Dossier IA17046722 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Fort du Chay
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde
  • Commune Royan
  • Lieu-dit Pointe du Chay
  • Adresse allée des Rochers
  • Cadastre 2014 AE 173

Après la prise de Royan et la destruction de son château (situé sur le port) par le roi Louis XIII, en 1622, les Royannais avaient interdiction de reconstruire tout élément de fortification. Dès le milieu du 18e siècle, le caractère stratégique de l'embouchure de la Gironde pousse toutefois les autorités militaires, et notamment le gouverneur de Saintonge, le maréchal de Senectere, seigneur de Didonne et futur marquis de Royan, à envisager la défense de la côte par un système de batteries. L'une d'elles est établie en 1757 sur la pointe du Chay ou "de Guette-Lamy", en vis-à-vis d'une autre placée à la pointe de Grave. En 1772, on envisage d'y construire un véritable fort, barrant l'entrée de la Gironde avec un autre fort projeté à la pointe du Verdon. Une carte de l'embouchure de la Gironde établie à cette date montre que le dispositif comprend aussi des redoutes de part et d'autre de la conche de Pontaillac, et qu'une redoute plus importante est envisagée entre le Pigeonnier et les Brandes.

De nouveaux aménagements défensifs sont réalisés sous l'Empire, à la suite d'une bataille qui, en 1811, a montré la vulnérabilité de l'embouchure de la Gironde face à l'ennemi anglais. En 1811-1812, sur ordre de Napoléon, un véritable fort est construit sur la pointe du Chay. Protégé par des bastions étoilés, il apparaît comme tel sur le plan cadastral de 1838. Entre temps, en avril 1814, le fort a été pillé par les habitants et pris par les Anglais, victorieux de Napoléon.

Sous le Second Empire, le site suscite de nouveau l'intérêt. Dans les années 1860, les talus du fort sont agrandis et une caserne est construite. En 1875-1877, comme à la pointe de Suzac notamment, une nouvelle batterie est installée, prenant en compte les évolutions de l'artillerie. Le fort apparaît encore sur une vue aérienne en 1920 : l'espace fortifié est partagé en deux par un système fossoyé ; la partie la plus proche de la falaise contient huit postes d'artillerie, en avant d'un terre-plein. En arrière, du côté terre, les bastions en étoile déjà visibles sur le plan de 1838 sont encore en place.

Le site est profondément remanié après que les troupes allemandes d'occupation s'en soient emparé en 1940. Le fort est intégré au système de défense allemand et forme un verrou sur l'embouchure de la Gironde avec les fortifications de la pointe de Grave. La batterie comprend trois pièces de 75 mm et six pièces antiaériennes. Les anciennes installations sont remplacées par des blockhaus. Le fort accueille 80 artilleurs de marine et 150 soldats. Imposant, ce système défensif est presque entièrement détruit lors des bombardements de 1945. Il n'en reste plus que quelques blockhaus. Ouvert à la circulation des promeneurs, le site est en partie réinvesti dans les années 1980 par des résidences.

  • Période(s)
    • Principale : 19e siècle, 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle

Contourné par le sentier du littoral, et occupé en partie par des immeubles de résidences, le site de l'ancien fort du Chay ne comprend plus que des vestiges de blockhaus et de pièces d'artillerie. Le site surplombe la conche du Chay et les rochers de la pointe.

  • Murs
    • béton
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Bibliographie

  • Binot, Guy. Histoire de Royan et de la presqu'île d'Arvert / préf. Jean Glénisson. Paris : Le Croît Vif, 1994. 429 p..

    p. 221-222, 263
  • Gourmelon, Gwenaëlle. Inventaire des vestiges du Mur de l'Atlantique en Charente-Maritime, association Estuarium, 1998-1999.

    t. 1, p. 103-104

Documents figurés

  • Archives nationales, MAR G/206, pièce 20. 1756 : Carte de l'embouchure de la Garonne ou Gironde pour servir à faire connoître les emplacements des deux batteries proposées pour la déffence de l'entrée et sortie de la rivière, signée Rivard.

    Archives nationales, Paris : MAR G/206, pièce 20
  • 1756, 4 décembre : plan d'une batterie à barbette proposée à la pointe de Guette Lamy, par M. de Ricard.

    Service historique de la Défense, Vincennes : 1VD60, pièce 37
  • IGN, cartothèque, chemise 256-A. 1772 : carte particulière de l'embouchure de la Gironde à la mer pour servir au projet de l'établissement à faire de deux forts, l'un à la pointe de Grave et l'autre à Guette Lamy, et de deux redoutes en avant du coté de la mer, par M. Sicre de Cinq Marc.

    IGN, Saint-Mandé : Chemise 256-A
  • 1772 : plan du fort projetté à la pointe de Guette Lamy, rive droite de la Gironde, pour défendre l'entrée de cette rivière, par M. Sicre de Cinq Marc.

    Service historique de la Défense, Vincennes : 1VD62, pièce 13
  • Vues aériennes depuis 1920 sur le site internet de l'IGN www.geoportail.gouv.fr.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 3P 4977. 1838 : plan cadastral de Royan.

Date d'enquête 2014 ; Dernière mise à jour en 2014
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
Suire Yannis
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Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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