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Haut fourneau, affinerie, minoterie

Dossier IA00066408 réalisé en 1989

Fiche

  • La minoterie vue de la cour.
    La minoterie vue de la cour.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • pièce de stockage du combustible
    • logement patronal
    • logement d'ouvriers
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, pièce de stockage du combustible, logement patronal, logement d'ouvriers
Dénominationshaut fourneau, affinerie, minoterie
Aire d'étude et cantonCharente - Ruffec
Hydrographiesla Charente
AdresseCommune : Taizé-Aizie
Lieu-dit : les Forges
Cadastre : 1819 E 75 à 80 ; 1990 AN 4 à 7

Un haut fourneau et deux feux d'affinerie sont construits, en 1731, pour le duc de Saint-Simon, qui reçoit du Régent une subvention annuelle de 15000 lt. En 1762, le comte de Broglio achète la forge, qui est nationalisée et mise en régie pendant la Révolution : on y fabrique des boulets. Elle est vendue en 1809 comme bien des émigrés à Adélaïde-Charlotte de Broglio, épouse de Marcieu, pour 127500 F. Sa fille, la marquise de la Porte, la vend, vers 1830, à Marsat, l'exploitant de la forge qui ajoute un deuxième haut fourneau et un troisième feu d'affinerie. En 1860, Martin achète la forge, qui fournit alors à la manufacture de Châtellerault de l'acier pour la fabrication de canons à fusils. En 1879, le haut fourneau est arrêté et il est démoli en 1884. La forge est arrêtée en 1889 et une minoterie est installée dans l'ancienne affinerie. La production vers 1840 se monte à 800 t de fonte. L'effectif en 1840 est de 40 personnes payées 2 francs par jour. Il existe un fonds d'archives privées.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle
Dates1731, daté par travaux historiques

L'atelier de fabrication (minoterie) est à deux étages et le logement patronal à un étage avec couverture en ardoise. La halle à charbon est en rez-de-chaussée et le logement d'ouvriers est à un étage avec couverture en tuile creuse.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise, tuile creuse
Étages2 étages carrés
Couverturestoit à longs pans
Énergiesénergie hydraulique produite sur place
État de conservationvestiges
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Forge de Taisé-Aisié. Extrait de Munier, E. L'angoumois à la fin de l'Ancien Régime. Paris, 1774, p. 199.

    Cette forge que l'on appele aussi forge de Ruffecq, consiste en un fourneau, une salle à deux marteaux, deux affineries, une chauferie, un bocard pour broyer le litier, en logemens, halles & hangards nécessaires pour servir la forge avec autant d'aisance qu'on peut le désirer. L'on y trouve encore des mouvemens d'aplatisserie & de fenderie, ainsi qu'un fourneau pour convertir le fer en acier.

    La quantité de fer qu'on fait à la forge de Ruffecq s'élève à neuf cents milliers de fonte qui produisent environ six cents milliers de fer forgé, dont cent vingt milliers passent à la fenderie pour assortir les Marchands en verge & fer feuillard, & soixante & dix milliers sont convertis en bâtes d'acier destiné pour les ports du Roi & pour les Colonies. Le surplus du fer se débite dans le Poitou, la Saintonge, l'Angoumois & le Limousin.

    Le fourneau est envelopé d'un massif de maçonnerie de vingt-six pieds sur chaque face, au milieu duquel il est établi à huit pans inégaux qui ont pour base un parallélogramme de sept pieds de longueur, sur six de largeur au-dessus de l'ouvrage ou des étalages, réduit à deux pieds six pouces, sur deux pieds deux pouces au gueulard.

    On appele étalages, les quatre portions de l'ouvrage d'un fourneau, destinées à soutenir la mine Iorsqu'elle tombe en fusion ; elles forment ensemble la figure d'une trémie. Le gueulard est l'ouverture supérieure du fourneau dont la hauteur est de huit pieds depuis le fond jusqu'au dessus des étalages, & de treize pieds cinq pouces depuis les étalages jusqu'au gueulard. La chemise du fourneau est en briques cuites du pays ; elle dure ordinairement trois à quatre ans.

    Je n'entrerai pas dans un plus grand détail sur la construction de ce fourneau, ceux qui voudront la connoître pourront consulter une brochure imprimée à Paris chez Ant. Jombert, & intitulée : Méthode pour laver & fondre avec économie les mines de fer, par M. Robert, &c. Je dédommagerai mon Lecteur en parlant amplement des forges à canons vers la fin de cet ouvrage. J'observerai seulement ici que les mines que l'on emploie à la terre de Ruffecq sont aussi riches & aussi variées que celles du Périgord.

  • Forge de Taizé-Aizie. Extrait de Tesseron, G. La Charente au 18e siècle. Angoulême, 1967, p. 74-76.

    Connue aussi sous le nom de Forge de Ruffec.

    Elle consiste " en un fourneau, une salle à deux marteaux, deux affineries, une chauferie, un bocard pour broyer le litier, en logemens, halles et hangares, nécessaires pour servir la forge avec autant d'aisance qu'on peut le désirer. L'on y trouve encore des mouvemens d'aplatisserie et de fenderie, ainsi qu'un fourneau pour convertir le fer en acier ".

    On obtient dans cette forge " neuf cents milliers de fonte qui produisent environ six cents milliers de fer forgé, dont cent vingt milliers passent à la fenderie pour assortir les marchands en verge et fer feuillard, et soixante et dix milliers sont convertis en bâres d'acier destiné pour les ports du Roi et pour les colonies. Le surplus du fer se débite dans le Poitou, la Saintonge, l'Angoumois et le Limousin ". (MUNIER)

    " L'usine proprement dite fut établie dans le lit même de la rivière, sur un terre-plein que l'on y forma avec des matériaux pris au pied du coteau d'Aizie. Les eaux ainsi retenues dérivèrent ; celles qui ne servirent pas à alimenter les coursiers formèrent un canal qui donna naissance à un bras de la Charente. Au moyen d'un barrage mobile placé sur ce canal, on put maintenir l'eau au niveau désirable et former un petit courant latéral servant au lavage du minerai. Les eaux d'amont refluèrent, du fait du barrage, à près d'un kilomètre et inondèrent une vaste étendue de prairies. Ces prairies devinrent les marais de la Forge qui existaient encore il y a 30 ans ". (J. CORNAUD)

    Les forges ne furent point bien importantes, n'occupant, longtemps, qu'une douzaine d'ouvriers : " fondeurs, marteleurs et valets d'affinerie " (d°).

    Le fer fabriqué se vendait dans la région.

    En 1769, la petite-fille de Saint-Simon, Mme de Valentiniers, vendit le marquisat de Ruffec et les forges au comte de Broglie qui mit ces dernières à la disposition de la Marine par contrat d'une durée de six années. Tout l'acier produit par la forge de Taizé devait être livré aux ports militaires de Rochefort, Brest et Toulon.

    " L'acier fourni devait être payé à raison de douze sols la livre et un sol d'augmentation pour celui livré à Toulon ". (d°)

    LETTRES PATENTES DU ROI LOUIS XV (1731) (Extraits)

    " Louis, par la grâce de Dieu, notre très cher bien aimé cousin Louis, duc de Saint-Simon, pair de France, comte de Rasse, grand d'Espagne de la première classe, chevalier de nos ordres, nous a fait représenter qu'il y a dans son marquisat de Ruffec, en Angoumois, une forêt de 2.700 arpents, composés de hêtres, chênes et châtaigniers presque tous abroutis et de mauvaise venue, dont les bois, qui ne sont propres qu'à faire du charbon, dépérissent et ne peuvent jamais venir en belle futaie ; que dans la visite qu'il a faite de cette forêt pour la Marine, il s'est trouvé quelques baliveaux propres pour la construction des vaisseaux, mais que le transport a été reconnu si difficile et même impossible au port de Rochefort, qu'il n'a pas jugé convenable de les prendre et ayant fait publier ces arbres pour les vendre, il ne s'est présenté personne pour les acheter, en sorte que ces bois ne peuvent avoir aucun débit et on ne peut tirer aucune utilité d'un fond aussi considérable qui dépérit journellement et devient à rien ; que ces motifs l'ont engagé à chercher les moyens de tirer quelque avantage de cette forêt et que le seul qu'il ait pu trouver est la construction d'une forge, d'autant plus qu'il se trouve sur le terrain une mine abondante et qu'il n'y point de forges dans le canton de ces bois ".

    Le procès-verbal du Subdélégué d'Angoumois, en date du 6 mars 1731, indique que personne ne s'oppose à la construction de cette forge et que tous sont d'avis qu'elle ne peut être que fort utile " tant pour la consommation des bois du pays qui dépérissent faute de débit, que pour rendre plus commun le fer dont on a besoin ".

    Deux endroits paraissent indiqués pour cette construction, tous deux dans la paroisse de Taizé ; l'un appelé moulin d'Aizies ; l'autre, moulin de Chabenier et, tous deux, sur la rivière Charente.

    Quel que soit le point choisi, " il y a plus de bois à portée de l'endroit où sera la forge qu'elle n'en pourrai consommer ".

    Bien entendu seront indemnisés " les propriétaires et tous autres qui pourraient souffrir quelque préjudice et dommage de cet établissement ".

    Dans son intéressante monographie de la commune de Taizé-Aizie, J. Cornaud nous apprend que Saint-Simon ayant obtenu du roi l'autorisation d'établir des forges sur la Charente, en 1731, envoya sur place un ingénieur-architecte, Auguste Rousseau.

  • Forge de Taizé-Aizié, ou de Ruffec. Extrait de Quenot, J.-P. Statistique du département de la Charente. Paris, 1818, p. 445-447.

    La forge de Taizé-Aizié, ou de Ruffec, est la plus considérable, la mieux organisée, celle où il se fabrique le plus de fer, et où il est d'une meilleure qualité ; un des grands avantages de son exploitation est la facilité de se procurer à très-bon compte tout le bois qu'elle peut consommer.

    Cette forge est située sur la Charente, dans la commune de Taizé-Aizié, arrondissement de Ruffec. Elle comporte une fonderie et une affinerie. La fonderie est composée de deux hauts fourneaux dans Ia même masse ; il n'y en a ordinairement qu'un en activité, quoiqu'on puisse les y mettre tous deux à la fois. L'eau est si propice, que l'on fond tant que le creuset peut résister, ou tant que l'on fond à profit. Cette fonderie fait ordinairement 3,000 quintaux métriques de fonte par an, qui ne sortent pas de rétablissement, et servent à alimenter ses affineries. Elle tire ses mines dans le territoire même sur lequel elle est établie, de Charroux et de Civray (Vienne), et paye un droit de champ aux propriétaires des minières. Ces mines ne sont pas très-riches, et ont peine à rendre un tiers ; mais elles donnent de très-bonne fonte. La castine provient aussi de la commune de Taizé-Aizié, et le maître de forge paye un droit d'extraction.

    Six ouvriers sont employés au fondage, savoir : deux gardes, deux chargeurs, un arqueur et un boqueur. Les deux gardes conduisent l'ouvrage, travaillent au creuset, dirigent le vent, font les moules des gueuses et des ustensiles, coulent, et avertissent les chargeurs quand le fourneau a besoin d'être chargé. Le premier chargeur est celui qui a la direction de la charge, qui met tout ce que le creuset peut et doit dissoudre ; il doit connaître la charge en mine et castine que peut dissoudre un creuset par les scories qui en sortent, et ne variant jamais la charge de charbon, augmenter ou diminuer de mine ou de castine, suivant la force ou la faiblesse de ce dernier. Le second chargeur aide au premier à porter les charges ; mais comme subordonné, il n'a aucune responsabilité. L'arqueur est celui qui fait les charges de charbon ; il doit avoir l'attention de les faire toutes égales, et d'en extraire la braque et le frasis. Le boqueur enlève les scories qui sortent du creuset, prépare les terres pour la tuyère et les creusets, mène le sable nécessaire pour les moules de gueuses, graisse les cames, tourillons, etc. Tous ces ouvriers travaillent ensemble au moment de la coulée, qui se fait toutes les douze ou vingt-quatre heures, selon la volonté du maître de la fonderie.

    L'affinerie de la forge de Taizé-Aizié est composée de deux grandes affineries et d'une petite. Il n'y a que deux marteaux. Les deux grandes affineries travaillent à rechange et occupent chacune six ouvriers ; la petite n'en occupe que trois. Ces ouvriers sont tous logés et payés par mois, sur le pied de 55 ou 60 francs. Les trois maîtres martelleurs ont 5 francs de plus que les autres, mais ils sont obligés de faire aller la machine quand elle est dérangée, et de pourvoir à l'entretien des outils propres à la fabrication ; ils sont aussi tenus de tirer Ies pelles à minuit, du dimanche au lundi, et de les fermer le samedi à pareille heure, à moins d'inconvénient.

    Les fers qui sortent de cette forge s'emploient dans le département de la Charente, ou sont dirigés dans ceux de la Charente-Inférieure, de la Vienne et des Deux-Sèvres.

    S'il arrive quelquefois que par la baisse de l'eau on soit forcé à ne faire qu'un ou deux feux, surtout si à cette époque le fourneau est en activité, alors tous les ouvriers sont réunis à ces deux ou à ce seul feu, travaillent tour à tour, et ont toujours le même salaire.

    Les grosses réparations sont à la charge du propriétaire, et les petites sont à celle du fermier.

    Au lieu de pierres, pour les ouvrages du fourneau, on se sert de briques de quinze pouces de long sur huit de large et deux et demi d'épaisseur. Il est constant qu'elles résistent plus long-temps à la chaleur que les pierres.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Statistique du prix des aciers de 1825 à 1840, enquête sur les forges et hauts fourneaux (1840-1841).

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : 6 M 722
  • Moulin de Pont-Sigoulant à Roumazières, forges dites de Ruffec à Taizé-Aizie.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : S 395
Bibliographie
  • Abbe, Jacques. Taizé-Aizie, notes monographiques. Ruffec, 1906.

    p. 93-113
  • Munier, Etienne. Essai d'une méthode générale propre à étendre les connaissances des voyageurs ou recueil d'observations. Paris, 1779.

    p. 199
  • Quenot, J. P. Statistique du département de la Charente. Paris, 1818.

    p. 445-447
  • Tesseron, Gaston. La Charente au 18e siècle. Angoulême, 1964.

    p. 74-76
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Van Riesen Wulf