Dossier d’œuvre architecture IA86007656 | Réalisé par
Dujardin Véronique (Contributeur)
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique, vallée de la Gartempe
Gare
Auteur
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Arrondissement de Montmorillon - Montmorillon
  • Commune Montmorillon
  • Adresse 130 avenue du Général-de-Gaulle
  • Cadastre 2015 AL 209, 210, 206, 218, 263
  • Commune Saulgé
  • Cadastre 2017 AC1 149, 150, 197
  • Dénominations
    gare
  • Parties constituantes non étudiées
    hangar, voie ferrée, silo, entrepôt agricole, cour, poids public, latrine, quai, abri de voyageurs, remise

Dans un courrier de décembre 1865, le ministre des travaux publics résume au préfet de la Vienne les réclamations recueillies dans l'enquête publique sur l'implantation des gares sur la voie ferrée de Poitiers à Limoges : " Les observations inscrites au registre d'enquête sont toutes contraires au projet de la compagnie et tendent à obtenir que la gare soit placée dans la plaine des Rabots, à la rencontre du chemin de fer avec la route départementale de Lussac à Montmorillon, mais elles n'ont été appuyées ni par le Conseil municipal de Montmorillon, ni par les communes voisines, ni par la commission d'enquête ". Il retient donc le projet de la compagnie. Le choix de l'implantation de la gare de Montmorillon est validé en 1865, suivant les plans de R. Déglin, ingénieur en chef des ponts et chaussées et du réseau central de la compagnie d'Orléans.

La gare de Montmorillon a été inaugurée le 23 décembre 1867 et agrandie en 1888. Elle se situe sur la ligne de Poitiers à Limoges et desservait également la ligne aujourd'hui déclassée de Montmorillon au Blanc (portion de la ligne de Civray au Blanc).

L'éclairage au gaz est installé en 1875 (cf registre des délibérations du conseil général, août 1875, p. 156).

En février 1880, le train n° 335 déraille à l'approche de la gare vers 7h du soir, sans faire de victimes, en raison de la modification de l'écartement des voies due à la neige et aux intempéries (voir L'avenir de la Vienne, 10 février 1880 ; mêmes faits relatés dans le Courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres).

L'agrandissement de la gare est décidé par décision ministérielle du 6 juillet 1885 afin de pouvoir réceptionner les trains de la ligne de Civray au Blanc, pour un total de 800000 francs. Plusieurs terrains situés à Montmorillon de Saulgé sont acquis aux abords de la gare en 1886 et 1887. Après ces travaux, la gare comporte 4 voies principales de voyageurs, 2 voies de halle à marchandise, 1 voie de transbordement, 1 voie de garage entre les voies des halles et les voies principales, 2 voies de service général derrière l'abri des voyageurs, 1 voie à machines avec bifurcation pour 4 fosses sous remises ; le bâtiment des voyageurs est allongé de trois travées du côté de Poitiers et trois du côté de Limoges, les quais de la halle aux marchandises sont allongés et un second réservoir de 100m3 est ajouté.

En 1896, les travaux de remplacement de la chaudière et de la conduite de refoulement de la prise d'eau, approuvés par décision ministérielle du 26 février 1890, sont réceptionnés par l'ingénieur en chef des travaux publics.

La construction d'un trottoir de 110 m de long le long de l'avenue de la gare est autorisée par décret ministériel du 19 novembre 1925, avec un devis initial de 8300 francs financé par un emprunt remboursé par des surtaxes locales sur les tarifs des voyageurs, des bagages et des chiens (autorisations instruites en 1929 et obtenues par arrêté ministériel du 17 février 1930). Le dossier d'instruction nous apprend que pour 1922, la gare de Montmorillon a vendu 17240 billets simples, 12929 billets aller-retour, 7186 billets d'enregistrement de bagages et 170 de chiens. Sur le plan dressé à cette occasion sont signalés la cour des voyageurs, un quai des calèches, un quai découverts, des cloches pour avertir les voyageurs sur les quais.

Le 2 octobre 1933, la Société anonyme des bascules automatiques (3 rue Laffitte à Paris) demande l'autorisation d'installer une bascule dans la cour de la gare. La demande reçoit un avis favorable du contrôle de l’État (9 octobre) puis un avis favorable du chef de gare (18 octobre) ; l'autorisation accordée par arrêté préfectoral le 21 octobre 1933.

En 1944, un groupe de résistant détruit la plateforme d'accès à la remise des machines, qui pouvait abriter quatre locomotives.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1867, daté par source
  • Auteur(s)

La gare de Montmorillon est implantée sur la rive gauche de la Gartempe, en limite de la commune de Saulgé (où se trouvent notamment la remise des machines et le logement du chef de dépôt). Dans un courrier de décembre 1865, le ministre des travaux publics précise au préfet de la Vienne que " la station de Montmorillon serait établie à la sortie de la ville et parallèlement au chemin de grande communication n° 53, de Montmorillon à Bussières. Elle serait séparée de la station de Lussac-les-Châteaux par un intervalle de treize kilomètres.

Les services de voyageurs et de marchandises seraient établis à gauche du chemin de fer sur le bord du chemin de grande communication.

La station, établie à 3m50 en contrebas du sol de ce chemin, serait rattachée à ce dernier par une rampe latérale de quatre centième d'inclinaison ".

La gare de Montmorillon est une gare de deuxième classe. Le cahier des charges de la compagnie prévoit pour ces gares : " un pavillon central avec deux ailes ; le pavillon central est surmonté d'un étage pour logement et au-dessus des ailes se trouvent des greniers ; la surface couverte est de 210 mètres et celle des salles d'attente de 64 m " ; " les trottoirs, établis des deux côtés du chemin de fer, auraient partout une longueur de 100 mètres. Des abris de voyageurs sont intégrés à toute les stations, sauf pour celle de Thiat ". Un réservoir d'eau de 100m3 (pour le refroidissement des locomotives à vapeur) est prévu pour cette gare. La station de Montmorillon " contiendrait des remises pour deux locomotives et quatre voitures, ainsi qu'une marquise couvrirait 139m2 sur le trottoir devant le bâtiment des voyageurs ". Deux WC (" lieux [d'aisance] ") sont implantés sur le plan. Le logement du chef de dépôt est situé près de la remise des machines. " Des halles à marchandises et des quais couverts sont projetées à toutes les stations. Les cours aménagées devant les bâtiments de voyageurs et devant les halles de marchandises paraissent spacieuses ". Quatre grues, trois hydrauliques et une de déchargement, sont également figurées sur le plan de 1865. Un quai à minerai et un quai à coke sont aussi dessinés sur ce plan.

L'évolution de l'implantation des bâtiments peut se lire sur les plans anciens.

Ainsi, en 1887, avant son agrandissement pour accueillir les trains de la ligne de Civray au Blanc, la gare se compose d'un bâtiment et d'une cour de voyageurs, à droite quand on regarde la façade depuis la cour se trouvent les bureaux de la voie, deux réservoirs, un bâtiment comprenant le corps de garde des conducteurs, les bouillottes, la lampisterie et un magasin, plus loin le bureau et magasin du district et une serre. De l'autre côté se trouvent le bureau des marchandises, le quai des calèches, la remise des voitures, une halle aux marchandises et un quai découvert pour les marchandises. Un abri est figuré sur les quais.

Aujourd'hui, la gare est composée d'un bâtiment principal et de hangars.

Le corps central, ordonnancé en trois travées, est composé d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée avec le hall des voyageurs, d'un étage qui comprenait les logements et d'un étage de comble éclairé par une lucarne centrale et des oculus. Il est couvert d'un toit brisé en pavillon couvert d'ardoise. Il est flanqué de deux ailes en rez-de-chaussée abritant les espaces techniques, qui correspondent aux trois travées du côté de Poitiers et du côté de Limoges ajoutées en 1887.

Le trottoir qui relie la gare à l'avenue a été construit à la fin des années 1920 (voir historique).

Une servitude et un silo agricole sont implantés au sud du bâtiment principal ainsi que des halles pour les marchandises.

L'ancienne remise des machines et l'ancienne maison du chef de dépôt sont conservées à l'extrémité sud-est de cet ensemble, sur la commune de Saulgé.

  • Murs
    • moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan régulier
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit brisé en pavillon
  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public