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Hôtel de ville, ancienne mairie et école de garçons

Dossier IA17046075 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Dénominationshôtel de ville, mairie, école
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde
AdresseCommune : Saint-Georges-de-Didonne
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 2 et 4 rue
de la République
Cadastre : 1837 D 1985 à 1987 ; 2009 BE 869

L'actuel hôtel de ville regroupe deux parties d'époque et d'architecture différentes. La plus à l'ouest est aussi la plus ancienne : il s'agit de l'ancienne mairie qui, jusqu'en 1920, partageait les locaux avec l'école de garçons (à cette date, l'école a intégré un nouveau bâtiment, aujourd'hui disparu, rue Carnot, là où se trouve un supermarché). La partie est, d'architecture moderne, a été édifiée en 1977, suivant les plans établis, après concours d'architecture, par Ramzi Mahallawi, architecte à Boulogne-Billancourt (92).

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle, 4e quart 20e siècle
Dates1846, daté par source
1977, daté par source
Auteur(s)Auteur : Marion
Marion

Conducteur des Ponts et chaussées à Royan vers 1850.


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architecte attribution par source
Auteur : Mahallawi Ramzi
Mahallawi Ramzi

Architecte d'origine égyptienne, actif à Boulogne-Billancourt (92) dans les années 1970-1980, auteur en 2009 de la mosquée de Gennevilliers (93).


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architecte attribution par source

L'ancienne mairie-école de garçons, à l'ouest, bien qu'en partie remaniée, impose une architecture sobre, presque sévère, à l'horizontalité marquée. Le bâtiment se compose d'un corps principal, parallèle à la rue, et de deux ailes en retour d'équerre à l'arrière. La façade, rythmée par un solin et trois bandeaux, est couronnée par une corniche à modillons. Ce motif se retrouve sur les deux frontons qui surmontent les deux avant-corps encadrant la façade. C'est là la seule ornementation de la façade, avec les claveaux des baies du rez-de-chaussée et les joints à assise continue, également concentrés au rez-de-chaussée.

La partie moderne de l'hôtel de ville, à l'est, se démarque nettement de la précédente. L'usage du béton permet des croisements de lignes, verticales, horizontales et obliques, sous un toit à plusieurs pans.

Murscalcaire moellon enduit
pierre de taille
béton enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • En 1833, répondant à la loi Guizot sur l'instruction publique, la municipalité de Saint-Georges-de-Didonne ouvre une école communale de garçons, avec Etienne Fruger comme instituteur, et ce malgré l'absence de locaux adaptés. Le 19 septembre 1843, le conseil municipal adopte un projet de construction d'une maison d'école présenté par M. Marion, conducteur des Ponts et chaussées, pour un montant de 6380 francs, à quoi s'ajoute un devis supplémentaire de 2000 frances, en 1845. Le terrain, situé à la sortie est du bourg de Saint-Georges, sur la route de Didonne, est acquis le 21 octobre 1846, et les travaux sont adjugés au sieur Niort, entrepreneur. Ce premier bâtiment, qui accueille bientôt également la mairie, se situe en retrait par rapport à la voie, entre une cour à l'avant et le jardin de l'instituteur à l'arrière (il s'agit de la partie ancienne de l'actuelle mairie). Un préau sera construit en 1889 par Hilaire Bernier, entrepreneur à Saint-Georges-de-Didonne.

    Dans les années 1870, et jusqu'à la laïcisation de l'enseignement, l'école de garçons est tenue par un instituteur communal protestant, ce qui ne va pas sans soulever des difficultés avec les autorités catholiques et certaines familles qui préfèrent envoyer leurs enfants à Royan. En 1873, l'école compte 57 garçons. A la même date, une école de filles catholique dénombre 50 élèves. Une autre, protestante, accueillant 26 élèves, est tenue par une Anglaise, Frances Dent, épouse de Charles Hawker, lieutenant colonel britannique (propriétaire par ailleurs de terrains et d'une villa à la pointe de Suzac). Cette école se tient dans une maison qu'ils ont fait construire en peu après 1867 juste à côté de la mairie-école (à l'ouest, le long de la rue de la République).

    Dans les années 1880, outre la laïcisation de l'enseignement, le caractère désormais obligatoire de l'école, y compris pour les filles, engendre un nouveau besoin de locaux, en particulier pour la nouvelle école publique de filles. Le 7 août 1881, le conseil municipal approuve l'acquisition de la maison Hawker, mise en vente par Mme Hawker après la mort de son mari. La vente est signée le 23 juillet 1883. Le bâtiment est aussitôt surélevé, pour avoir une hauteur réglementaire, suivant le devis établi par M. Mamais, architecte à Saujon, et complété par E. Boinot, architecte à Saintes. Les travaux sont adjugés le 12 août 1883 à Faustin Cros, entrepreneur.

    En 1902, la cour de l'école de filles est agrandie par l'acquisition d'un jardin situé à l'arrière. Un mur de clôture est alors édifié par Victorin Latour, entrepreneur de maçonnerie à Saint-Georges-de-Didonne. L'année suivante, l'architecte Félicien Balley, de Saintes, est sollicité pour la construction d'un préau et d'une classe d'école enfantine (maternelle) dans son prolongement, dans le jardin récemment acquis, ainsi que pour l'aménagement d'un logement pour une institutrice adjointe. Les travaux sont adjugés le 5 avril 1904 à Joseph Latour, entrepreneur à Saint-Georges-de-Didonne. La nouvelle "classe enfantine" ainsi construite correspond à l'aile ouest de l'actuelle école maternelle.

    L'augmentation du nombre d'habitants, liée au développement des bains de mer, et l'augmentation du nombre d'élèves qui l'accompagne (227 en 1912), poussent la municipalité à envisager la construction d'un nouveau groupe scolaire. Le terrain envisagé se trouve au nord des deux anciennes écoles et mairie, et au nord d'un angle formé par deux nouvelles rues qui seraient créées par la même occasion, les actuelles avenue des Tilleuls et rue de Plaisance. Etabli par l'arrchitecte Balley, le projet prévoit un vaste et long bâtiment en fond de cour, formé d'un corps central, de deux ailes et de deux pavillons aux extrémités, le tout formant un U avec deux préaux ; le corps central serait destiné à l'école enfantine, la partie ouest aux filles, et la partie est aux garçons. Ce projet, présenté en 1913-1914, est interrompu par la guerre et finalement abandonné en 1920.

    Une autre solution est alors adoptée pour l'école de garçons avec l'acquisition, le 15 octobre 1920, d'une maison appelée "le Couvent", propriété jusqu'alors de Mme Harnaud, institutrice privée qui y tenait une école privée de filles. De 1884 à 1903, cette école fut dirigée par la congrégation des Ursulines du Sacré-Coeur de Pons. La maison est située à l'angle des actuelles rue Carnot et rue du Général De Gaulle (là où se trouve aujourd'hui un supermarché). Dès lors, l'ancienne école de garçons, rue de la République, est entièrement investie par la mairie.

    Egalement restée rue de la République, l'école de filles est agrandie avec la construction de nouvelles classes en retour d'équerre par rapport à la classe enfantine édifiée en 1904, au fond de la cour. Les plans et devis en sont présentés le 26 avril 1928 par Georges Vaucheret, architecte à Royan (connu pour avoir réalisé plusieurs villas à Saint-Georges-de-Didonne). Réalisés par M. Senusson, entrepreneur (peut-être Robert Senusson, actif à cette époque sur la commune), les travaux sont réceptionnés le 7 octobre 1930. N'abritant plus, dés lors, de salles de classe, le bâtiment sur la rue est transformé en logements d'institutrices en 1937.

    Après 1945, la reconstruction de la ville et l'augmentation du nombre d'habitants, donc d'élèves, entrainent une réflexion sur les locaux scolaires, exigus et désormais mal appropriés. L'école de garçons notamment, logée depuis 1920 à l'ancien "Couvent", compte en 1956 sept classes contre trois en 1945. Tandis que des baraquements sont provisoirement installés, l'étude d'une nouvelle école de garçons est confiée en 1954 à l'architecte communal Paul Dremilly. Ce dernier imagine alors un long bâtiment à l'arrière de la mairie et de l'école de filles, perpendiculaire à l'avenue des Tilleuls, au sud de la rue de Plaisance. L'ensemble, dont la première pierre est posée le 28 novembre 1954 (à l'arrière du bâtiment principal, côté rue de Plaisance), comprend notamment un bâtiment principal (n° 1 du plan ci-joint) avec huit salles de classe réparties sur deux niveaux, desservies à chaque fois par un couloir-vestiaire ; un bâtiment dans le prolongement du premier, à l'ouest (n° 2) abritant chaufferie et salle de travaux pratiques ; un autre à l'est (n° 3) comprenant un préau au rez-de-chaussée ; un autre au nord, le long de la rue de Plaisance (n° 5), relié au bâtiment principal par une galerie (n° 6), et comprenant le logement du directeur. La nouvelle école de garçons (actuel ensemble "Jean-Zay 1") est inaugurée le 30 septembre 1956.

    Quelques années plus tard, les efforts se portent cette fois sur l'école de filles, restée dans les anciens locaux de la rue de la République, à l'ouest de la mairie. De nouveau sollicité, Paul Dremilly livre en 1964 un projet identique à l'école de garçons. Le nouveau bâtiment scolaire (actuel "Jean-Zay 2") comprend six salles de classe avec galeries-vestiaires, une salle polyvalente, un préau, un logement de directrice et un logement d'adjointe. Le projet prévoit aussi une nouvelle cantine, dans le prolongement ouest de l'école de garçons ("Jean-Zay 1"). Le 17 décembre 1964, les travaux sont adjugés à l'Entreprise générale oleronaise du bâtiment, siégeant à Royan. Ils sont réceptionnés le 3 novembre 1967.

    L'école de filles quitte alors les locaux à côté de la mairie, désormais dévolus à l'école maternelle. Cette même année 1967, ces locaux sont agrandis suivant les plans livrés par R. Legray, architecte à Royan : l'extension vient envelopper par le nord les anciennes salles de classe construites en 1930. L'école maternelle sera prolongée au début des années 2000 par un long corps de bâtiment la reliant à l'avenue des Tilleuls.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, 3 J 1 et 2. 1855-1856 : notes et renseignements sur les écoles des paroisses mixtes, et réponses des curés des paroisses où se trouvent des cultes différents.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 J 1 et 2
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, 3P 3408 à 3423. 1837-1970 : état de section et matrices cadastrales des propriétés de Saint-Georges-de-Didonne (NB : les dates de constructions et de travaux déclarées dans le cadastre sont souvent celles de leur prise en compte par l'administration fiscale, avec un décalage d'environ trois ans après leur réalisation effective).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 3408 à 3423
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, Q Domaines 15. Dossiers des congrégations.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : Q Domaines 15
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, 200 V 1. 1873-1875 : établissements d'instruction communaux ou libres, écoles de Saint-Georges-de-Didonne.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 200 V 1
  • Archives municipales de Saint-Georges-de-Didonne. 1976 : dossier "extension de la mairie".

    Archives municipales, Saint-Georges-de-Didonne
  • Informations et références fournies par M. Nicolas Champ, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Bordeaux 3, auteur en 2009 d'une thèse de doctorat intitulée "Religion et territoire. L´espace public entre présence confessionnelle et sécularisation dans la France du 19e siècle. Le cas de la Charente-Inférieure (1801-1914)".

Documents figurés
  • Vues aériennes depuis 1920 sur le site internet de l'IGN www.geoportail.gouv.fr.

  • AD17, 3P 4983. 1837 : plan cadastral de Saint-Georges-de-Didonne.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4983
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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