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Féculerie de la Creuse, puis Fonderie Odelin, Nattey et Bourdon, puis Cap-Robin, puis Fonderie du Fumiste, puis Fonderies Fraisse

Dossier IA23000560 réalisé en 2009

Fiche

Précision dénominationfonderie de fonte
fonderie d'aluminium
AppellationsFéculerie de la Creuse, puis Fonderie Odelin, Nattey et Bourdon, puis Cap-Robin, puis Fonderie du Fumiste, puis Fonderies Fraisse
Parties constituantes non étudiéesaire des déchets, aire des produits manufacturés, atelier de conditionnement, atelier de fabrication, bureau, entrepôt industriel, laboratoire, transformateur, vestiaire d'usine, logement de contremaître, entrepôt industriel, magasin industriel
Dénominationsféculerie, fonderie
Aire d'étude et cantonAubusson - Aubusson
AdresseCommune : Aubusson
Adresse : 37 rue de
Beauze
Cadastre : 2007 AI 31, 59

En 1892, Honoré Martinon, député et propriétaire du château de Blessac (Creuse), Pierre de Maigeon, Léonard Semblat, négociant, Simon Issertine, agriculteur, Hippolyte Dumont, Auguste Couturier et Jean Joseph Félix Deplagne, comptable, s´associent pour exploiter une féculerie créée sous la forme d´une société anonyme baptisée Féculerie de la Creuse. L´usine est construite dans le dernier quart du 19e siècle sur un terrain traversé par la Beauze et appartenant à M. Dayras. Selon les cartes postales éditées au début du 20e siècle, l´établissement comprend des ateliers de fabrication, des bureaux et un logement de contremaître édifiés sur un plan en U, en moellons de granite enduits, sous des toits à longs pans et à croupes couverts d´ardoise, ainsi qu´une haute cheminée en brique. En 1920, l´usine est rachetée par trois actionnaires, Odelin, Nattey et Bourdon et reconvertie en fonderie de fonte de seconde fusion. Elle est ensuite exploitée par la société Cap-Robin, qui est déclarée en liquidation judiciaire en 1935.

En 1936, M. Wallet acquiert l´usine, qui prend la raison sociale de Fonderie du Fumiste. L´entreprise se spécialise dans la fabrication de pièces pour machines agricoles et appareils de chauffage. En 1944, durant la Seconde Guerre Mondiale, elle constitue la cible manquée d´une bombe incendiaire allemande, qui touchera finalement par erreur l´usine de tapis Sallandrouze Frères (voir notice IA23000545). En 1958, l´établissement est classé par la Chambre de Commerce et d´Industrie de la Creuse dans la catégorie des fonderies d´alliages légers d´aluminium, avec pour nouvelle raison sociale Wallet et Cie. Il produit principalement des pièces moulées à destination de fabricants de machines à laver et d´appareils électroménagers. Cette orientation explique vraisemblablement la fusion de l´entreprise, en juillet 1962, avec la Société d´Appareils Ménagers et Alimentation (Sama) voisine, située dans le même quartier (voir notice IA23000562). En septembre 1962, soit quelques mois plus tard, la fonderie est pourtant cédée à l´entreprise Fraisse. Le site s´agrandit, avec la construction, au sud de la rue de Beauze, de nouveaux bâtiments : des bureaux, des magasins industriels, des ateliers de fabrication (moulage, ébarbage), un atelier de réparation des machines, un entrepôt de stockage du métal, des vestiaires, un atelier de conditionnement, une station d´air comprimé et un transformateur. Toutes ces installations sont reliées par un passage souterrain ménagé sous la rue de Beauze aux anciens ateliers. Ces derniers sont profondément remaniés (rehaussement d´un niveau, modification des ouvertures, restructuration intérieure). La cheminée d´usine est démontée. Le logement du contremaître est reconverti en espaces de stockage (outillage, châssis et modèles). Un nouvel entrepôt de stockage des matières premières (lingots d´aluminium) est édifié sous sheds, au nord. A l´ouest du site, le bief de dérivation ménagé sur la rive droite de la Beauze (dont l´eau était utilisée dans l´étape d´humidification du sable servant à réaliser les moulages) est partiellement bouché, afin de créer une passerelle permettant l´accès à l´usine Sama. Le bâtiment des bureaux a été surélevé dans les années 1990.

Aujourd´hui, les fonderies Fraisse travaillent toujours la fonte d´alliages légers d´aluminium. Elles réalisent des pièces moulées, produites à l´unité ou en grandes séries, encore principalement à destination des fabricants d´appareil électroménager (15 à 20 % du chiffre d´affaires) ou de carters de tondeuses. Les pièces sont obtenues par coulée du métal en fusion dans des moules en sable destructibles ou des coquilles métalliques, par gravité ou à basse pression. L´ensemble des travaux de finition, ébarbage, grenaillage peut y être effectué à la demande. L´aluminium est acheté directement auprès de fournisseurs tels que Péchinet.

En 1966, l´usine employait 70 salariés ; elle en comptait 50 en 1976.

Aujourd´hui, l´entreprise emploie 40 personnes, pour une production de 25 à 35 tonnes par mois.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates1962, daté par source

L´usine est implantée de part et d´autre de la rue de Beauze. Au sud de cette voie se trouve le bâtiment abritant les bureaux de l´entreprise. De plan rectangulaire régulier, construit en béton enduit et couvert en zinc, il présente un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré et se démarque par ses bandeaux de baies jumelées à appui saillant. A l´arrière s´étendent divers ateliers (entretien des machines, travail de finition, moulage, laboratoire de contrôle, conditionnement des produits), des vestiaires d´usine et des entrepôts, regroupés autour d´une cour et tous en rez-de-chaussée, couverts en tôle ondulée ou en tuile plate. Au nord de la rue de Beauze, le bâtiment abritant le local de sciage, bien que très remanié, a conservé, en façade est, sa maçonnerie en moellons de granite, ses chaînages d´angle en pierre de taille et quelques unes de ses ouvertures cintrées. Il est couvert d´un toit à croupes recouvert d´ardoise. L´atelier de moulage situé dans son prolongement présente la trace manifeste d´une surélévation. L´entrepôt de stockage des matières premières qui lui est accolé, au nord, est construit en béton sous des sheds couverts de plaques de fibres-ciment et de verre. Le logement du contremaître, à l´ouest, en rez-de-chaussée, est bâti en moellons de granite enduits et couvert d´ardoise. Il se distingue par les encadrements en brique (aujourd´hui enduite) de ses baies et les pilastres qui animent sa façade.

Mursbéton
granite
brique
enduit
moellon
Toitzinc en couverture, tôle ondulée, tuile plate, ardoise, verre en couverture, ciment en couverture
Plansplan rectangulaire régulier
Étages1 étage carré
Couvrementscharpente métallique apparente
Couverturestoit à longs pans
shed
croupe
Statut de la propriétépropriété privée
Sites de protectionZone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager

Annexes

  • Rapport du commissaire de police d'Aubusson au sous-préfet d'Aubusson, le 9 mars 1937

    Rapport du commissaire de police d'Aubusson au sous-préfet d'Aubusson, le 9 mars 1937, à propos de la situation des entreprises économiques de la ville :

    (..) "4° Fonderie. Enfin les ateliers de la fonderie viennent de rouvrir leurs portes. Le 15 décembre 1935, la société Cap-Robin fut déclarée en liquidation judiciaire et l'usine d'Aubusson fut fermée. Le 30 décembre 1936, cette usine a été achetée par M. Wallet, son ancien directeur.

    M. Wallet travaille actuellement à l'organisation de cette affaire et veut modifier son genre de production. Il fabriquera exclusivement des pièces de chauffage et des pièces de machines agricoles.

    Pour la vente des pièces de chauffage, il fera visiter la France entière par quatre voyageurs ; en ce qui concerne les pièces de machines agricoles, il travaillera seulement pour la Creuse et les départements limitrophes.

    N'ayant pas acheté le nom commercial de la société Cap-Robin, M. Wallet a dénommé son usine : "La Fonderie du Fumiste".

    Il travaille actuellement avec six ouvriers et compte effectuer quelques expéditions en mars. Les ouvriers travaillent 40 heures par semaine. Quand l'affaire sera lancée, sous trois mois environ, M. Wallet compte employer 10 à 20 ouvriers et sous un an, peut-être pourra t-il embaucher les 45 fondeurs et mouleurs que la fermeture de la Fonderie Cap-Robin avait réduit au chômage. M. Wallet a bon espoir dans la réussite de son entreprise".

    [AD Creuse. 9 M 26. Tapisseries d'Aubusson. Affaires diverses, 1936-1937].

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Creuse. Série W ; 1178 W : 22. Chambre de commerce et d´industrie, état du département de la Creuse (1950-1985).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 1178 W : 22
  • AD Creuse. Série W ; 78 W : 91. DITO-SAMA (Aubusson), comptes et bilans [s. d.].

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 78 W : 91
  • AD Creuse. Série W ; 1178 W : 16. Chambre de commerce et d´industrie de la Creuse, enquête sur les industries (1970-1980).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 1178 W : 16
  • AD Creuse. Série W ; 1178 W : 25. Chambre de commerce et d'industrie de la Creuse - liste et caractéristiques des entreprises de plus de dix salariés (1960-1990).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 1178 W : 25
  • AD Creuse. Série U ; 4 U 2 : 115. Sociétés, constitution, modification, dissolution : statuts (1870-1922).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 4 U 2 : 115
  • AD Creuse. Série M ; 9 M : 26. Tapisseries d'Aubusson, affaires diverses (1930-1937).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 9 M : 26
  • AD Creuse. Série M ; M 102 (ancienne cotation : série Z ; 1 Z : 117). Dossiers d'établissements industriels aubussonnais (1920-1940). Fonderie Odelin, Nattey, Bourdon : demande et autorisation d'installation (1920).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : M 102 (ancienne cotation : Z ; 1 Z : 117)
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Ville d'Aubusson - Philippe Emmanuelle
Philippe Emmanuelle

Chercheur Inventaire, SRI Limousin de 2009-2012


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