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Ferme dite les Bertineries, actuellement maison

Dossier IA17043630 réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiéesjardin, puits, étable, écurie
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Thomas-de-Conac
Cadastre : 1818 C 827, 828, 829 et 830 ; 2009 C 2300 et 2301

Les Bertineries sont mentionnées le 15 janvier 1763 lorsque trois laboureurs, Jean Guillemineau, Pierre Bouteiller et Arnaud Guillemineau reconnaissent tenir "en fief féodalement" du maréchal-duc de Richelieu, comte de Cosnac, le village des Bertineries "consistant en maisons, granges, jardins, querreux, terres labourables et bois (...) près le village des Jolletries, appelé la prise des Berthineries". Cet acte de reconnaissance féodale indique que le domaine ou "prise" a été concédé par le duc de Richelieu, ancêtre du maréchal, à Jean Blanchard, sieur de la Chataigneray, et à Jean Arnaudeau le 26 janvier 1675. Parmi les bâtiments qui composent la propriété, le logis semble dater du milieu du 18e siècle : la forme des ouvertures correspond à cette époque, et la date du 22 avril 1753 est inscrite sur un montant de porte dans la pièce la plus à gauche, avec un nom, "Duret". Au début du 19e siècle, les Bertineries appartiennent à Jacques Flandray, qui fut procureur de la commune de Saint-Thomas en 1792. En 1806, alors qu'il demeure à Blaye, il vend le domaine à Pierre Morpain, époux de Louise Prévost. Michel Ragondin, époux de Jeanne Seguin, capitaine de navire, demeure également aux Bertineries à cette époque (son frère, Pierre Ragondin, chirurgien, a épousé la mère de Louise Prévost). Le domaine des Bertineries est représenté sur le plan cadastral de 1818. Le cadastre précise que le logis présente en façade, comme aujourd'hui, douze ouvertures. A cette époque, un logement secondaire se trouvait au sud-ouest, dans le prolongement des dépendances. Les autres bâtiments, notamment le logis, avaient à peu près la même emprise au sol qu'aujourd'hui. A l'arrière du logis s'étendait un jardin avec des allées délimitant des carrés. Pierre Morpain décède aux Bertineries le 11 octobre 1841. Le domaine passe ensuite à son fils, Léandre Morpain, notaire, demeurant à Pérignac (Charente). En 1848, ce dernier en fait don à son fils, Henri Morpain, à l'occasion de son mariage. Henri Morpain reste à la tête des Bertineries jusqu'à sa mort, en 1904. Il est alors ruiné. Les Bertineries sont ensuite vendues, selon le cadastre, à Henri Dreux et à Mathurin Soulard époux Dreux.

Période(s)Principale : milieu 18e siècle
Principale : 19e siècle
Dates1753, porte la date
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Cette ancienne ferme est située sur le haut d'un coteau au pied duquel se rejoignent deux vallons. Elle comprend un logis au centre et plusieurs dépendances dont une étable, une écurie et un fenil, alignés sur le côté ouest de la propriété. Face au logis, au sud de la cour, se trouve un puits couvert, accessible par un passage situé en contrebas. Couvert d'un toit à croupes, le logis comprend un rez-de-chaussée et un comble. Sa façade, couronnée par une corniche, est orientée au sud. Les ouvertures y sont réparties de manière ordonnancée, en cinq travées. La travée centrale comprend la porte, en plein cintre, avec encadrement mouluré, surmontée d'un larmier. Les deux travées qui l'encadrent comportent chacune deux fenêtres jumelles au rez-de-chaussée, en arc segmentaire et à encadrement saillant. Les cinq petites baies du comble sont aussi en arc segmentaire. A l'intérieur, dans la pièce la plus à gauche, se trouve une cheminée à hotte moulurée et à montants obliques.

Murscalcaire
enduit
pierre de taille
moellon
Toittuile creuse
Étagesen rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
croupe
Typologiesferme à bâtiments séparés
Techniquessculpture
Représentationscolonne
Précision représentations

Dans la cour, près du puits, se trouve un fût de colonne avec sa base moulurée.

Sur un montant de porte dans la pièce la plus à gauche du logis : "Duret 22 avril 1753".

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Le 4 juillet 1810, a lieu l'inventaire des biens de Michel Ragondin, époux de Jeanne Seguin, capitaine de navire, déclaré absent depuis un certain temps. L'opération a lieu à la requête de François Jarry, de Saint-Ciers-du-Taillon, époux de Suzanne Ragondin, pour faire déclarer l´absence de Michel Ragondin son cousin issu de germain, et prendre possession de ses biens. L'inventaire se déroule dans la maison de Pierre Morpain, aux Bertineries, où demeurait Michel Ragondin. Il a lieu en présence du dit Pierre Morpain, mari de Louise Prévot, héritière de Louise Fumeau sa mère, elle-même veuve de Pierre Ragondin, chirurgien et frère germain du dit Michel Ragondin. Les biens se trouvent dans une chambre haute ouvrant au midi et au couchant. Ils consistent en des vêtements, une malle, et des papiers relatifs à l´activité de capitaine de navire.

  • Le 15 mai 1848, contrat de mariage entre Pierre Jean Henri Morpain, demeurant aux Bertineries, fils de Léandre Morpain, ancien notaire, et de Clarisse Henriette Laurent, demeurant à Pérignac, et Catherine-Louise David. Le marié se constitue au mariage le domaine des Bertineries composé de maison de maître, cours et jardins, servitudes, vignes, prés, terres et bois, qui lui appartiennent à la suite d´un échange sous seing privé du 3 mai 1848 avec Léandre Morpain son père. Cet acte d´échange est annexé au contrat de mariage : Morpain père donne à son fils "le petit domaine des Bertineries consistant en maison de maître entre cour et jardin, maison de colon, bâtiments de servitudes, terres, prés, vignes, prés-marais, chenevières et bois, le tout d´une contenance approximative de dix huit hectares". Léandre Morpain en a hérité de ses parents, Pierre Morpain et Louise Prévot.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime, 3E 70/615. 1806, 7 mai : dépôt d´un acte sous seing privé du 14 fructidor an X, portant vente par Jacques Flandray, de Blaye, à Pierre Morpain, demeurant à Saint-Sorlin, du domaine des Bertineries pour 19.000 francs, ainsi que des terres à Saint-Sorlin, les vaisseaux et vinaires consistant en trois cuves, un fouloire et les barriques.

  • A. D. Charente-Maritime, 3E 70/622. 1810, 4 juillet : inventaire des biens de Michel Ragondin époux Seguin, capitaine de navire, réalisé en sa demeure aux Bertineries.

  • A. D. Charente-Maritime, 3E 70/809. 1848, 15 mai : contrat de mariage entre Pierre Jean Henri Morpain et Catherine-Louise David.

  • A. D. Charente-Maritime, 3 P 4146 à 4155. 19e siècle : état de section et matrices cadastrales des propriétés bâties de Saint-Thomas-de-Cônac. A. M. Saint-Thomas-de-Cônac. 1818 : plan cadastral de Saint-Thomas-de-Cônac.

  • Archives privées. 1763, 15 janvier : extrait du registre des droits seigneuriaux du comté de Cônac, reconnaissance féodale rendue par Jean Guillemineau, Pierre Bouteiller et Arnaud Guillemineau, laboureurs, au comte de Cosnac, pour la prise des Berthinnerie.

Documents figurés
  • Plan cadastral de 1818.

    Archives municipales, Saint-Thomas-de-Conac
Bibliographie
  • Assouad, Patrice. Souvenirs de Pierre Ardouin, notable et poète saintongeais (1870-1934). Université francophone d'été Saintonge Québec, Ed. des Sires de Pons, 2002.

    p. 115-116
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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