Dossier IA85002644 | Réalisé par
Suire Yannis (Contributeur)
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Hameau et site d'écluse de Bazoin
Auteur
Fourny Pierre-Bernard
Fourny Pierre-Bernard

Photographe, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.

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Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Commune Maillé
  • Lieu-dit Bazoin
  • Adresse chemin de Bazoin
  • Cadastre 1835 D 1478  ; 2020 OD 889
  • Commune Damvix
  • Lieu-dit Bazoin
  • Cadastre 1835 E 1520  ; 2021 AN 302
  • Commune La Ronde
  • Lieu-dit Bazoin
  • Cadastre 1812 B 1691  ; 1867 B 2480  ; 2020 WS 82
  • Dénominations
    site d'écluse, écart
  • Parties constituantes non étudiées
    écluse, barrage

Un site créé au milieu des marais, objet de toutes les attentions au 19e siècle

Le site de Bazoin est décelable sur la carte de la région par Claude Masse en 1720, au beau milieu des marais mouillés, alors marécageux, qui s'étendent entre Damvix, La Ronde et Maillé, un peu en amont de la Croix des Mary. Claude Masse y situe la confluence entre la Sèvre et le Mignon ou "rivière de Mauzé". Pas encore canalisée, celle-ci emprunte en fait alors le Vieux Béjou. Un siècle plus tard, sur sa carte du bassin de la Sèvre Niortaise en 1818, Mesnager place là quelques habitations, regroupées sur les deux rives de la même confluence entre la Sèvre et le Mignon ou Vieux Béjou. Sur sa carte a été ajouté par la suite le tracé du canal du Nouveau Béjou, creusé en 1838 seulement. La carte montre aussi en pointillés, obliquant vers le nord-ouest, ce qui constituera la fin du cours du Mignon une fois canalisé, distinct désormais du Vieux Béjou.

Ces tracés préfigurent en effet les grands travaux d'aménagement réalisés dans les années 1830-1840, à la suite du projet Mesnager, à Bazoin comme dans tout le bassin de la Sèvre Niortaise. Le site de Bazoin acquiert alors son rôle de noeud hydraulique majeur pour le Marais poitevin. Le premier ouvrage créé, en 1836, est le canal du Nouveau Béjou, ligne droite venant du port de Damvix et permettant d’éviter le vieux méandre de la Sèvre qui passe au nord. Ce creusement s’accompagne de la construction d’un barrage à l’embouchure du canal, ainsi que d’une maison éclusière, en 1838. Jusqu’à la fin du 20e siècle, elle va loger l’éclusier chargé de la surveillance du site et sa famille. Un premier barrage voit aussi le jour sur le Vieux Béjou. Ces efforts sont redoublés sous le second Empire avec la construction, en 1858, d’un premier barrage éclusé sur la Vieille Sèvre et d’un autre à l’embouchure du Mignon. Tous deux seront reconstruits en 1868 et 1872, leurs écluses adoptant alors l’aspect qu’elles gardent aujourd’hui. Pour permettre la continuité du chemin de halage sur la rive gauche de la Sèvre, une première passerelle est aussi jetée par-dessus le fleuve. Elle sera reconstruite vers 1890, telle que, là encore, on peut encore l’observer de nos jours.

L'aménagement du site et de ses ouvrages engendre à partir du milieu du 19e siècle la constitution d'un véritable hameau constitué de plusieurs fermes, en plus de la maison éclusière postée à côté du barrage du Nouveau Béjou. Le hameau est même doté d'une école à la fin du 19e siècle, située sur la commune de Damvix mais entretenue à frais communs avec Maillé et La Ronde. Cette création répond à un besoin né notamment de l'augmentation du nombre d'habitants dans le hameau qui compte 147 habitants en 1901, nombre qui se monte encore à 138 en 1926, selon les recensements de population. Une économie agricole et artisanale fait vivre les habitants du hameau, ravitaillé depuis Damvix et Maillé par des commerçants ambulants allant et venant en bateau. Cette vie est aussi ponctuée par les inondations hivernales ou printanières qui ne manquent pas de couper le hameau du reste des communes. Crue ou non, avant la construction des routes d'accès après 1945, le bateau reste de toute façon le mode de transport le plus utilisé, pour les personnes, le bétail et les récoltes, d'autant que les passerelles de halage et celles qui franchissent les barrages éclusés sont étroites et d'un usage précaire.

Des ouvrages renouvelés, de nouveaux enjeux à partir des années 1960

Au début des années 1960, le site bénéficie du programme des Grands travaux des Marais de l'Ouest, qui vise à moderniser un bon nombre d'ouvrages dans le Marais poitevin, notamment sur la Sèvre Niortaise. Les barrages et barrages éclusés de Bazoin sont ainsi reconstruits et mêmes élargis, et leurs systèmes à poutrelles remplacés par des vannes levantes, le tout pour en augmenter le débit. C'est l'entreprise Truchetet et Tansini, de Paris, qui est chargée des opérations, suivant marché passé le 24 avril 1960. Les travaux, supervisés par MM. Nouzille et Mourge, ingénieurs des Ponts et Chaussées à Niort, se déroulent entre juin 1960 et juillet 1961. En 1962-1963, des difficultés s'élèvent toutefois avec l'entreprise Truchetet et Tansini, le montant final des travaux (y compris le barrage de Poissonnet, à Arçais) s'élèvant à plus de 1,9 millions de francs, contre 1,6 prévu. L'entreprise se justifie en indiquant que sa proposition initiale reposait sur une estimation, ne sachant pas précisément la quantité de matériaux nécessaire, notamment pour les fondations.

Dans les années 1960-1970, l'exode rural concerne tout particulièrement le hameau qui se vide de ses habitants, notamment les plus jeunes. La plupart des fermes sont désaffectées, sinon abandonnées, et l'école ferme dès le début des années 1950. La télégestion des ouvrages, mise en place en 1996, et la suppression du poste d'éclusier en 2000-2002, retirent au site son activité de gestion en local des niveaux d'eau, si ce n'est le maintien d'un centre d'exploitation de l'IIBSN dans l'ancienne maison éclusière. Les barrages continuent pourtant à jouer leur rôle de régulation. Ils sont restaurés en 2016-2017.

Le site de Bazoin est désormais davantage fréquenté par les pêcheurs et les visiteurs de passage, un tourisme de plaisance et de villégiature qui s'est fait jour dès les années 1930 et s'est développé après 1950. Des habitants du hameau louent alors ponctuellement des chambres aux touristes. Marc Gautronneau, agriculteur, a l'idée de creuser des étangs entre les barrages du Vieux Béjou et du Mignon, d'y mettre des poissons et de les proposer en location aux pêcheurs. La plaisance se développe dans les années 1970-1980, puis décline. Situé sur l'itinéraire cyclotouriste de la Vélofrancette, Bazoin accueille par ailleurs en 2016 un nouvel embarcadère pour promenades en barques. Le bâtiment d'accueil est construit à la place d'une ancienne habitation démolie, un restaurant et l'embarcadère prennent place près des anciens étangs de pêche. La volonté de relancer la plaisance aboutit en 2018 à la restauration de l'écluse sur la Vieille Sèvre et de la grande passerelle qui la jouxte, dans une démarche également patrimoniale. Un projet de mise en valeur du site de Bazoin et de son histoire est en cours en 2021.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Principale : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1836, daté par source
    • 1960, daté par source
  • Auteur(s)

Le hameau de Bazoin (ou Bazouin, selon les graphies, très variables entre les époques et les sources) est à cheval sur trois communes : Maillé (Vendée) au nord, Damvix (Vendée) à l'est, La Ronde (Charente-Maritime) au sud. Le toponyme viendrait d'une contraction entre les mots bada (boue) et onno (cours d'eau). Le site constitue l'un des principaux nœuds hydrauliques du Marais poitevin. Ici en effet se rejoignent quatre cours d'eau qui irriguent les marais mouillés.

Du nord-est arrive le cours historique de la Sèvre Niortaise qui, quelques centaines de mètres en amont, a recueilli les eaux de la Vieille Autise ; la Sèvre poursuit ensuite sa course vers l'ouest. A l'est, elle reçoit le Nouveau Béjou, canal de redressement qui prend naissance juste en aval du bourg de Damvix. Ce canal partage son embouchure dans la Sèvre avec un autre, le Vieux Béjou, ancienne rivière canalisée. Jouxtant celle-ci, le Mignon, affluent lui aussi canalisé, se jette dans la Sèvre Niortaise à la sortie en aval du site. Le tout crée un enchevêtrement complexe de cours d'eau et de pointes de terre.

Chacun des quatre cours d'eau réunis à Bazoin est équipé d'un ouvrage hydraulique qui permet de gérer les flux et niveaux d'eau, en laissant passer, pour certains, les bateaux. Le Nouveau Béjou et le Vieux Béjou sont barrés par de simples barrages équipés de vannes à double tablier (une vanne de fond et une vantelle de surverse), le tout actionné par des crics à crémaillères que soutiennent des portiques en métal. Le barrage du Vieux Béjou est à pertuis unique, celui du Nouveau Béjou à double pertuis. Tous deux laissent un passage d'eau large de 5,20 mètres.

La Sèvre Niortaise et le Mignon sont quant à eux barrés chacun par un barrage éclusé : au barrage et à son portique (simple pour le Mignon, double pour la Sèvre Niortaise), s'ajoute une écluse à sas en maçonnerie. L'ouvrage sur la Sèvre est plus imposant, enjambant un îlot longiligne dont les rives sont renforcées par des perrés en maçonnerie. La tête aval de cet îlot est relié à la rive gauche de la Sèvre (côté La Ronde) par une passerelle à tablier et garde-corps en métal, reposant sur des culées et une pile centrale en maçonnerie.

  • Couvrements
  • Statut de la propriété
    propriété publique, Les ouvrages hydrauliques sont la propriété de l'IIBSN (Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre Niortaise), successeur de l'Etat (portiques peints en vert) ; ou de l'Union des Marais Mouillés (portiques peints en bleu).
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler