Dossier IA86004657 | Réalisé par ;
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Ferme dite "la Thoumitière", actuellement maison
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
  • (c) Communauté d'Agglomération de Poitiers

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'Agglomération de Poitiers
  • Commune Mignaloux-Beauvoir
  • Lieu-dit la Thoumitière
  • Adresse 1576 route de Chauvigny
  • Cadastre 1819 C1 54 à 60  ; 2004 H5 757 et 758
  • Dénominations
    ferme
  • Appellations
    La Thoumitière
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, dépendance, écurie, bergerie, étable, hangar, grange, puits, jardin, four

Si la métairie de la Thoumitière est mentionnée pour la première fois en 1578, sa fondation semble remonter à la fin du Moyen Age. Un mémoire rédigé en 1622 dans le cadre d'un contentieux avec le seigneur de la Cigogne, indique en effet que la Thoumitière a appartenu successivement à "un prêtre nommé Messire Jehan Chatelier", puis à Mathurin Rabiart, à Legier Rabeau et à Collas Jallot qui l'ont vendue à André Foucault. Or celui-ci possédait aussi le domaine situé aujourd'hui au 657 rue du Curé-Jacquet, et il vivait dans les années 1480. Le mémoire précise aussi qu'à l'époque de Foucault, la ferme "n'estoit [pas] antiennement basti". Cela permet de penser que la Thoumitière a été fondée dans la première moitié du 15e siècle sur des terres concédées par l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers. Citée le 8 mars 1582 dans une liste des biens dépendant de celle-ci, la métairie des "Taumitières" appartient alors à Loys David, procureur à Poitiers. Elle passe ensuite à son probable fils, Jacques David, greffier de l'officialité de Poitiers. Entre 1605 et 1615, par plusieurs actes notariés, ses héritiers vendent le domaine à Nicolas Chaubier, procureur au présidial de Poitiers. Il passe ensuite à son fils, également prénommé Nicolas, élu en l'élection de Poitiers. Les Chaubier possèdent par ailleurs une partie de la métairie du Mail. A partir de 1618, un contentieux s'élève entre les Chaubier et l'abbaye Sainte-Croix d'un côté, et le seigneur de la Cigogne de l'autre, ce dernier prétendant au paiement de droits. Cette prétention lui est accordée en justice en 1632, puis reconnue par l'abbaye Sainte-Croix en 1637. La ferme a conservé quelques traces de cette période d'Ancien Régime : sur la façade du logis, deux baies et une porte à encadrement chanfreiné peuvent en effet remonter au 17e ou 18e siècle ; de même, les deux baies semi-circulaires de l'étable qui jouxte l'ancienne grange, présentent des appuis chanfreinés, sans doute des remplois d'anciens linteaux. La Thoumitière disparaît ensuite des archives jusqu'au début du 19e siècle. En 1819, d'après le cadastre, elle appartient à Pierre Lemit, curé de Nouaillé-Maupertuis. Il possède aussi une ferme à la Vallée, et une autre au Mail. Sur le plan cadastral de 1819, on observe que la ferme est desservie par un chemin venant, comme aujourd'hui, du nord mais aboutissant plus à l'ouest qu'actuellement, juste avant la mare. La ferme est entourée par un jardin (parcelle 58), une mare (56), trois champs (54, 57, 60) et une parcelle en friche (55). En ce début du 19e siècle, le logis se trouve déjà à l'ouest, et une vaste grange occupe le côté nord et le centre de la cour. A la mort du curé Lemit en 1854, sa soeur, Anne-Marguerite Lemit hérite de ses domaines, puis les transmet à son propre décès, en 1857, à ses neveux. Le 18 juillet 1857, ces derniers vendent la Toumitière et la Vallée à Jean Bonnet, demeurant à Chabournay, pour 64000 francs. La Toumitière est ensuite revendue en 1862 à Etienne Bouard, qui possède déjà une maison au Breuil l'Abbesse (actuellement 951 route de Chauvigny). Bouard réalise des travaux au cours des deux décennies suivantes : en 1874, selon le cadastre, le logis est agrandi vers le sud, un agrandissement aujourd'hui visible sur la façade, et qui abrite un cellier. Les ouvertures du logis ont également connu des modifications au 19e siècle : c'est de cette période que dateraient le linteau et ses assises de la porte de droite, et la baie en forme de losange de la travée centrale. Parmi les dépendances, celles situées sur le côté sud de la cour, ont également été construites dans la seconde moitié du 19e siècle, peut-être en 1882, date indiquée par le cadastre. Quant à la grande grange, elle a disparu dans la seconde moitié du 20e siècle. Il en reste aujourd'hui quelques traces, notamment un pan de mur. En 1901, la ferme a été acquise par Jean Héneau, puis est passée en 1907 à Emile Héneau-Bertaud. Elle a aujourd'hui perdu sa vocation agricole, et parmi ses dépendances, un hangar, situé vers l'est, a été récemment transformé en logement.

La ferme comprend un logis construit perpendiculairement à la voie, et des dépendances réparties autour d'une vaste cour. Le logis, à l'ouest de celle-ci, est prolongé vers le sud et sous le même toit par un cellier surmonté d'un grenier. Le logis donne à l'est, sur la cour, par deux travées qui encadrent la porte principale, décentrée. Celle-ci est surmontée au niveau du comble par une lucarne en losange. On compte au rez-de-chaussée un total de cinq baies dont, de part et d'autre, deux petites baies à encadrement chanfreiné, mais murées. Celle de gauche sert aujourd'hui de placard ouvrant en biseau vers l'intérieur. La travée de droite comprend une seconde porte, à montants chanfreinés se terminant par un délardement. La porte principale donne sur un couloir qui donne accès de chaque côté à une pièce et, par un escalier, au comble. Chaque pièce dispose d'une cheminée. Dans la cour, côté nord, se trouve une étable qui ouvre au sud par une grande porte centrale encadrée par deux petites baies semi-circulaires. Leur appui est constitué dans les deux cas d'un ancien linteau de baie chanfreiné. L'arc est fait de briques. Vers l'est, un portail a remplacé l'ancienne grange. Au-delà se trouvent des toits à porc et à volaille. Le côté opposé de la cour, au sud, est occupé par un alignement de dépendances soit, d'ouest en est : des écuries, une sellerie, une bergerie, un hangar transformé en logement, et un fournil également remanié. A l'arrière, dans le jardin, se trouve un puits à margelle en pierre carrée et biseautée, reposant sur quatre grosses pierres en quarts de cylindre. Une citerne, au sud du cellier, et, à l'ouest de la ferme, une mare complètent l'approvisionnement en eau.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • moellon
  • Toits
    tuile creuse, métal en couverture
  • Étages
    étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Typologies
    ferme à bâtiments séparés
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • A. D. Vienne 2 H 1/24. 1605, 2 mai : transaction entre les abbayes de Sainte-Croix et de la Trinité de Poitiers, mentionnant la Thoumitière.

  • A. D. Vienne 2 H 1/24. 1622-1637 : actes concernant un contentieux entre l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers, le seigneur de la Cigogne et Nicolas Chaubier, propriétaire de la Thoumitière.

  • A. D. Vienne 2 H 2/37. 1582, 8 mars : mémoire concernant les dépendances de l'abbaye de la Trinité de Poitiers au Breuil l'Abbesse.

  • A. D. Vienne J 83. 1857, 18 juillet : vente des fermes de la Toumitière et de la Vallée par les héritiers Lemit à Jean Bonnet.

Bibliographie

  • Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994.

    p. 86
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
    p. 414
Date d'enquête 2007 ; Dernière mise à jour en 2007
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
(c) Communauté d'Agglomération de Poitiers
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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