Logo ={0} - Retour à l'accueil
Église paroissiale Saint-Jacques-le-Majeur

Ensemble de l'autel de la Vierge (autel, 2 gradins, tabernacle, statue)

Dossier IM40007506 réalisé en 2018

Fiche

Dénominationsautel, gradin d'autel, tabernacle, statue
Appellationsde la Vierge
Aire d'étude et cantonTartas ouest
AdresseCommune : Saint-Yaguen
Emplacement dans l'édificecollatéral sud, à l'est

A l'issue de la construction d'un collatéral au sud de l'église par l'architecte Alexandre Ozanne en 1870-1871, le curé Louis Desbordes (1841-1925) décida de déplacer l'autel de la Vierge et de dédier son ancienne chapelle à saint Joseph, jugeant qu'il était "plus juste de faire hommage de la chapelle nouvelle, plus spacieuse et plus belle que l'autre, à la Reine du Ciel". Un nouvel autel fut commandé en 1872 pour remplacer un meuble en bois peint exécuté sous le curé Lacoste (1824-1838) par "un menuisier de Montaut plus habile sans doute à faire des tables de cuisine que des ouvrages d'église". Sorti "des ateliers de M. Léopold Gabens de Toulouse" et payé 650 francs (1.100 francs avec la statue et la garniture d'autel), l'autel fut installé par le marbrier saint-séverin d'origine tessinoise Jacques Galimberti (1818-1873), qui répara à cette occasion les dommages causés à l'autel lors du transport. L'ensemble fut complété en même temps par des peintures (disparues) dues au décorateur de Tartas Jean Joseph Jules Ponse (1816-1884). La chapelle et son autel furent inaugurés solennellement le 20 octobre 1872.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1872, daté par source
Auteur(s)Auteur : Gabens Léopold
Gabens Léopold

Fabricant de mobilier religieux à Toulouse dans la seconde moitié du XIXe siècle. Son patronyme, exclusivement concentré dans le Tarn-et-Garonne, permet peut-être de l'identifier avec le Gabens qui possédait une carrière de pierre de Caylus et qui fournit "les dalles de la place de Montauban" et "les dallages des terrasses de Moissac" (lettre de Théodore Olivier à Eugène Viollet-le-Duc, 21 juin 1850).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
fabricant de mobilier religieux attribution par source
Auteur : Galimberti Jacques
Galimberti Jacques (1818 - 1873)

Marbrier né vers 1818 dans le Tessin suisse, installé à Saint-Sever (Landes), peut-être à la suite de son compatriote Louis Spazzi (1809-1881), arrivé en 1835, dont il fut l'associé jusque vers 1852 avant de s'installer à son compte. Mort célibataire à l'hospice de Mont-de-Marsan le 25 novembre 1873 âgé d'environ 55 ans. Sources : AC Saint-Sever (recherches et communication par l'abbé Dominique Bop).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
marbrier, restaurateur attribution par source
Personnalité : Desbordes Louis
Desbordes Louis (1841 - 1925)

Né à Tartas le 8 décembre 1841, mort en 1925 ; fils de Pierre Léonard Desbordes (1802-1877) et de Marie Quitterie Rosalie Aricie de Chauton (1816-1885). Ordonné prêtre le 23 décembre 1863, vicaire de Saint-Yaguen en 1865, puis curé de Saint-Yaguen de 1870 à 1884 (où il succède à l'abbé Bernard Octave de Chauton, oncle de sa mère), enfin chanoine de la cathédrale d'Aire.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
commanditaire attribution par source

Meuble de style néoroman, en marbre blanc veiné, posé sur un double degré parqueté en chêne teinté et ciré. Autel-tombeau à la face divisée par cinq arcs légèrement outrepassés, portés par quatre colonnettes à chapiteau feuillagé ; tombeau adossé à un massif postérieur débordant formant gradin droit, lui-même surmonté d'un second gradin à trois redents ; celui-ci encastre un tabernacle parallélépipédique architecturé à porte rectangulaire (angles supérieurs coupés) flanquée de deux colonnettes portant un arc outrepassé ; exposition rectangulaire. Statue en plâtre polychrome, avec socle inhérent à angles abattus, actuellement posée directement sur l'exposition (autrefois posée sur une console au-dessus de l'autel).

Catégoriesmarbrerie, sculpture
Structuresplan, rectangulaire élévation, droit colonne, 6
Matériauxmarbre veiné, blanc mouluré, tourné, décor en bas relief, décor dans la masse, gravé, doré
plâtre, moulé, peint, polychrome
Mesuresh : 211.0
la : 188.0
Précision dimensions

Dimensions totales de l'autel. Tombeau d'autel : h = 98 ; la = 201 ; pr = 59 ; massif postérieur : la = 240 ; gradin inférieur : h = 19 ; gradin supérieur : h = 40 ; tabernacle : h = 72 (85 avec l'exposition) ; la = 46,5. Statue : h = 110 environ.

IconographiesMA, lys, Agneau mystique
ornementation, rose, lys, trèfle, croix, fleurette, étoile, billette, besant
Vierge
Précision représentations

Décor gravé et doré : monogramme MA entre deux branches de lys sous les arcs de l'autel ; tige de rosier et lys en sautoir sur le ressaut médian du gradin inférieur ; semis de croix pattées rayonnantes et de fleurettes à quatre pétales sur le gradin supérieur à redents ; tiges de rosier dans les écoinçons du tabernacle ; cinq médaillons circulaires avec étoile à cinq branches, croix pattées rayonnantes et fleurettes à quatre pétales sur la face de l'exposition. Décor en bas relief dans la masse : Agneau de Dieu vexillaire (sur la porte du tabernacle), billettes (sur les arcs de l'autel), tresse (sur l'arc du tabernacle), besants (sur la corniche du tabernacle).

Statue : Notre-Dame de Lourdes.

Précision état de conservation

La console de la statue est déposée derrière l'autel ; la statue est posée actuellement sur l'exposition. La dorure qui soulignit les ornements gravés de l'autel est presque entièrement effacée.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Extraits du registre de la paroisse de Saint-Yaguen (1841-1967, Archives diocésaines de Dax) concernant l'achat d'un autel de la Vierge en 1872 (communiqué par Michèle Tastet-Brèthes, août 2010)

    "Il fallait songer aux autels latéraux, mais nos ressources étaient épuisées. L'idée la plus naturelle et qui se présentait à l'esprit de tous était de songer tout d'abord à l'autel de la Ste Vierge. C'est un sentiment bien légitime. Toutefois, je fus d'un autre avis ; je voulais commencer par ériger un autel à St Joseph, et voici pourquoi : l'autel de Marie devait nécessairement se faire au plus tôt ; celui de son saint époux ne paraissait pas aussi urgent. Si le sanctuaire de la Vierge avait été fait tout d'abord, l'autre aurait été renvoyé aux calendes grecques : "nous sommes sans argent, aurait-on dit, rien ne presse, attendons". Et pourtant, il me tardait d'avoir un autel de Saint-Joseph, j'étais sûr que celui de Marie suivrait de très près ; j'avais confiance en l'économe de la Sainte Famille. Donc, un peu contre l'avis général, je me mis en campagne pour notre glorieux protecteur. J'allais partout : l'obole du pauvre et la généreuse offrande du riche me mirent à même de faire un autel en pierre de Bourgogne qui fut sculpté sur les desseins de M. Tastet, vicaire à Tartas, par un artiste du Mans, venu dans nos contrées à l'occasion de la guerre contre la Prusse. Cet autel fut placé au lieu où se trouvait autrefois l'autel de Marie : n'était-il pas juste de faire hommage de la chapelle nouvelle plus spacieuse et plus belle que l'autre à la Reine du Ciel ?

    L'ancien autel de Notre-Dame se composait d'un tombeau vulgaire en bois peint, d'un tabernacle aux formes incultes et d'un retable accompagné de quatre colonnettes, le tout d'un style impossible. Cet autel avait été fait pour Monsieur Lacoste de sainte mémoire [curé de 1824 à 1838] par un menuisier de Montaut plus habile sans doute à faire des tables de cuisine que des ouvrages d'église. (...)"

    "Nouvel autel de Marie. Cette même année [1872] a eu lieu l'érection du nouvel autel de la Ste Vierge. La Reine du Ciel ne pouvait pas rester plus longtemps privée de cet honneur, tout le monde souffrait de voir sa chapelle dépouillée de cet ornement. (...) Les bonnes familles de la paroisse le comprirent et me prêtèrent un noble et généreux concours. Qu'il me soit permis de signaler à la reconnaissance de la paroisse et de mes successeurs les bonnes familles de Vios du Gay, Péfau, Darmagnac, Marque et aussi Mad. Dupuy d'Onesse originaire de St-Yaguen, et Mad. de Chauton de Souprosse qui a bien voulu me donner cent francs en mémoire de mon vénéré prédécesseur son oncle. L'autel sortit des ateliers de M. Léopold Gabens de Toulouse et fut mis en place par le Sr Galimberti, marbrier italien, habitant St-Sever. La divine Providence ne nous laisse jamais arriver à la joie que par les épreuves. J'en fis l'expérience. Quand nous ouvrîmes les caisses renfermant ces marbres tant désirés, nous eûmes la douleur immense de trouver le devant de l'autel complètement cassé de haut en bas ! ... Ce malheur a été en grande partie réparé par l'adresse du poseur. - Les décorations de la chapelle furent faites par le Sr Ponse, peintre de Tartas. L'autel pris dans le magasin était d'une valeur de 650 fr. ; en place avec tous ses accompagnements, marchepied, statue, chandeliers, lampe, peinture, etc., il a coûté la somme de onze cents francs. / L'inauguration d'un autel de la très Ste Vierge est un fait trop considérable dans une paroisse pour que nous ne fissions tout au monde pour dignement inaugurer le nôtre. Cette grande cérémonie a eu lieu le 3e dimanche d'octobre, 20e jour du mois, en la fête de la pureté de Marie, jour d'autant mieux choisi que l'autel est sous le vocable de l'Immaculée Conception. Mr Lacerenne dont le nom est devenu si populaire à St-Yaguen eut la bonté de venir disposer les fidèles à cette fête par quelques instructions. La cérémonie fut présidée par M. Pailhée, aumônier du couvent de la Réunion à Dax représentant M. Destribats notre doyen empêché. (...) Immense était la foule des fidèles assistant à un spectacle inouï dans cette humble paroisse. (...) Nous nous rendîmes en chantant le Veni creator à la chapelle de la T. Ste Vierge pour bénir l'autel et nous terminâmes cette première partie de notre fête par le chant du Magnificat. (...) Les vêpres furent chantées avec un entrain inaccoutumé sous la présidence de la grande Reine du Ciel, dont la statue était sur une estrade au milieu du chœur. C'était la Madone destinée au nouvel autel bénit le matin. Mais avant de lui faire prendre possession de sa niche, nous voulûmes lui faire parcourir triomphalement notre bourg tout entier. A cet effet une magnifique procession s'organisa. (...) Au retour de cette procession d'un éclat inouï, la statue fut placée dans sa niche pour y être toujours la consolation, le refuge, l'honneur de la paroisse. Je laisse à penser la joie qui débordait du cœur du pauvre curé ! Personne ne dut chanter au Te Deum final avec plus d'entrain. Gloire à Dieu, amour à Marie !... Que cette Reine puissante et bonne prépare une place auprès de son Trône à ceux qui lui ont élevé ce sanctuaire dans la paroisse !"

    _______________________________________________________

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de Saint-Yaguen.

    année 1871 Archives diocésaines, Dax
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (3 mars 1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 345/7-8
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe