanmoins profiter chacune d´elles de l´air du jardin. Il permet à l´instituteur et à sa famille d´aller au jardin sans passer par les cours. Le même avantage est réservé, le cas échéant, au conseil municipal. Enfin, il donne un cabinet du maire ou archives à proximité de la salle de mairie avec, de l´autre côté formant symétrie, un chai à bois pour les classes et même l´instituteur.

    Je fais, sous le côté droit (salle à manger et cuisine), une cave pour l´instituteur. Au premier, il aura un superbe logement.

    La construction s´élèvera à 25000 francs, mais je vous prie de remarquer que vous aurez un immeuble superbe et construit d´après toutes les règles de l´art".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Charente-Maritime. E dépôt 103/107, archives de la commune de Chenac, 1D 1 à 7. 1800-1967 : registres des délibérations du conseil municipal.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. E dépôt 103/107, archives de la commune de Chenac, 1M 1. 1832-1920 : mairie et école, aménagements et construction.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. E dépôt 103/107, archives de la commune de Chenac, 1R 3. 1847-1895 : mobilier scolaire.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. E dépôt 103/107, archives de la commune de Chenac, 1R 7. 1851-1895 : déclaration d'ouverture d'une école libre.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E 44/13. 1700, 15 septembre : acte notarié mentionnant Pierre Garnier, instructeur de la jeunesse à Chenac.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 2 O 375. 1843-1933 : travaux, construction ou reconstruction de la mairie, du groupe scolaire, du monument aux morts et du presbytère de Chenac.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 1T 232. 1879-1897 : école libre de Chenac.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 1T 299. 1851 : ouverture d'une école libre de filles à Chenac.

Bibliographie
  • Jouan, Eutrope. Monographie de Chenac (canton de Cozes). Recueil de la Commission des Arts de la Charente-Inférieure, t. 8, 1886.

    p. 69-70 et 73
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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