Logo ={0} - Retour à l'accueil

Le Gicq : demeures

Dossier IA17049826 réalisé en 2017

Fiche

Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Matha
AdresseCommune : Le Gicq

L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents ou de dates portées sur les bâtiments, la datation se base principalement sur l'étude et la comparaison des formes architecturales et des décors.

Le Gicq semble n'avoir conservé, de la fin du Moyen Age, qu'une importante demeure à l'histoire énigmatique, située rue du Pré bas, remaniée par la suite mais néanmoins très intéressante sur le plan architectural. Les constructions de la période moderne (17e ou 18e siècle) sont plus nombreuses mais encore assez rares. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite, mais il subsiste néanmoins quelques rares édifices de cette période conservés en l'état. Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des linteaux en arc segmentaire, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle.

Le cadastre napoléonien souligne dès 1834 l'importance de certaines propriétés, remontant sans doute au 18e siècle. Mais comme partout en Vals de Saintonge, la majeure partie des habitations a été remaniée ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement traduit l'essor économique notamment lié à la culture de la vigne. On relève un ralentissement net de la construction dans le 4e quart du 19e siècle, suite à la crise du phylloxéra. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (double génoise dans la 1ère moitié du 19e siècle, solin, bandeau et corniche à partir du milieu du 19e siècle).

La construction de la 1ère moitié du 20e siècle est plutôt rare sur la commune, suite à un repli de l'économie locale et à un exode rural important. Les maisons plus récentes (non étudiées) de la 2e moitié du 20e siècle sont également assez peu nombreuses. Nombre de bâtiments ont en revanche fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne.

Période(s)Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Un gros bourg agricole et viticole

La commune du Gicq possède la particularité d'avoir un habitat regroupé dans un gros bourg, avec un seul hameau situé à peu de distance, les Martres. Le reste des terres est entièrement dévolu à l'agriculture. De taille assez importante, le bourg est établi près de la jonction de plusieurs routes secondaires. L'organisation du bâti et des circulations l'apparente à la catégorie des villages réticulaires, particulièrement fréquents autour d'Aulnay, de Néré ou de Beauvais sur Matha.

Un maillage de petites rues et d'impasses desservant plusieurs îlots structure le bourg. Le bâti est dense et l'espace peu aéré, à l'exception principalement de la place au centre du village (cimetière jusqu'au début du 20e siècle). Les rues sont bordées de bâtiments, de hauts murs et de portails, accentuant cette impression. Par chance, le bourg n'a subi aucune percée et a conservé intacte son organisation ancienne.

Les fermes ou anciennes fermes représentent une large majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a de tous temps été la première activité. Si la plupart s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable (plans à bâtiments dispersés dans une cour à bâtiments jointifs), on trouve une certaine concentration, notamment au nord du bourg, de grandes propriétés autrefois viticoles, aux imposants logements et chais plus ou moins dissimulés derrière de beaux portails couverts. Ces ensembles sont typiques du vignoble cognaçais et, pour les Vals de Saintonge, des environs de Matha.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. Au Gicq cohabitent d'anciennes petites fermes avec leurs modestes dépendances et de grands domaines aux vastes chais. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de hangars rarement imposants et parfois d'un four à pain ou d'une buanderie. Quelques pigeonniers remarquables du 19e siècle subsistent, mais les trous à pigeons sont plus fréquents dans les propriétés plus modestes.

Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux puits communs que l'on pouvait trouver dans les impasses et les quéreux.

Une typologie variée de l'habitat

Malgré sa petite taille, la commune du Gicq offre un panel diversifié de types de logements. Cette diversité ne concerne toutefois pas véritablement les matériaux employés en construction. De manière générale, le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, la totalité des façades est en moellon de calcaire, généralement enduit : aucune maison n'est édifiée en pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi presque systématique de la tuile creuse, l'ardoise ne concerne qu'une maison de maître (et plusieurs pigeonniers).

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Les deux catégories sont bien représentées au Gicq. On rencontre aussi bien de petits logements de type cellule charentaise (souvent à l'abandon ou remaniées), des maisons saintongeaise moyennes (trois ou quatre travées) voire imposantes (cinq travées), mais aussi une maison de maître (toutefois inachevée) parfois improprement appelée château.

La décoration des façades est également inégale suivant le type de logement. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Si ces éléments sont récurrents sur les constructions du 19e siècle (plus spécifiquement de la 2e moitié du 19e siècle pour le solin, le bandeau et la corniche), c'est bien souvent sur les plus grandes maisons qu'on trouve les décors les plus élaborés (portes à corniches et pilastres, linteaux ornés, agrafes sculptées, etc).

L'étude du cadastre et de la répartition spatiale des types d'habitations permet de formuler une hypothèse, celle d'une hiérarchisation géographique au sein du même bourg. En effet, on remarque que les plus grands ensembles viticoles sont localisés dans un même secteur au nord du bourg, tandis que la partie sud est extrêmement morcelée en petites propriétés avec des logements généralement plus modestes.

Références documentaires

Bibliographie
  • Pays des Vals de Saintonge, CAUE 17. Atlas architectural, 1999.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Barreau Pierrick