Dossier IA64003014 | Réalisé par
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Lotissement du Domaine d'Ilbarritz
Auteur
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Commune de Bidart
  • (c) IGN

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bidart (commune)
  • Commune Bidart
  • Lieu-dit Ilbarritz
  • Adresse avenue du Château , avenue Pierre Loti , avenue du Lac , avenue de la Reine Nathalie , avenue de Sachino , avenue de Bidart , avenue de l' Espée , avenue Alphonse XIII , rue de la Paix
  • Cadastre 2017 AW, AX
  • Dénominations
    lotissement
  • Appellations
    Lotissement d'Ilbarritz, Lotissement Domaine d'Ilbarritz

En 1910, Le château d’Ilbarritz fut déserté par son commanditaire le Baron de l’Espée. Le 24 décembre 1911, il fut vendu à Pierre-Barthélémy Gheusi (1865-1943) administrateur de la Société Immobilière de la Côte Basque, créée en cette occasion. Pierre-Barthélémy Gheusi alors le directeur de l’Opéra Comique, co-directeur de l’Opéra de Paris des théâtres parisiens, était tombé amoureux du Château d’Ilbarritz, qu’il décrira dans son roman « Biarritz des Goélands », La Nouvelle Revue, Paris, 1905. Dans un premier temps, ce dernier ouvrit le château au public ainsi que son parc notamment le 10 avril 1912, il y organisa une fête en faveur de l’Aviation Militaire française. A cette occasion, un concert fut donné dans la salle d’orgue du château tandis que le reste du domaine fut ouvert au public pour la somme de 5 francs, les visiteurs pouvaient parcourir les 3 km de galeries et les dépendances. Le château d’Ilbarritz devint un sujet récurrent pour la presse locale. Les journalistes racontaient avec ferveur le luxe qui s’épanouissait à l’intérieur du château. Encouragée par cet engouement, la Société Immobilière de la Côte Basque espéra tirer profit des nombreux avantages qu’offrait le domaine : une vue exceptionnelle sur la côte basque, des hectares de terrains aménageables, un accès aux plages, un terrain favorable pour la création d’un golf et une proximité avec Biarritz, la station balnéaire en vogue. En 1913, un véritable projet d'aménagement de l'ensemble du domaine fut envisagé sous les plans de l'architecte et paysagiste en chef de la ville de Paris, Jules Vacherot. Il était prévu, au nord du château, la création d'un lotissement pour maisons de villégiature, la transformation de l'étang en un lac de pêche puis à l'est du château, l'implantation d'une quinzaine de petits pavillons dans la forêt de pins tandis qu'au sud du château, l'aménagement d'un terrain de golf, quant au château lui-même, on souhaita le convertir en un hôtel moderne avec salle de fêtes et de jeux, complété par la création d'un nouveau bâtiment. L’usine hydroélectrique, le pavillon maritime, le pavillon des bains et la château féodal devaient être conservés tandis que la cuisine ouest devenait un salon de thé et la ferme serait transformée en club-house. Les galeries devaient être supprimées tout comme la conciergerie. La plage fermée au public depuis l'installation du Baron de l'Éspée (1893) devait redevenir accessible par l'installation d'un escalier. L'architecte Maurice Pottier (1883-1982) dessina pour la Société Immobilière de la Côte Basque une variante de villas certainement destinée au lotissement et deux propositions d'hôtels, ces plans sont non localisés et non datés. La presse locale annonça le début des travaux pour le mois d’octobre 1913 mais le projet fut en partie suspendu par la Première Guerre mondiale, toutefois, le golf à moitié achevé ouvrit au public l'été 1916.

De 1914 à 1922, le château et son parc accueillirent l’hôpital militaire. En 1923, la Société Paris-Province acquiert la propriété. Cette même année, elle proposa un plan de lotissement dessiné par l'ingénieur-géomètre A. Bion. Sur ce nouveau plan, la superficie du domaine fut élargie en grignotant quelques parcelles sur le territoire de Biarritz et la majeure partie fut divisée en lots destinés à la construction de villas s'articulant autour de larges et droites avenues. En novembre 1923, 100 premiers lots furent mis en vente, ils étaient destinés à la population régionale, ensuite 100 autres lots furent proposés à l'ensemble de la population nationale et internationale. En 1926, le lotissement comptait 371 lots dont seulement 40 lots n'avaient pas encore trouvé d'acquéreurs. D'après la presse locale, les différents réseaux furent installés et le nom des rues affiché. Le 7 août 1927, le quartier d'Ilbarritz fut classé "station climatique". Dès lors, la commune de Bidart put percevoir les taxes de séjour. Emballée par le taux de vente, la Société Paris-Province vit grand, elle agrandit le "Domaine d'Ilbarritz" en investissant dans des terrains situés à l'est du château et de l'autre côte de la route n°54 qui relit Biarritz et Bidart tandis qu’au cœur du lotissement, à l’emplacement de la cuisine est du château, l’hôtel et casino, La Roseraie, fut érigé et inauguré en 1928. De par sa modernité, ses équipements, son luxe et ses manifestations, il devint le symbole du lotissement Le Domaine d’Ilbarritz mais son succès ne dura pas et pour cause, la crise financière américaine de 1929 atteignit la Côte Basque dès 1931 et malgré le grand nombre de terrains vendus le lotissement n’aboutira pas. Sur Bidart seulement trois villas virent le jour : la villa La Cornaline construite en 1927, la villa Itsas Mendia construite en 1930 et la villa Penelopenia visible sur la photo aérienne de 1938. Un quatrième bâtiment non identifié était déjà à l’abandon en 1938. Les habitants l’avaient renommé “l’hôtel des courants d’airs”. A Biarritz, les lots eurent plus de succès, on comptait 20 bâtiments construits. La société « Paris Province » fit faillite en 1931 et les lots n’ayant pas trouvé d’acquéreur furent saisis et mis en vente au Tribunal de Bayonne, le 7 mars 1933.

D'après les photographies aériennes prises entre 1945 et 1980, les voies du lotissement ne furent pas entretenues ; elles s’effacèrent peu à peu sous la végétation. Du fait de la dissémination des propriétaires, les associations syndicales ne fonctionnaient pas correctement et l’entretien du lotissement fut abandonné entraînant le déclin du Domaine d’Ilbarritz. Une maison fut toutefois construite en 1949 sur un des lots situé face à la roseraie (AW 67).

En août 1950, le lotissement fut déclaré insalubre. Toutefois les deux communes, Biarritz et Bidart, n’abandonnèrent pas ce lieu et en 1968, le Syndicat Intercommunal pour l’Aménagement de la Zone Ilbarritz-Mouriscot (SIAZIM), fut créé pour gérer l’assainissement, l’aménagement et la rénovation de cette zone. Les voies du lotissement avorté furent réparées. En 1979, le SIAZIM entreprit le nettoyage de la zone située au nord du château. Il fallut attendre 1982 pour voir la première réalisation sur la zone avec l’aménagement de la plage de la Milady à Biarritz puis en 1984, de la plage d’Ilbarritz, au pied du château. En 1988, le Centre International d’Entraînement du golf d’Ilbarritz s’installa sur les anciens lots du lotissement situés à Bidart. Le terrain de golf fut aménagé par l’architecte de golf français, Pierre Thevenin, l’ensemble du parcours de 9 trous fut terminé en 1991. Dès 1992, les projets d’urbanisation massive furent abandonnés au profit d’un aménagement tourné vers la valorisation de l’environnement, des activités touristiques liées aux plages, à la nature, au sport et à la promenade. Le bord de mer devient une zone interdite à la construction de collectifs d’habitations.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1913, daté par source
    • 1923, daté par source

Situé entre la route départementale 911 à l'est, l'océan à l'ouest, Biarritz au nord et le camping du Pavillon Royal au sud, l'ancien lotissement est principalement occupé par le golf d'Ilbarritz, effacé le tracé des lots et le réseau de voirie dont il ne reste que quelques voies :

- L'avenue du château et l'avenue de Sachino, situées au sud du château d'Ilbarritz.

- L'avenue du Lac et la rue de la Paix, situées au nord du château d'Ilbarritz.

  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public communal

Documents d'archives

  • Domaine d'Ilbarritz : plans du lotissement.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Biarritz 1O62
  • Matrice cadastrale de Bidart, propriétés foncières bâties, 1910-1957.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart 1G5

Bibliographie

  • GILLET Jean-Claude, FRANCOIS Jocelyne, GIMBERT Serge. La Demoiselle d'Ilbarritz : le palais de la Roseraie. Biarritz : Atlantica, 2018.

Périodiques

  • La Côte basque : revue illustrée de l'Euzkalerria.

    16 octobre 1927, p. 843-846.
Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Commune de Bidart
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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