Dossier IA17046253 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Fort de Suzac
Auteur
Beauvarlet Gilles
Beauvarlet Gilles

Photographe à l'Inventaire du patrimoine de Nouvelle-Aquitaine (site de Poitiers).

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Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde
  • Commune Saint-Georges-de-Didonne
  • Lieu-dit Pointe de Suzac
  • Adresse chemin du Fort de Suzac
  • Cadastre 1837 C 1662  ; 2009 AT 1 à 5, 25

Jusqu'à la fin du 18e siècle, la pointe de Suzac reste dénuée de tout élément défensif, au contraire de la pointe de Vallières où une batterie et un corps de garde sont mentionnés dès le milieu du 18e siècle (par exemple sur la carte de Cassini). Le système de défense de l'estuaire de la Gironde se limite d'une part au verrou de Blaye, d'autre part à des batteries postées à Royan, à la pointe de Vallières, à Talmont et, sur l'autre rive, à la pointe de Grave.

Ce système est renforcé sous le Premier Empire, dans le cadre du blocus continental imposé par l'ennemi anglais. En 1806-1807, une batterie est établie sur la pointe de Suzac, mais un vaisseau stationnaire est aussi positionné au milieu de l'estuaire, ce qui retire de l'utilité à cette batterie, d'autant que la conche de Saint-Georges est déjà protégée par la batterie de Vallières. Jamais achevée, la batterie de Suzac n'est de toute façon que peu utilisée : elle est détruite par les Anglais en 1814, à la chute de Napoléon. En 1837, le plan cadastral fait état de deux petits bâtiments (un logement et un magasin à poudre), au milieu d'un espace tourné en pointe vers l'intérieur des terres et retranché d'une levée de terre le long de la falaise.

Dans les années 1840, des tensions internationales au sujet des Balkans poussent le gouvernement français à renforcer la défense des côtes. Une réflexion s'engage, qui ne va aboutir que dans les années 1860. Entre 1861 et 1865, un corps de garde est construit au milieu de la première enceinte. Il abrite les logements du chef de poste et du gardien, une cuisine, des casernements pour trente hommes, des magasins à vivres et à poudre. Les travaux prennent beaucoup de temps, d'autant que leur utilité est contestée, tant que la pointe de Grave, de l'autre côté de l'estuaire, n'est pas elle-même fortifiée. L'évolution rapide de l'artillerie rend par ailleurs les installations du fort obsolètes avant d'avoir été achevées.

En 1875-1877, un rempart de terre vient protéger le corps de garde sur une face, côté estuaire. Un fossé équipé d'un mur d'escarpe et franchi par un seul pont-levis, avec une poterne, est creusé d'un côté à l'autre de la pointe de manière à isoler le corps de garde et le reste de la pointe. Une petite esplanade est aménagée à côté du corps de garde. Le long de la falaise, un glacis de terre forme une protection face à l'estuaire. Il soutient des postes de tirs et abrite des magasins d'artillerie semi-enterrés, dont l'un subsiste de nos jours. Une nouvelle batterie, prenant en compte les perfectionnements de l'artillerie, est mise en place. Le dispositif est complété par un magasin à poudre casematé, en 1879-1882, et par un poste photo-électrique et un poste télémétrique en 1899 et 1901.

Achevé à la veille de la Première Guerre mondiale, le site accueille une garnison pendant le conflit, sans toutefois véritablement servir. Délaissés, une partie des bâtiments sont vendus en 1923, le terrain et la batterie sont loués à un particulier en 1925. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Marine ne reprend en mains le site que le 9 juin 1940, quelques jours avant la capitulation.

En 1944, les troupes allemandes investissent le site pour en faire un des maillons du Mur de l'Atlantique, le plus au sud de la ligne de défenses autour de Royan. Sept blockhaus (six casemates et un poste de direction de tir) sont établis en arc de cercle, le long de la falaise, sur le pourtour de l'ancienne fortification. Les 14 et 15 avril 1945, les violents bombardements alliés qui achèvent de rayer de la carte une grande partie de la ville de Royan, détruisent aussi une bonne part du fort de Suzac. Une casemate en particulier, au nord, est pulvérisée. Le vieux fort des années 1860-1870 est également très endommagé. Le site demeure aujourd'hui le témoin de l'histoire militaire de la pointe de Suzac et de son rôle stratégique à partir de la fin du 18e siècle.

Depuis 1982, la pointe de Suzac est, avec une partie de la forêt de Suzac, propriété du Conservatoire du littoral.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle, 2e quart 20e siècle

Le site fortifié de Suzac s'étend sur l'extrémité de la pointe du même nom. Cette extrémité se distingue de l'arrière-pays boisé par son caractère ouvert et dégagé. Sillonné de sentiers, le site comprend d'une part les vestiges des fortifications du 19e siècle, d'autre part les blockhaus établis en 1942 et dont il reste une grande partie.

Au titre des premiers, un ancien magasin d'artillerie subsiste, semi-enterré, ouvert côté est, vers l'intérieur de la pointe. Edifié en moellons équarris, il comprend plusieurs volumes voûtés en plein cintre.

Pour ce qui concerne les éléments défensifs allemands, des constructions massives en béton armé, la plupart des casemates sont encore en place. Chacune comprend une vaste chambre de manoeuvre des pièces d'artillerie qui étaient pointées vers l'estuaire. Au centre du dispositif, le poste de direction de tir apparaît plus complexe : il comprenait une salle de commandement, une salle de radio, et des espaces de vie. Au-dessus, une terrasse servait d'observatoire et recevait un poste de défense anti-aérienne DCA.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • béton béton armé
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Charente-Maritime, 3P 3408 à 3423. 1837-1970 : état de section et matrices cadastrales des propriétés de Saint-Georges-de-Didonne (NB : les dates de constructions et de travaux déclarées dans le cadastre sont souvent celles de leur prise en compte par l'administration fiscale, avec un décalage d'environ trois ans après leur réalisation effective).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 3408 à 3423

Bibliographie

  • Binot, Guy. Les défenses de la rive saintongeaise de l'embouchure de la Gironde du Moyen Age à 1945. L'Estuaire de la Gironde, les Cahiers n° 2. Blaye : Conservatoire de l'estuaire de la Gironde, 1995, p. 101-111.

  • Coquillas, Didier. Etablissements et structures portuaires antiques dans l'estuaire de la Gironde. L'Estuaire de la Gironde, les Cahiers n° 8. Blaye : Conservatoire de l'estuaire de la Gironde, 2009, p. 33-53.

    p. 42-43
  • Delpit, Jules. Station préhistorique à Villegouge (Gironde) et villa romaine à Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Inférieure). Société archéologique de Bordeaux, t. 4, 1877, p. 21-26.

  • Faucherre, Ncolas et Le Blanc, François-Yves, Etude historique et monumentale du site de la pointe de Suzac, Conservatoire du littoral et des espaces lacustres, Rochefort, 1995.

    Archives municipales, Saint-Georges-de-Didonne

Documents figurés

  • Archives départementales de la Gironde, Bordeaux. 2 Fi 2121. Plan de l'embouchure de la Gironde levé en 1812 et 1813 par A.M.A. Raoul.

  • AD17, 3P 4983. 1837 : plan cadastral de Saint-Georges-de-Didonne.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4983
Date d'enquête 2014 ; Dernière mise à jour en 2014
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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