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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) IGN

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Port-des-Barques
  • Lieu-dit Fort-Chagnaud (le)
  • Adresse
  • Cadastre 1824 D1 750 à 759  ; 1824 A2 678
  • Dénominations
    fort
  • Appellations
    Fort Chagnaud, Fort Chaigneau

Les travaux du fort Chagnaud débutent à la fin du 18e siècle mais ne sont pas achevés. L'implantation d'un fort à cet emplacement, sur la hauteur de Port-des-Barques, est proposé en 1779 par Hecker de Vialis dans un mémoire intitulé "Reconnaissance militaire de l'isle d'Aix et des deux rives de la Charente", qui reprend en le déplaçant vers l'est un projet de La Rozière de 1767. Elle s'inscrit dans un système de défense, constitué de retranchements, de lunettes et du fort de Piédemont (nommé alors des Agions), destiné à contrer une attaque terrestre menée par des troupes débarquées sur la pointe de Port-des-barques ou dans l'Ile-Madame. L'emplacement en hauteur permet aussi au fort de contrôler la remontée de la Charente. L'ambitieux projet prévoit un quadrilatère bastionné défendu par des demi-lunes sur chaque flanc et entouré de fossés et de contrescarpes. Hecker de Vialis envisage une construction sur 15 à 20 ans, mais il semble que, en raison des troubles révolutionnaires, le fort est resté inachevé. Seuls des talus et des fossés sont réalisés avant l'ajournement de la construction. L'emplacement du fort, en l'état de projet, figure sur le plan cadastral de 1824, celui d'un quadrilatère à quatre bastions.

En 1851, le fort est déclaré abandonné sur le tableau de classement des places de guerre et autres points fortifiés, comme celui de Piédemont et les batteries voisines. D'après le capitaine du génie Lecomte, lorsque le fort est remis aux Domaines en 1856, le comité des fortifications émet l'avis que sa restauration serait trop coûteuse et met en doute son utilité dans la mesure où l'ennemi se résoudrait difficilement à débarquer à Saint-Froult et que, dans cette hypothèse, il était préférable de conserver le fort de Piédemont. Un projet de loi de 1882 qui le raye des places de guerre mentionne que, bien que remis aux Domaines en 1856, ce fort n'a jamais été déclassé.

Le fort est mentionné par Adolphe Joanne dans sa géographie du département de la Charente-Inférieure en 1877 mais, en 1891, le journal la Lanterne ne note plus que la présence, sur un plateau qui domine l'embouchure de la Charente, des restes du fort "consistant en talus élevés et fossés encore profonds, devenus une propriété privée." L'ancienne route stratégique, reliant L'île-Madame au chemin de grande communication de Port-des-Barques à Rochefort, sépare alors en deux parties à peu près égales les talus et fossés mentionnés.

De nos jours, il ne subsiste aucune trace de l'emplacement de ce fort, désormais occupé par des habitations.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle

Le fort occupait l'éminence de la pointe de sud de l'embouchure de la Charente au droit du port de Port-des-Barques. Son plan était un vaste quadrilatère bastionné. Aucune trace n'en subsiste, même dans l'organisation du réseau viaire et des îlots d'habitation qui ont pris sa place de part et d'autre de l'avenue du 8 mai 1945 ou départementale 125.

Documents d'archives

  • Place de Rochefort ; Atlas et mémoire militaire sur la chefferie de Rochefort du capitaine du génie Charle Lecomte le 7 novembre 1883.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 43 J art. 255
    p. 124
  • Hecker de Vialis, "Reconnaissance militaire de l'isle d'Aix et des deux rives de la Charente jusqu'à Rochefort", mémoire de 1779.

    Service historique de la Défense, Vincennes : 1V62, pièce 15b

Bibliographie

  • La Lanterne : journal politique quotidien, 23 janvier 1891.

    p. 4
  • Chambre des députés ; impressions : projets de lois, propositions, rapports, etc. Paris : imprimerie de la Chambre des députés, 1882.

    p. 8
  • Recueil des lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires concernant les différents services du Ministère des travaux publics, 1906.

    p. 13
  • Faucherre, Nicolas ; Prost, Philippe ; Chazette, Alain, Le Blanc, François-Yves. Les fortifications du littoral ; la Charente-Maritime, Chauray : Editions patroines et médias, 2000.

    p. 109-111

Annexes

  • Extrait de Hecker de Vialis, "Reconnaissance militaire de l'isle d'Aix et des deux rives de la Charente jusqu'à Rochefort", mémoire de 1779. SHD Vincennes, 1V62, pièce 15b bis.
  • Extrait de : Ardouin-Dumazet, Voyage en France ; les îles de l'Atlantique, tome 3/1, 1895, p. 118.
Date d'enquête 2019 ; Dernière mise à jour en 2020
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