Logo ={0} - Retour à l'accueil

Ferme dite la Métairie de Haut

Dossier IA17044904 réalisé en 2012

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, étable, chai, mare, portail
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
AdresseCommune : Floirac
Adresse : 3 et 5 rue de la
Métairie de Haut
Cadastre : 1833 B 45 ; 2009 ZI 88

La métairie de Haut comprend des bâtiments de différentes époques. La partie droite du logis et l'extrémité gauche de l'ancienne étable qui le prolonge, présentent des éléments qui semblent dater des 16e et 17e siècles (petite baie chanfreinée à l'étage, vestiges d'ouvertures basses, en arc segmentaire). La partie centrale du logis comprend aussi des éléments de cette époque : les larges fenêtres, sans doute percées au 18e siècle, paraissent avoir été insérées dans un mur plus ancien, avec là aussi des traces d'ouvertures murées ou reprises (notamment au-dessus de la porte). A l'intérieur, dans l'axe de la porte, se trouvent les vestiges d'un ancien escalier du 17e ou du 18e siècle : il en reste l'emprunte des marches sur le mur, et le départ d'un arc en pierre de taille qui devait le soutenir. A l'intérieur également se trouve une cheminée engagée, caractéristique du 18e siècle. Enfin, la partie gauche du logis semble avoir été édifiée vers le milieu du 19e siècle. Parmi les dépendances, certaines parties semblent elles aussi dater d'avant la Révolution (ouvertures du chai à vin, baies chanfreinées...).

Dans la première moitié du 18e siècle, la métairie de Haut et la métairie de Bas, formant un seul domaine dit "le domaine de Féole", ont probablement appartenu à Louis de Vallée, seigneur de Monsanson, décédé en 1744, et à son épouse, Marguerite de la Laurencie, demeurant à Pons. Le domaine est en tout cas détenu plus tard par leur fille, Marguerite de Vallée de Monsanson. Décédée sans enfants, celle-ci transmet ses biens à ses neveux : Louis Charles Mossion de la Gonterie, époux de Marie Fradin, son frère, Charles Bénigne Mossion de la Gonterie, et leur cousin germain, Charles Thomas de Vallée, seigneur de Monsanson, époux de Louise Victoire Ancelin.

En 1791, Louis Charles Mossion de la Gonterie émigre avec son frère Charles Bénigne (qui meurt, sans enfants, à la Martinique en 1800). Son épouse, Marie Fradin est un temps emprisonnée, et ses biens sont confisqués. Le domaine de Féole n´est toutefois pas vendu comme bien national, et sa gestion est assurée par l´administration départementale qui le met en ferme en juillet 1800. En 1802, Marie Fradin, séparée de Louis Charles Mossion de la Gonterie, réclame que la métairie de Féole lui soit restituée, pour pouvoir subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. Ce n´est pourtant qu´après la chute de l´Empire que Louis Charles Mossion de la Gonterie, rentré d´immigration, obtient la restitution du domaine de Féole par arrêté ministériel du 29 avril 1817. Le 9 décembre suivant, une indemnité lui est même accordée pour les revenus perçus par l´Etat sur son domaine.

Sans attendre cette décision, dès le 26 septembre 1817, il commence à vendre son domaine de Féole à Jean Gorry (1758-1833), époux de Marie Egyptienne Pannetier, avocat, maire de Mortagne, et par ailleurs propriétaire du domaine de Font-Rémy, à Mortagne, et d'une autre ferme à Féole (6 rue des Acacias). C´est à Jean Gorry que la métairie de Haut appartient lorsque le cadastre de Floirac est établi, en 1833. Le plan cadastral montre les bâtiments de la métairie, disposés de la même manière qu'aujourd'hui. L'accès s'effectue alors soit par le nord, où une mare borde le chemin, soit par le sud, via un autre chemin qui, contrairement à aujourd'hui, traverse la métairie de Bas. Le plan mentionne aussi le puits qui se trouve toujours à l'entrée du domaine. La métairie est décrite de manière encore plus précise dans l´acte de partage des biens de Jean Gorry, établi le 7 février 1834 (voir en annexe).

Après Jean Gorry, la métairie de Haut passe à son gendre, Paul Gorry, juge de paix à Epargnes, puis en 1845 à Stanislas Ladhou et Joseph Furneau, et en 1860 à Alphonse Amédée Renou, ancien notaire, demeurant à Féole. Selon le cadastre, ce dernier fait aussitôt aménager un four à poterie (situé, selon la tradition orale, dans l'actuel chai à vin). Ce four aurait fonctionné grâce à une veine d'argile située au nord du domaine, près de la mare (qui existait toutefois auparavant, comme le montre le plan de 1833). Le four est finalement démoli en 1885. En 1888, la propriété est rachetée par Théodore Girardeau, négociant à Saint-Fort, puis passe à la veuve de Hyacinthe Girardeau, née Arnoux.

Peu après, la propriété est acquise par Théophile Seguinaud et son épouse, Charlotte Genet, puis elle passe en 1922 à Henri Drouet. En 1949, son fils Paul Drouet époux Meilland en hérite. Un pigeonnier de plan carré qui se trouvait près de l'entrée du domaine est démoli à la même époque. De nos jours, la métairie de Haut est toujours détenue par la famille Drouet.

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

La ferme comprend un logis, sur le côté ouest de la cour ; une étable et une écurie dans son prolongement nord, en partie transformées en logements pour les vendangeurs saisonniers ; et un ensemble de dépendances de plan en L, sur le côté est et nord de la cour. Ces dépendances sont composées ainsi, du sud au nord : un toit à porcs, une distillerie (avec un alambic des années 1970, signé de la Maison Chalvignac de Jarnac-Champagne), un chai à eau-de-vie et un chai à vin. Celui-ci se distingue par ses ouvertures en anse de panier, avec des traces d'anciennes ouvertures murées, en arc surbaissé ou en plein cintre.

La partie centrale du logis possède de larges ouvertures, réparties en deux travées. Chacune possède un linteau en arc segmentaire et un appui mouluré. Cette partie du logis est couronnée par une corniche. La partie gauche, en revanche, possède une génoise double. Sa façade présente quatre travées d'ouvertures. A son sommet, on remarque une cloche qui porte la signature du fondeur Porée. L'ensemble du logis comprend un rez-de-chaussée et un étage. La partie centrale possédait, sous l'ancien escalier, une petite cave qui a été comblée.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Étagessous-sol, 1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
Typologiesferme à bâtiments séparés
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Acte de partage des biens de Jean Gorry, le 7 février 1834 (Archives départementales de Charente-Maritime. 3E 98/83) :

    Le 7 février 1834, devant Magistel, notaire à Cozes, Marie Egyptienne Pannetier, veuve de Jean Gorry, demeurant à Font Rémy (Mortagne), fait donation des ses biens et de ceux de son défunt mari à ses enfants : Jean Louis Marie Gorry, son fils aîné, propriétaire, demeurant à Font-Rémy ; Rose Julie Marie Victoire Gorry, épouse de Paul Gorry, juge de paix du canton de Cozes, demeurant à Epargnes ; Marguerite Adelaïde Gorry, fille majeure ; Eustelle Zoë Gorry, épouse de Jean Jacques Pépin d´Escurac, propriétaire, demeurant à Talmont ; Marie-Justine Gorry épouse de Augustin Alexandre Vanderquan, percepteur, demeurant à Macqueville ; Marie Honorine Gorry, demeurant à Font Rémy ; Elisabeth Pélagie Gorry, épouse de Joseph Gérôme Lussac, demeurant à Verteuil, canton de Pauillac ; Julie Anastasie Gorry, demeurant à Font Rémy ; Jean Baptiste Gorry, propriétaire, demeurant à Saint-Jean-d´Angély ; et Julienne Agathe Gorry, mineure.

    La masse des biens, d´une valeur de 150.000 francs, comprend les domaines de Fiole et Font Rémy.

    Le premier lot est attribué à Marie-Jusine Gorry, épouse Vanderquan. Il comprend, "à Fiole, dans les bâtiments de Haut, la chambre au nord de la cuisine, celle au-dessus, le petit chai à bois et le grenier au-dessus, le toit à volailles et le grenier au-dessus, le chai à vin rouge et le grenier au-dessus ; ce premier corps de bâtiment s´étend du midi au nord ; plus le chai où est montée la chaudière ; plus dans le chai joignant le précédent mais qui a la direction du nord au midi, à prendre une longueur de douze mètres ; avec explication que le surplus de ce même chai formant une longueur de dix mètres et devant entrer dans la composition du second lot, sera séparé des douze mètres attribués à ce premier lot par un mur de refend édifié à frais communs entre les parties et dont l´épaisseur sera prise par moitié entre les deux lots.

    Il est convenu que la cour qui sépare la maison principale d´avec les granges et chais sera divisée en deux dans la direction du couchant au levant par une ligne droite qui partira du milieu du mur de refend séparatif de la chambre attribuée au premier lot, d´avec la cuisine attribuée au second lot, et se prolongera jusqu´à une borne qui touche immédiatement le jambage nord du portail du chai qui fait partie du second lot, de manière que le côté ord de cette cour appartiendra au premier lot et le côté midi au second lot".

    Sont également concernés un jardin, une vigne appelée les Arrachis, un bois appelé la Garenne, et une terre appelée la Perelle, situés derrière la maison, à l´ouest, avec mention d´une allée reliant la maison à la grande mare.

    Le premier lot comprend aussi (actuellement au 6 rue des Acacias, à Féole) la moitié d´une grange à prendre par le milieu du faitage au côté couchant, avec les issues de ce même côté couchant jusqu´au puits, lequel, avec ses timbres, sera commun entre les quatre lots possédant une partie du domaine de Féole ; "plus, au même village, les deux bâtiments se joignant et qui forment le côté couchant de la maison principale, ensemble les issues qui se trouvent au couchant des bâtiments alloués à ce lot et qui se prolongent jusqu´à l´escalier de Marquis".

    Le premier lot comprend par ailleurs diverses terres, "plus la plus belle paire de boeufs qui sont aux soins et à la garde du colon Loirit, plus la moitié du troupeau de moutons, au nombre de vingt et un, qui sont à la garde du même Loirit, plus la plus petite cuve qui se trouve dans le chai de Féole, plus le fouloire du même chai, plus deux cuves charretières dans le même chai et des meilleures, plus vingt et un tierçons, du nombre des médiocres, vingt tierçons des meilleurs, deux fûts de barriques, deux quarts et un autre plus petit quart, dans le même chai".

    Le second lot est attribué à Rose-Julie-Marie-Victoire Gorry épouse de Paul Gorry : "Dans le Haut des bâtiments, au bout midi d´iceux, premièrement la fournière, le hangar, la maison du métayer, la cuisine, l´emplacement où est l´escalier, ainsi que la chambre qui est au-dessus de la cuisine, le côté midi de la cour ; de l´autre côté de la cour, un petit toit à cochons, à la suite une petite grange à boeufs, une seconde grange attenant à la première, un petit chai à vin touchant la seconde grange, enfin les dix mètres restant du plus grand chai, attenant à celui où est montée la chaudière, et duquel on a distrait douze mètres qui ont été attribués au premier lot".

    "Plus au village de Féole, la moitié de la grange avec ses dépendances, à prendre par le milieu du faîtage et dans le levant, plus la fournière et la chambre de maison contigüe en regard de la chambre et au même lieu, avec les issues au levant jusqu´à la maison de Vrignaud ».

    "Plus la paire de boeufs du prix moyen qui sont aux soins et à la garde du colon Loirit, plus une autre paire de boeufs et du plus faible prix, aussi gardés par Loirit, plus la moitié restante du troupeau de moutons au nombre de vingt et un, à la garde du même Loirit ; plus la cuve sui se trouve dans le chai et sur la gauche en entrant, plus un des pressoirs, plus les deux plus mauvaises cuves charretières, plus vingt et un tierçons du nombre de quatre vingt quinze qui sont les moins bons, plus vingt tierçons du nombre de quatre vingt meilleurs, plus deux fûts de barrique, plus le grand tirevin, un entonnoir et un machecou, plus trois autres tierçons du nombre des quatre vingt quinze".

    Les troisième et quatrième lots se partagent la métairie de Bas. La maison est partagée en deux au niveau du corridor, ainsi que la cour.

    Du cinquième au dixième lots, les biens attribués constituent le domaine de Fontrémy.

    Les propriétaires partageants du domaine de Féole possèderont la chaudière avec tous ses apparaux en commun pendant deux ans. Même chose pour ceux du domaine de Fontrémy.

    Après le partage des bâtiments, les meubles sont listés et partagés, de même qu´une somme de 40.000 francs en numéraire.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E 90/164. 1817, 26 septembre : vente de biens à Floirac par Louis Charles Mossion de la Gonterie à Jean Gorry.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E 98/83. 1834, 7 février : partage des biens de Jean Gorry, devant Magistel, notaire à Cozes.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3 P 1569 à 1579, et 5251. 1833-1871 : plan cadastral de Floirac, tableau indicatif des propriétés foncières, état de section, matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. Q 287. 1802 : réclamation de Marie Fradin, épouse séparée de Louis Charles Mossion de la Gonterie, au sujet du domaine de Féole.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. Q 301. 1817 : restitution du domaine de Féole, à Floirac, à Louis Charles Mossion de la Gonterie.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.