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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Fouras
  • Lieu-dit la Pointe
  • Cadastre 1810 B3 787  ; 2015 OF 47

Le fort la Pointe, appelé aussi fort Vasou, est construit en 1673 sur la rive droite de la Charente, face à Port-des-Barques, à l'endroit où l'estuaire s'évase largement vers le nord. Il s'agit alors d'une batterie prévue pour protéger le fleuve de toute incursion ennemie, au moment de la guerre de Hollande et la crainte d'une descente néerlandaise. Il est, avec la redoute de l'Aiguille, le premier ouvrage édifié pour protéger la rade de l'arsenal de Rochefort. Claude Masse, en 1715, note que le premier fort, "d'une figure assez hétéroclite" et comprenant deux corps de caserne et un magasin à poudre a été rasé par un vent violent dès 1684 "parce qu'il n'estoi revestu que de gazon", et remplacé en 1694-1695 par une batterie de 10 à 12 pièces. Sur les cartes de cette époque, le fort apparaît bastionné, doté d'un redan à la gorge et bordé par des marais salants sur son front nord-est.

En 1698, Michel Bégon, dans son mémoire sur la généralité de La Rochelle, le dit fait de bois et de terre et capable d'abriter une garnison de 400 hommes. D'importants travaux sont exécutés dans la première moitié du 18e siècle. Le mur d'escarpe de la batterie subsiste sans doute de cette époque. En 1753, Claude Félix Masse le décrit comme une batterie circulaire bâtie sur des vases, au sud du château de Fouras, dont les maçonneries sont bonnes. Des travaux sont prévus dans l'année pour fermer le fort "par sa gorge" en ouvrant un fossé dont les terres formeront une digue qui arrêtera les eaux de la mer "qui, dans les malines, passent par-dessus la batterie et dégradent le rempart ainsi que le petit logement dans lequel le roi entretient un gardien qui a 100 livres de gages." La même année, le marquis d'Argenson note qu'il s'agit "d'un retranchement circulaire en maçonnerie garni de 18 pièces de canons pour battre sur la Charente, il est ouvert du côté de la terre et l'on a proposé de le fermer."

En mai 1779, le fort qui dépend du ministère de la guerre est cédé à celui de la marine, en même temps que ceux de Lupin et de l'Ile-Madame, afin de mieux assurer la défense de la rade.

Au début du 19e siècle, une digue est construite pour protéger les basses terres des assauts de la mer, sur près de 8 kilomètres de part et d'autre du fort, entre le moulin de l'Espérance à Fouras au nord et le canal de Charras à l'est. Elle est doublée par un large fossé, destiné à récupérer les eaux des marais, qui joint le fossé de la gorge du fort. Ce dernier se trouve alors dans un état de délabrement extrême, sans port ni fossé et avec un mur d'escarpe envasé aux deux tiers de sa hauteur. En 1826, il se compose d'une caserne pour 30 hommes, un corps de garde de police, un logement pour un officier, deux logements pour un gardien, une cuisine, une chambre pour le maître canonnier et un magasin à poudre d'une capacité de 3 000 kilogrammes. Il est armé d'un canon de calibre 36, huit de 24, cinq de 12 et deux de 8.

En 1848, à la suite d'une décision de la Commission mixte d'armement des côtes, des travaux sont entrepris pour réaliser un nouveau parapet de terre et un corps de garde de 60 hommes pour servir de réduit à la batterie. Les travaux sont abandonnés, puis repris en 1861, et aboutissent à la construction d'un casernement type pour 78 hommes et d'un parapet de terre pouvant accueillir dix pièces d'artillerie. Le réduit renferme un magasin à poudre pour 5 000 kilogrammes et les magasins nécessaires pour l'artillerie et les vivres. Une citerne est creusée au-dessous. De plus, les deux anciens bastions en terre à la jonction de la batterie et de la gorge sont revêtus par des murs dotés de créneaux de fusillade, celui du nord sert d'entrée.

À la fin des années 1880, des plateformes en béton, munies de rails de pivotement, sont installées pour doter le fort de nouvelles pièces d'artillerie de gros calibre. C'est aussi à cette époque qu'est édifié au sud, dans la partie la moins exposée, le magasin à poudre qui porte la date 1888 ; dès lors, l'ancien est transformé en magasin aux subsistances. Entre 1904 et les années 1920 existe un passage d'eau pour piétons entre la jetée de Port-des-Barques et une jetée située juste à l'aval du fort.

Le fort, déclassé au début du 20e siècle, est devenu une propriété privée en 1950.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 17e siècle , (détruit)
    • Principale : 4e quart 17e siècle
    • Principale : 1ère moitié 18e siècle, 3e quart 18e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1673, daté par travaux historiques
    • 1861, daté par source
    • 1888, porte la date

Le fort la Pointe domine l'embouchure de la Charente, sur la rive droite, à la pointe sud de Fouras, à l'endroit où l'estuaire s'élargit fortement, et face à Port-des Barques. Il consiste en l'assemblage d'un redan et d'une batterie circulaire. Il est bordé, au nord-est par des marais dans lesquels l'aménagement d'une passerelle en bois permet de le longer.

La gorge du côté des terres, qui a conservé sa forme de redan, n'est pas revêtue. Elle est protégée par deux bastions en pierre de taille, à l'ouest et à l'est, et par un fossé en eau, dans la continuité de celui qui longe la digue à l'intérieur des terres. Ces deux bastions sont dotés de créneaux de fusillade et celui de l'ouest fait office d'entrée. Du côté de la cour, des gradins servent de banquette d'artillerie contre le mur, plus élevé de part et d'autre de la porte cantonnée par deux piliers massifs.

Du côté de la Charente, le fort présente une batterie semi-circulaire de 130 mètres de diamètre. Cette batterie est construite en gros appareil et soulignée d'un cordon d'escarpe très saillant. Il ne subsiste plus que les appuis des quinze embrasures qui servaient au tir et qui ont été arasées. Le terrassement de la batterie est maintenu du côté de la cour par un mur de soutènement en pierre de taille. On accède à chacune des plate-formes de tir installées en 1880 par deux escaliers. Deux autres escaliers donnent accès aux extrémités du terrassement. Entre ces divers escaliers et de part et d'autre, des niches aménagées dans le mur sont pourvues d'étagères en pierre pour le stockage des obus.

Une poudrière en pierre de taille, à demi-enterrée et recouverte de terre, est aménagée un peu à l'est des plates-formes. Couverte d'une voûte en berceau en plein-cintre dans laquelle pénètre une voûte d'arêtes plate au-dessus de l'entré. Elle comprend, du côté ouest, une petite salle séparée par un mur, dans lequel est ménagée une porte au centre, et une niche en face de l'entrée. Par ailleurs, elle est dotée de bouches d'aération en chicane dans la façade orientée vers l'est et d'un évent dans sa voûte au-dessus de la porte de la petite salle, qui prend la forme d'une souche de cheminée au-dessus du terrassement.

Du côté ouest du fort subsiste une citerne voûtée, enterrée et à demi-remblayée. La caserne des années 1860 se présente comme un bâtiment rectangulaire en rez-de-chaussée, bâti en petit appareil régulier et couvert d'un toit en tuile creuse. Elle comprend à son extrémité sud-est une salle voûtée en berceau qui correspond à l'ancien magasin à poudre avec à côté, au sud-ouest, l'ancien magasin d'artillerie. Le reste du bâtiment accueille quatre grandes salles : celle du nord, qui était divisée par des cloisons pour abriter un magasin aux vivres, une cuisine, les logements du chef de poste et du gardien, est éclairée de nos jours par une haute fenêtre en plein cintre qui occupe entièrement le centre du pignon ; les autres salles, chambrées pour 26 hommes, auxquelles on accède par une porte à chaque extrémité, ont conservé les crochets aux murs et sur les poutres et les traces d'autres matériels qui servaient à accrocher les effets des soldats et peut-être leurs hamacs. Les portes d'accès d'une salle à l'autre n'existaient pas autrefois.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon
  • Toits
    tuile creuse, végétal en couverture
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
    • voûte plate
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • extrados de voûte
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Protections
    inscrit MH, 2002/02/08
  • Précisions sur la protection

    Le fort en totalité (cad. F 45 à 48)

Documents d'archives

  • Atlas des bâtiments militaires, Génie, Direction de La Rochelle, place de Rochefort, 1826-1868.

    Archives du génie, La Rochelle : carton B
  • 1753, 25 août : Mémoire abrégé sur l'état actuel des postes, de l'Isle d'Aix, fouras, Redoutte de l'Aiguille et fort de la Pointe, par Claude-Félix Masse, n° 23.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : MS-6438 (143)
  • Masse, Claude. Mémoire géographique sur une partie du Bas Poitou, païs d'Aunis et Saintonge, 1715. Copie par Jaillot au 18e siècle.

    Médiathèque Michel-Crépeau, La Rochelle : Ms 31 (Mi 40)
  • "Fort Lapointe" : dossier documentaire / Conservation régionale des Monuments historiques (Poitiers) ; réd. Yannick Comte. - Poitiers, 2001.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
  • Forts, batteries et fortifications, 1748-1848.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 2 K 2 - 17

Bibliographie

  • Bégon, Michel. Mémoire sur la généralité de La Rochelle [1699], publié par Georges Musset, Tours : imprimerie Paul Bouserez, 1875.

    p. 36
  • Charpy, Jacques. Un ingénieur de la marine au temps des Lumières ; les carnets de Pierre Toufaire (1777-1794), Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2011.

    p. 42
  • Collectif. Les fortifications du littoral, la Charente-Maritime, Niort : Editions Patrimoine et Médias, 1993.

    p. 141-142
  • Duplais des Touches, A. Fouras et ses environs, Charente-Inférieure, histoire complète, Liège, 1910 [écrit en 1894].

    p. 290
  • Faucherre, Nicolas. Bastions de la mer ; le guide des fortifications de la Charente-Maritime, Chauray : Editions patrimoines et médias, 1995.

    p. 25
  • Mémain, René. La marine de guerre sous Louis XIV. Le matériel. Rochefort, arsenal modèle de Colbert. Paris : Hachette, 1937.

    p. 215-247
  • Faucherre, Nicolas ; Prost, Philippe ; Chazette, Alain, Le Blanc, François-Yves. Les fortifications du littoral ; la Charente-Maritime, Chauray : Editions patroines et médias, 2000.

    p. 94-96

Documents figurés

  • 1826, 20 décembre : Plans et élévations du fort Lapointe, par le capitaine ingénieur en chef Savary.

Annexes

  • Extrait de : Masse, Claude-Félix. Mémoire abrégé sur l'état actuel des postes, de l'Isle d'Aix, fouras, Redoutte de l'Aiguille et fort de la Pointe, 25 août 1753. Gallica
  • Extrait du mémoire du chevalier de Vialis. "Reconnaissance militaire de l'isle d'Aix et des deux rives de la Charente jusqu'à Rochefort, 10 mai 1779. SHD Vincennes, 1 VD 62, pièce 15b bis.
  • Extraits de Claude Masse, Mémoire géographique sur une partie du Bas Poitou, païs d'Aunis et Saintonge, 1715. Copie par Jaillot au 18e siècle. Médiathèque de La Rochelle, Ms 31.
  • Extrait du procès-verbal constatant la situation des fortifications maritimes du port de Rochefort, 22 juin 1813. Service historique de la défense, Rochefort, 2 K 2 - 17.
Date d'enquête 2016 ; Dernière mise à jour en 2016
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel