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Imprimerie Blais et Roy, puis Texier

Dossier IA86000149 réalisé en 1994

Fiche

Appellationsdite imprimerie Blais et Roy, puis Texier
Destinationsbureau
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication
Dénominationsimprimerie
Aire d'étude et cantonVienne - Poitiers 6e Canton
AdresseCommune : Poitiers
Adresse : 7 rue
Victor Hugo
Cadastre : 1970 BL 71

Cette imprimerie est construite entre 1864 et 1867 par l'architecte E. Boyer pour Alexandre Dupré, imprimeur, qui y déplace son atelier. Elle est dite Blais et Roy en 1899 et imprime journaux, brochures, ouvrages pour le compte d'éditeurs parisiens. En 1931, elle appartient à Marc Texier, et on y imprime le Journal de l'Ouest. Vendus dans les années 1980, les bâtiments sont en partie démolis ou abritent les bureaux de Centre-presse. En 1899 est installée une chaudière Imbert frères (Saint-Julien-en-Jarz) . En 1919, l'entreprise dispose de 2 machines à vapeur de 37 ch et de 10 presses mécaniques. En 1938, l'équipement se compose de 12 presses mécaniques et de 10 machines à composer. En 1914 et 1931 : 100 ouvriers.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Boyer Eugène architecte attribution par source
Murscalcaire pierre de taille
Toitardoise
Étagesen rez-de-chaussée
Couvrementscharpente métallique apparente
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Énergiesénergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
État de conservationvestiges
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Imprimerie de M. à Poitiers. Extrait de : Gazette des architectes et du bâtiment, 1867, n°18, p. 177-180.

    Le programme d'une imprimerie, aussi peu importante qu'elle soit, demande la satisfaction de besoins tout spéciaux, l'installation de services tout particuliers, et par conséquent appelle une solution architecturale bien tranchée ; cependant on ne pourrait en signaler jusqu'à présent que de fort rares applications directes ; généralement, en pareil cas, on se contente d'approprier d'anciennes constructions dans lesquelles on s'installe plus ou moins commodément. On ne verra donc pas sans intérêt comment M. Boyer a résolu le problème dans l'imprimerie qu'il a construite à Poitiers.

    Le terrain mis a sa disposition ne le laissait pas entièrement maître d'adopter un parti général déduit uniquement des conditions spéciales d'un tel programme, puisqu'il devait tenir compte de constructions mitoyennes, mais l'architecte doit aujourd'hui s'attendre, le plus souvent, à rencontrer ces conditions gênantes qui résultent des prix élevés des terrains dans nos villes même secondaires ; aussi, tout en ayant été conçue dans des conditions particulières, l'œuvre n'en est pas moins intéressante à étudier.

    Comme le fait voir le plan à rez-de-chaussée (fig. 137), le terrain en question est situé entre deux rues non parallèles entre elles et il est limité sur un de ses côtés, dans le sens de sa plus grande longueur, par un mur mitoyen ; d'autre part, une des conditions particulières du programme obligeait à raccorder les constructions neuves à un ancien bâtiment qui devenait l'habitation du directeur. L'architecte, en conséquence, a dû disposer le plan de telle sorte que la partie des bâtiments neufs affectée plus spécialement à l'administration, comprenant certains services, tels que le cabinet du directeur, la rédaction, etc. (voir la légende), fût en communication directe avec la maison d'habitation, et il a dû reporter sur la rue Impériale, c'est-à-dire à l'opposé, l'entrée des ateliers et le concierge. A rez-de-chaussée, au-dessus d'un sous-sol servant de magasin, sont installés l'atelier des presses, la machine à vapeur, la trempière, etc. ; sur la rue des Hautes-Treilles est placée l'entrée commune à l'administration et à l'habitation du directeur ; de ce côté, mais donnant sur la cour, est situé le bureau du gérant sous les yeux duquel les ouvriers passent pour entrer dans le vestibule et de là aux ateliers, ainsi que les personnes qui se rendent dans les bureaux de l'administration ; un escalier spécial, dont l'entrée donne sur le passage de porte cochère, est destiné au directeur, qui trouve à chaque étage une communication avec son habitation. A proximité du vestibule de l'imprimerie se trouve un escalier qui met en communication directe les ateliers du rez-de-chaussée et ceux du premier étage, où est installé l'atelier de composition. Afin d'éviter des pertes de temps et des allées et venues inutiles, certains services spéciaux sont satisfaits : 1° par un monte-charge, 2° par la coulisse où montent et descendent les épreuves, 3° par la coulisse où descendent les vieux papiers (voir la légende). Au 1er étage vers la rue des Hautes-Treilles, l'atelier de composition et celui de reliure sont coupés par un plancher intermédiaire qui fournit, dans cette partie, un étage supplémentaire dans lequel sont installés l'atelier de composition des affiches, un supplément de l'atelier de reliure et un dépôt. En se reportant aux divers plans et aux légendes, on se rendra compte de la position de chacun des services et de la distribution complète qui nous paraît donner simplement et très convenablement satisfaction au programme posé.

    Tout en construisant avec une grande économie, M. Boyer a su donner aux élévations de cette imprimerie un caractère sérieux et monumental bien dans la mesure de ce qui convenait à une semblable conception. L'emploi simultané de la pierre et de la brique est sagement compris et accusé d'une façon franche et originale ; le grand bâtiment renfermant les ateliers est particulièrement bien entendu. Le premier étage, où se trouve l'atelier de composition, par suite d'une condition imposée, étant pourvu de jours verticaux, présentait extérieurement une grande surface dont l'architecte a su, à l'aide d'une construction rationnelle apparente, détruire la monotonie et la froideur ; ce grand mur est composé de piles principales en pierre correspondant aux arcs doubleaux des voûtes basses, aux poutres maîtresses des planchers et aux fermes des combles. Dans la partie du rez-de-chaussée, ces piles sont réunies par des arcs plein-cintre sous lesquels s'éclaire l'atelier des presses ; au premier étage, une arcature jumelle correspond à chaque travée et reporte la charge supérieure sur les points principaux ; voilà toute la construction solide. Le surplus ne se compose que de remplissages peu épais en brique et n'étant là qu'à titre de clôture, la liaison des briques et de la pierre se fait intérieurement à l'aide de harpes perpendiculaires au développement du mur. Ce grand atelier supérieur est éclairé par un jour pris au-dessus du comble qui est soutenu par des fermes en métal très simples et bien combinées ; sur la rue Impériale, cette partie s'accuse avec l'aide d'un pignon largement ouvert et faisant deviner et sentir la disposition intérieure. La façade de la rue des Hautes-Treilles et celle qui lui est parallèle sur la cour sont également intéressantes et sont étudiées dans le même esprit général. Nous signalerons également l'escalier conduisant de l'atelier des presses à celui de la composition. En général, dans toute cette étude, on sent chez l'architecte la préoccupation du besoin à satisfaire et celle de l'emploi intelligent de la matière.

    Les proportions générales sont satisfaisantes, l'accentuation relative des services est bien exprimée ; peut-être pourrait-on désirer plus d'étude et de simplicité dans les détails, dans les profils qui sont parfois lourds et tourmentés ! Les environs de Poitiers sont riches en matériaux calcaires, aussi l'architecte en a-t-il profité : les soubassements sont en pierre de Lourdine (Château-Gaillard) et briques ; les colonnes détachées sont en pierre rose de Saint-Savin. Ces matériaux sont relativement peu coûteux, comparés à ceux de bien d'autres localités, néanmoins nous étonneront certainement beaucoup de nos lecteurs en leur disant que la dépense totale de la construction de cette imprimerie ne s'est élevée qu'à la somme de 40 799 francs, ce qui, pour 360 mètres de superficie bâtie, porte le prix du mètre superficiel à 113 francs.

    Ce résultat surprenant prouve combien une méthode sensée et l'intelligence pratique peuvent, dans la réalisation du programme, faciliter la tâche difficile et délicate de l'architecte.

    A. de Baudot.

  • Imprimerie de M. à Poitiers. Extrait de : Gazette des architectes et du bâtiment, 1867, n°20, p. 193-198.

    Dans un précédent numéro, nous avons signalé à l'attention de nos lecteurs les parties les plus intéressantes de cette étude, les voici détaillés dans planches ci-jointes. Les figures 147, 148 et 149 représentent la partie adoptée dans l'emploi de la pierre et de la brique ; la fig. 147 montre l'élévation et la coupe du bâtiment des ateliers dans la hauteur du rez-de-chaussée, ainsi que les colonnes isolées du porche avec l'indication des retombées. Sur la fig. 148 sont tracées l'élévation et la coupe du même bâtiment, mais dans la hauteur de l'étage ; enfin, sur la fig. 149, est indiqué un détail montrant la disposition du mur de refend, limitant le vestibule ; en se reportant aux ensembles, on trouvera aisément l'explication de chacune de ces figures. A part la coupe trop aiguë de quelques morceaux, l'appareil peut, dans ces divers détails, être considéré comme très satisfaisant.

    Sur la coupe, fig. 148, on voit indiqué le pied des fermes en métal du grand bâtiment longitudinal ; on trouvera les détails complémentaires des ces fermes (fig. 154) ; elles sont composées de fers à double T réunis à l'aide de plaques d'assemblages en tôle X ; en A est indiqué le repos d'une ferme sur les corbeaux en pierre engagés dans le mur, en B est montré l'assemblage au droit des pannes portant la lanterne. Sur la fig. 153, on voit le détail du plancher de l'étage ; ce plancher se compose de poutres maîtresses ancrées à l'aide d'un fer à double T logé entre deux pièces en bois, contre lesquelles sont boulonnées les lambourdes recevant les solives de remplissage.

    Enfin, nous avons donné le détail de l'escalier conduisant du rez-de-chaussée dans l'atelier de composition, au premier étage (fig. 150, 151 et 152) ; son plan (fig. 152) donne la disposition des paliers et des marches qui sont encastrées dans des limons intermédiaires s'assemblant dans deux montants principaux ; au droit des paliers ce système de pan de bois est rattaché aux parois par des linteaux en fer formant chaînages, et servant à supporter le plancher de ces paliers. On remarquera que les deux cloisons disposées sur les petits côtés du parallèlogramme dans lequel se renferme cet escalier se trouvent placées au droit de deux poutres maîtresses ; c'est ce qui explique la présence des fers à double T indiqués dans la coupe au sommet des cloisons. Celles-ci, comme d'ailleurs toutes celles employées dans cette construction, sont composées de dalles en pierre encastrées dans des châssis de bois, voir le détail (fig. 155). Il paraît bizarre de voir maintenir la pierre de cette façon, mais, en définitive, ce parti n'est pas plus étrange que celui généralement adopté à Paris, par exemple, et qui consiste à constituer des cloisons à l'aide de bâtis en bois et de plâtre.

    A. B.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Vienne, 8 S 11. 1849-1911 : industrie minérale : appareils à vapeur : extraits du registre des épreuves des appareils destinés à être utilisés dans le département.

  • A. D. Vienne, 8 S 14. 1860-1877 : mines et énergies ; appareils à vapeur : déclaration et autorisation de mise en service, surveillance des appareils sur terre.

Bibliographie
  • Annuaire de Poitiers et du département de la Vienne : administratif - militaire - religieux - judiciaire - industriel - commercial. Poitiers : Marc Texier, 1938.

    p. 939
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