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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Saint-Nazaire-sur-Charente
  • Lieu-dit Lupin
  • Cadastre 1824 B1 1672 à 1675  ; 2019 725, 2299 à 2301, 2306
  • Dénominations
    fort
  • Appellations
    Fort Lupin
  • Parties constituantes non étudiées
    donjon, batterie, douves, caserne

Le fort Lupin est bâti entre 1685 et 1688, sur des plans dessinés par François Ferry, puis revus par Sébastien Le Prestre de Vauban, qui propose la construction d'un fort plus petit. Selon Claude Masse, les travaux sont réalisés sous la direction de François Ferry et de son neveu, Pierre de Jablier, par un marché de construction passé en 1685 avec Daniel Lombard, sieur de l'Isle, qui s'y ruine. Le fort fait partie des défenses extérieures de Rochefort en interdisant la remontée de la Charente aux navires ennemis. Sa garnison est également chargée de protéger la fontaine royale de Saint-Nazaire, située à son aval, où les navires viennent se ravitailler en eau. Des fosses à mâts ont également été aménagées à son aval en 1670. Dès le début du 17e siècle, le fleuve semble pouvoir être franchi grâce à un service de passage d'eau entre le lieu-dit la Roche et la rive située en aval du fort, où se situait le port Lupin.

Le plan proposé par Vauban est celui d'une batterie soutenue d'une tour et d'une clôture de maçonnerie, qui prend place dans sa série des tours côtières. La batterie en forme de fer à cheval, à 22 embrasures rayonnantes, à la gorge brisée en dedans, est associée à une tour servant de réduit, implantée au rentrant. Placée en diagonale et protégée par un fossé du côté de la batterie, la tour est dotée de trois niveaux : un magasin à poudre et un arsenal se partagent le rez-de-chaussée, deux salles dont l'une aménagée en chapelle occupent le premier étage et, au sommet, un hourd en bois fait saillie sur les façades. De part et d'autre, une caserne de quatre chambres présente des meurtrières du côté de la terre. L’ouvrage est complété par un corps de garde, un four et des latrines. Côté terre, l'ouvrage est entouré d'une douve en étoile protégée par un chemin couvert et une demi-lune. Un pont-levis précède l'entrée.

Dès sa construction, la défense de ce fort est en inadéquation avec l'évolution de l'artillerie, alors que des mortiers sont montés sur des navires pour lancer des bombes explosives sur les constructions côtières. Cependant, lors de sa tournée militaire de 1753, Antoine-René de Voyer d'Argenson note que ce fort est ordinairement armé de vingt canons et qu'il est plus considérable que le fort de la Pointe.

En 1806, le fort tombe en ruine et l'on supprime alors le troisième étage pour le remplacer par une toiture en ardoise, et l'on modifie l'accès au donjon par une porte d'entrée au rez-de-chaussée.

Déclassé des fortifications en 1949, le fort est remis au Domaine pour être adjugé. Son classement en tant que monument historique en juin 1950 évite qu'il ne soit alors acheté pour ses pierres et démoli. Il est acquis par des particuliers qui le remettent en état et l'entretiennent depuis lors.

Le fort se situe sur la rive gauche de la Charente, à environ 3 kilomètres de son embouchure et à l'aval d'un grand méandre du fleuve. Formant autrefois une avancée sur le fleuve, il est aujourd'hui précédé d'atterrissements de ce côté-là. Sa lourde masse émerge d'un paysage plat. Un fossé d'une quinzaine de mètres le protège du côté sud-est.

Le fort se présente comme un ouvrage massif constitué de plusieurs volumes imbriqués et symétriquement disposés, dont l'aspect est unifié par les toitures de tuile creuse et la couleur grisée de la pierre de taille et de l'enduit : batterie en demi-cercle aplati, tour-réduit en tronc de pyramide posée en diagonale, et casernes parallélépipédique de part et d'autre. L'ensemble est dominé par la solide tour-réduit, à deux niveaux et aux murs talutés, bâtie en moellon enduit avec chaînages d'angles et de renfort en pierre de taille. Elle possède deux angles abattus à la jonction avec le mur d'enceinte : à l'étage, une ouverture carrée est ménagée dans ces pans coupés, identiques aux deux qui sont percées dans chaque élévation. Elle est couverte d'un toit en pavillon.

Les deux casernes de part et d'autre sont identiques. Leur façade principale, du côté de la batterie, présente deux niveaux séparés par un bandeau plat ; deux travées de fenêtres sont encadrées par une porte en rez-de-chaussée. Leur façade sud-est est percée de fentes correspondant à des embrasures de tir. Ils sont couverts d'un toit à longs pans à croupes. Dans leur prolongement, l'angle de la courtine avec la batterie est occupé par une échauguette. Le portail d'entrée s'ouvre dans le mur au nord-est de la caserne orientale. Il est encadré de piliers à bossages en tables et surmonté d'un entablement interrompu par les flèches du pont-levis.

La batterie, en pierre, est en forme de fer à cheval de 72 mètres d'ouverture et de 32 mètres de rayon. La circonférence est percée de 22 embrasures de tir en éventail. Trois échauguettes existent, situées au centre et à chaque extrémité. On accède à la banquette de tir par des escaliers droits en pierre.

Les fossés sont remplis d'eau par la marée par l'intermédiaire de deux vannes ménagées chacune dans un batardeau en bâtière surmonté d'une dame interdisant tout passage. Une batterie existe aux deux extrémités de ce fossé. Il ne reste que des traces de la demi-lune.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    tuile creuse
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit en pavillon
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Protections
    classé MH, 1950/06/26
  • Précisions sur la protection

    "Les restes du fort Lupin [...] délimités au nord par la Charente, au sud par une parallèle à la Charente passant par le puits, et à l'est et à l'ouest par les murs limitant les deux glacis."

Documents d'archives

  • Fort Lupin, dossier documentaire / Conservation régionale des Monuments historiques (Poitiers) - Poitiers : C.R.M.H., 1950.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
  • Masse, Claude. Mémoire du pays qui est entre la rivière de Charente et la Garonne relatif à la carte générale qui a été commencée à lever en 1693 et finy en l'an 1700. Copie du 18e siècle par le père Jaillot.

    Médiathèque Michel-Crépeau, La Rochelle : Ms 111 (Mi 40)
  • Masse, Claude. Mémoire géographique sur une partie du Bas Poitou, païs d'Aunis et Saintonge, 1715. Copie par Jaillot au 18e siècle.

    Médiathèque Michel-Crépeau, La Rochelle : Ms 31 (Mi 40)

Bibliographie

  • Desquesnes, R., Faille, R., Faucherre, N., Prost, P., Les fortifications du littoral ; la Charente-Maritime, Chauray : Editions patrimoines et médias, 1993.

    p. 144-150
  • Faucherre, Nicolas. Bastions de la mer ; le guide des fortifications de la Charente-Maritime, Chauray : Editions patrimoines et médias, 1995.

    p. 29-31

Annexes

  • Extrait de Masse, Claude. Mémoire du pays qui est entre la rivière de Charente et la Garonne relatif à la carte générale qui a été commencée à lever en 1693 et finy en l'an 1700. Copie du 18e siècle par le père Jaillot. Médiathèque de La Rochelle, Ms 111.
  • Extrait du mémoire géographique de Claude Masse sur une partie du Bas Poitou, païs d'Aunis et Saintonge, 1715. Copie par Jaillot au 18e siècle. Médiathèque de La Rochelle, Ms 31.
Date d'enquête 2019 ; Dernière mise à jour en 2020
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel