Dossier IM87005002 | Réalisé par
Decoux Jérôme (Contributeur)
Decoux Jérôme

chargé du patrimoine industriel au service de l'inventaire du patrimoine, région Limousin (2012-2015) puis Nouvelle-Aquitaine (depuis 2016)

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Ligne de fabrication de la mégisserie
Auteur
Copyright
  • (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel
  • (c) Saint-Junien, Pôle cuir

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Junien - Saint-Junien
  • Commune Saint-Junien
  • Dénominations
    machine à assouplir, palisson, machine à palissonner, machine à épiler, machine à mesurer des paramètres dimensionnels, machine à écharner, machine à laver

Le travail de la mégisserie compte une dizaine d'étapes, dont les huit premières constituent le travail de rivière. Elles permettent de transformer la peau, matière putrescible, en cuir, matériau stable et imputrescible. Manuelles et artisanales, ces opérations sont, à partir de la fin du 19e sicle, réalisées à l'aide d'outils et de machines. La part du savoir-faire n'en reste pas moins très importante.

Les peaux qui sont stockées sèches sont (1) reverdies dans un bain d’eau courante enrichie d’adjuvants afin de les réhydrater. Cette étape peut durer de quelques heures à quelques jours. Elles sont ensuite passées (2) au pelain, succession de bains de lait de chaux qui facilitent la chute de la racine des poils. La peau gonfle (peau en tripes). Le pelanage peut durer de quelques heures à une semaine.

L’opération suivante (3) est le délainage : laine et poil sont enlevés (au couteau rond sur un chevalet de rivière, ou avec une machine à délainer). Laine et poil sont vendus (tissage et bourrellerie). Ensuite, l’écharnage (4) retire les parties inutilisables : chair et graisse restante, pattes, oreilles… (couteau à écharner et machine).

Puis les peaux soient à nouveau trempées (5) lors du déchaulage qui purgent les peaux de la chaux restante, du confit qui facilite le dégraissage de la peau (confit « matières » puis bain de confit de son), et du picklage qui prépare la peau au tannage par un bain fortement acidifié qui attaque les cellules graisseuses (foulons, tonneaux-foulon et nettoyage à l’écharneuse ou au chevalet puis lavage au turbulent). Ensuite, le tannage, ou habillage, rend la peau imputrescible par une succession de bains tannant et nourrissage avec des matières grasses, avant que la peau soit essorée (7), tendue et séchée (étente ou metteuse au vent), puis, (8) assouplie au foulon. Enfin, le palissonnage permet d'ouvrir la peau, de l'assouplir (à la main ou à la machine -palissonneuse-débordeuse). Puis les peaux sont mesurées (à la pièteuse) et triées.

La teinture peut être associée à la mégisserie, même si elle est souvent réalisée dans des ateliers indépendants. Les opérations consistent en une succession de bains de teinture ou de son (tonneau-foulon), de séchage, puis d'assouplissement et d'apprêt de la peau (palissonneuse, doleuse, ponceuse).

A Saint-Junien, jusqu'au milieu du 19e siècle, chaque gantier pratique la mégisserie pour traiter les peaux dont il a l'usage. A cette époque, les anciennes tanneries du bord de Vienne sont peu à peu remplacées par des mégisseries artisanales, le plus souvent commanditées par des gantiers. Dans le troisième quart du 19e siècle apparaissent des mégisseries industrielles, telles que Dumas et Raymond (1875), puis Desselas (1887). Les modes de production sont optimisés et les opérations mécanisées. Bénéficiant de la nouvelle ligne de chemin de fer, ces grandes mégisseries débordent le territoire saint-juniaud tant pour leur approvisionnement que pour la diffusion de leur production.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle, 20e siècle , daté par source

Le travail de la mégisserie permet de transformer la peau, matière putrescible, en cuir, matériau stable et imputrescible. L'outillage nécessaire à ses dix étapes comprend des coudreuses, des bacs à pelains et des tonneaux-foulons qui permettent de baigner les peaux. Le délainage est effectué sur un chevalet de rivière, avec un couteau arrondi ou avec une machine à délainer. Le couteau à écharner permet de retirer les parties inutilisables : chair et graisse restante, pattes, oreilles… Le palissonnage permet d'ouvrir la peau, de l'assouplir. Il s'effectue à la main ou à la machine palissonneuse-débordeuse. Les peaux sont mesurées à la pièteuse.

  • Statut de la propriété
    propriété publique