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Les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes, présentation

Dossier IA16008696 réalisé en 2008

Œuvres contenues

À l'occasion des quatre-vingt-dix ans de l´armistice du 11 novembre 1918, la Région Poitou-Charentes a décidé de faire redécouvrir les monuments aux morts et quelques autres monuments présentant des allégories de la République française.

L'étude porte sur :

- 2 monuments commémorant le centenaire de la Révolution (Châtellerault et Jonzac) ;

- 1 copie de la statue de la Liberté (Poitiers) ;

- 5 monuments aux morts de 1870/1871 (Bressuire, monument aux mobiles à Angoulême et monument du Souvenir Français à Angoulême, le monument aux mobiles à Niort et celui détruit place Saint-Jean à Niort)

- 2 monuments du Souvenir français érigés en 1907 et 1908 respectivement dans les cimetières de Rochefort, et de Chilvert à Poitiers portant la même "Pro Patria" ;

- 68 monuments aux morts de 1914-1918 ont été étudiés, l'un d'entre eux (tableau des morts de Nueil-les-Aubiers) fait l'objet d'un dossier objet mobilier ; deux autres ont été détruits et reconstruits (Rochefort et Bouëx) ;

- 5 monuments aux morts de 1914-1918 portant une représentation de Jeanne d´Arc ;

- 1 monument aux morts de 1914-1918 portant une représentation féminine offrant couronne et laurier, sur une stèle qui domine un groupe sculpté composé d'une infirmière et d'un soldat (Saintes).

Un tableau commémoratif des morts de la mairie de Clion, qui porte une représentation de Marianne, a été ajouté dans la base Palissy (objets mobiliers). En revanche, un tableau commémoratif en bois peint, concernant des morts au combat à Thouars en 1793, portant une représentation d'un buste de Marianne et conservé au musée d'Airvault dans les Deux-Sèvres, n'a pas pu être étudié. Après l'étude, un tableau commémoratif des musiciens de Montmorillon morts pour la France a été repéré.

Les monuments ayant fait l'objet d'une étude antérieure dans le cadre d'un inventaire topographique ont été intégrés et leur dossier complété notamment par une nouvelle couverture photographique.

Les monuments portant des symboles de la République autre que des représentations féminines (coqs par exemple) n'ont pas été pris en compte.

Les critères retenus pour distinguer les allégories de la République des autres représentations féminines présentes sur les monuments aux morts (veuves, orphelines, mères de soldat, infirmières) sont ceux proposés par C. Pon-Willemsen dans son ouvrage Les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes.

L´allégorie de la République est souvent représentée debout, vêtue d´une longue robe drapée à l´antique, pieds nus ou chaussée de sandales. Elle est parfois coiffée du bonnet phrygien ou d´une couronne civique, symboles empruntés à Marianne. Elle peut aussi porter des éléments liés à la Grande Guerre, comme le casque de Poilu, ou un voile de veuve. Ces éléments peuvent être associés. Dans un cas, à Chasseneuil-sur-Bonnieure, monument reproduit quelques années plus tard Sainte-Sévère, elle est coiffée comme une Alsacienne, avec de longues tresses, expression de la revanche sur la défaite de 1870 (les deux œuvres ont été sculptées par Émile Peyronnet).

L´allégorie de la République peut porter cuirasse, pectoral ou autres éléments d´armure empruntés à l´Antiquité grecque et romaine, symboles de combativité et d´invincibilité. Comme Marianne, elle peut avoir le sein nu ou la poitrine mise en valeur.

Dans un tiers des cas, il s´agit d´une Victoire, identifiable à ses ailes. Pour comparaison, un exemple d'ange couronnant un soldat, à ne pas confondre avec une Victoire, a été intégré dans l'étude (voir le monument aux morts, calvaire de Chiché).

L´allégorie de la République peut tenir dans les mains un étendard, symbole emprunté à la Marseillaise, ou un drapeau. Elle tient parfois un glaive ou une épée, le plus souvent au repos, la pointe tournée vers le bas. Ils symbolisent la force militaire qui a triomphé de l´ennemi.

L´allégorie de la République peut offrir couronnes de laurier, palmes, branches de chêne ou de laurier, symboles d´honneur, de gloire et de victoire, ou couronnes mortuaires, en hommage aux soldats défunts. Elle peut également parfois tenir un petit bouquet de fleurs qui peut symboliser les couleurs nationales.

Les représentations de Jeanne d'Arc ont été intégrées comme un cas à part, en considérant qu'il s'agit d'une forme de personnification de la Patrie.

Contrairement aux monuments aux morts présentant un simple obélisque parfois surmonté d´un coq ou d´un Poilu, les monuments présentés ici sont rarement des œuvres de série, commandées sur catalogue par les communes, mais souvent l´œuvre de sculpteurs locaux ou non, parfois de renommée nationale :

- Raoul Verlet : monument aux mobiles à Angoulême, monument du Souvenir Français à Angoulême et monument de Cherves-Richemont ;

- Aimé Octobre pour les monuments d'Angles-sur-l'Anglin, Châtellerault (1914-1918), Lusignan, Montmorillon et Poitiers ;

- Émile Peyronnet pour les monuments de Saintes, Chasseneuil-sur-Bonnieure, Sainte-Sévère, Gond-Pontouvre (dans le cimetière) et Angoulême (place Beaulieu) ;

- Georges Delperier : monument de Chabanais ;

- Henri Charles Pourquet : monument de Lessac ;

- (Paul) Albert Bartholomé : monuments de Saint-Jean-d'Angély et de Cognac ;

- Pierre-Marie Poisson : monument de Niort (1914-1918) ;

- Maxime Real de Maxime : monument de Sommières-du-Clain ;

- Raymond Delamarre : monument de Saint-Martin-de-Ré ;

- Eugène L'Hoest : monument de Loudun ;

- Fix-Masseau : monument aux morts de l'école d'infanterie de Saint-Maixent ;

- A. Vendôme : monuments de Saint-Même-les-Carrières et de Barbezieux-Saint-Hilaire.

Parmi les modèles du catalogue des Marbreries générales, quelques communes ont choisi la "Victoire" (Saint-Amant-de-Boixe, Saint-Aigulin, Sainte-Marie-de-Ré, Coulonges-sur-l´Autize et Largeasse), d'autres la "France" (Brossac, Lorignac, Andilly, Doeuil-sur-le-Mignon et Le Vanneau-Irleau) ou la "France victorieuse" (les monuments détruits de Rochefort et Bouëx, Saint-André-de-Lidon et Latillé).

Alcide Ybard proposait ses sculptures via le catalogue des Marbreries générales à Paris mais aussi celui de Rombaux-Roland, à Jeumont (Nord). On lui doit les sculptures des monuments de Saint-Trojan-les-Bains, Saint-Denis-d'Oléron, Bourcefranc-le-Chapus et Hiers-Brouage (avec un bouquet un peu différent).

Ce dossier est complété au fur et à mesure des nouvelles découvertes sur le territoire de l'ancienne région Poitou-CHarentes.

Aires d'étudesRégion Poitou-Charentes

Références documentaires

Bibliographie
  • Pon-Willemsen, Charlotte. Les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes. Parcours du Patrimoine, n° 342. Geste éditions, 2008.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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