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Les granges-étables et les cabanes de vigne de Collonges-la-Rouge

Dossier IA19000321 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'étudesCollonges-la-Rouge
Dénominationsgrange, étable, cabane
AdresseCommune : Collonges-la-Rouge

Dans ce dossier collectif sont regroupées les dépendances agricoles isolées (c'est-à-dire qui ne sont pas rattachées à une ferme) implantées sur le territoire de la commune, ce qui représente un corpus de 26 œuvres.

1. Les granges-étables

Les granges-étables isolées situées dans la commune de Collonges-la-Rouge datent du 18e siècle (cf. fig. 2), pour la plus ancienne, et du 19e siècle à la première moitié du 20e siècle, pour les autres (cf. fig. 3 à 11). Les 2/3 du corpus figurent sur le plan du cadastre de 1831 et datent donc du début du 19e siècle. La moitié des granges-étables a été très remaniée et transformée, au cours de la seconde moitié du 20e siècle, soit en habitation (4) (cf. fig. 8 et 9), soit en magasin de commerce (3) soit en auberge (1) (cf. fig. 3 et 4). Quelques dates portées [1747, 1808, 1829 et 1889], inscrites le plus souvent sur le linteau de la porte charretière, ont été relevées lors de l´enquête. Elles correspondent principalement à des dates de construction. Les remaniements et modifications de destination et d´usage ont été datés grâce au dépouillement des matrices des Propriétés Non Bâties et Bâties (1856-1914) et aux informations recueillies lors de l´observation sur le terrain. Cette prospection sur le terrain a également révélé l´utilisation de nombreux remplois lors des remaniements ; mais leur origine n´a pas pu être identifiée.

2. Les cabanes de vigne

Les cabanes repérées sur le territoire de la commune sont des édicules liés directement à la culture de la vigne. Mentionnée en Corrèze depuis le 7e siècle, cette culture s´est largement développée aux 17e et 18e siècles pour atteindre son apogée au 19e siècle, avant de disparaître, presque entièrement, à la fin du 19e siècle, suite au ravage du phylloxéra. Cependant, la présence de ces cabanes de vigne, sur l´ensemble de ce territoire, témoigne aujourd'hui de son passé viticole (cf. Doc. 1)

Comme les granges-étables hors ferme, ces cabanes constituent des annexes isolées, plus ou moins éloignées du logis principal.

En l´absence de toute date portée, il est souvent difficile de dater avec précision ces constructions tant leur architecture n´a pas ou peu évolué au fil des siècles. Néanmoins, les onze cabanes de vigne repérées lors de l´enquête figurent sur le plan du cadastre napoléonien de 1831, ce qui indique qu´elles datent au moins du début du 19e siècle.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle

1. Les granges-étables

Sur les 15 granges-étables isolées constituant le corpus de ce dossier collectif, 8 ont été repérées et 7 ont été étudiées. Certaines d´entre-elles sont présentes dans le centre-bourg de Collonges-la-Rouge (4) les autres sont implantées dans les faubourgs de la Veyrie (1) et du Faure (4) et dans les hameaux de Hautefort (1), du Chastanet (2), de Puy-Boulou (1) de la Guitardie (1) et de la Souteyrie (1). De tailles variables, allant de la simple étable (cf. fig. 5 à 7) à des bâtiments plus importants, parfois long de 10 mètres (cf. fig. 2), elles présentent un plan rectangulaire régulier. Ces granges-étables sont de type "limousine" : bâtiment en rez-de-chaussée dont les principales ouvertures, porte charretière parfois encadrée de deux portes d´étable, se situent sur la même façade.

La mise en œuvre des matériaux de construction privilégie le blocage de moellons de grès rouge dans le centre-bourg et de grès beige de Grammont dans les écarts. L´attention particulière portée à la construction de certaines de ces granges-étables se traduit par une mise en œuvre de qualité. Les maçonneries en pierre de taille, quand elles existent, sont résiduelles et ne concernent que les granges-étables les plus anciennes.

Ces granges-étables se développent sous un toit à longs pans couvert, aujourd'hui majoritairement d´ardoises. Cependant, nombre d´entre elles ont conservé les traces de leurs couvrements successifs réalisés en tuile plate puis en tuile mécanique. La pierre en couverture a également ponctuellement été utilisée sur les coyaux.

L´unique niveau d´accès de la grange-étable se fait en rez-de-chaussée par la façade principale orientée au sud. Sur cette élévation se succèdent les ouvertures selon une hiérarchie qui respecte leur fonctionnalité : au centre une porte charretière plus ou moins large, parfois surmontée d´une baie fenière (pour permettre la ventilation du fenil aménagé au niveau supérieur) et encadrée d´une ou deux portes d´étable.

Les transformations des granges-étables en magasin de commerce ou en maison n´ont pas modifié cette distribution, mais ont été l´occasion d´ouvrir sur les murs-pignons, majoritairement aveugles à l´origine, des fenêtres, portes et portes-fenêtres modifiant la composition d´ensemble.

L´étage de comble, réservé au stockage des récoltes ou utilisé comme grenier à foin, a été, dans le cas de modifications d´usage, aménagé en pièce d´habitation.

2. Les cabanes de vigne

Ces petites constructions élémentaires de plan carré (cf. fig. 14 et 15), de trois à quatre mètres de côté en moyenne, sont construites en grès ou en calcaire. Quelques-unes sont entièrement enduites à la chaux. Leur toit à longs pans, en pavillon ou conique est couvert avec les mêmes matériaux de couvertures utilisés pour les maisons et les logis de ferme : lauzes, ardoises, tuiles plates ou tuiles mécaniques. Parfois, ce toit est couronné d´un épi de faîtage.

D´autres plus élaboré présentent un plan circulaire (cf. fig. 12 et 13). Ce type de cabane, dite "cazelle" est assez rare en Corrèze (2/10) mais fréquent dans le Quercy et dans le Périgord.

Dans sa forme la plus élémentaire, la cabane de vigne est un abri qui n´offre que le volume minimum pour permettre à deux ou trois personnes de se protéger des intempéries et de se reposer aux heures les plus chaudes de la journée. La présence d´un arbre, souvent un fruitier, à proximité de la cabane permet d´apporter un peu d´ombre à ce bâti isolé (cf. fig. 15). Cet abri sert aussi de local pour entreposer quelques outils à main et éviter ainsi leur transport quotidien. A l´intérieur, des pièces de bois font fonction de bancs et d´étagères. Bien souvent, un petit foyer était installé pour faire réchauffer la nourriture. On trouvait également une cuve attenante à la cabane dans laquelle le propriétaire recueillait l´eau de pluie, utilisée pour le travail de la vigne et pour la consommation personnelle du vigneron. Aujourd'hui, on ne retrouve aucune trace de ces aménagements.

Deux types de cabanes de vigne coexistent sur la commune de Collonges-la-Rouge. Les cabanes en rez-de-chaussée (cf. fig. 16 à 18) et les cabanes à étage (cf. fig. 19 et 20). Dans ce cas, l´étage servait aux hommes ou au fourrage. Il est accessible soit par un escalier intérieur ou extérieur soit de plain-pied lorsque le bâtiment est adossé à une pente (cf. fig. 21). La partie basse, parfois, semi-enterrée, était utilisée comme remise ou étable pour une bête de trait.

Certaines cabanes pouvaient être utilisées en dehors des périodes de travaux comme pavillon d´agrément (cf. fig. 21 et 22). Construites avec soin, ces cabanes comportent plusieurs portes et fenêtres.

Toitsardoise, grès en couverture, tuile plate, tuile mécanique
Mursgrès moellon
calcaire pierre de taille
grès moyen appareil
grès grand appareil
Décompte des œuvres repérées 19
étudiées 7

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Corrèze. Série P ; 3P : 57. Plan cadastral [COPIE]. sections – 5 feuilles, 1831. Etats de sections. Matrices des propriétés bâties et non bâties (1856-1914).

    Archives départementales de la Corrèze, Tulle : 3p 57 2 à 4
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Ville de Collonges-la-Rouge (c) Ville de Collonges-la-Rouge - Brahim-Giry Agnès
Brahim-Giry Agnès

Chercheur SRI Limousin (2007-2016) - Responsable de l'Unité Études et Ressources documentaires, site de Limoges (2016-2017 ) - Responsable de l'Unité Recherche-Photographie, Limoges-Poitiers (2017-


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