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Église paroissiale Saint-Pierre

Ensemble du maître-autel (autel, 2 gradins, tabernacle)

Dossier IM40007247 réalisé en 2018

Fiche

Dénominationsautel, gradin d'autel, tabernacle
Aire d'étude et cantonTartas ouest
AdresseCommune : Beylongue
Emplacement dans l'édificechœur occidental

Comme l'indique une entrée du registre paroissial de Beylongue rédigée par le curé Amédée Moncade, cet autel fut acheté en 1888, pour la somme de 300 francs, à la paroisse de Pontonx (aujourd’hui Pontonx-sur-l'Adour), dans le même canton de Tartas ouest. Celle-ci venait en effet de reconstruire son église et d'en renouveler entièrement le mobilier en style néogothique (son nouvel autel était l'œuvre du sculpteur montois Louis Saint-Lannes). L'ancien autel, selon la monographie paroissiale de Pontonx par l'abbé Lucien Lajus (1889), avait été acquis grâce au produit d'un legs fait par "M. Nogaro" à la fabrique. Le registre des dons et legs de Pontonx précise que Célestin Nogaro testa en 1855 et mourut l'année suivante, ce qui permet de dater l'autel de 1856 environ.

L'autel, installé à Beylongue "dans les premiers jours de juillet" (1888) et inauguré le 8, fête du Sacré-Cœur, venait y remplacer un meuble ancien - avec tombeau galbé, tabernacle à quatre colonnes, fronton orné d'un Saint-Esprit en gloire, ailes à trophées liturgiques et vases décoratifs - que la fabrique avait fait redorer en 1858 par le doreur Miquau de Mont-de-Marsan. Le devenir de ce meuble après 1888 n'est pas connu.

L'autel ici étudié présente de nombreuses ressemblances avec des meubles fournis dans les années 1840-1850 par la maison bordelaise Doumeret et Daux, qui possédait une succursale à Dax, non loin de Beylongue. Le tombeau, par exemple, est identique à celui de l'autel du Sacré-Cœur en l'église Sainte-Catherine de Montaut, daté de 1856 (l'année-même de l'achat probable du meuble de Pontonx/Beylongue). La présence dans l'église d'Anglade, en Gironde, d'un maître-autel à la composition et au décor quasi identiques (on y retrouve le même rosier dans le tympan du tabernacle) semble corroborer l'hypothèse de la provenance bordelaise du meuble.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1856, daté par source
Lieu d'exécutionCommune : Bordeaux
Auteur(s)Auteur : Daux
Daux

Maison Doumeret et Daux, fabricants de mobilier religieux à Bordeaux (2, rue de l'Archevêché) de la Restauration au Second Empire. Dans les années 1850, le fils Daux dirigeait une succursale à Dax (rue des Carmes).


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fabricant de mobilier religieux (?), attribution par analyse stylistique
Auteur : Doumeret
Doumeret

Maison Doumeret et Daux, fabricants de mobilier religieux à Bordeaux (2, rue de l'Archevêché) de la Restauration au Second Empire.


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fabricant de mobilier religieux (?), attribution par analyse stylistique

Ensemble homogène de style néoclassique avec réminiscences rocaille (galbe de l'autel, ailerons du tabernacle, détails ornementaux), en chêne et bois résineux (pin ou sapin) pour la structure du revers. Degré d'autel en chêne ciré à deux marches (angles antérieurs adoucis en quart-de-rond) et plate-forme parquetée en point de Hongrie. Autel-tombeau de plan rectangulaire et d'élévation galbée en talon droit, avec table au profil en doucine droite, dessus en deux planches de pin. Deux gradins droits superposés, encastrant le soubassement en saillie de l'armoire eucharistique. Tabernacle : armoire eucharistique parallélépipédique, à façade évoquant un temple classique, flanquée de deux paires de colonnes corinthiennes jumelées soutenant un entablement surmonté d'un fronton cintré à oreilles ; entre les colonnes, une double arcade sur colonnettes corinthiennes de taille dégressive, encadrant une porte en plein cintre, dorée, à décor de stuc ; de part et d'autre de l'armoire, des ailes de même hauteur, à panneaux chantournés de style rocaille, calées par des ailerons en volute ; au-dessus de l'armoire, un dais d'exposition composé d'un premier niveau à colonnes jumelées sur stylobate, portant un entablement droit à ressauts et surmonté d'un couronnement à quatre volutes, dôme et crucifix sommital. Un socle en bois doré à la mixtion (actuellement déposé), au profil galbé en doucine renversée, pourvu d'une mortaise au sommet, était probablement placé sur la plate-forme de l'exposition et servait de base à une croix d'autel encastrée (peut-être le crucifix actuellement au sommet du dais de l'exposition).

Les éléments décoratifs en relief, entièrement rapportés, sont en stuc ou plâtre moulé et doré, à l'exception de l'Agneau de l'autel, du Pélican de la porte du tabernacle, des deux Vertus des ailes et du bouquet de roses du tympan de l'armoire, en bois sculpté et doré. La structure du tombeau, du massif postérieur et du tabernacle est peinte en blanc crème ; la plinthe de l'autel, les deux gradins et les colonnettes du tabernacle sont peints en faux marbre de Campan grand mélange (vert, rouge et blanc) ; les panneaux de la face et des côtés du tombeau, le soubassement et la frise de l'entablement du tabernacle, les panneaux latéraux de l'armoire eucharistique et les piédestaux des colonnettes en fausse brèche d'Alep. La totalité des moulures et filets, les chapiteaux et bases des colonnettes, les ailerons et les panneaux d'amortissement des ailes du tabernacle, tous les éléments décoratifs rapportés et le dais d'exposition dans son ensemble (à l'exception du crucifix) sont dorés (originellement à la mixtion, actuellement à la peinture faux or).

Catégoriesmenuiserie, sculpture, gypserie
Structuresplan, rectangulaire élévation, galbé, droit colonne, 20
Matériauxchêne, mouluré, décor en relief, décor rapporté, peint, faux marbre, peint faux or
stuc, décor moulé, peint, faux marbre, peint faux or
Mesuresh : 450.0 (hauteur totale approximative)
la : 296.0
Précision dimensions

Autel : h = 98 ; la = 239,5 ; pr = 59. Gradin inférieur : h = 18,5 ; la = 296. Gradin supérieur : h = 14. Tabernacle (armoire eucharistique) : h = 115 (146 avec le soubassement) ; la = 87,5 ; pr = 49. Ailes du tabernacle : h = 90 (à la corniche) ; h = 135 (avec le panneau d'amortissement). Exposition : h = 200 environ. Support déposé de la croix d'autel (?) : h = 30 ; la = 27 ; pr = 18.

IconographiesAgneau mystique, Pélican mystique, Charité, Foi, Christ en croix, Coeur Sacré de Jésus, Coeur Sacré de Marie, trophée liturgique
ornementation, angelot, aileron, ordre corinthien, cartouche, bouquet, rose, motif rocaille
Précision représentations

Décor en relief rapporté et doré (stuc et bois) : Agneau mystique couché sur le livre aux sept sceaux dans une gloire sur la face du tombeau d'autel ; grandes palmes ou acanthes stylisées à enroulements aux angles antérieurs du tombeau ; bouquets de roses et de liserons noués par des rubans plissés sur les deux gradins ; grand cartouche ovale à motif de fasces et encadrement de cuirs et volutes, flanqué de chutes de fruits (pommes, prunes, nèfles) et de feuilles de chêne avec glands, sur le ressaut central des gradins ; Pélican mystique sur la porte du tabernacle ; cœur sacré de Jésus dans une gloire posée sur un cartouche à cuirs, dans le tympan au-dessus de la porte, surmonté d'un grand motif rocaille à palmettes et perles, lui-même couronné d'un grand bouquet de roses en ronde bosse avec ruban plissé flottant ; trophées liturgiques (mitre, crosse, encensoir, flambeaux et rameaux de laurier à gauche, tables de la Loi, croix pastorale, bénitier, palmes, masse et laurier à droite) sur les pans latéraux de l'armoire eucharistique ; angelots groupés par trois sur les piédestaux des colonnettes ; motifs de candélabres et d'arabesques à la Bérain (acanthes) sur le soubassement du tabernacle ; allégories féminines de la Charité (à gauche) et de la Foi (à droite) dans des cadres chantournés de style rocaille (volutes, palmettes, palmes, pots à feu, rocailles et congélations) sur les ailes du tabernacle ; ailerons en volute à palmes et grappe de raisin aux extrémités des ailes ; panneaux chantournés à rocailles, acanthes et chutes de fruits, avec médaillon central ovale orné d'un cœur sacré (de Jésus à gauche, de la Vierge à droite) en amortissement au-dessus des ailes ; quatre volutes à acanthes, palmettes et grappes de raisin supportent le couronnement en dôme de l'exposition, lui-même sommé d'un crucifix polychrome (croix à embouts en palmette ; Christ représenté mort, la tête penchée sur l'épaule dextre, les pieds cloués l'un à côté de l'autre reposant sur le suppedaneum) ; tige de rosier et coquille rocaille sur le support (déposé) de la croix d'autel.

État de conservationrepeint
Précision état de conservation

Certains ornements rapportés en stuc sont lacunaires (fleurs des gradins, angelots des piédestaux de l'exposition), les fragments disparus sont remplacés par de la bronzine. La totalité de la dorure, à l'origine à la mixtion, a été refaite à la peinture faux or.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsinscrit au titre objet, 1989/11/28
Précisions sur la protection

Arrêté de protection : maître-autel, tabernacle et exposition, bois, début du XIXe siècle.

Annexes

  • Extraits du registre paroissial de Beylongue (Archives diocésaines, Dax)

    "Chapitre 1er. / § 3. Monuments. [...] Ainsi que nous l'avons dit, le chœur actuel est circulaire. On y admire un autel en bois d'un grand prix. Cet autel appartenait jusqu'à cette année 1888 à l'église de Pontonx, laquelle accepta de le vendre à sa sœur l'église de Beylongue, où il a été placé dans les premiers jours de juillet. On y a dit ici la première messe le 8 juillet, jour de la solennité de la fête du Sacré-Cœur."

    "Chapitre IX. La cure de Beylongue depuis le 18 juillet 1886. [...] En 1888 enfin, par les soins de M. Moncade, l'église de Beylongue s'est enrichie d'un magnifique maître-autel. Il a été acheté à l'église de Pontonx. On put seulement le placer dans les premiers jours de juillet, et c'est le 8 du même mois qu'on y célébra pour la première fois le sacrifice divin, le jour même de la solennité du Sacré-Cœur."

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Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de Beylongue (1864-1936).

    année 1888 Archives diocésaines, Dax
  • Monographie de la paroisse de Beylongue, par le curé Amédée Moncade, 1888.

    Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 16 J 18
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 19 février 1906.

    n° I/16 Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 70 V 47/6-7
  • Église, presbytère, cimetière (1816-1937).

    Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 2 O 298
Bibliographie
  • Monographie paroissiale de Pontonx, par le curé Lucien Lajus, 1er janvier 1889

    Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 16 J 19
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