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Gare

Dossier IA86013564 inclus dans Ligne ferroviaire de Loudun à Châtellerault réalisé en 2018

Fiche

Dès le début des années 1880, le conseil municipal juge utile de créer une voie d'accession à la gare (délibération du 15/08/1882). En 1884, il est décidé que la voie d'accès partira du champ de foire pour rejoindre la gare, ce sera un axe "très utile et en même temps un embellissement pour la localité" (délibération du 24/05/1884). Lors de la construction de la gare et des voies, l'avenue n'est pas encore percée et l'accès se fait par un chemin partant de la route départementale n°9 de Poitiers à Richelieu et rejoignant la route n°49 de Lencloître aux Ormes.

Les plans de la voie sont établis et présentés lors de la séance du conseil municipal du 3 avril 1887 : "la largeur est arrêtée à 14 mètres et la voie est établie à une distance de 2.80 mètres de la servitude de M. Dupain". Elle suit une ligne droite allant du champ de foire à la gare des voyageurs. Lors de la séance du 12 février 1888, il est précisé que la largeur de 14 mètres est suffisante au vu de la circulation qui aura lieu sur cette voie les jours de foire. La voie d'accès de la gare de Lencloître au champ de foire est déclarée d'utilité publique par décret du 31 août 1889. Les travaux débutent à la fin de l'année 1890, la voie est recouverte de sable (7 juin 1891) et quatre réverbères y sont installés.

Parties constituantes non étudiéeslampisterie, abri de voyageurs, dépendance, cour, poids public, hangar, réservoir, puits
Dénominationsgare
Aire d'étude et cantonLencloître
AdresseCommune : Lencloître
Adresse : 2 rue
du Champ Ballan
Cadastre : 2016 AM 301

Dès 1865, la commune de Lencloître s'interroge sur l'opportunité de créer des chemins de fer vicinaux suite à l'inauguration de chemins de fer dans le Bas-Rhin à la fin de l'année 1864. Le maire précise que "le canton de Lencloître est un des plus fertiles du département, son agriculture, et son commerce, sa situation topographique même le rendent très important. Presque tous ses produits se vendent à Paris. Une voie ferrée qui relierait Lencloître à Châtellerault serait pour tout ce canton et autres circonvoisins une source de richesse. Le Conseil vient donc solliciter M. Le Préfet de prendre en considération les avantages immenses qui résulteraient pour Lencloître de l'exécution d'un semblable projet."

Le projet définitif du tracé d'une ligne ferroviaire reliant Loudun à Châtellerault et passant par Lencloître est approuvé en 1881 et les enquêtes parcellaires sont réalisées l'année suivante. 116 propriétés sont acquises pour permettre le passage des voies, la construction d'un bâtiment voyageur, d'une halle de marchandises et de deux passages à niveau au croisement de la route de Poitiers à Richelieu et de la route des Ormes.

L'inauguration a lieu le 19 septembre 1886 avec le passage du train ministériel : à cette occasion, la gare est décorée et pavoisée. Le soir du 19 septembre la mairie, la gare et la ville sont illuminés et un feu d'artifice est tiré. La mise en service intervient le lendemain.

Une bascule est installée en gare de Lencloître en 1893. La gare comporte le logement du chef de gare, un service de bagages, une salle d'attente pour les 1ère et 2e classes, une autre pour les voyageurs de 3e classe, une lampisterie et des toilettes. Elle est distante de la gare de Savigny de 6178 mètres et de celle de Saint-Genest de 2961 mètres. La gare de Cernay-Doussay est édifiée au début des années 1890 entre celle de Savigny et celle de Lencloître.

En tant que gare intermédiaire entre Loudun et Châtellerault, le trafic commercial et voyageurs y est important. Ainsi pour l'année 1929, 603 colis postaux sont expédiés et 3817 arrivent à Lencloître. 707, 5 tonnes de denrées partent de la gare (principalement des produits maraîchers et du chanvre) et 90.8 tonnes sont importés. Le nombre de voyageurs est de 24 586 personnes ce qui place Lencloître au 10e rang des gares les plus fréquentées sur les 40 présentes sur le réseau de l’État dans le département de la Vienne.

La gare est fermée au trafic voyageurs en 1946 puis au trafic marchandises à la fin des années 1980.

Les maisons de garde-barrière portant les numéros 37 et 38 sont vendues par la SNCF à des particuliers au milieu des années 1980 et transformées en maison d'habitation. Les barrières et portillons des deux passages à niveaux sont démontés en 1989 (n°38) et 1990 (n°37). Le bâtiment voyageur, la cour des voyageurs et la lampisterie sont achetées en 1989 par un propriétaire privé. Une voie verte a été aménagée sur l'ancienne emprise des rails. Le bâtiment voyageurs, la lampisterie, la halle de marchandises et les deux passages à niveaux sont toujours visibles.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1886, daté par source

La gare a été édifiée au nord de la commune dans le prolongement de l'avenue de la gare partant du champ de foire et réalisée à la même période.

De plan rectangulaire, elle comprend un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble et possède quatre travées. Un bandeau mouluré sépare les deux premiers niveaux. Les murs sont enduits à l'exception le soubassement en moellons calcaire. Les encadrements et les chaînes d'angle sont en pierre de taille. Les linteaux des baies sont en arc segmentaire. La couverture est un toit à longs pans en ardoise. Le rez-de-chaussée comporte quatre portes sur chaque façade (côté cour et côté voie). Côté ville, l'inscription "Entrée" est encore lisible sur l'un des arcs segmentaires. Une porte à imposte ouvre sur un escalier intérieur tournant en bois avec rampe ajourée qui donne accès au premier étage et au comble. Les deux murs pignons (nord-ouest et sud-est) conservent le nom de la gare écrit en lettres rouges dans un cartouche surmonté de deux occuli éclairant l'étage de comble. Le mur pignon sud-est comporte un porte en rez-de-chaussée et une fenêtre à l'étage. La façade donnant sur la voie conserve le nom de la gare, l'encadrement de l'horloge et les inscriptions "bagages" et "chef de gare" sur deux de ses portes.

La lampisterie située dans le prolongement nord-ouest est un petit bâtiment de plan rectangulaire en rez-de-chaussée recouvert d'enduit et couvert d'un toit à longs pans en ardoise. Outre la lampisterie il renfermait également les cabinets pour les hommes et les femmes. Les inscriptions en lettres capitales noires "lampisterie", "cabinets", "hommes", "dames" sont visibles sur les arcs segmentaires des portes.

La halle de marchandises est en moellons de calcaire enduits. Les chaînes d'angle et les encadrements des baies sont en pierre de taille. Elle est couverte d'un toit à longs pans en ardoise couvrant une partie des quais au nord-est et au sud-est. Elle est désaffectée.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise
Plansplan rectangulaire régulier
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couvertures
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour

Références documentaires

Documents d'archives
  • AM Lencloître, non coté, mai 1857-décembre 1878 : Registre des délibérations du conseil municipal de Lencloître.

    Archives municipales, Lencloître : non coté
  • Février 1879-novembre 1903 : Registre des délibérations du conseil municipal de Lencloître.

    Archives municipales, Lencloître : non coté
  • Disposition générale des passages à niveaux, 1883.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 5S107
  • Plan parcellaire de Lencloître, 1892.

    Archives S.N.C.F., Le Mans : 1003LM244
  • Cession du bâtiment voyageurs de Lencloître, 1987-1989.

    Archives S.N.C.F., Le Mans : 1339LM175
  • Suppression des passages à niveaux suite à la désaffection de la ligne Loudun à Châtellerault, 1989-1990.

    Archives S.N.C.F., Le Mans : 1564LM303
(c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Lorieux Clarisse
Lorieux Clarisse (1980 - )

Chercheuse-associée au service régional de l'inventaire de la Nouvelle-Aquitaine (site Poitiers et Limoges), attachée à l'Agglomération de Grand Châtellerault à partir de septembre 2018 pour conduire l'inventaire du patrimoine du Grand Châtellerault.


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