Dossier IA64003059 | Réalisé par
Ehlinger Maïté (Rédacteur)
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Les maisons et fermes de la commune de Bidart
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Sommaire
  • Dénominations
    maison, ferme
  • Aires d'études
    Bidart (commune)
  • Adresse
    • Commune : Bidart
    • 1. Historique

Les données historiques concernant les maisons et fermes sur le territoire de Bidart durant l’époque médiévale sont peu nombreuses toutefois l’étude de Jean-Baptiste Orpustan, “Les noms des maisons médiévales en Labourd, Basse-Navarre et Soule”, nous révèle l’existence de la maison dite Ametzaga (non identifiée aujourd’hui) lors du dernier quart du 13e siècle avec la mention de 1275. L’historien mentionne également l'existence plus tardive, de deux maisons dites nobles : la maison Dona Maria (534, section D, 1831) en 1412 et la maison Haritzagerre en 1505. Cette dernière était entourée de trois autres maisons : Agerrexipi, Ibarbehere et Tendabaratze ce qui correspondrait au hameau d’Ilbarritz. La période de l’Ancien Régime est documentée par l’étude collective parue dans “Bidart Bidarte” réalisée également sur le nom des maisons sur une fourchette de 1644 à 1792 correspondant à l’état-civil de la commune. Pour cette large période, 278 maisons ont été relevées, 137 ne sont pas localisées, 50 sont localisées au quartier Pourguette, 42 sont situées dans le quartier Burruntz, 25 sont affiliées au quartier d’Ilbarritz et 24 au quartier Oyhare. Au 19e siècle, le plan cadastral en 1831 documente le découpage du territoire en parcelle bâtie et non bâtie. On comptait 203 bâtiments tout confondu dont 84 au quartier Parlementia-Oiare, 78 au quartier de la Place, 21 au quartier Burruntz et 20 au quartier d’Ilbarritz. Après le croisement de ses sources, il semblerait que 125 maisons représentées sur le plan cadastral de 1831 existaient déjà durant l’Ancien Régime. L’étude des matrices cadastrales qui y sont associées permet de donner les informations suivantes : Entre 1837 et 1866, on enregistra la construction de 50 maisons neuves et de deux fours à chaux ( A 139, D 282 ) ainsi que la reconstruction de 32 maisons et fermes. A cette période, une faïencerie (D 3), trois tuileries ( D 11, D 141, A 144) et le moulin de Gupela ( B 170) furent également reconstruits. Entre 1883 et 1897, on enregistra 27 nouvelles construction dont une tuilerie (C 366 ) deux fours à chaux ( C 415, D 109) et une forge ( D 491 ) et 27 reconstruction dont une boutique (D 203), une salle de bal (D 471), un chai (D 29), deux ateliers ( D 61, D 71), une grange (D 433), la transformation de deux fermes en maison (D 71, D 209), de deux granges en maison ( D 236, C 137) et le moulin Bichipau devint une maison. Le registre des déclarations en cas de construction nouvelle, de reconstruction, d’addition de construction et d’affectation de terrains à des usages commerciaux ou industriels s’échelonne de 1899 à 1926. Il vient compléter les matrices cadastrales. 3 fermes et 86 maisons neuves ont été enregistrées ainsi que 13 reconstructions et 15 additions.

    • 2 La mission d'inventaire

L'enquête sur l'architecture domestique et agricole de Bidart, effectuée en 2018-2019, est inscrite dans la mission d'inventaire topographique menée dans le territoire communal. Les chiffres du recensement de l'INSEE de 1982 donnaient 1090 résidences principales, mais aussi 396 résidences secondaires et 122 logements vacants. Ces chiffres triplent au recensement de 2017 avec 3152 résidences principales et 1562 résidences secondaires et 209 logements vacants. On comptait 2317 maisons et 2597 appartements. Dans le cadre de l'enquête, le repérage a été effectué depuis la voie publique ou les cours de ferme, et les observations consignées dans une grille de repérage. Seules les maisons construites avant 1990 ont été repérées ; celles dont l'ampleur des remaniements ne permettait plus une analyse architecturale et d'en proposer une datation ont été écartées. Au total, ce sont ? maisons ou fermes qui ont été repérées, soit environ ? des maisons de la commune. Sur ce chiffre, ont été sélectionnées, pour leur représentativité ("typicum") ou pour leur caractère exceptionnel à l'échelle du corpus ("unicum"). L'observation extérieure des édifices a été complétée par des visites d'intérieurs, indispensables pour la compréhension de l'organisation interne des bâtiments (distribution, situation et structure de l'escalier...), et pour l'examen des équipements domestiques anciens, tels que les cheminées, les potagers ou les éviers. Ces visites, réalisées dans le cadre du repérage de terrain ou à la suite de rendez-vous avec les propriétaires, ont porté sur environ un quart du corpus.

    • 3 Contextualisation

Depuis l’Ancien Régime la commune de Bidart se compose de cinq quartiers : Pourguette qui est devenu La Place, Burruntz, Ilbarritz, Oyhare et Parlementia. Leur existence provient d’une organisation médiévale où chaque quartier possédait une Jaureguia - maison forte - de laquelle dépendaient les autres maisons. La toponymie a permis de retrouver ces anciennes maisons fortes pour chacun des quartiers. Ce regroupement de maisons était localisé au carrefour des axes principaux du village. Le territoire est limité à l’ouest par l’océan Atlantique, la falaise côtière a des zones de pentes très abruptes et parfois plus douces notamment au niveau de l’embouchure de l’Uhabia. Ce fleuve traverse la commune d’est en ouest pour se jeter dans l’océan, son passage forme une vallée dans le territoire communal alors divisé en deux avec au sud de l’embouchure la falaise de Parlementia et au nord sur les hauteurs, le quartier de La Place, noyau du village où s'élève l’église puis plus tard la maison commune et le fronton de pelote basque, domine l’arrière-pays qui s’étend après la route principale qui traverse le village du nord au sud. Il présente un paysage vallonné parcouru par de nombreux cours d’eau. Ici, outre le hameau référent du quartier, le reste de l’habitat était isolé. Ces maisons dites fermes réunissaient sous le même toit l’espace d’habitation et l’ activité agricole. Implantées en haut d’une colline ou dans un vallon, elles étaient situées en retrait par rapport à la voie et toujours ou presque précédées par une cour, elles possédaient un plan allongé, ou massé qui très souvent était prolongé par une excroissance parfois assez volumineuse pour parler de plan à retours. L’élévation ouest était peu ouverte, voire complètement aveugle afin de se protéger des vents d’ouest en revanche, la façade principale orientée vers l’est et parfois vers le sud était largement ouverte. Au cours du 19e siècle, au quartier de La Place, on construit des maisons dites de maîtres. Elles sont uniquement destinées à l’habitation ou parfois le rez-de-chaussée sert de magasin ou d’atelier. Lors du 1er quart du 20e siècle, le village vit l’installation des estivants qui construisirent des maisons de villégiature et plus particulièrement au quartier Parlementia. Emile Thore fit construire la villa Théodora aux façades néoclassique la famille, la famille de l’aristocrate roumain, Grégoire VI Gradisteanu, fit élevée la massive villa Emak Bakia aux formes néo-roumaines tandis qu’en face le consul des États-Unis, Roy MacWilliam agrandit une maison et la para d’un faux pan de bois néo-basque, certainement, l’une des premières interventions de ce courant architectural sur le territoire de Bidart. Parallèlement à ces grandes demeures le plus souvent destinées à la villégiature des maisons plus modestes furent construites.

    • 4. Éléments de datation

L’observation sur le terrain des maisons repérées sur le plan cadastral de 1831 a révélé une importante modification des façades. Les éléments les plus anciens datent du 16e siècle. Des inscriptions et des dates portées sculptées sur un linteau de pierre plus ou moins large ont été conservées. La mise en œuvre du pan de bois est également un élément de datation. Il semblerait que les pans de bois encore visibles à Bidart dateraient du 17eme siècle car la technique de l’entablement est utilisée.

    • 5. Les typologies

La ferme labourdine

    • Période : antérieure au 19e siècle
    • Implantation : tourne le dos à l'océan pour s’ouvrir à l’est
    • Élévations : façade ouest en pignon aveugle, chaperonné et massif ; façade principale en pignon sur cour, entrée de l’habitation, de l'étable et de la grange
    • Couverture : toiture à deux pans asymétriques recouvert de tuiles creuses
    • Matériaux : moellon de pierre enduit au rez-de-chaussée et pan de bois à l’étage
    • Décors : Linteau sculpté portant une date, un nom Distribution intérieure : réunion sous le même toit des pièces de vie et de l’étable. Le grenier à foin est sous les combles

La maison dite de maître

    • Période : construite au long du 19e siècle
    • Implantation : le long de la route parfois précédée par une petite cour clôturée ; façade principale vers la rue
    • Élévations : Composition symétrique avec trois travées et deux niveaux d'élévation
    • Composition : Plan massé
    • Couverture : toit à quatre pans recouvert de tuiles creuses
    • Décors : Enduit et chaînes d’angles moulurées ou en pierre de taille

La villa néo-basque

    • Période : de 1910 à 1955
    • Implantation : Implantée en fonction de son environnement : océan, montagne et jardin
    • Composition : Plan allongé Élévations : Composition asymétrique avec trois niveaux d’élévation ; Deux façades d’accès : la façade principale et la façade sur jardin
    • Couverture : Toiture à deux pans asymétriques
    • Distribution intérieure : pièces de service à l’étage de soubassement, pièces de réception au rez-de-chaussée qui s’articulent autour du hall, chambres à l’étage
    • Décors : faux pan-de-bois, linteau sculpté, faux tirants, triangles peints
    • Dépendances : conciergerie et garage

La maison dite de ville

    • Période : première moitié du 20e siècle
    • Implantation : implantée par rapport à la rue ; Précédée par une petite cour clôturée ; façade principale vers la rue
    • Composition : plan massé avec toiture à deux pans
    • Élévations : composition symétrique avec trois travées et deux niveaux d'élévation
    • Couverture : toit à deux pans symétriques recouvert de tuiles creuses, large avant-toit reposant sur aisselier en arabesque
    • Décors : Enduit et murs gouttereaux maçonnés reposant sur consoles maçonnées

Maison dite pavillonnaire

    • Période : années 60-80
    • Implantation : au centre de sa parcelle, entouré par un jardinet à l’avant et à l’arrière avec des passages latéraux. Composition : plan massé
    • Élévations : deux niveaux d’élévation Couverture : couvert d’une toiture en pavillon
    • Distribution intérieure : le rez-de-chaussée abrite le garage et l’étage les pièces de vie, accès principal par un escalier extérieur, balcon ou terrasse précédent la porte d'entrée
    • Décors : grille en ferronnerie sur certaines baies. Variante locale plan massé couvert d’une toiture à deux pans

Maison dite néo-labourdine

    • Période : années 70-90
    • Implantation : au centre de sa parcelle, terrassement du terrain pour dissimuler l’étage de soubassement et former un jardin au niveau du rez-de-chaussée surélevé
    • Composition : plan allongé et toiture à deux pans asymétriques
    • Élévations : façade principale en pignon avec porche d’entrée au rez-de-chaussée et loggia à l'étage
    • Distribution intérieure : Garage intégré à l’étage de soubassement, pièces de vie au rez-de-chaussée et chambres à l’étage
    • Décors : faux pan-de-bois, pierre de taille pour les consoles des murs gouttereaux et/ou de refends saillants

D'après les dates portées, le bâti peut remonter à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne, mais la majorité des maisons recensées sur le territoire communal datent du 19e siècle, période de construction et de reconstruction sur le territoire. A l'extrême fin du 19e siècle, on commence à construire des maisons de villégiature pour le compte, dans un premier temps, de l'aristocratie étrangère, puis d'industriels et d'artistes parisiens ou bordelais.

A partir des années 1950, des maisons secondaires de plus petite taille sont édifiées dans des lotissements, mais également des maisons d'habitation.

A la fin du 19e siècle est amorcée la mutation des fermes en maisons d'habitation, phénomène intensifié dans la première moitié du 20e siècle. A la fin de cette période, on constate de nombreuses reconstructions ou modifications qui rendent parfois impossible la lecture du bâti ancien. L'activité agricole a quasiment disparu, il n'existe plus que trois exploitations agricoles.

  • Période(s)
    • Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Les fermes ont un plan massé asymétrique. Le rez-de-chaussée est occupé par l'étable, la pièce de vie principale tandis que l'étage est occupé par le grenier et les chambres.

La toiture, à deux pans le plus souvent asymétrique, est systématiquement débordante, elle repose sur des chevrons et des pannes formant consoles. Généralement, la façade principale en pignon présente un rez-de-chaussée enduit et les étages sont en pan-de-bois. Les murs gouttereaux et de refends sont saillants et en moellon ou enduits et parfois ils présentent une console en pierre. La taille des ouvertures varient. Les encadrements peuvent être en bois ou en pierre de taille. Lorsqu'il existe un linteau sculpté, il est positionné sur un des murs gouttereaux, le plus souvent au nord ou au sud.

  • Toits
    tuile creuse
  • Murs
    • béton aggloméré enduit
    • faux pan de bois
  • Décompte des œuvres
    • bâti INSEE 2 317