Dossier d’œuvre objet IM40004631 | Réalisé par
  • inventaire topographique, patrimoine mobilier des Landes
Ensemble du décor d'architecture intérieur de la basilique (niche, bases, chapiteaux, culots, clefs de voûte, frise), Basilique Notre-Dame de Buglose
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Dax nord
  • Commune Saint-Vincent-de-Paul
  • Lieu-dit Buglose
  • Emplacement dans l'édifice choeur, vaisseau central collatéraux, chapelles, tribune occidentale

Le décor sculpté intérieur de l'église, en pierre de Montfort (ou de Nousse), fut exécuté au fur et à mesure de l'avancement des travaux de construction, qui s'échelonnèrent sur trois décennies, sous la direction de Jules Sibien puis de Gustave Alaux à partir de 1863. En juin 1855, la niche destinée à abriter la statue de Notre-Dame de Buglose, les chapiteaux des colonnes de l'abside, du chœur liturgique, de la première travée orientale de la nef et des chapelles latérales, le bandeau régnant autour de ces espaces et les clefs des voûtes de l'abside et du chœur étaient achevés, comme le montre la description précise qu'en fit alors le trésorier de la fabrique, l'abbé Vieilhedent, dans un rapport à l'évêque Lannéluc (voir annexe). Les chapiteaux, culots et clefs de voûte du vaisseau central, des collatéraux et du porche sont contemporains de la reprise des travaux par Alaux en 1863-1864. Le registre des dépenses de la fabrique (1852-1873) livre le nom du principal auteur des sculptures de la première campagne, le Montpelliérain Jean Layrolle (1817-1870), qui achevait au même moment une autre collaboration avec Sibien à l'église de Sanguinet (1853-1856, réf. IA40001312) et qui travaillera l'année suivante à celle de Gabarret (réf. IM40003322 et 3323) et en 1864-1870 à la cathédrale de Dax. Layrolle, qui avait œuvré à l'abbatiale de Saint-Sever dès 1849, devait reprendre à Gabarret le modèle des deux culots à buste d'ange de la nef de Buglose. Le registre des dépenses cité fait état de cinq paiements à Layrolle, respectivement les 8 février, 13 mars, 24 juin et 25 août 1854 et 18 septembre 1855, pour un total de 7.084,30 francs.

Le même document révèle l'identité des deux sculpteurs qui succédèrent à Layrolle sur le chantier lors de sa reprise. Le Nantais Aristide Belloc, depuis 1858 neveu par alliance du supérieur de Buglose Antoine Lamaison, est payé 500 francs le 7 janvier 1861 pour "des plans à exécuter" et reçoit 250 autres francs le 23 mai 1862 pour paiement de "dix clefs de voûte" (il exécutera en 1877 le tombeau de l'évêque Epivent). Vincent Saint-Sébastien, dit Sébastien, beau-frère de Belloc et autre neveu du Père Lamaison, lui succède à partir de 1863 et semble inaugurer ici sa collaboration avec Gustave Alaux, poursuivie par la suite sur les chantiers des églises de Mugron (1866) et de Rion-des-Landes (1868). Saint-Sébastien apparaît (sous le nom de "M. Vincent") à quatorze reprises dans les comptes de la fabrique (les 3 décembre 1863, 21 janvier, 9 avril, 24 mai, 19 juin, 3 et 20 juillet, 6 et 24 décembre 1864, 5 et 25 février, 5 mars, 18 avril et 3 mai 1865) pour une somme totale de 4.747 francs. Son intervention, détaillée à l'occasion du versement du solde en mai 1865, concerna, outre "la rosace de la tribune" (1863), les "36 chapiteaux des grands piliers et des pilastres des bas-côtés, 2 portes des sacristies latérales, 7 chapiteaux dans le porche, 30 chapiteaux et culots dans le porche, 1 chapiteau à la porte d'entrée, la porte d'entrée, la porte du bas-côté sous le clocher, 3 arceaux dans le porche, 4 culots à la tribune, 4 consoles aux deux portes d'entrée, les frises, les grands chapiteaux de la nef, les clefs de voûte, celle du porche en bas, les divers culots, les culots soutenant les voûtes des bas-côtés (têtes)". Dans le même temps (1865), Saint-Sébastien exécute en collaboration avec le menuisier Bernos "les sculptures de la chaire" (les ornements de l'abat-voix et l'effigie de saint Joseph sur le portillon).

Le décor sculpté comprend la totalité des chapiteaux intérieurs de l'édifice, le bandeau à frise qui règne dans le vaisseau central (au-dessus des grandes-arcades) et dans le chœur, quelques culots et bases des dosserets de la nef, les culots recevant les retombées des voûtes dans les collatéraux et dans le porche, les clefs de voûte de la nef et du chœur et les deux arcades mentant du porche vers l'avant-nef et vers le collatéral sud. Seuls les chapiteaux et culots ayant reçu un décor historié, figuré ou symbolique font l'objet de sous-dossiers ; les chapiteaux à feuilles (dont les chapiteaux doubles de la tribune, ici illustrés, et les chapiteaux simples des parties basses de la nef et des collatéraux) ne sont pas étudiés, sauf exceptions signalées.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1855, daté par source
    • 1863, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Sibien Jean Antoine Jules
      Sibien Jean Antoine Jules

      Prénom usuel : Jules. Né à Nancy le 1er mai 1822, mort à Paris 8e le 4 décembre 1881. Élève de Labrouste, beau-frère de Dupuy, chef de division au ministère de l'Intérieur ; agent en chef, puis architecte du département des Landes jusqu'en 1859 (remplacé par Alexandre Ozanne) ; architecte diocésain d'Aire-sur-l'Adour à partir du 15 mai 1849 ; démissionne pour raison de santé le 26 octobre 1880 et accède à l'honorariat le 1er novembre suivant (J.-M. Leniaud, Répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle). Fils de Claude François Sibien (1787-1840) et de Marguerite Bonheur (1793-1857), il épousa à Paris, le 3 mars 1851, Marie Léonie Deforge (1830-1882), dont il eut trois enfants. Il était le frère cadet de Nicolas François Louis Joseph Sibien (1814-1860), deuxième Prix de Rome d'architecture, architecte agent-voyer en chef du département des Landes, dont la fille Joséphine (1842-1896) épousa à Mont-de-Marsan en 1861 l'architecte landais Urbain Dupouy (1830-1890). Leur fils Jules-François Dupouy (1863-1893), petit-neveu de Jules Sibien, fut en 1890 le successeur d'Érasme Maumen comme architecte départemental des Landes.

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Alaux Gustave
      Alaux Gustave

      Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.

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    • Auteur :
      Layrolle Jean Roch
      Layrolle Jean Roch

      Sculpteur né à Montpellier (d'un père jardinier) le 16 août 1817, mort à Biarritz (maison Layrolle, 6, place Eugénie) le 18 août 1870. Marié à une Bayonnaise, Henriette Dominiqua Latapi (1822-1895), il s'installa à Biarritz avant 1860 (renseignements biographiques communiqués par l'abbé Dominique Bop, 2019). Layrolle travaille à Saint-Sever en 1849, à Buglose en 1855, à Gabarret en 1856-1864 et à la cathédrale de Dax en 1864-1870.

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    • Auteur :
      Saint-Sébastien Vincent , dit(e) Sébastien
      Saint-Sébastien Vincent

      Sculpteur ornemaniste à Bordeaux, collaborateur de l'architecte bordelais Gustave Alaux sur les chantiers des églises de Buglose (1864-1865), de Mugron (1866) et de Rion-des-Landes (1868), et de l'architecte Taillarda fils à l'église Saint-Nicolas de Nérac (1856) ; il travailla aussi à la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Dax en 1864-1871. Il est nommé "M. Vincent" et "Vincent St-Sébastien" dans les archives de Buglose, "Vincent Saint-Sébastien" à Nérac, mais signe "Sébastien" tout court les sculptures de Mugron et de Rion.

      Enfant trouvé à la porte de l'hospice civil de Pau le 23 janvier 1829 (le lendemain de la fête de Saint-Vincent et trois jours après la Saint-Sébastien), Vincent Saint-Sébastien épousa le 29 novembre 1854 à Saint-Paul-lès-Dax (où il était alors domicilié) Jeanne Lamaison (née à Laurède le 11 février 1828), institutrice, fille de Jean Lamaison, tonnelier à Laurède, et de Marie Lagraulet, et sœur aînée de Françoise, qui devait épouser en 1858 le sculpteur nantais Aristide Belloc (1827 - 1888/1908), auquel Saint-Sébastien succédera en 1861 sur le chantier de Buglose, dirigé par le Père Antoine Lamaison, oncle par alliance des deux sculpteurs.

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    • Auteur :
      Belloc Aristide
      Belloc Aristide

      Sculpteur né à Nantes le 23 août 1827, mort entre 1888 et juillet 1908 (dates des premier et second mariages de son fils), fils d'Aristide Philémi Belloc et de Jeanne Eugénie Rousseau. Il épouse à Saint-Paul-lès-Dax, le 6 juillet 1858, Françoise dite Francine Lamaison (Laurède, 1829 - ?), fille de Jean Lamaison, tonnelier à Laurède, et de Marie Lagraulet, et nièce du Père Antoine Lamaison, supérieur du sanctuaire marial de Buglose près de Dax. Françoise Lamaison était depuis 1854 la belle-sœur du sculpteur bordelais Vincent Saint-Sébastien (1829-?), qui succédera en 1863 à Belloc sur le chantier de Buglose.

      Élève des sculpteurs nantais Suc et Grootaers, puis de Rude, Aristide Belloc fut d'abord actif dans sa ville natale, où il travailla pour le Théâtre, pour plusieurs églises et pour l’hôtel de Ville (tête colossale de Judith), œuvra ensuite à Bordeaux dans les années 1850 (deux Renommées tenant les armes de la ville au Grand-Théâtre), avant de s'installer à Perpignan (où il semble faire faillite en 1866-1867), à Angers (rue des Deux-Haies, où naît sa fille Eugénie Néméa en juin 1870), à Niort (avant 1877), enfin à Reims (50, rue du Faubourg de Laon), où il est signalé en 1885 (renseignements biographiques communiqués par l'abbé Dominique Bop, 2019). Il exposa à Toulouse en 1858 et à Bordeaux en 1859. Sur l'artiste, voir : Émile Maillard, L'art à Nantes au XIXe siècle (E. Monnier, 1888), et Pauline Carminati, "Enquête sur la vie et l’œuvre du sculpteur Aristide Belloc", Raffl & Cie [en ligne], 08/08/2017. URL : https://raffl.hypotheses.org/810 (consulté le 09/11/2017).

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  • Statut de la propriété
    propriété du département

Documents d'archives

  • Fabrique de l'église de Buglose, registre des dépenses (1852-1873).

    Archives diocésaines, Dax
    p. 56, 58, 59, 60, 61, 63, 66, 67
  • Rapport de l'abbé Vieihedent, trésorier de la fabrique de Buglose, à l'évêque d'Aire François Lannéluc, concernant les sculptures de l'église et la chaire à prêcher, juin 1855.

    Archives diocésaines, Dax

Bibliographie

  • CAZAUNAU Léon, LESBATS Julien. Buglose. Nogaro : Dauba frères, 1970.

    p. 160-163

Annexes

  • Extraits du registre de dépenses (1852-1873) de la fabrique de l'église Notre-Dame de Buglose, concernant la sculpture ornementale (Archives diocésaines, Dax)
  • Extrait d'un rapport de l'abbé Vieilhedent à l'évêque d'Aire François Lannéluc sur les sculptures de la nouvelle église de Buglose, juin 1855 (Archives diocésaines, Dax)
Date d'enquête 2012 ; Date(s) de rédaction 2014
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel