Logo ={0} - Retour à l'accueil

Laiterie et fromagerie industrielles, dite laiterie coopérative de Baignes, actuellement Alliance agroalimentaire

Dossier IA00066409 réalisé en 1988

Fiche

Appellationsdite laiterie coopérative de Baignes, puis ULPAC, actuellement Alliance agroalimentaire
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, conciergerie, chaufferie, cour, cuvage, hangar
Dénominationslaiterie industrielle, fromagerie industrielle
Aire d'étude et cantonCharente - Baignes-Sainte-Radegonde
AdresseCommune : Touvérac
Lieu-dit : le Vivier
Cadastre : 1953 A 153, 154

Cette laiterie est construite en 1893 pour F. Hilairet ; Lucien Laroche crée une caséinerie associée à cette laiterie en 1906. Ensemble, ils fondent une porcherie industrielle en 1910. Les deux établissements laitiers sont transformées en coopératives en 1912. Une tour d'atomisation pour la production de poudre de lait est installée dans les années 1950. A la même époque, pour limiter les coûts de production, l'établissement se rapproche de plus petites laiteries coopératives voisines. Dans les années 1960, la laiterie de Baignes fait partie de l'ULAC, qui devient ULPAC (Union laitière Pyrénées Atlantique Charentes) lors du rapprochement avec la laiterie de Villefranche-de-Lauraguais (Haute-Garonne). Entre 1967 et 1970, on reconstruit l'ensemble des ateliers de fabrication. La laiterie cesse de fonctionner vers 1972 pour ne devenir qu'un centre de collecte pour l'ULPAC. La caséinerie ferme au début des années 1980. Le renouvellement complet des machines date des années 1950-1955 et après la reconstruction, vers 1970. La production de beurre en 1954 se monte à 470 t, en 1960 à 1200 t et en 1964 à 2400 t. La nouvelle chaufferie de 250 m2 est construite en 1954 puis modernisée vers 1970. Les sociétaires en 1958 sont 2500, en 1964 de 4651, et en 1987 de 1200. L'effectif des salariés en 1964 est de 100 personnes ; en 1978, 30 personnes travaillent à la caséinerie. Il existe un fonds d'archives privées.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1893, daté par travaux historiques, daté par tradition orale

Les ateliers de fabrication à un étage carré, sont en béton et couvert de ciment amiante ondulé, toit à longs pans avec croupe et terrasse sur une partie des ateliers. Le bâtiment de la caséinerie est en moellon enduit et couvert de ciment amiante ondulé. La conciergerie, couverte de tuile mécanique, sert actuellement de bureau. Le bâtiment de poudre de lait est avec toit en terrasse et murs couverts de ciment amiante, actuellement désaffecté et menacé.

Mursciment amiante essentage
béton
calcaire moellon enduit
Toittuile creuse, tuile mécanique, ciment amiante en couverture
Étages1 étage carré
Couverturesterrasse toit à longs pans brisés croupe
Énergiesénergie électrique achetée
État de conservationrestauré
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • La laiterie coopérative de Baignes (Charente) en 1964. Extrait de : Comby J. " Chronique de la Charente ". Norois, t. 12, 1965, p. 550-555.

    BAIGNES, petit chef-lieu de canton de 1.416 habitants en 1962, situé dans une région de sols pauvres couverts de forêts et de landes, est aujourd'hui le siège de l'une des plus grosses laiteries des deux Charentes, l'une de celles dont le beurre est le plus justement réputé.

    Dès avant l'aube, alors que le " bourg " sommeille encore, l'élégante façade de la Laiterie Coopérative s'illumine et quelques rayons viennent caresser le monument de bronze élevé à la rnémoire de M. Hillaret qui fonda la laiterie en 1893, à un moment où la vie économique de toute la région était sérieusement compromise par le phylloxéra. Depuis une dizaine d'années, cette coopérative a pris un bel essor et l'on envisage maintenant de tripler sa production à brève échéance.

    La zone de ramassage.

    En 1964, elle compte en effet 4,651 sociétaires. Si Baignes se trouve en Charente, c'est toutefois la Charente-Maritime qui possède le plus grand nombre de sociétaires (fig. 1) : 2.348 répartis dans les cantons d'Archiac, Jonzac, Mirambeau, Montendre, Montguyon et Montlieu. La Charente ne comprend que 1.389 sociétaires, répartis dans les cantons de Baignes, Barbezieux, Brossac, Chalais, Aubeterre et Châteauneuf. La Gironde renferme 458 sociétaires répartis dans les cantons de Saint-Savin-de-Blaye, Coutras, Guîtres et Saint-Ciers-sur-Gironde. La Dordogne fournit 456 sociétaires répartis dans les cantons de Saint-Aulaye, Montpon-sur-l'Isle, Ribérac et Villefranche-de-Lonchat (fig. 2).

    Le lait est collecté tous les jours par 47 camions de ramassage, chacun effectuant une tournée par jour ; 14 appartiennent à la Coopérative, alors que 33 sont la propriété d'entrepreneurs. Ces 47 camions parcourent journellement 3.200 km, soit par exemple, la distance Bordeaux-Moscou. 24 ramasseurs rayonnent autour de Baignes et " vident " directement au quai de la Laiterie, suivant un horaire très strict, de manière à ne pas attendre. Le premier déchargement a lieu à 8 heures et le dernier à 11 h 30. 5 ramasseurs vident à la sous-station de Gablezac-Montendre, ancienne coopérative (les 3 autres sous-stations - Chepniers, Montguyon, Médillac - sont d'anciennes laiteries industrielles), dont la zone de ramassage s'étend sur les cantons de Mirambeau, Saint-Ciers-sur-Gironde, Saint-Savin-de-Blaye et sur une partie de celui de Montendre ; 6 ramasseurs vident à la sous-station de Chepniers (zone de ramassage : cantons de Montlieu et de Montendre partiellement) ; pour ces 2 sous-stations, le lait est transporté à Baignes par une semi-remorque d'une contenance de 22.000 litres. En période de pointe, certains ramasseurs de la sous-station de Chepniers sont dans l'obligation de venir livrer le lait directement à Baignes. 5 ramasseurs vident à Montguyon (cantons de Montguyon et, partiellement, de Montlieu) et 7 à Médillac (cantons de Chalais, Aubeterre, Brossac ; en Dordogne : Saint-Aulaye, Ribérac, Montpon, Villefranche-de-L.). Une semi-remorque de 11.000 litres pour Montguyon et une seconde de 18.000 litres pour Médillac assurent quotidiennement le transport du lait de ces 2 sous-stations à Baignes où la totalité du lait est transformée.

    Sur l'ensemble de la zone de ramassage (celle de Médillac exclue, car elle n'appartient à la Coopérative de Baignes que depuis peu), un camion de ramassage collectait, en 1963, 29,6 litres par km parcouru. Cette densité kilométrique, importante à connaître car le prix du ramassage en est fonction, varie selon les secteurs : elle est de 40 l/km ou plus dans les environs proches de Baignes, Léoville, Vanzac, Pommiers, Chatenet et de moins de 20 l/km dans les environs de Clérac, Cercoux, La Clotte, Bedenac, etc., entre Barbezieux et Segonzac, la Grande Champagne, où il est plus intéressant de cultiver la vigne que de s'adonner à l'élevage bovin.

    Les Sociétaires.

    La zone de ramassage, celle de Médillac non comprise, comporte 3.600 sociétaires, dont la moyenne de livraison individuelle a été de 7.876 litres en 1963 : 10.000 litres ou plus dans le secteur de Léoville, Condéon, Saint-Ciers-Champagne et Barbezieux, mais 6.000 l dans les environs de Cercoux, Clérac, La Clotte, Saint-Savin, Bedenac et Touzac. Ainsi, 88 sociétaires ont livré plus de 25.000 litres en 1963 ; 914 ont livré entre 10.000 et 25.000 litres ; 2.569 ont livré moins de 10.000 litres.

    1.037 sociétaires ne livrent pas leur lait tout le long de l'année (29 %, presque 1 sur 3). Les raisons en sont simples : vaches taries en même temps, étables possédant plusieurs veaux. Dans la zone de Montguyon même, 48 % des sociétaires livrent le lait épisodiquement.

    Un recensement effectué en mars-avril 1964 relève un chiffre de 17.161 vaches pour 3.571 sociétaires (Médillac toujours exclu de cette étude), ce qui représente un cheptel moyen de 48 vaches pour 10 sociétaires. Peu de différence d'un secteur à un autre, le maximum étant de 6 vaches par exploitant dans les environs de Baignes et Barbezieux sud, et le minimum étant de 3 vaches dans la région de Saint-Caprais-de-Blaye. La moyenne générale annuelle de production par vache n'est que de 1.639 litres, cette moyenne allant de plus de 2.000 l de lait par vache dans les secteurs de Saint-Caprais-de-Blaye, Boisredon, Marcillac, Rouffignac, Pommiers, Chatenet (régions éloignées du berceau des veaux de boucherie : Chalais) à moins de 1.200 l dans les secteurs de Cercoux, La Clotte, Clérac, où il est de tradition d'élever des veaux de boucherie. Pour la zone de Médillac et les environs de Chalais, on peut affirmer que la moyenne se situe au-dessous de 1.000 litres. Quelques étables comptant plusieurs vaches ne livrent pas de lait de l'année, la production laitière étant consacrée à l'engraissement des veaux. Dans l'ensemble, les vaches laitières possédées par les sociétaires appartiennent essentiellement à deux races : la race normande (70 % environ) et la race frisonne française pie-noire (30 %).

    La comparaison entre les résultats de deux enquêtes, effectuées en 1960 et en 1963, et portant sur les tournées de ramassage de Baignes et de Montendre, permet d'entrevoir des perspectives favorables. On constate, certes, une diminution du nombre des producteurs : en 1960, 2.414 ; en 1963, 2.303 : soit une diminution de près de 5 %. Il s'agit, toutefois, non pas de sociétaires ayant abandonné la Coopérative, mais de producteurs ayant cessé d'exploiter. Malgré cela, la production de lait a augmenté, dans ces deux zones de ramassage, de 12 % en trois ans ; la moyenne annuelle par producteur s'accroissant de 17,5 % ; le nombre de litres au kilomètre s'est élevé en même temps de 28,9 litres à 30,9 litres, tandis que le troupeau a augmenté de 7 % (le cheptel par exploitation a passé de 4,2 unités à 4,6 : + de 10 %) et que la production par tête s'est également accrue, de 3,2 % pour Baignes et de 9,8 % pour Montendre.

    L'usine.

    Mais, comment fonctionne et se développe cette Laiterie qui reçoit aujourd'hui le lait de plus de 4.500 sociétaires et la crème de quatre coopératives adhérentes (ce sont les laiteries coopératives de Saint-Bonnet-sur-Gironde - Charente-Maritime -, du Moulin d'Isaac, par Clion-sur-Seugne - Charente-Maritime -, de Reignac-sur-Blaye - Gironde -, et de Bergerac - Dordogne -) ?

    Actuellement, la quantité de lait traitée par jour est en moyenne de 130.000 litres (180.000 litres les jours de pointe), qui fournissent environ 5 tonnes de beurre. 1.885.889 kg de beurre ont ainsi été produits durant l'année 1963, et l'on prévoit 2.440.000 kg pour 1964.

    Aussi, la Laiterie Coopérative de Baignes, dont le beurre a acquis une réputation enviable, est aujourd'hui connue dans la France entière, et tout particulièrement dans le Midi : les principaux points de vente se situent pour la plupart sur une ligne Bordeaux-Nice, en suivant la vallée de la Garonne et les abords de la Méditerranée (cf. fig. 3) ; en 1964, les principaux points de vente de la Laiterie sont, en effet, avec leurs zones de distribution : Bordeaux (Gironde) ; Agen (Lot-et-Garonne) ; Montauban (Tarn-et-Garonne) ; Toulouse (Haute-Garonne, Aude, Ariège) ; AIbi (Tarn) ; Nîmes (Gard, Vaucluse, Hérault) ; Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône, Hautes et Basses-Alpes) ; Toulon (Var) ; Nice (Alpes-Maritimes) ; Lyon (Rhône) ; Périgueux (Dordogne) ; Angoulême (Charente) ; Orléans (Loiret, Loir-et-Cher, Indre) ; Paris (Seine, Seine-et-Oise) ; la Meurthe-et-Moselle, la Moselle et la Meuse n'ont pas de centre distributeur particulier. La Laiterie de Baignes n'effectue aucune exportation à l'étranger depuis la fermeture de l'Algérie.

    En réalité, cette alerte sexagénaire n'a " fait " sa vraie croissance que fort tard. Après être restée à peu près stationnaire pendant des années, la production s'est surtout développée dans des proportions considérables depuis 1954, passant de 470 tonnes de beurre cette année-là à 1.200 tonnes en 1960 (1.300 millions de chiffre d'affaires). Cette remarquable progression est due à la gestion d'une équipe jeune et dynamique qui passa des accords avec les petites laiteries pour la fourniture de crème, réforma récemment les tournées (économie de 108 km par jour, tout en " ramassant " les mêmes producteurs au même endroit) après en avoir créé de nouvelles, agrandit et modernisa également le matériel : c'est ainsi que Baignes est la première laiterie d'Europe à avoir mis au point le volucompteur électro-magnétique.

    En arrivant au quai, chaque camion de ramassage vide ses citernes dans des bacs spéciaux. De là, le lait est pompé dans deux énormes tanks de stockage et le litrage s'inscrit au fur et à mesure sur des cadrans installés dans le bureau du chef de quai. Ainsi se trouvent supprimés des calculs longs et fastidieux. Réchauffé ensuite à 26°, température nécessaire pour régulariser l'écrémage, le lait est alors dirigé sur une batterie de 4 écrémeuses. La crème recueillie est envoyée dans le pasteurisateur où, portée à 92°, elle est débarrassée de tous ses germes ; puis, après avoir subi un dégazage, elle va vers un nouveau tank de stockage où elle restera 18 heures. Il faut en effet remplacer les ferments nécessaires pour la fabrication du beurre et qui ont été détruits par la pasteurisation en même temps que les germes nocifs, par d'autres soigneusement sélectionnés. Ainsi " revitalisée ", la crème est alors introduite dans deux gigantesques barattes, dont on extraira peu après deux blocs de beurre pesant chacun 700 kg. Ce sera alors l'empaquetage. Le conditionnement classique, en demi-livre ou en quart, se fait grâce à une machine entièrement automatique débitant 600 kg à l'heure dans des conditions d'hygiène parfaites. L'empaquetage se fait également en forme cylindrique, formule de plus en plus demandée, surtout sur la Côte d'Azur. Tout, dans cet établissement, respire la propreté. Un effort énorme est d'ailleurs accompli dans le domaine de l'hygiène, et cette coopérative est la seule laiterie de la région à redistribuer les excédents à ses adhérents en fonction de la propreté de leur étable.

    Si la Laiterie de Baignes a pour principale activité la production du beurre, elle fabrique aussi un peu de poudre de lait pour l'élevage (10 tonnes en 1963) ; mais son annexe la plus importante est la caséinerie, gérée par une société coopérative indépendante : la Coopérative a produit 756 tonnes de caséine en 1963.

    Le sérum, sous-produit de la caséine, est absorbé par une imposante porcherie, où sont élevées 2.500 bêtes, destinées pour la plupart aux abattoirs de Bordeaux.

    La Laiterie Coopérative de Baignes apparaît donc comme l'une des plus grandes de tout le Centre-Ouest. Et pourtant, l'usine actuelle est sur le point d'être agrandie et modernisée à nouveau, dans une très grande proportion : elle sera, après ces travaux qui dureront en principe deux ans, susceptible de recevoir et de transformer en beurre 400.000 litres de lait par jour ! Mais cet agrandissement aura d'autres conséquences. En effet, l'usine emploie actuellement 100 personnes, dont 30 seulement habitant Baignes même, les autres résidant dans les communes voisines : Chantillac, Touvérac, Le Tâtre, Condéon. En dehors du Directeur, la Maison utilise le service de quatre cadres ayant une formation d'ingénieur ou équivalente ; trois employés ont été formés à l'École de Surgères. Malheureusement, une mécanisation beaucoup plus poussée caractérisant cette nouvelle modernisation, 15 postes de travail environ seront supprimés.

    Nous remercions vivement la Direction de la Laiterie Coopérative de Baignes qui nous a communiqué 2 exemplaires du Bulletin d'Information Intérieur des sociétaires de la Laiterie Coopérative de Baignes (bulletin mensuel imprimé de 4 pages) et a bien voulu répondre à notre questionnaire. Le complément provient d'un article du quotidien régional La Charente Libre (article du 19-7-1961). Se reporter également à une étude sur La laiterie de Baignes par Mme Durandeau, publiée dans le Bulletin de la Société Archéologique et Historique de la Charente (1961-62).

  • La laiterie coopérative de Baignes-Sainte-Radegonde. Texte d'origine inconnu. Archives privées, vers 1959.

    Baignes, coopérative typique des Charentes...

    Ce qui surprend dans l'historique de la LAITERIE COOPERATIVE de BAIGNES, c'est la stabilité avec laquelle, depuis son origine, cette Société a évolué. On a l'impression d'une affaire remarquable de constance dans son développement et son orientation. Bien que créée en 1893, elle ne compte, entre son Fondateur et son Président actuel, M. CHARPENTIER, que trois présidents. De même, depuis le fondateur, le Directeur, M. NAU, ne compte que trois prédécesseurs.

    Nous trouvons là une Coopérative beurrière bien typique des Charentes. Elle est, en effet, charentaise dans les conditions mêmes de sa création : les premiers coopérateurs du moment comprirent l'extension immense que fournissait la Charente dévastée par le phylloxéra à une jeune industrie laitière naissante. On sait que la plupart des Coopératives de cette région furent constituées pour cette raison.

    Charentaise... BAIGNES l'est également par son produit essentiel : le beurre. Il s'agit d'une production de cru bien typique et présentant toutes les qualités de cette spécialité régionale.

    Enfin, BAIGNES s'est aussi montrée une Coopérative charentaise modèle lorsqu'elle fut parmi les premières à réaliser la modernisation générale qui s'est manifestée dans les Charentes au cours de ces dernières années.

    Il s'agit d'une Coopérative importante qui chiffre, pour 1958, plus d'un million de kilos de beurre. Cette importance et cette qualité sont les termes actuels du développement processif et incessant dont nous parlions plus haut.

    Les dernières étapes de ce développement sont intéressantes et méritent un examen plus détaillé.

    Sa structure, son activité commerciale...

    La COOPERATIVE de BAIGNES proprement dite comporte 2.500 sociétaires groupés aux confins de la Charente, de la Charente-Maritime et de la Gironde.

    En 1956, se produisit une fusion avec la '"LAITERIE COOPERATIVE de GABLEZAC-MONTENDRE, mais, si les situations d'alors permettaient cette intégration pure et simple, en 1957 devait survenir un accord très intéressant avec la LAITERIE COOPERATIVE de REIGNAC de BLAYE, intéressant car il permettait la concentration industrielle nécessaire aux techniques modernes et la sauvegarde de la qualité des produits, tout en conservant l'autonomie de chacune des Coopératives. Cette autonomie reste entière, tant au point de vue financier que juridique. Elle permet à la Coopérative de REIGNAC de profiter des installations ultra-modernes de BAIGNES ainsi que de son puissant réseau commercial pour l'écoulement des produits. La formule se révéla si intéressante à l'usage qu'en 1958 des accords semblables étaient passés avec la Coopérative de SAINT-SAVIN-de-BLAYE. Cette union très souple, sorte de coopération entre coopératives, semble très instructive dans certains cas où, pour des besoins uniquement techniques, la concentration industrielle s'impose.

    Dès 1930, le réseau commercial de BAIGNES était solidement établi sur le Midi et la Côte d'Azur. L'exportation vers l'Algérie a également son importance dans les débouchés. Depuis cette date, ce réseau ne fit que s'affirmer et les améliorations successives de la qualité en sont l'une des raisons importantes. L'écoulement du beurre se fait exclusivement par vente directe. Le beurre de BAIGNES est livré sous des présentations adaptées au désir des différentes régions.

    Ses installations et son activité technique...

    Le ramassage de BAIGNES, effectué par 25 camionneurs, s'est orienté de pied ferme vers une technicité audacieuse : le ramassage du lait en citernes. Chaque camion possède deux ou trois citernes, de 4 à 500 litres.

    Il a été bien établi, par des essais sérieux, que dans le cas qui nous occupe, l'inconvénient du mélange des laits a été compensé largement par la rapidité du ramassage du lait et de la réception. En effet, toute manipulation de pots de ramassage est supprimée et, au quai, des pompes ME. 155 assurent, après filtration, un acheminement rapide du lait des citernes dans les tanks de réserves. L'écrémage et la pasteurisation suivent de très près la réception.

    Le beurre de Baignes

    La Laiterie elle-même, comme nous le disions plus haut, fut dotée, il y a trois ans, d'un matériel moderne de pasteurisation et de dégazage. Depuis avril 1958 le beurre de BAIGNES est régulièrement agréé par Le S.T.I.L. alors que M. BOUTET assure une étroite surveillance de la fabrication et de toute la technique en général. En 1956, le premier prix lui fut décerné à ANGOULEME et, en 1958, au Concours Régional de BORDEAUX, la médaille d'or lui fut attribuée.

    Ce que poursuit et obtient la Direction est d'ajouter à la finesse d'un Beurre Charentais la conservation d'un beurre pasteurisé.

    La Laiterie est aussi agencée pour recevoir les crèmes, crème fermière d'une part, qui représente 2 % du de matière grasse reçue, et crème laitière des trois Coopératives voisines dont nous avons parlé plus haut, d'autre part.

    Le sous-produit, la caséine, est traité à la Caséinerie Coopérative de BAIGNES attenante à la Laiterie. Elle conditionne et exporte elle-même la production de ses adhérents.

    Le passé fut la réalisation d'un organisme puissant au service de la production laitière régionale, organisme doté d'un outil de travail remarquable avec son installation de pasteurisation et de dégazage de crème pour la production d'un Beurre Charentais d'excellente conservation et gardant toutes ses qualités.

    Le présent, c'est la constatation de la pleine réussite de cette entreprise, d'une Administration et d'ure Direction sûres d'elles-mêmes, et économiquement libres.

    L'avenir est garni de projets précis susceptibles de continuer dans les meilleures conditions possibles de rentabilité sur tous les plans et la Laiterie de BAIGNES est en meilleure place possible pour continuer à répondre de mieux en mieux aux besoins actuels de ses producteurs.

    Corrélativement, la qualité du lait à la livraison est suivie par deux contrôleurs ; ceux-ci, d'ailleurs, n'interviennent pas uniquement sur l'hygiène du lait mais aussi sur des questions zootechniques en général et les problèmes d'alimentation. Ils ont été formés dans ce but. Ils surveillent l'état sanitaire du cheptel et provoquent, à temps, la visite du vétérinaire.

    La Laiterie paie à la matière grasse. Les prélèvements sont faits au ramassage trois fois par mois et, les résultats aussitôt transmis au producteur, permettent à celui-ci de suivre le problème de la qualité auquel il s'intéresse. Il règne ainsi un excellent climat de confiance réciproque pour le plus grand bien de tous.

    Une autre particularité est l'existence de la ferme du PRÉ-FEYTEAU qui appartient à la Coopérative et où celle-ci entretient un splendide troupeau de vaches normandes sélectionnées sur lesquelles sont expérimentées les techniques d'élevage paraissant convenir à la région. Cette ferme, ainsi qu'une porcherie de plein air d'un total de 2.000 porcs dont 200 truies mères ont été établies sur une ancienne propriété de 25 hectares acquise par la Coopérative au tout début de son existence. Cette ferme illustre à quel point la Coopérative tend à être utile à ses adhérents sur tout l'ensemble des problèmes d'élevage laitier.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives privées. La laiterie coopérative de Baignes-Sainte-Radegonde. Texte d'origine inconnue, vers 1959.

Bibliographie
  • Comby, J. " Chronique de la Charente. La laiterie coopérative de Baignes (Charente) en 1964 ". Norois, t. 12, 1965.

    p. 550-555
  • Duranteau, G. " Baignes et sa laiterie ". Mém. Soc. archéol. et hist. Charente, 1961.

    p. 283-285
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Van Riesen Wulf