Dossier IA64003091 | Réalisé par
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Les sanatoriums et préventoriums de Bidart
Auteur
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Commune de Bidart

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    sanatorium
  • Aires d'études
    Bidart (commune)
  • Adresse
    • Commune : Bidart

Le premier établissement consacré au traitement de la tuberculose est lié à la Première Guerre mondiale. Le château d'Ilbarritz fut en effet transformé par l'État en hôpital militaire et bénévole - l'hôpital n°83 - et fut placé sous la direction du médecin militaire Pierre Peyret. Auteur d'un article publié en 1928 dans la Revue philanthropique sur les sanatoriums de Bidart, ce dernier prit conscience des conditions climatologiques exceptionnelles de la station balnéaire et joua un rôle essentiel dans le développement de ce type de soins. Grâce à son implantation sur la falaise, le château d'Ilbarritz offrait les conditions optimales, tant par rapport au climat que par rapport à l'isolement qui était alors préconisé pour éviter les contagions. En fonction jusqu'en 1922, il accueillit les soldats blessés atteints de la tuberculose ostéo-articulaire. Le traitement consistait à immobiliser les malades sur des lits munis de capotes, installés sur les terrasses spacieuses du château, ce qui favorisait la pratique de l'héliothérapie - cures de soleil - et de l'aérothérapie - cures d'air. Aucun travaux ne furent par ailleurs nécessaires.

Toujours dans le contexte de la Première Guerre mondiale, l'américaine Dorothea Fisher loua une maison à Bidart, à l’embouchure de l'Uhabia, pour ouvrir un refuge destiné à recueillir les enfants parisiens subissant les bombardements. Après la guerre, Zinca Paléologue, épouse d'André Lebon, député des Deux-Sèvres, ministre du commerce, de l'industrie et des postes et télégraphes, puis ministre des colonies, reprit la location et fonda un sanatorium, l’Œuvre Maurice-Pierre du nom de deux de ses fils. Le service médical était assuré par le docteur Pierre Peyret. L'établissement avait pour but de traiter de manière préventive la tuberculose. Les enfants - garçons et filles - étaient à un stade non contagieux de la maladie. Ils étaient soumis à un traitement comprenant une alimentation surveillée, une aération continue et une association de repos, d’instruction et d’entraînement physique. Au décès de Zinca Paléologue en 1924, sa fille Marie Lebon présida l’Œuvre Maurice-Pierre et installa en 1928 l'établissement sur un nouveau site, près de la voie ferrée, dans des bâtiments construits par l'architecte Henri Rateau.

Pierre Peyret ne fut pas non plus en reste. Alors qu'il officiait encore au château d'Ilbarritz, il acheta en 1921 une maison à proximité de l'embouchure de l'Uhabia et y aménagea un sanatorium privé pour y soigner les enfants atteints de la tuberculose osseuse. En 1922, suite à la fermeture de l'hôpital militaire d'Ilbarritz et avec l’aide financière du chirurgien Charles Willems, Pierre Peyret fit construire un hangar de cure au nord de la maison primitive, afin d'accueillir la trentaine de malades d’Ilbarritz n’ayant pas pu être replacés. Plusieurs campagnes de travaux transformèrent ensuite profondément le site pour donner naissance au plus important sanatorium de Bidart : Les Embruns.

Un autre sanatorium d'importance fut créé à Bidart dans un contexte comparable aux précédents. En juin 1918, la ferme de Pé-Martin fut attribuée aux œuvres de Secours d’urgence chargées de reloger les civils des zones dévastées par les bombardements de la Première Guerre mondiale. Des baraquements y furent installés. Après le départ des réfugiés en 1921, Marguerite Javal, alors secrétaire générale du Secours d’urgence, proposa de transformer les baraquements en sanatorium provisoire. Ce dernier fit ensuite l'objet, au début des années 1930, d'importantes campagnes de construction sous la direction de l'architecte parisien André Schroeder. L'établissement était réservé exclusivement aux filles.

Deux derniers établissements ouvrirent ensuite à Bidart. Le sanatorium Catalinenia fut construit ex-nihilo, en 1932, à la limite entre Bidart et Biarritz. Ouvert aux hommes, aux femmes et aux enfants, il était spécialisé dans le traitement contre la tuberculose osseuse. En 1938, le Comité d'Hygiène sociale antituberculeuse de Biarritz se porta par ailleurs acquéreur de la maison "Les falaises d'Erretegia".

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la commune de Bidart comptait donc deux sanatoriums pour enfants, Maurice-Pierre avec 80 lits et Pé-Martin avec 260 lits et deux sanatoriums consacrés au traitement de la tuberculose ostéo-articulaire, Les Embruns avec 180 lits et Catalinenia avec 40 lits. Au total, la commune avait une capacité d’accueil de 560 lits pour une population de 2202 habitants.

Du fait de la régression de la maladie et des progrès de la médecine, il n’existe plus aujourd'hui de sanatorium à Bidart : Maurice-Pierre est un centre de vacances pour la société propriétaire, Pé-Martin un foyer pour handicapés mentaux, Les Embruns un centre de rééducation fonctionnelle et Catalinenia un immeuble à logements.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
    • Principale : 2e quart 20e siècle
  • Toits
  • Décompte des œuvres
    • étudiées 4

Documents d'archives

  • Registre des déclarations en cas de de construction nouvelle, de reconstruction, d'addition de construction et d'affectation de terrains à des usages commerciaux ou industriels, 1899-1926.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart 1G15

Bibliographie

  • GRANDVOINNET Philippe. Histoire des sanatoriums en France (1915-1945), une architecture en quête de rendement thérapeutique. Thèse : Université de Genève, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, 2010.

  • ROSENWALD, Dr. J. Guide Rosenwald Médical et pharmaceutique : liste des sanatoriums et préventoriums en Basses-Pyrénées. Paris, 1946.

    P.154.
  • Association nationale des assistants de service social. Annuaire médical de l'hospitalisation française, 1965.

    P.39.

Périodiques

  • PEYRET Pierre. "Héliothérapie, aérothérapie, dans les tuberculoses externes soit fermées, soit ouvertes". La Presse médicale, 10 octobre 1919.

  • PEYRET Pierre. "Sur la Côte basque". La Revue philanthropique, Paris, 1928.

  • "Liste des sanatoriums et préventoriums". Les Cahiers de la santé publique : hygiène, hygiène publique, hygiène et médecine sociale, 1934.

    N° 177, p. 2560.

Documents figurés

  • Atlas cadastral napoléonien, 1831.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart, 1G1
Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Commune de Bidart
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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