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Ferme dite la métairie de Terrefume

Dossier IA17043962 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, logement, dépendance, chai, hangar, grange, étable, puits
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Dizant-du-Gua
Lieu-dit : Terre-Fume
Adresse : 99 et 101 route de
Terrefume
Cadastre : 1832 A 246 à 250 ; 2009 AB 176, 202 et 203

A cheval sur les marais et sur les terres hautes labourables ou en vignoble, la métairie de Terrefume appartient à la fin du 17e siècle à Noble Homme François Mariaud, avocat en la cour de parlement, demeurant à Saintes. Par son mariage, en 1685, avec Guillemette Gorry, fille de Paul Gorry, marchand à Saint-Dizant-du-Gua, il s'est allié à plusieurs familles de notables des environs, dont les Paillet, procureurs de la seigneurie de Beaulon, et les Laplanche, seigneurs du Roc et de la Chapelle à Saint-Thomas-de-Cônac. De ce mariage sont nés François Mariaud, époux de Marie Mossion, demeurant à Terrefume, et inhumé dans l'église de Saint-Dizant-du-Gua le 17 novembre 1746 ; et Jean Mariaud, époux de Marguerite Billoquet, demeurant à Tanzac, près de Pons. En 1717, François et Jean Mariaud se partagent la métairie de Terrefume dont ils ont hérité de leurs parents. Dans la seconde moitié du 18e siècle, la métairie est la propriété de Pierre Chasteauneuf, avocat et juge sénéchal du comté de Cônac, décédé en 1770 à Saint-Thomas-de-Cônac. Sa veuve, Marie Sabourit demeure à Terrefume où un inventaire des meubles de la succession de son défunt mari est établi en 1787, puis un autre de ses biens immeubles en 1795. Selon ces deux inventaires, le domaine comprend une maison de maître, une maison de métayer ou de colon, une grange, une écurie et un pigeonnier. La maison de maître (à l'emplacement de l'actuel logis, au nord) se compose d'une chambre basse, un salon, un corridor, une cuisine, une petite chambre au-dessus du salon, un grenier et une chambre de domestique à côté. La maison de métayer ou de colon (le logement de la partie sud actuelle) consiste en deux chambres et un grenier. En 1796, les héritiers Chasteauneuf se partagent les biens de leur père : Terrefume va à Pierre-Victor Chasteauneuf qui y demeure. En 1803, Pierre-Victor Chasteauneuf vend le domaine à Pierre Jeudy qui, avant la Révolution, était seigneur de Grissac, à Cravans, près de Gémozac. Pierre Jeudy de Grissac décède peu après et la métairie de Terrefume échoit à son gendre, Jean Mariaud, époux de Marie-Thérèse-Françoise-Xavier Jeudy de Grissac. Même si les bâtiments ont été repris ensuite, certains éléments semblent dater de ce début du 19e siècle, en particulier le décor de la cheminée à l'intérieur du logis. Après la mort de Jean Mariaud, survenue à Terrefume le 1er août 1809, la métairie est partagée entre sa veuve et ses enfants. Si l'on en croit le cadastre, Mme Jeudy de Grissac veuve Mariaud reçoit alors l'aile sud des dépendances, le logement de colon qui lui est adjacent, et la partie est de la grange-étable ; ses enfants obtiennent le logis et la partie ouest de la grange-étable. Parmi ces héritiers, Marie-Rose-Dorothée Mariaud, mariée en 1823 avec Jean-Baptiste Brieu, percepteur à Mortagne-sur-Gironde, décède à Terrefume le 19 juin 1856 (la tombe Brieu-Mariaud se trouve encore dans le cimetière de Saint-Dizant). Selon le cadastre, la veuve Mariaud fait reconstruire l'ancien logement de colon en 1852 puis le logis en 1854. A sa mort, en 1855, le domaine est réunifié dans les mains de sa petite-fille, Marie-Célina Brieu, et de son mari, Pierre-Chéry Eymery. Ce dernier, ancien directeur des Postes à Mirambeau, développe alors à Terrefume un élevage de chevaux et de bovins, ainsi que la viticulture. Il fait agrandir le logis en 1870 et l'ancien logement de colon en 1871 et 1881. Ses descendants restent propriétaires du domaine jusqu'aux environs de 1900. Aujourd'hui inhabitée, l'ancienne métairie est de nouveau divisée en deux propriétés.

Période(s)Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1852, daté par source
1854, daté par source
1870, daté par source
1871, daté par source
1881, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Cette ancienne métairie comprenait à l'origine, dans son ensemble, un logis ou maison de maître, un logement de colon dans son prolongement sud, une aile de dépendances en retour d'équerre au sud, un hangar et une vaste grange-étable au nord-est, avec un puits à proximité. L'aile de dépendances au sud devait comprendre un chai. Le corps de bâtiment situé à son extrémité est, sur la rue, est en pierre de taille. Cette aile comprenait aussi une partie habitable, repérable aux souches de cheminées, qui prolongeait le logement de colon. Ce dernier possède un toit avec une croupe sur le côté gauche, au sud, uniquement. Sa façade présente deux travées d'ouvertures et quatre baies au rez-de-chaussée. La porte possède un imposte en menuiserie ajouré, dont le motif est rappelé par la menuiserie de la fenêtre à côté. Situé dans le prolongement nord du logement de colon, le logis est en ruines. On peut toutefois toujours observer sa façade, la cheminée à l'intérieur, la présence d'un sous-sol et une grande ouverture en plein cintre sur la façade postérieure, côté ouest. La façade principale, orientée au sud-est, présente deux travées d'ouvertures et quatre baies au rez-de-chaussée. La porte possède une clé de linteau saillante et un imposte en menuiserie ajouré identique à la porte du logement de colon. L'enduit de la façade conserve des traces de peinture jaune. La grange-étable est un vaste bâtiment à façade sur le mur pignon. On observe encore, dans les ruines de l'étable, les restes de la charpente et des mangeoires en pierre de taille et en bois.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Étagessous-sol, en rez-de-chaussée, étage en surcroît
Couverturestoit à longs pans
croupe
Typologiesferme à bâtiments séparés
Techniquessculpture
Représentationsfleur palmette chêne corbeille ruban ange couronne
Précision représentations

La hotte de la cheminée située à l'intérieur du logis, est richement sculptée. Une corbeille de fleurs posée sur une tringle à laquelle est suspendu un ruban, s'inscrit dans un fronton en arc segmentaire. Le pourtour de ce dernier est orné d'une guirlande de feuilles de chêne, de palmettes et de fleurs. Deux anges soulevant chacun une couronne de laurier, et vêtus à l'antique, prennent place dans les écoinçons de part et d'autre du fronton.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Partage de la métairie de Terrefume, 3 septembre 1717 (Archives départementales de Charente-Maritime, 3E 2511) :

    François Mariaud, demeurant au lieu de Terrefume, paroisse de Saint-Dizant-du-Gua, et Jean Mariaud, demeurant en la paroisse de Tanzac, enfants et héritiers de feu François Mariaud et damoiselle Guillemette Gaurry, font le partage de la métairie de Terrefume dont ils ont hérité et qu´ils possèdent en indivis.

    François Mariaud reçoit "la chambre de la maison qu´il occupe qui est du côté du midi, qui est séparée par le mur qui est entre la dite chambre et le couroir, et sera bouchée la porte qui entre vu la dite cambre vu le couroir ; ensemble est demeuré une autre chambre qui est au bout de la dite part du midi avec un toit aussi au bout ; plus les bâtiments qui est de la part du couchant, appelé le Cellier, qui est proche les dites chambres les quereux au devant contenant quatre carreaux : plus est demeuré vingt deux carreaux du jardin au derrière les dites chambres, à prendre vu l´alignement du mur du susdit couroir faisant séparation d´icelui avec ladite chambre, descendant au pré qui est au bout du dit jardin ; plus est demeuré un journal trente carreaux de la pièce de pré qui est au bout du jardin avec le vivier au bout d´icelui (...) ; plus est demeuré la moitié de la grange et append à prendre depuis la faîte d´icelle tirant du côté du soleil levant, avec le toit à pourceaux, emplacement au bout, quereux au devant ; plus la moitié du toit à brebis à prendre depuis la faîte de la part du midi ; plus la chambre qui est occupée par le métayer qui est celle qui est de la part du couchant, joignant au dit toit à brebis avec les quereux, issues, contenant dix huit carreaux qui sont au devant les dits lieux ; plus lui est demeuré la part du jardin que jouit ledit métayer, à prendre de la part du soleil couchant en l´alignement du coin du mur de la chambre demeurée ci-dessous au dit Jean Mariaud, le dit coin de mur étant celui d´en haut de la part du soleil levant".

    Jean Mariaud reçoit "l´autre chambre de la maison qu´il occupe, qui est de la part du nord, avec le couroir qui sert d´entrée en ladite maison, où est l´escalier ; plus soixante douze carreaux dudit jardin et quatre vingt carreaux du susdit pré qui est au bout et de la part du nord, avec le vivier au bout le dit jardin, étant pris comme est ci-dessus dit en l´alignement du mur qui sépare le dit couroir avec la dite chambre demeurée au dit François Mariaud ; plus l´autre moitié de grange, l´append à prendre depuis le dit faîte de la part du couchant avec l´emplacement entre le dit append et le dit jardin, et les quereux au devant la dite chambre et la dite moitié de grange, contenant sept carreaux ; plus est demeuré le bâtiment appelé l´écurie avec le pigeonnier au bout et se joignant les quereux au devant, contenant huit carreaux ; plus est demeuré l´autre moitié du dit toit à brebis à prendre de la part du nord, étant séparée par la faîte ; plus est demeuré l´autre chambre où demeure le métayer avec le jardin à côté d´icelle, le tout de la part du soleil levant, lequel jardin se prend en l´alignement du coin du mur de la dite chambre du dit côté du soleil levant avec les issues et quereux, tirant au devant la dite chambre et jardin contenant quatorze carreaux.

    Plus est demeuré au dit François Mariaud sept carreaux d´issue et quereux qui sont au bout des dits quatorze carreaux de la part du midi, tirant à la terre du cerisier rond ; sera fait par moitié entre les parties les murs de séparation qu´il conviendra faire au long des dits lieux aux fins de diviser et séparer (...)".

    Sont aussi partagées plusieurs vignes, vergnées, marais, etc.

  • Partage des biens de Pierre Chasteauneuf époux de Marguerite Sabourit, entre leurs enfants, le 3 avril 1796 (14 germinal an 4) (Archives départementales de la Charente-Maritime, 3E 70/577) :

    - 1er lot à Pierre-Louis Chasteauneuf, négociant demeurant à Cônac : la maison, cour, jardin, quéreux, issues et droits de servitude en dépendant, situés à Cônac avec les vignes des Tardoires, la pièce de bois taillis au-dessous, un petit morceau de terre au-dessous le jardin ; plus la borderie appelée les Justices et consistant en bâtiments, quéreux, issues, jardin, droits de servitude qui en dépendent et telle qu´en jouit actuellement la citoyenne Anne Roux veuve Vigniaud comme fermière, et que la cultivait Gabriel Bricou à titre de colon.

    - 2e lot à François Chavagné Boisse, apothicaire, époux de Marguerite Chasteauneuf, demeurant à Pons : la métairie des Mauvilains consistant en bien et bâtiments pour le maître, ceux du colon, quéreux, issues, jardin, servitudes, telle que les cultive actuellement le citoyen Pavye à titre de colon.

    - 3e lot à Pierre-Victor Chasteauneuf, propriétaire, demeurant à Terrefume : la métairie de Terrefume consistant en maison pour le maître, logement pour le colon, grange, étable à boeufs et autres droits de servitudes, quéreux, issues, jardin, chenevier, prés, vergnes, vignes, terres.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3E 2511. 1717, 3 septembre : partage de la métairie de Terrefume entre François et Jean Mariaud, devant Tillier, notaire à Pons.

  • A. D. Charente-Maritime. 3E 70/577. 1796, 3 avril (14 germinal an 4) : devant Héard, notaire, partage des biens de Pierre Chasteauneuf époux Sabourit.

  • A. D. Charente-Maritime. 3E 70/579. 1787, 31 mai et 1797, 28 juin (10 messidor an 5) : inventaire des meubles de la succession de Pierre Chasteauneuf époux Sabourit.

  • A. D. Charente-Maritime. L 998. 1795, 29 et 30 juin, 20 et 21 juillet : inventaire des biens immeubles de la succession de Pierre Chasteauneuf époux Sabourit.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 3326 à 3339. 1834-1970 : état de section et matrices cadastrales. A. D. Charente-Maritime. 3P 4916. 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

  • Informations fournies par M. Robert Eymery (Nice), descendant des propriétaires de Terrefume au 19e siècle.

Documents figurés
  • 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4916
Bibliographie
  • Site Internet : http://www.terriernet.com.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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