Dossier IM40006016 | Réalisé par
Le mobilier de l'église paroissiale Saint-Pierre-aux-Liens, Église paroissiale Saint-Pierre-aux-Liens
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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mugron
  • Parties constituantes non étudiées
    tambour de porte, verrière, confessionnal, bénitier d'applique, clôture de choeur, stalle, fauteuil de célébrant, armoire de sacristie, chandelier d'autel, croix d'autel, clochette d'autel, pupitre d'autel, boîte à hosties, patène, encensoir, croix de procession, chandelier d'église, croix, drap mortuaire, garniture de dais de procession, pale, statue, santon

Prieuré dépendant de la grande abbaye bénédictine de Saint-Sever depuis le début du XIe siècle, puis matrice de la paroisse de Nerbis-Mugron, l'église Saint-Pierre était au Moyen Age un édifice d'un certain prestige et, à ce titre, doté d'un décor et d'un mobilier d'une richesse que le laconisme des textes n'autorise qu'à imaginer. Le décor sculpté (toujours en place) et peint (dont quelques traces subsistaient encore à une date récente) laisse toutefois deviner un intérieur assez orné. Quant au mobilier proprement dit, il fut partiellement détruit lors du ravage de l'église par les armées françaises en 1435, puis à nouveau pillé par les troupes protestantes en 1569, ainsi que l'atteste le procès-verbal dit de Charles IX : "L'église dudit Nervis fut brulée par les gens du vicomte Paulinar ; aussi les livres, ornements, joyaux et les cloches fondues". L'abbé Foix ajoute d'autres précisions : "Charles Dupuy d'Auribat prit un calice en argent, tandis que Bédorède de Seignanx, Pierre de Laguins, de Tartas, et Jean de Serres, de Garonson (?) de Mugron, emportèrent une foule d'autres objets." De fait, seule une cuve baptismale à immersion - toutefois dépourvue de tout décor "datant" - pourrait provenir de ce premier ensemble.

Le remeublement progressif de l'édifice aux XVIIe et XVIIIe siècles incomba, non aux abbés commendataires, constamment absents, mais aux curés de la paroisse et aux confréries établies dans l'église, notamment celles du Saint Sacrement et du Rosaire, attestées dès avant les années 1730. Les archives livrent ainsi quelques renseignements succincts sur ces aménagements. En 1679-1680, la fabrique acquiert un nouvel autel-retable, sculpté par Berrichon de Tartas (sans doute identifiable à Philippe Limosin) et doré par un dominicain de Saint-Sever, François de Larroque. De cet ensemble, dédié à l'apôtre Pierre, patron de l'église, subsistent aujourd'hui quatre bas-reliefs (remployés en 1871 dans un autel de la Vierge dû au menuisier Dupouy), deux grandes statues (restaurées en 1904) et une console. Parmi les autres éléments mobiliers acquis au cours des décennies suivantes, seuls sont conservés une chaire à prêcher rocaille non documentée, mais datable du milieu du XVIIIe siècle, et un tableau de la Vierge de pitié que les comptes du marguillier Barthélemi Darzacq attribuent au peintre Megriny (1750). La même source fait état de la fonte d'une nouvelle cloche par l'Espagnol Manuel Corrales (1749) et d'autres menus achats (deux confessionnaux par le menuisier Laporterie en 1751). A la même époque, le curé Toiras renouvelle entièrement les objets cultuels en métal précieux (vases sacrés, encensoir, navette...), que le marguillier Dominique Darzacq préservera des fontes révolutionnaires à la fin du siècle. Ces mesures expliquent la présence à Nerbis d'un ensemble, exceptionnel pour les Landes, d'orfèvreries d'Ancien Régime, que l'enquête de 2014 a permis d'attribuer aux orfèvres Étienne Affre, de Saint-Sever, et Joseph Bécane, de Bayonne (1761).

Le XIXe siècle apporte de nombreux ajouts à cet ensemble. En 1812, une cloche est fondue par l'Espagnol Nicolas Ygual (elle sera refondue en 1905 par le Dacquois Gustave Delestan), une seconde en 1822 par le tout jeune François-Dominique Delestan. Le vieux retable du XVIIe siècle, "tombant de vétusté", est partiellement restauré en 1862, mais remplacé dès 1865 par un autel neuf, spécialement exécuté par la fabrique toulousaine Virebent sur les dessins du nouveau curé, l'archéologue Adolphe Ponse. L'autel de la Vierge est renouvelé à son tour en 1871, avec les remplois déjà mentionnés. Enfin, la confrérie de saint Joseph ou de la Bonne Mort, établie en 1867, fait installer un nouvel autel dédié à son saint patron. Dans le même temps, le verrier manceau Antoine Lusson pose une série de verrières dans le chœur et les absidioles (1865 et 1868), complétées en 1874 par un dernier vitrail du Bayonnais Gustave-Pierre Dagrand(t). Les inventaires régulièrement dressés par la fabrique dans la seconde moitié du siècle décrivent un édifice dûment meublé et pourvu de tout le nécessaire, y compris d'un riche vestiaire aux couleurs liturgiques (aujourd'hui disparu).

Parmi les ajouts du début du XXe siècle, le plus important est l’exécution en 1900 d'un décor peint couvrant la totalité des murs et voûtes du sanctuaire. Au lendemain de la Première Guerre (1919), la commune et la fabrique installent un monument aux morts accompagné des statues de saint Michel et de Jeanne d'Arc, patrons de la France (d’après des modèles d'André Vermare). Les réaménagements consécutifs au concile de Vatican II n'ont guère affecté les dispositions précédentes : le démantèlement de l'autel de la Vierge afin de créer une table sainte "face au peuple" n'a duré que deux décennies (l'autel a été restauré dans son état de 1871 lors de la rénovation intérieure de 2000-2002). L'installation d'un nouveau mobilier de chœur (autel et ambon) par l'ébéniste amateur Gérard Lamarque en 2012 a privilégié la discrétion et la modestie (voir lien web).

Documents d'archives

  • Arrêt du parlement de Bordeaux en date du 11 mai 1597 entre les prétendants à la cure de Nerbis, avec intervention volontaire des habitan[t]s de Nerbis et Mugron qui veulent et obtiennent le maintien de [Bernard] Larrède.

    Archives paroissiales, Nerbis
  • Reddition des comptes de Barthélemi Darzacq, marguillier de l'église de Nerbis, 27 août 1753.

    Archives paroissiales, Nerbis
  • Procès-verbal de visite de l'évêque d'Aire François de Sarret de Gaujac, 24 août 1755.

    Archives paroissiales, Nerbis
  • Ordonnance de François Adélaïde Adolphe Lannéluc, évêque d'Aire, fixant les limites des paroisses de Mugron et de Nerbis, 5 novembre 1844.

    Archives paroissiales, Nerbis
  • Registre de la confrérie de saint Joseph, patron de la bonne mort, érigée le 8 décembre 1867.

    Archives paroissiales, Nerbis
  • Registre des délibérations du conseil de fabrique (1877-1899).

    Archives paroissiales, Nerbis
  • Registre des délibérations du conseil de fabrique (1899-1921).

    Archives paroissiales, Nerbis
  • Monographie paroissiale de Nerbis, par l'abbé Darricau, vers 1890.

    Archives départementales des Landes : 16 J 16 b
  • Église, presbytère, cimetière (1825-1937).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1471
  • Église : secours de l'État pour réparation (1879), acquisition d'objets mobiliers et secours de l'État (1881).

    Archives départementales des Landes : 70 V 240/7
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 12 février 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 240/9
  • Dons et legs à la fabrique (1841-1897) : Marie-Catherine d'Antin (1841-1842), Philibert Pomède (1841-1842), Clara de Lagarrigue, veuve Perris (1896-1897).

    Archives départementales des Landes : 70 V 240/10
  • FOIX Vincent, abbé. Monographie paroissiale de Mugron et Nerbis. 1885.

    Archives départementales des Landes : 2 F 966-1 et 2

Bibliographie

  • DU BUISSON Pierre-Daniel. Historiae monasterii S. Severi libri X Tomus primus Auctore D. Petro Daniele du Buisson (1681). Aire-sur-l'Adour : L. Dehez, 1876.

    p. 138-139, 146
  • FOIX Vincent. Le Prieuré de Nerbis. Aire : L. Dehez (-J. Labrouche), s.d.

  • MEYRANX Louis-Bernard, abbé. Monographie de Mugron depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Bordeaux : Imprimerie catholique "Jeanne d'Arc", 1911.

    p. 2-7, 193
  • CABANOT Jean. L'église de Nerbis. Aire-sur-l'Adour : R. Castay, 1965.

  • CABANOT Jean. Les débuts de la sculpture romane dans le sud-ouest de la France. Paris : Picart, 1987.

    p. 224-225
  • CABANOT Jean, MARQUETTE Jean-Bernard, SUAU Bernadette. Guide pour la visite de quelques églises anciennes de Chalosse. Amis des Églises anciennes des Landes. Dax : Barrouillet, 1987.

    p. 46-49
  • MESURET Robert. Les peintures murales du Sud-Ouest de la France du XIe au XVIe siècle. Paris : A. et J. Picard et Cie, 1967.

    p. 50

Périodiques

  • "Recherches historiques sur l'influence du protestantisme dans la province d'Auch pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Procès-verbal de l'état des églises du diocèse d'Aire en vertu des Lettres clauses de Charles IX, roy de France, en date du 5 octobre 1571", Bulletin du Comité d'Histoire et d'Archéologie de la province ecclésiastique d'Auch (Revue de Gascogne), t. 1, 1860.

    p. 325
  • CABANOT Jean. "L'église de Nerbis". Bulletin de la Société de Borda, 1965, n° 3 (p. 225-246) et n° 4 (p. 351-365).

  • MARQUET Jean. "La "désunion" de la cure de Nerbis-Mugron (1754)". Bulletin de la Société de Borda, 1982, n° 2, p. 159-172.

Annexes

  • Extraits d'archives concernant l'église de Nerbis et son mobilier
  • Extraits de la monographie paroissiale de Nerbis, par le curé Darricau, vers 1890
  • Liste des oeuvres disparues
  • Liste des oeuvres non étudiées
Date d'enquête 2014 ; Dernière mise à jour en 2016
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel