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Magasins à poudre des rives du fleuve Charente

Dossier IA17050845 réalisé en 2016
Aires d'étudesVallée de la Charente

L'usage de la poudre noire, à canon ou à fusil, est connu depuis le 13e siècle. Cette poudre est constituée d'un mélange variable de salpêtre, de soufre et de charbon de bois. Ces éléments sont écrasés et mélangés dans des moulins à poudre tels que ceux de Saint-Jean-d'Angély, sur la Boutonne. Ces derniers moulin, fondés en 1656 par De Fay, commissaire général des poudres de France, sont mis à la disposition de la marine de Rochefort. Ils fournissent dès la création de l'arsenal de la poudre à canons, conditionnée dans des tonneaux et chargée sur des bateaux. Après 1818 et l'explosion de la poudrerie royale de Saint-Jean-d'Angély, l'approvisionnement se fait depuis la poudrerie nationale d'Angoulême, créée à cette fin en 1819.

La marine conserve la poudre, destinée à être chargés sur les bateaux, dans des magasins appelés poudrières. La recherche d'une plus grande stabilité de la poudre conduit à la fabrication, au cours du 19e siècle, d'un produit non plus pulvérulent mais en grains de calibres différents selon l'usage auquel il est destiné.

A partir des années 1850, les poudres de guerre sont conservées à l'abri de l'humidité dans des caisses en cuivre hermétiquement fermées, ou dans des caisses en bois doublées de feuilles d'étain ou d'autre métal.

C'est aussi au cours du 19e siècle qu'apparaissent les explosifs modernes fabriqués par des procédés chimiques, comme la nitroglycérine en 1847, le trinitrotoluène (TNT) en 1863, la nitrocellulose, appelée fulmicoton, ou encore la mélinite... La dangerosité de ces produits implique de les stocker dans des bâtiments conçus d'après des normes très précises.

Une vaste poudrière est édifiée en 1668, parmi les premiers bâtiments construits pour l'installation de l'arsenal. Ce magasin, situé à l'extérieur de l'arsenal, se retrouve à l'intérieur de la ville lorsque sont édifiées ses murailles. Très vite, en raison du caractère dangereux de son implantation auprès d'habitations, il est remplacé par deux poudrières plus petites, situées à l'intérieur de l'enceinte de l'arsenal, l'une à l'avant-garde, l'autre à proximité de la vieille forme ; le stockage en plus petite quantité permet de limiter les effets en cas d'explosion. Chacun de ces deux magasins est associé à une petite poudrière, appelée coqueron.

A la suite des dommages subis par la poudrière de l'avant-garde lors de l'explosion de son coqueron en 1768, il est décidé de bâtir un nouveau magasin à poudre éloigné de la ville de Rochefort. Le site de Vergeroux, où existent un établissement de radoub des poudres (elles y sont séchées au soleil, tamisées et passées au crible) depuis 1700, ainsi qu'une redoute bâtie en 1759, est choisi. La nouvelle poudrière, bâtie à l'extérieur de la redoute, est opérationnelle en 1774.

Les différents forts et redoutes édifiés pour protéger l'embouchure de la Charente sont tous dotés d'un magasin à poudre, généralement intégré dans le corps de garde.

Au milieu du 19e siècle, le site de Vergeroux est équipé de manière à stocker la poudre mais aussi à la traiter (préparation des gargousses pour l'artillerie). Avec l'arrivée des explosifs chimiques, le site de Vergeroux est doté en 1882 d'une nouvelle poudrière bâtie à l'écart des autres bâtiments. Elle répond aux normes définies pour "le magasin type 1878" de façon à limiter le risque d'explosion. Quatre magasins seulement sont bâtis sur ce modèle en France, à Toulon, Cherbourg, Brest et Rochefort.

Période(s)Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle

La construction des magasins à poudre fait l'objet de réglementation puisque ils doivent être à l'abri du feu, de l'humidité et de la chute de projectiles. Ils sont généralement entourés d'un mur de clôture pour leur procurer une plus grande sûreté, et construits à l'écart d'autres bâtiments.

Jusque dans les années 1850, la poudre est emmagasinée dans des barils de 200 ou de 100 livres ; les premiers sont engerbés par trois en hauteur, tandis que les seconds le sont par quatre. Par le suite, elle est entreposée dans des boîtes en bois doublées de métal.

La surface du magasin est calculée en fonction de la quantité de poudre à y stocker, en réservant le passage nécessaire entre les rangs de barils ou de boîtes.

Pour leur protection contre les projectiles, les magasins sont voûtés et leurs voûtes sont recouvertes de terre, leurs murs sont soutenus par d'épais contreforts. Entre les contreforts sont pratiqués des ouvertures - des évents - pour aérer l'intérieur ; ces évents forment dans l'épaisseur du mur une double sinuosité de manière que l'air circule sans accès direct. A l'intérieur, une plaque de cuivre percée de trous empêche toute intrusion d'objets ou de petits animaux. Un double plancher empêche tout humidité de remonter du sol.

A partir de 1826 des mesures sont prises pour réglementer l'emploi du fer et du cuivre dans les magasins.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Le Blanc, François-Yves. Etude historique, archéologique et architecturale du site du Vergeroux. Volume I : étude. Rochefort : conservatoire du littoral, 2007.

Bibliographie
  • Belidor, Bernard Forest de. La science des ingénieurs dans la conduite de travaux de fortification et d'architecture civile. Paris : Firmin Didot, 1830.

    p. 377-382
  • Cotty, Général B.-H. Supplément du dictionnaire de l'artillerie. Paris : librairie militaire d'Anselin, 1832.

    p. 344-345
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