Dossier d’œuvre architecture IA17044904 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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  • inventaire topographique, Estuaire de la Gironde
Ferme dite la Métairie de Haut
Auteur
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
  • Commune Floirac
  • Adresse 3 et 5 rue de la Métairie de Haut
  • Cadastre 1833 B 45  ; 2009 ZI 88
  • Dénominations
    ferme
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, jardin, étable, chai, mare, portail

La métairie de Haut comprend des bâtiments de différentes époques. La partie droite du logis et l'extrémité gauche de l'ancienne étable qui le prolonge, présentent des éléments qui semblent dater des 16e et 17e siècles (petite baie chanfreinée à l'étage, vestiges d'ouvertures basses, en arc segmentaire). La partie centrale du logis comprend aussi des éléments de cette époque : les larges fenêtres, sans doute percées au 18e siècle, paraissent avoir été insérées dans un mur plus ancien, avec là aussi des traces d'ouvertures murées ou reprises (notamment au-dessus de la porte). A l'intérieur, dans l'axe de la porte, se trouvent les vestiges d'un ancien escalier du 17e ou du 18e siècle : il en reste l'emprunte des marches sur le mur, et le départ d'un arc en pierre de taille qui devait le soutenir. A l'intérieur également se trouve une cheminée engagée, caractéristique du 18e siècle. Enfin, la partie gauche du logis semble avoir été édifiée vers le milieu du 19e siècle. Parmi les dépendances, certaines parties semblent elles aussi dater d'avant la Révolution (ouvertures du chai à vin, baies chanfreinées...).

Dans la première moitié du 18e siècle, la métairie de Haut et la métairie de Bas, formant un seul domaine dit "le domaine de Féole", ont probablement appartenu à Louis de Vallée, seigneur de Monsanson, décédé en 1744, et à son épouse, Marguerite de la Laurencie, demeurant à Pons. Le domaine est en tout cas détenu plus tard par leur fille, Marguerite de Vallée de Monsanson. Décédée sans enfants, celle-ci transmet ses biens à ses neveux : Louis Charles Mossion de la Gonterie, époux de Marie Fradin, son frère, Charles Bénigne Mossion de la Gonterie, et leur cousin germain, Charles Thomas de Vallée, seigneur de Monsanson, époux de Louise Victoire Ancelin.

En 1791, Louis Charles Mossion de la Gonterie émigre avec son frère Charles Bénigne (qui meurt, sans enfants, à la Martinique en 1800). Son épouse, Marie Fradin est un temps emprisonnée, et ses biens sont confisqués. Le domaine de Féole n´est toutefois pas vendu comme bien national, et sa gestion est assurée par l´administration départementale qui le met en ferme en juillet 1800. En 1802, Marie Fradin, séparée de Louis Charles Mossion de la Gonterie, réclame que la métairie de Féole lui soit restituée, pour pouvoir subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. Ce n´est pourtant qu´après la chute de l´Empire que Louis Charles Mossion de la Gonterie, rentré d´immigration, obtient la restitution du domaine de Féole par arrêté ministériel du 29 avril 1817. Le 9 décembre suivant, une indemnité lui est même accordée pour les revenus perçus par l´Etat sur son domaine.

Sans attendre cette décision, dès le 26 septembre 1817, il commence à vendre son domaine de Féole à Jean Gorry (1758-1833), époux de Marie Egyptienne Pannetier, avocat, maire de Mortagne, et par ailleurs propriétaire du domaine de Font-Rémy, à Mortagne, et d'une autre ferme à Féole (6 rue des Acacias). C´est à Jean Gorry que la métairie de Haut appartient lorsque le cadastre de Floirac est établi, en 1833. Le plan cadastral montre les bâtiments de la métairie, disposés de la même manière qu'aujourd'hui. L'accès s'effectue alors soit par le nord, où une mare borde le chemin, soit par le sud, via un autre chemin qui, contrairement à aujourd'hui, traverse la métairie de Bas. Le plan mentionne aussi le puits qui se trouve toujours à l'entrée du domaine. La métairie est décrite de manière encore plus précise dans l´acte de partage des biens de Jean Gorry, établi le 7 février 1834 (voir en annexe).

Après Jean Gorry, la métairie de Haut passe à son gendre, Paul Gorry, juge de paix à Epargnes, puis en 1845 à Stanislas Ladhou et Joseph Furneau, et en 1860 à Alphonse Amédée Renou, ancien notaire, demeurant à Féole. Selon le cadastre, ce dernier fait aussitôt aménager un four à poterie (situé, selon la tradition orale, dans l'actuel chai à vin). Ce four aurait fonctionné grâce à une veine d'argile située au nord du domaine, près de la mare (qui existait toutefois auparavant, comme le montre le plan de 1833). Le four est finalement démoli en 1885. En 1888, la propriété est rachetée par Théodore Girardeau, négociant à Saint-Fort, puis passe à la veuve de Hyacinthe Girardeau, née Arnoux.

Peu après, la propriété est acquise par Théophile Seguinaud et son épouse, Charlotte Genet, puis elle passe en 1922 à Henri Drouet. En 1949, son fils Paul Drouet époux Meilland en hérite. Un pigeonnier de plan carré qui se trouvait près de l'entrée du domaine est démoli à la même époque. De nos jours, la métairie de Haut est toujours détenue par la famille Drouet.

La ferme comprend un logis, sur le côté ouest de la cour ; une étable et une écurie dans son prolongement nord, en partie transformées en logements pour les vendangeurs saisonniers ; et un ensemble de dépendances de plan en L, sur le côté est et nord de la cour. Ces dépendances sont composées ainsi, du sud au nord : un toit à porcs, une distillerie (avec un alambic des années 1970, signé de la Maison Chalvignac de Jarnac-Champagne), un chai à eau-de-vie et un chai à vin. Celui-ci se distingue par ses ouvertures en anse de panier, avec des traces d'anciennes ouvertures murées, en arc surbaissé ou en plein cintre.

La partie centrale du logis possède de larges ouvertures, réparties en deux travées. Chacune possède un linteau en arc segmentaire et un appui mouluré. Cette partie du logis est couronnée par une corniche. La partie gauche, en revanche, possède une génoise double. Sa façade présente quatre travées d'ouvertures. A son sommet, on remarque une cloche qui porte la signature du fondeur Porée. L'ensemble du logis comprend un rez-de-chaussée et un étage. La partie centrale possédait, sous l'ancien escalier, une petite cave qui a été comblée.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • moellon
    • pierre de taille
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Typologies
    ferme à bâtiments séparés
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Plan cadastral de Floirac, 1833.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5251
  • Site internet de l'inventaire de Poitou-Charentes.

Documents d'archives

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E 90/164. 1817, 26 septembre : vente de biens à Floirac par Louis Charles Mossion de la Gonterie à Jean Gorry.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E 98/83. 1834, 7 février : partage des biens de Jean Gorry, devant Magistel, notaire à Cozes.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3 P 1569 à 1579, et 5251. 1833-1871 : plan cadastral de Floirac, tableau indicatif des propriétés foncières, état de section, matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. Q 287. 1802 : réclamation de Marie Fradin, épouse séparée de Louis Charles Mossion de la Gonterie, au sujet du domaine de Féole.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. Q 301. 1817 : restitution du domaine de Féole, à Floirac, à Louis Charles Mossion de la Gonterie.

Annexes

  • Annexe n°1
Date d'enquête 2012 ; Date(s) de rédaction 2012
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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