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Mairie (ancienne), école primaire, groupe scolaire Agrippa-d'Aubigné de Saint-Liguaire

Dossier IA79004531 réalisé en 2016

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, clôture
Dénominationsécole, école primaire, mairie, groupe scolaire
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Niort
Lieu-dit : Bourg de Saint-Liguaire
Adresse : place, Constant-Saboureau, 1 rue
du Moulin
Cadastre : 2016 DZ 65 et 67
Précisionsautrefois sur commune de Saint-Liguaire

La mairie se trouvait déjà à cet emplacement sur le plan cadastral de 1832. Il s'agissait alors d'un petit bâtiment parallèle à la rue, situé au milieu de la voie actuelle, dans le virage de la rue du Moulin. Ce bâtiment, sa cour et son jardin attenant sont représentés dès juin 1821 sur un plan établi par le géomètre voyer Suaudeau. La maison vient d'être achetée par la municipalité auprès de Jacques-Suzanne Moriceau (1770-1833), notaire à Niort, qui l'avait fait construire (peut-être vers 1801, date du Concordat) pour y loger le curé de Saint-Liguaire.

Cette acquisition permet d'y installer la mairie, l'école de garçons (dont une première mention est faite en 1795 dans le presbytère) et le logement de l'instituteur. Constituée de trois pièces et d'un grenier, cette petite maison fait l'objet de réparations en 1853-1854 dans la chambre de l'instituteur et la salle de l'école. Toutefois, en 1866, le conseil municipal constate que l'école est trop petite pour accueillir les 65 enfants en âge d'être scolarisés, et qu'il est urgent de l'agrandir. Conçus en 1866 par l'architecte François Victor Vallet, et attribués en 1867 à l'entrepreneur Prosper Bounault, des travaux d'agrandissement sont effectués en 1867-1868.

Dans les années 1880, une polémique oppose la municipalité (conservatrice) de Saint-Liguaire à l'Etat. Il s'agit de mettre en application, ou non, la nouvelle législation qui impose l'ouverture d'écoles publiques de filles. En 1881, le conseil municipal refuse de s'y plier, estimant qu'il n'en a pas les moyens et, surtout, que la commune dispose déjà d'une école de filles, privée certes, établie depuis quelques années au sud de la mairie-école de garçons, de l'autre côté de la rue (actuelle école Sainte-Macrine, impasse de l'Abbaye).

Désigné d'office par la préfecture, l'architecte Auguste Bergeron présente, le 10 avril 1882, un projet d'école publique de filles à construire dans le jardin à l'ouest de la petite mairie-école de garçons. Le projet prévoit un corps principal de bâtiment, à un étage, abritant le logement de l'institutrice (une cuisine, un salon et un corridor au rez-de-chaussée ; deux chambres à l'étage) ; un bâtiment en rez-de-chaussée, comprenant deux salles de classe et éclairé au sud par quatre grandes fenêtres, serait placé en prolongement, vers l'ouest. La cour serait placée au sud, avec lieux d'aisance et préau couvert. La pierre de taille du solin proviendra des carrières de Surimeau, connue pour sa résistance à l'humidité, et pour le reste, des carrières de Niort ou de Souché. Les bâtiments seront couverts en tuile plate losangée de Montchanin.

Le conseil municipal persistant dans son refus, l'Etat prend l'opération à sa charge en mettant en place une imposition d'office pour la financer. L'école de filles ouvre dès la rentrée 1883 dans un local provisoire, loué auprès de l'instituteur. Les travaux de construction de la nouvelle école sont adjugés le 21 mai 1884 à Louis Drevin, entrepreneur à Echiré.

Obligé de se soumettre, le conseil municipal emboîte finalement le pas à l'Etat en décidant, en 1886, de reconstruire la mairie-école de garçons, vétuste et trop petite, dans le prolongement de la nouvelle école de filles et suivant le même modèle architectural. Le projet est réalisé en 1887 par l'architecte départemental Chevillard qui propose de prolonger vers l'est le logement d'institutrice par une nouvelle mairie, puis par un logement d'instituteur et enfin par une salle de classe pour garçons. Les travaux sont adjugés le 29 novembre 1888 à Louis Drevin, le même entrepreneur que pour l'école de filles. Dès 1889, constatant que les effectifs de l'école de garçons sont en hausse, tandis qu'une des deux salles de classes de l'école de filles est inoccupée, le conseil municipal obtient l'inversion des deux écoles : celle de garçons passe à gauche de la mairie, celle de filles à droite. Les travaux sont réceptionnés le 30 septembre 1891. En janvier 1892, une horloge destinée à être fixée au sommet de la façade de la mairie (où elle se trouve toujours) est achetée à l'entreprise Lussault frères, de Marçay (Vienne), pour 680 francs, pose comprise.

L'école a de nouveau été agrandie vers l'est (actuelle école maternelle) entre 1958 et 1965 (vues aériennes). Les lieux ont cessé d'abriter le siège municipal de Saint-Liguaire lorsque la commune a été fusionnée avec celle de Niort en 1972.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates1884, daté par source
1888, daté par source
Auteur(s)Auteur : Bergeron Auguste architecte attribution par source
Auteur : Chevillard (maison)
Chevillard (maison)

Maison Chevillard, à Angers, spécialisée depuis 1850 dans la fabrication et la restauration des bronzes d'art et de mobilier religieux.


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architecte attribution par source
Auteur : Drevin Louis
Drevin Louis

Entrepreneur à Echiré (Deux-Sèvres) à la fin du 19e siècle.


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entrepreneur attribution par source

Le groupe scolaire est constitué d'une part d'un ensemble de bâtiment alignés le long de la place Constant-Saboureau, au sud ; d'autre part, de bâtiments plus récents construits dans le prolongement est des précédents (école maternelle) ou bien dans la parcelle à l'arrière, au nord.

L'ensemble sud, représentatif de l'architecture scolaire de la fin du 19e siècle par sa sobriété et son fonctionnalisme, était précédé à l'origine d'une cour arborée, la rue étant alors plus étroite qu'aujourd'hui. Il comprend cinq corps de bâtiments disposés symétriquement et dans le prolongement les uns des autres. Le corps central abritait la mairie de Saint-Liguaire jusqu'à la fusion de la commune avec celle de Niort en 1972. Il est couvert d'un haut toit en ardoises et à croupes, orné d'épis de faîtage en zinc et percé d'une lucarne à fronton. Celle-ci est surmontée d'une cloche et inclut une horloge signée de l'horloger Lussault, de Marçay (Vienne). La façade, au décor sobre, présente trois travées d'ouvertures, avec un décor de bandeaux, d'encadrements saillants et de corniches pour les baies de l'étage.

Ce corps principal est encadré par deux autres identiques l'un à l'autre : chacun, couvert en tuile mécanique, comprend un étage et présente en façade trois travées d'ouvertures, réparties symétriquement autour d'une porte centrale, avec encadrements saillants et linteaux en arc segmentaire. Là aussi, des bandeaux marquent sobrement la façade.

Enfin, aux deux extrémités de l'ensemble, se trouvent des salles de classes en rez-de-chaussée, couvertes en tuile mécanique et éclairées par de larges baies à linteau en arc segmentaire.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise, tuile mécanique
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans croupe
Statut de la propriétépropriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1821-1891 : acquisition, travaux, construction des écoles et mairie de Saint-Liguaire.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 2 O 2247
  • 1834-1910 : état de section et registre des augmentations et diminutions cadastrales de Saint-Liguaire.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 3 P 2547 à 2553
  • 1889-1913 : registre des délibérations du conseil municipal de Saint-Liguaire.

    Archives municipales, Niort : 1 D 4
Documents figurés
  • 1832 : plan cadastral de Saint-Liguaire.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 3 P 265
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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