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Ferme dite Chez-Motard, actuellement maison

Dossier IA17043905 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, puits, fournil, remise, logement, chai, pigeonnier, toit à porcs, grange, étable
Dénominationsferme, maison
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Dizant-du-Gua
Adresse : route de
Port-Maubert
Cadastre : 1832 E 1812 à 1821 ; 2009 AR 478

Chez-Motard est mentionné pour la première fois en mai 1740 : le domaine appartient alors à Jean Martin, sieur de Beauregard, avocat, qui vient de faire un don à l'église de Saint-Dizant pour l'achat d'ornements, avant de mourir et d'être inhumé à Semoussac. Au début du 19e siècle, le domaine est la propriété de Mathieu Tamizey-Lagrave. Né en 1755 à Nogaret (Lot-et-Garonne), lieutenant de cavalerie puis officier de gendarmerie, il est un temps maire de Saint-Dizant-du-Gua. Il acquiert sous la Révolution le presbytère, saisi comme bien national, puis le revend en 1803 à la Commune. A cette date, il demeure au bourg. Il s'installe ensuite Chez-Motard, propriété qui lui vient de son épouse, Marie-Thérèse Feyteau, elle-même héritière de son père, Pierre Feyteau. En 1822, Marie-Thérèse Feyteau, qui demeure à Gontaud, dans le Lot-et-Garonne, donne une partie de Chez-Motard à son fils, Mathieu Tamizey. Ce dernier possède désormais la partie ouest de la propriété (le logis, ses dépendances et la grange au sud), tandis que son père, Mathieu Tamizey-Lagrave détient la partie est (dont le fournil). En 1827, Mathieu Tamizey fils épouse sa gouvernante, Marie Gautier, fille d'un maçon lui-aussi originaire du Lot-et-Garonne, et dont il a déjà eu un fils naturel, Pierre Gautier. L'année suivante, 1828, son père fait construire le logement situé à l'est de la propriété, avec escalier extérieur (la date 1828 est inscrite au-dessus de la porte).

Mathieu Tamizey fils meurt dès le 26 juillet 1828 (un inventaire de ses biens est dressé le 17 mars 1835). Sur le cadastre de 1832, sa veuve Marie Gautier, qui a donné naissance en 1829 à un fils posthume, Alexandre, possède toujours la partie ouest du domaine, tandis que son beau-père détient la partie est. Le plan cadastral de cette époque montre la répartition des bâtiments dont l'emplacement a été repris en grande partie par les bâtiments actuels. Parmi ces bâtiments, on remarque le fournil, au nord-est, qui doit comprendre des éléments antérieurs à la Révolution. Entre le fournil et le logement ancien avec escalier extérieur, il existait une maison, aujourd'hui disparue.

Après la mort de Mathieu Tamizey-Lagrave, survenue Chez-Motard le 5 avril 1837, puis de son épouse Marie-Thérèse Feyteau, en 1842, à Saint-Pierre-de-Nogaret (Lot-et-Garonne), leurs deux petits-fils, Pierre Gautier et Alexandre Tamizey se partagent Chez-Motard en 1853. Pierre Gautier obtient la partie ouest du domaine et du logis, Alexandre Tamizey la partie est. Pendant quatre-vingts ans, les deux branches de la famille vivent côte-à-côte, chacune dans sa partie du domaine. Les Tamizey et les Gautier font reconstruire le logis ainsi que la plupart des dépendances, en particulier le chai et la dsitillerie. En 1924, Elisabeth Gautier, veuve Fortain, héritière de Pierre Gautier, vend sa part à Maxime Joyeux (1882-1946) époux Poirier, petit-fils par alliance d'Alexandre Tamizey, et qui réunifie ainsi la propriété. Celle-ci est encore aujourd'hui détenue par ses descendants.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1828, porte la date
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Cette ancienne ferme comprend un logis, un chai dans son prolongement ouest, un pigeonnier juste après, des toits à cochons et une ancienne distillerie au sud-ouest, une grange-étable au sud, un ancien logement de domestiques à l'est, et un fournil au nord-est. Le logis est couvert d'un toit à longs pans, avec une croupe sur le côté ouest uniquement, qui englobe le chai. La façade du logis, orientée au nord-est, présente cinq travées d'ouvertures, réparties de manière ordonnancée. Les petites baies du comble et les trois ouvertures à droite au rez-de-chaussée ont un linteau en arc segmentaire. L'enduit de la façade forme un décor autour des linteaux des ouvertures. La façade sud-ouest, couronnée par une corniche, possède sept travées d'ouvertures. A l'intérieur du logis, on observe deux cheminées à hotte moulurée et dont le trumeau est occupé par un miroir surmonté d'une toile, dans un cadre doré.

Le chai est entièrement construit en pierre de taille. Côté sud, il ouvre par une grande porte charretière en anse de panier, partiellement murée, avec linteau à claveaux, et par une fenêtre de décharge en arc surbaissé et qui a été murée. Le pigeonnier est de plan carré, avec un débordement de toit et deux boulins ou trous à pigeons au sommet de la façade en pignon. L'ancienne distillerie est en pierre de taille, sous un toit avec une croupe et une corniche sur le côté sud-ouest. La grange-étable est un vaste bâtiment avec façade sur le mur pignon.

L'ancien logement de domestiques situé à l'est est couvert d'un toit à longs pans, souligné sur les deux murs gouttereaux par une génoise double. Construit en moellons, le bâtiment comprend un étage accessible par un escalier extérieur en pierre de taille, abrité par un auvent. Sur le mur de l'escalier, on remarque une ancienne ouverture en plein cintre.

Le fournil situé au nord-est de l'ensemble, près de l'entrée de la propriété, est composé d'un rez-de-chaussée et d'un grenier dans le mur sud duquel prennent place deux paires de boulins ou trous à pigeons, réunis par des moulurations. A l'intérieur, on observe, côte-à-côte, un four à pain et, plus petit, un four à viande.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Étagesen rez-de-chaussée, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
Typologiesferme à bâtiments séparés
Techniquespeinture
Représentationsscène galante paysage vigne fleur ruban putto
Précision représentations

Les deux cheminées à l'intérieur du logis sont ornées, sur la hotte, de motifs sculptés qui entourent le miroir et le tableau placés sur le trumeau. Pour l'une des deux cheminées, la hotte est décorée, sur les côtés, de branches de vigne. Au sommet se trouve une tête d'homme inscrite dans un cuir découpé, au milieu d'enroulements végétaux et de bouquets de fleurs (marguerites, roses, arhums), le tout couronné par une corniche. La peinture du trumeau représente une scène galante : dans un paysage de bord de mer, une femme assise enlasse un homme étendu à ses pieds.

Pour la seconde cheminée, la hotte, surmontée d'un fronton en arc segmentaire, est ornée au sommet de branches de vigne enrubannées, et sur les côtés d'une frise alliant des cuirs découpés, des entrelacs végétaux et des putti. Le fronton présente une couronne de laurier enrubannée, encerclant une fleur. La peinture représente un couple de mariés, agenouillés devant un Dominicain qui les bénit ; la scène se déroule devant un rocher et un arbre dans lequel s'élève une croix, sur un fond de mer et de nuages.

Sur le linteau de la porte de l'ancien logement, dans un cartouche, on lit : "1828 A".

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Inventaire après décès des biens de Mathieu Tamizey fils époux Gautier, 17 mars 1835 (Archives départementales de Charente-Maritime, 3E 30/390) :

    L'inventaire a lieu à la requête de Marie Gautier veuve Tamizey, pour elle et comme tutrice de Pierre Gautier son fils naturel, reconnu par le défunt, et d´Alexandre Tamisey, fils légitime du défunt et d´elle. L´inventaire se déroule dans les lieux suivants (soir la partie ouest de la propriété) :

    - une chambre au rez-de-chaussée, éclairée par deux ouvertures au midi et dépendant de la maison de Chez-Motard, et dans laquelle le défunt est décédé ;

    - un chai placé au nord de la chambre et ouvrant sur le corridor ;

    - une chambre non habitée placée au levant du corridor et ayant deux ouvertures au midi ;

    - une grange à bétail et à fourrages située au midi de la maison et à l´extrémité de la cour ;

    - une autre grange contigue à la précédente et au couchant de celle-ci ;

    - une petite écurie située au levant de la maison ;

    - un parc à brebis situé dans la cour au midi de la maison ;

    - un grenier placé au-dessus des chambres de la maison.

  • Testament de Mathieu Tamizey-Lagrave, 10 décembre 1835 (Archives départementales de Charente-Maritime, 3E 30/331) :

    Mathieu Tamizey-Lagrave, ancien officier de gendarmerie, demeurant Chez-Motard, lègue à son épouse, Marie-Thérèse Feyteau, la moitié en jouissance de ses biens, dont sa maison d´habitation de Chez-Motard en entier, le jardin et le verger situés à Saint-Pierre-de-Nogaret, etc, ainsi que l´usufruit de ses meubles. Il lègue à Pierre Gautier, fils naturel de Marie Gautier, l´autre portion disponible de ses biens, dont la maison que le testateur habite en ce moment, avec le jardin et la fournière qui y est bâtie, plus la maison et grange qui sont au devant de la précédente (soir la partie est de Chez-Motard). Ses autres biens iront à sa fille Joséphine Tamizey et à son petit-fils Alexandre Tamizey.

  • Partage de Chez-Motard entre Alexandre Tamizey et Pierre Gaurier, 12 avril 1853 (Archives privées) :

    Sont présents : Alexandre Tamizey, propriétaire demeurant Chez-Motard, comme héritier de Mathieu Tamizey son père, décédé en 1828, de Mathieu Tamizey-Lagrave son grand-père, décédé en 1837, et de Marie-Thérèse Feyteau veuve Tamizey, sa grand-mère, décédée à Saint-Pierre-de-Nogaret en 1842 ;

    et Pierre-Henry Gautier, propriétaire demeurant aussi Chez-Motard, légataire de Mathieu Tamizey fils suivant son testament olographe des 11 et 27 novembre 1825, déposé en l´étude de Maître Rainguet, notaire à Saint-Fort-sur-Gironde, le 28 juillet 1828 ; également légataire de Mathieu Tamizey père selon son testament public passé devant Maître Moufflet, notaire à Saint-Fort-sur-Gironde, le 10 décembre 1835 ; et enfin légataire de Mme Feyteau selon son testament déposé le 16 mai 1842 devant Maître Massias, notaire à Gontaud (Lot-et-Garonne). Pierre-Henry Gautier est le fils naturel de Marie Gautier qui était la gouvernante de Mathieu Tamizey avant de devenir son épouse. Après son veuvage, celle-ci s´est remariée avec François Couillandeau et demeure désormais aux Beaupins. Elle renonce à l´usufruit dont elle disposait sur les biens de son défunt mari Tamizey.

    Alexandre Tamizey reçoit "un corps de bâtiments composé de deux chambres à coucher ayant ouverture au sud, d´une cuisine ayant ouverture au nord, d´un grand corridor que les longe et leur sert d´accès, le tout au rez-de-chaussée avec grenier au-dessus ; d´une grange et la grange des vaches, de deux chais et un hangar", avec aussi un puits, un jardin fruitier et un fournil qui sera commun avec M. Gautier ; ces biens sont situés Chez-Motard et confrontent du nord à la route, de l´ouest à la part de M. Gautier, du sud à une cour commune avec ce dernier, et de l´est à M. Morandière. Tamizey reçoit aussi la moitié de la grande grange à boeufs et à fourrage, à prendre du côté est.

    Pierre-Henry Gautier obtient "un corps de bâtiments composé de deux chambres de maître au rez-de-chaussée, d´une chambre de colon, d´un ancien fournil, de deux toits à brebis et à cochons", confrontant du levant à la portion attribuée à Alexandre Tamizey ; plus l´autre moitié de la grande grange à boeufs et à fourrages, à prendre du côté couchant.

    Les partageants gardent en indivision une maison située au bourg, actuellement occupée par Bernard, boulanger, et qui sera vendue.

    La partition du logis de Chez-Motard se fera par obstruction de portes donnant du corridor de Tamizey dans les chambres de Gautier, et par surélévation d´un mur dans les greniers. Dans un pré se trouve un pigeonnier qui sera commun mais son rez-de-chaussée sera divisé en deux volières. La grange sera divisée en deux par un mur au niveau du faîtage. Le fournil construit dans le jardin fruitier de M. Tamizey sera commun, ainsi que le puits et les mares.

    L´acte est dressé sur la commune de Saint-Thomas-de-Cônac, dans une pièce de terre labourable, nommée la pièce des Aubraies, appartenant au sieur Delage et située entre les villages de Fontclair et de Saint-Nicolas.

  • Vente de la partie ouest de Chez-Motard par Elisabeth Gautier veuve Fortain à Maxime Joyeux époux Poirier, 2 novembre 1924 (Archives privées) :

    Elisabeth Gautier veuve d´Armand Fortain, demeurant autrefois à Saint-Dizant-du-Gua et désormais à Pons, vend à Maxime Joyeux et Marie-Thérèse Poirier son épouse, propriétaires Chez-Motard, un corps de bâtiments situé Chez-Motard, "comprenant maison d´habitation, chai, écurie, brûlerie, toits, buandrie, jardin, pré au nord, quéreux, issues et chemin d´exploitation", le tout confrontant du levant à l´acquéreur. Ces biens correspondent aux parcelles 1816 à 1822 du cadastre. La vente concerne aussi une cuve dite tonneau, des pressoirs, un treuil, une pompe, un moulin à fouler.

    Mme Fortain en a hérité de son père, Pierre Gauthier et de sa mère Toinette Vigier, selon partage du 26 février 1909 passé devant Maître Gaspard de Vitier, notaire à Saint-Fort-sur-Gironde.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3E 30/331. 1835, 10 décembre : testament de Mathieu Tamizey-Lagrave.

  • A. D. Charente-Maritime. 3E 30/390. 1835, 17 mars : inventaire après décès des biens de Mathieu Tamizey fils, époux Gautier.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 3326 à 3339. 1834-1970 : état de section et matrices cadastrales. A. D. Charente-Maritime. 3P 4916. 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

  • A. D. Lot-et-Garonne. 3E 616/34. 1822, 13 mai : donation par Marie-Thérèse Feytaud épouse Tamisey à ses enfants, devant Massias, notaire à Gontaud.

  • A. M. Saint-Dizant-du-Gua. Recueil de documents sur l'histoire de Saint-Dizant-du-Gua, notamment des extraits des registres paroissiaux, par Jacques Dufour.

  • Archives privées. 1853, 12 avril : partage de Chez-Motard entre Alexandre Tamizey et Pierre Gautier, devant maître Coudret, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac.

  • Archives privées. 1924, 2 novembre : vente de la partie ouest de Chez-Motard par Elisabeth Gautier veuve d'Armand Fortain à Maxime Joyeux époux de Marie-Thérèse Poirier, devant Henri Simon, notaire à Saint-Fort-sur-Gironde.

Documents figurés
  • 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4916
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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