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Hôtel Depont des Granges

Dossier IA17000158 réalisé en 1995

Fiche

Appellationsdit hôtel Depont des Granges
Destinationsbanque
Parties constituantes non étudiéescour, communs, boutique
Dénominationshôtel
Aire d'étude et cantonRochelle centre (La) - Rochelle (La)
AdresseCommune : La Rochelle
Adresse : 12 rue du, Palais , 9 rue
Admyrauld
Cadastre : 1976 EN 10, 11

Situé entre les rues du Palais et Admyrauld, où se trouvait le portail d'entrée à l'origine, l'hôtel fut occupé, au début du 17e siècle, par la famille des Tallemant. Il fut acquis en 1692 par Samuel Bernon, trésorier du roi en la généralité de Poitiers, qui y fait de grands travaux et le cède à Paul-François Depont, seigneur des Granges. L'hôtel se compose alors d'une grande maison au nord et d'une plus petite au sud, avec boutique, deux parties qui, bien que formant un tout, resteront toujours distinctes. En 1785, Paul Charles, petit-fils de Paul-François et trésorier de France à La Rochelle, fit reconstruire l'hôtel par Pierre-Adrien Paris, alors architecte des menus plaisirs à Versailles. Celui-ci réédifie l'élévation sur cour de la grande maison, tandis que l'ensemble de la façade sur la rue du Palais est seulement remise au goût du jour. Il donne en outre le dessin des boiseries du salon, exécutées par A. Chevalier. L'escalier, qui prenait place dans un vaste vestibule éclairé par un lanterneau, avait une rampe en fer forgé jusqu'au premier étage, oeuvre du maître serrurier Jean-Baptiste Pipereau. Loué en 1806 par le département pour loger l'évêque, l'hôtel est acquis en 1810 et fait l'objet d'aménagements intérieurs dans les années 1850. Il servit d'évêché jusqu'en 1874. En 1880, il devint la propriété des Massiou. La plus grande partie est occupée aujourd'hui par la Société Générale qui a modifié, dans la première moitié du 20e siècle, les arcades sur la rue du Palais, puis, plus récemment, dénaturé la cour et n'a rien épargné du décor intérieur (boiseries du salon, grand escalier à rampe en fer forgé). La partie sud a gardé son caractère commercial.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : limite 17e siècle 18e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Paris Pierre-Adrien architecte attribution par source
Auteur : Chevalier A. sculpteur attribution par source
Auteur : Pipereau Jean-Baptiste ferronnier attribution par source

Cet ancien hôtel particulier présente une façade à l'est, rue du Palais, et une façade à l'ouest, rue Admirauld. La cour intérieure était accessible par un ancien portail situé sur l'élévation occidentale et qui constituait l'entrée principale de l'hôtel qui se situait donc en fond de cour. Des communs, couverts de toit à longs pans et croupe en façade, encadrent cette cour au nord et au sud, avec des murs pignons percés d'une travée sur l'élévation ouest.

La façade rue du Palais comprend des arcades de différentes formes et dimensions s'ouvrant sur une galerie ouverte qui précède les boutiques, un étage et un étage de comble. Les fenêtres des étages sont alignées en sept travées de différentes largeurs. Les deux travées les plus au sud (à gauche) correspondent au pignon du bâtiment aujourd'hui cadastré EN 11, qui se distingue également par son arcade couverte en une large anse de panier et par un profil différent du bandeau qui souligne le premier étage. La deuxième arcade, plus haute que la précédente mais également couverte e, anse de panier, correspond à deux travées de fenêtres, tandis que trois travées de fenêtres dominent les deux arcades les plus au nord, couvertes en plein cintre. Les arcades et le premier étage sont construits en pierre de taille, l'étage de comble en moellon enduit.

Murscalcaire moellon enduit partiel
calcaire pierre de taille
Toittuile creuse
Plansplan régulier
Étagessous-sol, 1 étage carré, étage en surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
appentis
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie, en charpente
Typologieshôtel sur rue ; hôtel de plan en U ; cour postérieure ; arcade ; portail
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Descriptions de la maison, 1708, 1786, 1806, Extrait de CAILLETEAU, Quelques exemples d'architecture rurale et urbaine.

    Acte de vente du 19 août 1708 [Archives départementales de la Charente, notaire Soulard].

    La maison passa ensuite en d'autres mains et le 14 avril 1692 Simon Pottier, marchand et Antoinette Guillemet la vendent à un personnage illustre sur la place de la Rochelle : Samuel Bernon, conseiller du Roy, trésorier de France en la généralité de Poitiers. Il l'habite peu de temps puisque le 19 août 1708, il la cède à Paul Depont des Granges contre la somme de vingt-cinq mille livres. Ce prix assez élevé permet d'imaginer une demeure déjà fort conséquente. Le marché passé devant le notaire Soulard retrouvé aux Archives Départementales le confirme : il s'agit en effet « d'une grande maison consistant en plusieurs chambres basses et haute, galtas, greniers, celliers, écuries et autres appartenances et dépendances ayant des entrées et des sorties vers l'orient et l'occident sur les rues du Palais et Juiverie avec droit de porches sur la rue du Palais confrontant au Nord au Palais Royal et au Midy à la Juridiction Consulaire ». Et l'acte précise que Samuel Bernon « a déjà fait construire à neuf plusieurs édifices et bâtiments et y (la maison achetée en 1692) a ajouté diverses belles décorations ». Il s'était certainement cru obligé d'anoblir une banale façade encadrée par les pimpantes couleurs du Palais de Justice d'Henri IV et les armoiries du Roy, de la ville, de Colbert du Terron et du Comte du Dognon, sculptées sur la Juridiction Consulaire.

    La description des lieux faite dans l'acte de vente de 1810 se comprend désormais fort bien [Archives départementales de la Charente-Maritime, acquisition par le département pour servir d'évêché].

    "Une grande maison sise à La Rochelle ayant son entrée par la rue Juiverie consistant en une grande cour, écurie, remise et autres servitudes, salle, salon, chambre, antichambre, grenier, cave... Ensemble les glaces, trumeaux, consoles, feux dorés, poêle, tapisserie et autres effets étant dans la maison aujourd'hui occupée par Monseigneur l'Evêque.

    Une petite écurie à côté avec grenier par-dessus qui en est distraite pour le moment et louée à Trimouille, huissier.

    Une autre maison adossée à la grande ayant son entrée par la rue du Palais avec le droit de porche consistant en une boutique, cour, cuisine, chambres hautes et grenier et un petit magasin à côté et dépendances ayant aussi droit de porche.

    Lesquelles deux maisons ne font qu'un seul tout, confrontant du levant à la rue du Palais, du couchant à la rue Juiverie, du midi au bâtiment de la Bourse, du Nord à celui du Palais de Justice".

    L'acte précise que les vendeurs tiennent l'ensemble en héritage de Paul Charles Depont, leur père, qui « a fait bâtir et reconstruire partie de la grande maison en 1785 ». Ainsi la « petite » préexistait à cette reconstruction. Elle devait servir, dès cette époque à un négoce puisqu'il est fréquent de trouver dans les papiers des Depont, de petits billets non datés ainsi rédigés : " reçu pour travaux de serrureries à la boutique..." Suit une somme souvent très faible et la signature d'un nommé Laroche jeune serrurier.

    Marché passé le 5 mars 1786 pour la rampe d'escalier

    L'habitation des Depont proprement dite commençait au grand escalier : une magnifique place lui était réservée au cœur du vieux logis, dans une grande salle de 10 x 4 mètres d'une des trois portes-fenêtres de la façade ouvrait sur la cour d'honneur, tandis qu'un petit couloir tamisait les bruits venant de la rue du Palais. Bien que plus près de cette dernière que la rue Juiverie, son emplacement demandait à ce que l'on entrât dans la pièce en venant de la cour : le recul et l'angle de vue étaient alors idéals pour admirer l'envolée de l'escalier (cet escalier a disparu au début du XXe siècle, un nouveau descend maintenant face à une porte ouverte dans l'angle Nord Est de l'immeuble). Ainsi se confirme l'aspect secondaire de la façade Est. Nul doute que les grandes Entrées se faisaient par la rue Juiverie.

    [Inventaire du 10 décembre 1806, ]

    L'inventaire fait le 10 décembre 1806 au moment de l'installation de l'évêque, précise que la cage était blanchie au lait de chaux et que la rampe était en barreaux de fer jusqu'à la première volée et le reste en barreaux de bois, le tout garni d'acajou. Un soin tout particulier avait été apporté dans l'exécution de cette rampe. En témoigne ce marché écrit de la main même du serrurier.

    [Description du 5 mars 1786]

    "Je soussigné Jean-Baptiste Pipereau, maître serrurier, demeurant en cette ville de La Rochelle reconnaît avoir passé marché avec Monsieur Desgranges, pour faire la rampe en fer de l'escalier de sa maison qui commencera depuis la volute du chiffre de l'escalier et s'étendra jusqu'au milieu de la seconde marche de l'escalier en bois du second étage, la rampe sera faite en barreaux de fer rond en forme de colonne avec base et chapiteaux conforme au modèle en bois que j'ai en main. Chaque colonne sera posée au plomb à l'endroit du milieu de chaque marche assemblée par un chassis avec bon assemblage. La hauteur de la rampe sera de deux pieds cinq pouces dans son aplomb à prendre au-dessus du chassis d'appui qui sera poser sur le chiffre jusqu'au chassis supérieur sur lequel sera posé le recouvrement en bois d'acajou. Le chassis d'appui sur le chiffre sera d'un fer de dix-neuf lignes de largeur sur cinq d'épaisseur. Le chassis supérieur sera de dix lignes carrées les barreaux ou la colonne seront d'un fer rond d'un pouce de diamètre sans y comprendre les saillies des bases et des chapiteaux qui seront faites avec moulure rampante suivant le rampan de l'escalier ayant bien attention que tous les barreaux se trouvent bien exécutés suivant l'art de la serrurerie et ne sera employé que de bon fer bien doux sans paille ni aucun défaut généralement quelconque, me soumettant en outre en... De malfaçon ou emploi de mauvaise qualité de fer à la visite des experts et de faire tout ce qu'ils auront décidé. Mon intention étant de faire l'ouvrage dans toute sa perfection moyennant le prix de soixante-et-onze livres par chaque toise courante de Monsieur Desgranges me payera sitôt l'ouvrage en place et accepté, ce qui est fait et convenu entre nous".

    Le 5 mars 1786, signé Pipereau.

    Marché passé le 20 juillet 1786 pour les boiseries du salon [Archives départementales de la Charente, E 490].

    Du grand salon certains marchés nous sont parvenus. Le plus important est celui du sculpteur des boiseries, Chevalier, celui qui exécuta la belle porte de la Bourse voisine.

    "Conditions entre Monsieur Degrange et Chevalier sculpteur pour les travaux du salon de compagnie à savoir.

    1- La corniche en plâtre y compris la frise et l'architrave le tout ensemble à raison de quatre livres du pied courant.

    2- Les moulures de chambranles tant des portes que ceux des croisées ainsi que ceux des bordures de glaces ayant des raies de cœur et rubans tournant dix-huit sols du pied courant.

    Les oreilles des panneaux de portes en branches de mirte 30 sols/pièce.

    Les rosaces des panneaux du bas des portes de 12/sols pièce.

    Tous les ouvrages seront bien faits et selon les dessins de Monsieur Paris architecte, les pentes des croisées ayant des rez-de-coeur seulement à 12 sols le pied.

    Le 20 juillet 1786 A. Chevalier (écrit à la main).

    Extrait de CAILLETEAU, Quelques exemples d'architecture rurale et urbaine. Entre crochets, références aux documents conservés aux Archives départementales et restitution de titres

Références documentaires

Documents d'archives
  • Notaire Soulard.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle
  • 1786, 20 juillet : marché avec le sculpteur des boiseries du salon, A. Chevalier.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E 490
  • 1810 , 4 décembre : Acquisition par le département pour servir d'évêché.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle
  • 1855-1859 : Affaires diverses.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : N 628
  • Jourdan, Notes sur les rues, places, ponts....

    Médiathèque Michel-Crépeau, La Rochelle : Ms 330
  • Documents concernant la famille Depont des Granges.

    Médiathèque Michel-Crépeau, La Rochelle : Ms 1139
Documents figurés
  • Maison dépendant du palais épiscopal de la Rochelle. Rez-de-chaussée. Premier étage. Septembre 1812.

    Archives nationales, Paris : F21 1879
  • [Plan du rez-de-chaussée]. Ss date [XIXe siècle].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Diocèse de La Rochelle. Plan de l'évêché. Plan du rez-de-chaussée. Plan de l'étage. 1er décembre 1853. Brossard.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • [Vues intérieures]. Photographies Hurault.

    Service départemental de l'architecture et du patrimoine, Charente-Maritime
Bibliographie
  • Cailleteau, Jacques, Quelques exemples d'architecture rurale et urbaine à La Rochelle au XVIIIe siècle. Mémoire de maîtrise d'Histoire de l'Art, dir. Pariset F.G., université de Bordeaux, janvier 1968, dactylographié.

    p. 62-81
  • Moulin, Monique. L'architecture civile et militaire au XVIIIe siècle en Aunis et Saintonge, La Rochelle, Quartier latin, 1972, In-4°, 196 p., LIII pl.

    p. 138, n. 36
  • Vaux de Foletier, François de. La Rochelle d'autrefois et d'à présent. La Rochelle : F. Pijollet, 1923.

    p. 188
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Mailles Dominique - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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