Dossier d’œuvre architecture IA86007899 | Réalisé par
Dujardin Véronique (Rédacteur)
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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  • inventaire topographique, vallée de la Gartempe
Gare, aujourd'hui abri de voyageur, maison et entrepôt artisanal
Auteur
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Arrondissement de Montmorillon - Montmorillon
  • Commune Lathus-Saint-Rémy
  • Lieu-dit le Bourg
  • Adresse 1 rue de la Gare , 51 route de la Gare
  • Cadastre 2016 K5 336, 1024, 1095
  • Précisions changement du nom de la commune après inventaire  ; commune inventoriée sous le nom Lathus
  • Dénominations
    gare
  • Destinations
    abri de voyageurs, maison, entrepôt industriel
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, communs, entrepôt industriel, puits

D'abord concédée à la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France, qui fit faillite, la voie ferrée de Poitiers à Limoges est dévolue par convention signée le 11 avril 1857 et approuvée par décret le 19 juin 1857, avec le ministre des Travaux publics à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO). La concession comprend en option une ligne « de Poitiers à Limoges, le dit chemin se reliant à la ligne de Châteauroux à Limoges à ou près le point de raccordement de cette dernière ligne avec le chemin de Montluçon à Limoges ». La voie est confirmée par une loi et un décret datés 11 juin 1859.

La concession de la section est confirmée par décret du 5 juin 1861 et déclarée d'utilité publique le 22 juin suivant et est valable jusqu'au 5 juin 1869. La ligne à construire représente, dans le département de la Vienne, une longueur de 67,20025 km.

L'emplacement de la gare de Lathus est fixé par décision ministérielle du 23 décembre 1865, suivant les plans de R. Déglin, ingénieur en chef des ponts et chaussées et du réseau central de la compagnie d'Orléans.

La gare de Lathus a été inaugurée le 23 décembre 1867.

Une nouvelle voie de marchandises a été établie à Lathus en 1875, ainsi qu'un chariot roulant (cf registre des délibérations du conseil général, août 1875, p. 157).

Dès 1880, la commune de Lathus demande un agrandissement de la halle de marchandises. Selon un rapport de l'ingénieur ordinaire, la station de marchandises comprend une halle d'environ 72 m2 et un quai découvert de 210m2. Les marchandises sont principalement du bois de chauffage et de construction et des céréales, froment et avoine, expédiés en septembre et octobre. Le tonnage de marchandises en 1879 s'est élevé à 2060 tonnes. La compagnie et les ingénieurs estiment que la halle existante est suffisante.

En 1891, la Compagnie accepte de prolonger le quai de marchandises de 60m vers Poitiers, permettant de recevoir 35 wagons au lieu de 15. D'après le décompte de la commune, en 1890 ont été embarqués 1000 bœufs, 1000 moutons, 400 porcs, soit 70 voitures rien que le 11 avril 1890.

Le trafic de marchandises à la gare de Lathus dans les années 1890 est le suivant :

- 1891 : 4171 tonnes

- 1892 : 3465 tonnes

- 1893 : 3561 tonnes

- 1894 : 3677 tonnes

- 1895 : 5597 tonnes

- 1896 : 6995 tonnes (année de récolte exceptionnelle)

- 1897 : 6165 tonnes

- 1898 : 5988 tonnes.

En 1893, le ministre des travaux publics émet à nouveau un avis négatif à la demande de la commune de Lathus de maintenir la voie de garage établie pour les grandes manœuvres afin de suppléer à l'insuffisance des installations de la gare pour l'embarquement des bestiaux (délibération du conseil municipal de Lathus, 2 octobre 1892).

En 1896 puis en 1898 et en 1901, la commune de Lathus demande la construction d'une nouvelle halle pour les marchandises (grains) et l'allongement du quai pour le bétail. La Compagnie des chemins de fer d'Orléans estime que le trafic des marchandises n'est pas suffisant pour aménager un quai supplémentaire pour l'embarquement des porcs mais recommande " l'emploi de rampes mobiles, système Nadal, pour l'embarquement des veaux, porcs et moutons à l'occasion des foires importantes ", en allongeant l'un des quais existants de 25 m vers Limoges. Un rapport rendu lors de l'instruction en 1899 nous renseigne sur le trafic de marchandises couvertes (grains) aux gares de Lathus et Thiat-Oradour, qui ont à peu près la même taille (70 m2 à Lathus, 67,9 m2 si l'on enlève la place de la bascule), soit :

- en 1897, 1664 tonnes à Lathus contre 2147 tonnes à Thiat-Oradour ;

- en 1898, 1720 tonnes à Lathus contre 2485 tonnes à Thiat-Oradour.

Ce rapport souligne que les chiffres fournis par l'inspecteur particulier en mai 1899 (voir ci-dessus 1891 à 1898) étaient exagérés et ne comprenait pas que des marchandises devant être couvertes (3259 tonnes en 1896, 2210 en 1897, 2291 en 1899 selon la compagnie, le reste pouvant être bâché). La halle est suffisante d'avril à septembre mais pas en début d'année. Ainsi, un autre tableau donne le tonnage des marchandises à couvrir en fonction des mois :

- janvier : 1898 : 92 tonnes ; 1899 : 205 tonnes ;

- février : 1898 : 90 tonnes ; 1899 : 141 tonnes ;

- mars : 1898 : 103 tonnes ; 1899 : 140 tonnes ;

- avril : 1898 : 97 tonnes ; 1899 : 200 tonnes ;

- septembre : 1896 : 587 tonnes ; 1897 : 433 tonnes ; 1898 : 458 tonnes ;

- octobre : 1896 : 582 tonnes ; 1897 : 270 tonnes ; 1898 : 540 tonnes.

D'après ces rapports, la gare de Lathus aurait occupé en 1898 la 437e place sur 894 stations du réseau pour le tonnage de ses marchandises.

En 1901, le chemin d'accès à la gare, d'une longueur de 104 m, est rétrocédé par la compagnie d'Orléans à la commune.

En 1911, le trottoir du quai de voyageur est allongé : l'ancien mesurait 95m, mais certains trains atteignent 130m et les dernières voitures stationnent hors quai.

En 1931 (suite au décret du 4 décembre 1930), la gare est dotée d'un éclairage public électrique. Le budget total est de 10490 francs, financé pour 4110 francs par le réseau et 6380 francs par la commune, qui contracte un emprunt couvert par une surtaxe locale sur le prix des billets. Le dossier d'instruction nous renseigne sur la fréquentation de la gare en 1927 : la gare de Lathus a vendu 3387 billets simples, 3629 billets aller-retour, 1183 billets d'enregistrement de bagages, 4134 expéditions de marchandises à grande vitesse (messagerie, denrées, finances, valeurs et objets d'art), 4408 tonnes de marchandises à petite vitesse.

Le bâtiment de la gare est actuellement transformée en maison privée, un simple abri de voyageurs est installé sur les voies. La halle de marchandises est occupée par une entreprise.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1867, daté par source
  • Auteur(s)

La gare de Lathus se trouve au nord-est du bourg. Elle comprend un ancien bâtiment de voyageurs servant de logement au chef de gare, transformé en maison et implanté au sud-ouest de la voie (1 rue de la Gare), un petit bâtiment servant de commodités transformé en remise, un puits, un nouvel abri de voyageurs et une halle de marchandise aujourd’hui occupée par une entreprise artisanale (51 route de la Gare).

Dans un courrier de décembre 1865, le ministre des travaux publics précise au préfet de la Vienne que " la station de Lathus, à 11500 mètres de celle de Montmorillon, serait établie au point où le chemin d'intérêt commun n° 75, d'Adriers à Saint-Savin, rencontre le tracé du chemin de fer.

Les bâtiments des voyageurs, le quai, la halle aux marchandises, disposés à droite de la voie du côté du bourg, seraient desservis par un chemin d'intérêt commun qui se détacherait du nouveau tracé du chemin n° 75 ".

La gare de Lathus est une gare de quatrième classe. Le cahier des charges de la compagnie prévoit pour ces gares : " une surface totale de 129 mètres avec 54 m pour les deux salles d'attente de 64 m " ; " les trottoirs, établis des deux côtés du chemin de fer, auraient partout une longueur de 100 mètres. Des abris de voyageurs sont intégrés à toute les stations, sauf pour celle de Thiat ". " Des halles à marchandises et des quais couverts sont projetées à toutes les stations. Les cours aménagées devant les bâtiments de voyageurs et devant les halles de marchandises paraissent spacieuses ".

L'ancien bâtiment de la gare a conservé son architecture d'origine. Le bâtiment, à étage et couvert d'ardoises, comprend deux travées côté cour et côté voies et une travée sur le mur pignon sud-est. Toutes les baies sont couvertes en arc segmentaire. Au rez-de-chaussée, les portes, aujourd'hui murées, conservent, vers la voie, les inscriptions " salle d'attente " à gauche et " chef de gare " à droite. Les appuis des fenêtres de l'étage sont saillants ; les fenêtres ont conservé leurs garde-corps en ferronnerie et le coffrage orné des persiennes. Les chaînes d'angle en pierre de taille comprenne un bloc saillant percé pour maintenir les gouttières en fonte à chaque angle du bâtiment. Les anciennes évacuations d'eau de pluie sont conservées au niveau de l'étage. Le comble est aéré par des jours percés sur chaque pignon. Des cheminées en brique se trouvent sur chacun des deux murs pignons.

La cloche, l'horloge et le panneau d'affichage ne sont pas conservés côté voie. Le toit, légèrement débordant, repose sur des aisseliers. Il reste, sur le quai opposé, le support pour le panneau des horaires. Les cartouches " Lathus " sont toujours présents sur les quatre élévations.

Le bâtiment des commodités (" lieux " sur les plans anciens) est conservé et transformé en remise. Un bâtiment couvert en appentis a été ajouté et sert de garage double.

Un puits à margelle circulaire se trouve au nord des bâtiments.

Sur le domaine ferroviaire, un petit abri de voyageurs en béton a été aménagé.

La halle de marchandise présente un toit largement débordant, aujourd'hui couvert de tôle ondulée. Les ouvertures du rez-de-chaussée ont été refaites pour répondre aux besoins de l'entreprise qui occupe désormais le bâtiment. Les baies jumelles au sommet des pignons, à encadrement en brique et pierre, sont conservées.

  • Murs
    • moellon enduit partiel
    • béton
  • Toits
    ardoise, tôle ondulée
  • Étages
    1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
  • Statut de la propriété
    propriété privée