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Ensemble de construction navale, dit Arsenal

Dossier IA17000293 réalisé en 1997

Fiche

L'arsenal de Rochefort, créé en 1666, se développe sur la rive droite du fleuve Charente. La majeure partie des bâtiments sont orientés vers le fleuve par nécessité pratique, mais aussi de façon à présenter aux visiteurs arrivant par bateau la vue de leurs façades principales. Leur monumentalité, qui n'est pas sans rappeler celle des palais royaux de la même époque, répond à la volonté de montrer la puissance du pouvoir monarchique. L'implantation de cet établissement entraîne la construction, sur l'estuaire, d'une ceinture de forts pour le protéger et transforme, à long terme, la vie économique de l'ensemble de la vallée.

Appellationsdit Arsenal
Dénominationsensemble de construction navale
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - Rochefort
AdresseCommune : Rochefort
Adresse : rue Toufaire

Face à la menace anglaise, Colbert choisit comme siège d'un nouvel arsenal, destiné à l'armement des vaisseaux construits à Brest, le site de Rochefort pour la sûreté que lui procure son enfoncement à une vingtaine de kilomètres dans les terres. Le projet, très ambitieux, est conçu par l'architecte François Blondel et l'ingénieur militaire, le chevalier de Clerville.

Les travaux débutent en 1666 et les premiers bâtiments construits sont la corderie, la fonderie de canons, la poudrière du Martrou, le magasin aux vivres et la première forme de radoub, encore visibles de nos jours. Mais il semble qu'un manque de moyens contraigne les bâtisseurs à compléter ces édifices par des constructions en bois et toiles goudronnées, remplacées ultérieurement par des constructions en dur. Une deuxième forme et une enceinte sont bâties en 1683 et 1694. L'arsenal est ouvert sur la ville jusqu'à la décision de le clôturer afin de limiter les vols de matières premières.

En raison de la faible profondeur de la Charente par endroits, les navires doivent être allégés au maximum pour être haler à l'aide de cordes, "à la cordelle", sur chaque rive, pour rejoindre la rade de l'île d'Aix - au sud de l'île - où ils sont définitivement pourvus des vivres et des armes. Plusieurs forts et redoutes sont bâtis de manière à protéger l'embouchure du fleuve et la rade, et par conséquent l'accès à l'arsenal. C'est aussi près de l'embouchure que sont établies les premières fosses aux mâts, à Saint-Nazaire-sur-Charente.

Entre 1689 et 1690, une série de quinze galères est construite dans ce nouvel arsenal qui reçoit pour cela l'aide des trois autres arsenaux royaux (Brest, Marseille et Toulon) pour la main-d'oeuvre et pour l'approvisionnement en matière première. Ces galères sont représentées par le dessinateur Berquint au début du mois de mars 1690 dans sa "vue du chantiers des constructions de Rochefort".

L'arsenal ne se développe que très peu au cours du 18e siècle. Cependant, son fonctionnement est optimisé par une réorganisation importante entre 1715 et 1740. La partie sud se densifie avec la création de nombreuses cales de construction, de grands hangars bâtis pour le séchage du bois. Jusqu'en 1765, les travaux de construction des navires sont confiés à des maîtres charpentiers, puis plus tard est créé le corps des ingénieurs-constructeurs.

Les années 1770 correspondent à une baisse d'activité qui laisse craindre la fermeture de l'établissement, mais cette éventualité est heureusement balayée par des réformes du ministre de la Marine de Sartine.

Un bagne, d'une capacité de 1 700 forçats, est associé à l'arsenal entre 1767 et 1852. Ses bâtiments se situent non loin du magasin général. Les bagnards participent aux travaux de construction des vaisseaux et sont chargés du service de cordelle pour haler les navires le long de l'estuaire. En outre, on estime à deux ou trois mille le nombre de manoeuvres et d'ouvriers spécialisés occupés aux travaux de charpenterie, de tonnellerie ou de forge.

Des fosses aux mâts pour l'immersion des bois destinés à la mâture des navires sont aménagées à l'avant-garde entre 1779 et 1784, et dans la prairie de Rosne entre 1787 et 1790.

L'évolution des procédés de construction et de navigation au cours du 19e siècle, avec notamment les navires en métal fonctionnant à la vapeur, entraîne de grands bouleversements dans les ateliers ; on peut voir de nos jours l'atelier de la sculpture édifié en 1806, celui de la chaudronnerie vers 1824, la menuiserie (1829), la forge (1846), le troisième bassin de radoub à partir de 1853, l'atelier des machines en 1864, la nouvelle fonderie en 1894, auxquels s'ajoutent d'autres ateliers non précisément datés comme celui de la fabrication des poulies. Parallèlement sont construits des bâtiments administratifs tels que la Direction des mouvements du port en 1822, la Direction de l'artillerie en 1838. Par ailleurs, un ensemble de neuf fosses au bois est aménagé, à la Gardette, de l'autre côté de la Charente, entre 1828 et 1853. L'ingénieur Hubert conçoit un moulin à vent, en fonction en 1806, permettant de retirer la vase devant la double forme, pour remplacer la drague utilisée jusque-là, qui était tirée par une cinquantaine de boeufs et passée tous les trois ans seulement en raison du coût de ce travail long de plusieurs mois. En 1837, l'arsenal emploie 1 100 personnes pour la construction navale, hors les ouvriers d'artillerie et des travaux hydrauliques.

Dans les années 1870, l'arsenal de Rochefort figure encore parmi les mieux équipés de France. L'énergie n'est plus fournie que par des moteurs à vapeur.

En 1891, l'arsenal de Rochefort, comme ceux de Cherbourg, Brest, Lorient et Toulon, comprend quatre activités principales : la construction des navires en bois ; la construction des navire en bois ou en acier ; l'armement (machines, gouvernails, ancres, embarcations, voilure, artillerie) ; les réparations. Cette organisation entraîne pour la marine une très grande dépense pour les frais d'établissement et d'outillage.

Peu à peu ne sont plus effectués à Rochefort que l'entretien et l'armement des petits bâtiments, et le site ferme en 1927, alors qu'il emploie encore près de mille ouvriers. Le secteur sud de l'arsenal est cédé aux Etablissements L. Goldenberg et Cie qui reprend une partie très réduite du personnel. La société concessionnaire se voit confier par le ministère de la Marine la destruction de navires de guerre hors service.

Les diverses installations, très endommagées à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont fait l'objet de travaux de réhabilitation ; la corderie est occupée par le Centre international de la mer et des services municipaux, une autre partie du site par Stelia Aerospace (usine de construction aéronautique) qui a fait construire de nouveaux ateliers. Toute la partie sud du site, investie par les troupes américaines au début des années 1950, puis par l'école des Fourriers entre 1962 et 2002, appartient désormais à la Communauté d'agglomération de Rochefort Océan.

Une réplique de L'Hermione, frégate construite à Rochefort sur laquelle embarqua Lafayette en 1780 pour apporter le soutien de la France à l'Amérique, a été réalisée dans la forme double entre 1997 et 2012, et s'est achevée dans la forme Napoléon III en 2014.

Période(s)Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

L'espace de l'arsenal n'est pas clairement délimité et se confond parfois avec celui de la ville de Rochefort en raison de la destruction de murs qui, autrefois, les séparaient. Actuellement sont encore visibles le mur d'enceinte du côté nord, la porte du Soleil qui était la porte principale de l'établissement, et quelques traces des murailles et des fossés qui délimitaient à la fois la ville et l'arsenal au sud.

La partie du fossé nord adjacente au fleuve a été transformée en une forme de radoub.

Dans le camping, situé du côté sud de la ville, subsiste une vanne-écluse à la jonction du fossé sud et du canal de Saint-Maurice ; ce dernier rejoignait le chenal de la Cloche.

Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesmachine de production
Protectionsinscrit MH, 1928/06/11
Précisions sur la protection

L'inscription concerne la Porte du Soleil (place de la Galissonnière), PA00104861.

Annexes

  • Historique

    Louis XIV confia à Colbert la création d'un port militaire pour compléter celui de Brest. Le choix se porta sur Rochefort en 1666 pour des raisons de sécurité. En 1669, le chevalier de Clerville, l'un des trois maîtres d'oeuvre de l'arsenal avec Colbert de Terron, intendant de la province, et Blondel, reçut l'ordre de "visiter tous les ouvrages et travaux qui se font à Rochefort pour l'établissement d'un grand arsenal de marine". Ce dernier se composait de trois parties : l'arsenal sud, de l'avant-garde au chenal de la cloche, était surtout utilisé pour la construction navale ; la partie centrale s'étendait dudit chenal à l'arrière-garde : c'était le coeur de l'arsenal avec la "Maison du Roi" et la corderie ; la troisième partie, au nord, était séparée du reste par le chenal des vivres : elle contenait d'autres chantiers de construction et la Vieille Forme.

    En 1670 étaient déjà établis la corderie et l'étuve, la poudrière, la mâture et une fosse aux mâts, une forge, le magasin général et les magasins particuliers des vaisseaux, bien avancés. Toutes ces constructions furent menées de front. Vinrent ensuite la Vieille Forme, la fonderie de canons, le magasin aux vivres. En 1672, les principaux ateliers et magasins d'un arsenal s'alignaient le long de la Charente. Depuis 5 ans, on radoubait des navires ; depuis 2 ans, on en construisait des neufs sur des chantiers qui, eux, étaient en plein air, entourés de "boutiques" où l'on préparait diverses pièces de bois, et de hangars servant à abriter le matériel.

    De 1671 à 1690, on acheva l'arsenal et on entretint les bâtiments déjà construits. De nouveaux "bastimens de terre" s'élevèrent : outre le magasin aux vivres, la caserne Martrou où logèrent les officiers, la salle des armes installée dans le magasin général, et l'hôpital. Une fois les premiers grands bâtiments terminés, on ralentit le rythme des constructions et on ne souhaita plus que parer au plus pressé, comme l'édification de nouvelles formes à partir de 1683 ou celle d'une enceinte de bonnes murailles décidée par l'intendant Bégon en 1694 pour protéger l'arsenal des rôdeurs et des voleurs.

    Durant le XVIIIe siècle, peu de bâtiments furent construits ; on se contenta de réparations ou de modestes améliorations comme dans les bassins de radoub de la Vieille Forme et de la Forme Double. Parmi les travaux hydrauliques, citons, outre la fosse de Rochefort, les fosses aux mâts et la fontaine de Lupin, les quais, le canal de ceinture qui isolait le parc de construction et surtout les nouvelles formes. Le pont de pierre au-dessus du canal de la Cloche (fig. 1 à 3) fut construit en 1741, en remplacement d'un pont en charpente, par M. Lefebvre, ingénieur en chef. En 1766, on créa un bagne à Rochefort pour, comme à Brest et à Toulon, construire plus vite et pour moins cher.

    En revanche au cours du XIX siècle sont bâtis de nombreux bâtiments : la Direction du génie maritime, la Direction de l'artillerie de la Marine (1808), la Direction des mouvements du port (1822), une nouvelle poudrerie (1822), un atelier des machines (1823), l'atelier des grosses forges et de la serrurerie (1846), un nouveau bassin de radoub (1853-1861), un nouvel atelier des machines (1864), et d'autres magasins spécialisés (1866), ce qui indique une nette reprise de l'activité maritime liée aux nouvelles constructions de bâtiments en métal et surtout à la navigation à vapeur. Dans les premières décennies du XXe siècle, l'augmentation de la taille des navires de guerre (cuirassés, croiseurs) et l'éloignement des régions sidérurgiques firent progressivement délaisser les rives de la Charente par la construction navale des grosses unités et n'y furent plus effectués que l'entretien et l'armement de petits bâtiments. Ce fut à peu près la seule tâche de l'arsenal jusqu'à sa désaffectation en 1927.

    D'après :

    - Amiral Dupont et Marc Fardet. L'arsenal de Colbert, Rochefort, Centre international de la mer, 1986, 44 p.

    - Pinard (J). Les bâtiments industriels de l'ancien Arsenal de Rochefort. La Rochelle, 1979.

    - Thomas . Mémoires sur Rochefort, Rochefort, Faye père et fils, 1828.

    - Viaud (J.-Th), Fleury (E.-J.), Histoire de la ville et du port de Rochefort, Rochefort, 1845, Marseille, Laffitte-Reprints, 1977, 21, p. 9-12.

  • Extrait d'un "Mémoire relatif au projet général de l'arsenal". Archives historiques de la Marine, Rochefort, 1 K5 1.

    "L'arsenal fut simplement ébauché à cause du manque de moyens. On ne sait si un projet tendant à un but général servait de base à ces premiers établissements ou s'ils ont simplement été faits à mesure que l'on en a senti le besoin (...). On a édifié en plancher et toiles goudronnées des bâtiments que leur utilité bien reconnue devait faire construire avec la plus grande solidité."

  • Extrait de Mémoires pour servir à l'histoire de la ville et du port de Rochefort. Thomas, "Les machines". Rochefort : Faye, 1828, p. 283.

    "La corderie possédait des métiers à filer le chanvre et à tresser les petits cordages, mais le commettage des gros câbles exigeait surtout un important travail manuel d'un personnel nombreux et fort. Dans un atelier jointif étaient disposés des cuves, des fourneaux et des étuves à goudronner car les cordages étaient après leur confection passés à l'étuve pour être imprégnés de goudron qui les rendait plus résistants et imputrescibles.

    Près des deux premières formes avait été installée une machine hydraulique constituée de chaînes à godets mues par un manège auquel étaient attelés des chevaux et qui remontaient l'eau des bassins lorsque les portes étaient fermées et qu'il s'agissait de mettre la carène à sec. L'eau était ensuite envoyée par des canalisations vers le fleuve.

    Avec l'arrivée de la machine à vapeur, les anciennes machines furent remplacées par de puissantes installations à pomper l'eau dans des temps records. De plus, de nouvelles chaudières produisant de la vapeur sous pression firent leur entrée près de chaque atelier, actionnant les nouveaux appareils également mis en place. Des ventilateurs attisèrent désormais le feu des forges, des scies mécaniques à déplacement vertical furent bientôt actionnées par cette nouvelle énergie, la construction d'un marteau-pilon fut envisagée dès 1861.

    Dans les nouveaux ateliers édifiés à partir des années 1820, toute une série de nouvelles machines à couper, à percer, à plier le métal furent mises en place avec de nouvelles forges pour travailler les pièces de serrurerie, de chaudronnerie, de ferronnerie. Bien que ces instruments aillent en se perfectionnant au cours du siècle, il ne semble pas cependant que leur remplacement fut fréquemment envisagé.

    On doit à M. Hubert, ingénieur-constructeur, l'établissement de plusieurs machines aussi utiles qu'ingénieuses : la plus importante, par ses résultats, est un moulin à vent, dont le but principal est l'extraction des vases qui s'amoncèlent, chaque marée, au-devant de l'écluse des nouvelles formes. On a profité des rouages de ce moulin et de l'excédent de sa force pour broyer les peintures nécessaires à l'atelier de la peinture. De plus, M. Hubert a eu l'idée d'adapter au système général un laminoir à plomb, qui manquait à l'arsenal. Ce moulin a été mis en activité, pour l'extraction des vases, le 15 décembre 1806, et pour laminer le plomb, en janvier 1809. Il a établi dans le même port un mécanisme à l'aide duquel on perce, avec facilité et exactitude, les mortaises, pour placer les rouets des poulies, et les trous qui reçoivent les essieux. L'épuisement de la nouvelle forme ayant lieu au moyen d'un manège à boeufs, il devenait indispensable de s'assurer du service de ce manège. M Hubert appliqua à cette nécessité."

  • La chaudronnerie

    Le personnel de ce grand atelier est d'environ deux cent soixante hommes, soit pour la chaudronnerie en fer, soit pour la chaudronnerie en cuivre et le tuyautage. L'installation de cet atelier est de nouvelle création et date d'environ dix ans. Sa forme est celle d'une grande église ayant grande nef ou halle de montage et deux petites nefs latérales. Sa superficie dépasse 3 000 mètres carrés.

    Le moteur consiste en une petite machine à vapeur de six chevaux avec un rechange placé symétriquement ; l'une des petites nefs est particulièrement destinée au travail de la tôlerie, et l'autre à la cuivrerie. Dans la grande nef se trouvent un grand four à réverbère pour chauffer les cornières des bâtiments en fer et un four à chauffer les tôles. Il est résulté de cette nouvelle installation, très bien montée en outillage et en machines, une grande rapidité d'exécution et une économie de main-d'oeuvre qu'on peut estimer à plus de 25 %.

    D'après Auriol, " Des principaux établissements et des intérêts maritimes de Rochefort ". Société d'agriculture, des belles-lettres, sciences et arts de Rochefort ; Travaux, année 1855-56. Rochefort, imp. Thèze, 1856, p. 156-157.

  • Description des ateliers des XIXe et XXe siècles

    Atelier de chaudronnerie et magasin des grandes forges (1841)

    Atelier bâti d'après les plans du directeur des travaux hydrauliques, Mathieu, du 28 avril 1841, approuvés par le ministre Duperry. Trois corps de bâtiment sont accolés, celui du centre étant pratiquement deux fois plus large que les deux autres. A charpente en bois, ils sont couverts d'un toit à lanterneau.

    Atelier du perçage, calfatage, menuiserie

    Plusieurs corps de bâtiments ont été bâtis à la suite les uns des autres. Au rez-de-chaussée, dans chacun d'entre eux, des colonnes en fonte, portant la marque : Urbain Pion, fondeur, Nantes, sont évidées dans leur partie haute afin de permettre le passage de l'arbre de transmission de la machine à vapeur. L'ancien atelier de menuiserie servait, jusqu'à une période récente, à l'assemblage des bateaux de Zodiac ; en pierre de taille au rez-de-chaussée, il possède un étage en pan de métal et brique et sa charpente métallique est recouverte en ciment amiante. Il semble qu'il ait été remanié entièrement vers 1860, mais que sa charpente date d'après 1885. Contigu à cet atelier, un bâtiment en rez-de-chaussée, à piliers en pierre de taille et remplage en bois, fait suite à un atelier qui porte la date de 1887. Ce dernier abritait une machine à vapeur, et une cheminée quadrangulaire en brique d'environ 15 m de haut s'élève à côté. Un autre bâtiment en moellon enduit et à un étage carré est orienté transversalement par rapport aux autres ; à fronton découvert, son toit est en tuile mécanique. Il date vraisemblablement des années 1890. Un passage existe entre ce dernier atelier et les suivants qui étaient ceux du calfatage, du perçage et poulierie, et qui ont été partiellement reconstruits dans les années 1950, en pan de métal et brique ; subsiste cependant une partie de l'élévation d'origine à piliers en pierre de taille et remplage en bois.

    Grosse forge, montage des machines, serrurerie (1846)

    Deux corps de bâtiment identiques et reliés par deux autres corps de bâtiment fermaient une cour, actuellement couverte. Les premiers sont en pierre de taille, à un étage carré, avec charpente métallique ; les niveaux sont nettement délimités par des cordons moulurés, qui courent également à la hauteur des impostes des baies en plein cintre du rez-de-chaussée. Les pignons découverts sont à redents. Ils sont reliés par un corps de bâtiment en pierre de taille, en rez-de-chaussée et pignon couvert.

    Atelier des machines nord (1864)

    Bâtiment de plan rectangulaire, en pierre de taille, à deux niveaux. Les deux murs pignon, identiques, sont couronnés d'un tympan triangulaire percé d'une baie en plein cintre, au-dessus d'une grande arcade également en plein cintre, dont l'imposte sert d'appui à une fenêtre à arc en segment de part et d'autre ; dans l'alignement de ces dernières s'ouvrent, au rez-de-chaussée, deux portes également à arc segmentaire. Les murs gouttereaux ont été modifiés : entre des piliers en pierre de taille s'ouvrent des fenêtres avec remplage en béton armé. La charpente est métallique et, à l'intérieur, une rangée de colonnes en fonte sont évidées dans leur partie haute pour le passage d'un arbre de transmission.

    L'atelier des machines sud, qui faisait pendant au précédent, a été détruit par un incendie en 1973.

    Fonderie (1894)

    Bâtiment en moellon de calcaire enduit, de plan rectangulaire, à charpente métallique et toit à lanterneau en tuile mécanique.

  • Légende du plan de Rochefort daté du 26 juin 1868 :

    Etablissements de la Marine :

    1 - murs de clôture du port et barrières

    2 - Hangars aux mâtures

    3 - corps de garde de l'avant-garde

    4 - atelier de la mâture

    5 - atelier de la scierie mécanique

    6 - ateliers de la tonnellerie, de l'armurerie et magasins aux ferrailles 6bis - hangars aux membrures

    7 - ancienne salle des forçats convalescents 7bis - hangar aux bordages

    8 - Magasins particuliers des bâtiments désarmés...

    9 - cayenne des matelots à l'avant-garde

    10 - atelier des forges de la mâture

    11- dépôt des forges, de la mâture et magasin

    12 - ateliers et magasin de la voilerie

    13 -magasin...

    14 - anciens ateliers

    15 - bureau et magasin de la 1ère section

    16 - magasin aux fers

    17 - poudrière

    18 - magasin général

    19 - hangar au bois de l'avant-garde

    20 - dépôt des blessés

    21 - ancien bagne

    22 - corps de garde des remparts

    23 - atelier de la sculpture

    24 - atelier de la grande chaudronnerie et tôlerie et magasin des forges

    25 - atelier de la menuiserie

    26 - magasin et atelier des étoupes

    27 - atelier et magasin des chaloupes et canots

    28 - atelier des gouvernails et des grosses oeuvres

    29 - atelier des machines n° 2

    30 - atelier des machines n° 1

    31 - ateliers des grandes forges, de montage des machines et de serrurerie

    32 - direction des constructions navales

    33 - corps de garde des pompiers, atelier des ..., de zingage, des boussoles et école élémentaire

    34 - direction des mouvements du port

    35 - porte Saint-Louis

    36 - bureaux des ingénieurs

    37 - parc au lest en fer

    38 - porte du soleil

    39 - presse hydraulique

    41 - atelier des forges des bassins

    42 - atelier de peinture

    43 - bassin de l'amiral et château d'eau

    44 - direction des travaux hydrauliques

    47 - magasin

    48 - ateliers de la corderie et de la garniture

    49 - direction d'artillerie et corps de garde

    50 - porte du nord

    51 - dépôt de pompe à incendie 74 - atelier des fonderies

    91 - chenal de la tonnellerie

    107 - bassins de radoub n° 1, 2 et 3.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1831-1909 : fonderies de métaux.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 7 M 9/52
  • 1839 : établissement d'une fonderie pour les machines à vapeur.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1 K1 15
  • 1894-1897 : transfert des fonderies à l'intérieur de l'arsenal.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1 K1 50-53
  • 1680-1855 : construction des bassins de radoub.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1 K2 1-7
  • Service historique de la Défense, Rochefort. 1 K2 36-42. 1686-1693 : dépenses, devis et toisés pour les bâtiments de l'arsenal.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1 K2 36-42
  • 1793 : établissement à la fonderie d'une deuxième machine à forer.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1 K4 35
  • 1775 : mémoire relatif au projet général de l'arsenal.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1 K5 1
Documents figurés
  • " Plan de la ville de Rochefort, avant la construction de la forme double ".

    Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris
  • " Plans de la ville de Rochefort, XVIIe siècle ".

    Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris
  • " Plan de la ville de Rochefort, daté de 1787 ".

    Musée, Cognac
  • " Plan du port et de la ville de Rochefort, 1828, signé Schmidt ".

    Service historique de la Défense, Rochefort
  • " Plan d'ensemble des édifices militaires de Rochefort en 1868 ". Feuille B.

    Archives du génie, La Rochelle
  • " Port militaire de Rochefort, avant projet relatif à la transformation du chenal de la Cloche... par Crahay, en 1880 ".

    Service historique de la Défense, Rochefort
  • " Atlas des ports de France ; port de Rochefort, 1885 ", par E. Pérot.

    Service historique de la Défense, Rochefort
  • " Vue depuis l'autre rive de la Charente ", gravure.

    Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris
  • " Vue depuis la tour des Signaux ", lithographie Mercereau.

    Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris
  • " Les grands ports militaires de France : Rochefort ". Dessin de Karl Fichot, gravure de Tilly [fin XIXe].

    Service historique de la Défense, Rochefort
  • " Port de Rochefort, année 1776 : projet de cale de construction ".

    Service historique de la Défense, Rochefort
  • " Plan des ateliers au XIXe siècle ".

    Service historique de la Défense, Rochefort
  • " Vue aérienne prise dans les années 1990 ".

    Archives privées
  • " Elévation nord de l'atelier des machines sud ". Ph. Armée de l'Air.

    Archives privées
  • Atelier de fabrication de Zodiac, en 1951, dans : Un siècle d'air et d'eau, 1896 à 1996. Issy-Les-Moulineaux, Zodiac, 1996.

    p. 71
Bibliographie
  • Acerra, M. " Les constructions navales à Rochefort aux XVIIe et XVIIIe siècles ", dans : Rochefort et la mer ; technique et politique maritime aux XVII et XVIIIe siècles. Jonzac, Université francophone d'Eté, 1985.

    p. 37-40
  • Bitaube, P. Corderie royale de Rochefort ; l'histoire retrouvée. Rochefort, Centre international de la mer, 1985.

  • Bonnefon, Claude. Mémoires de ma vie par Charles Perrault ; voyage à Bordeaux (1669) par Claude Perrault, Evreux : Hérissey et fils, 1909.

    p. 167-170
  • Burlet, René, Verne, José-Paul. "Essais de pratique industrielle dans la construction navale au 17e siècle". Histoire, économie et société. Année 1997, volume 16, n° 1.

    p. 63-97
  • Exposition universelle de 1851, travaux de la commission française sur l'industrie des nations. T. III, seconde partie, Paris : Imprimerie impériale, 1855.

    p. 229
  • Tupinier, M. Le Baron. Rapport sur le matériel de la marine. Paris : Imprimerie royale, 1838.

    p. 211
  • "Correspondance des ports ; Rochefort, 30 janvier". Journal de la Marine, 4 février 1928.

    p. 50
  • Corvisier, A. " Une base navale et son arrière-pays : Rochefort à la fin du XVIIIe siècle ", in : Rochefort et la mer ; technique et politique maritimes aux XVII et XVIIIe siècles. Jonzac, Université francophone d'Eté, 1985.

    p. 59-66
  • Dupont ; Fardet, M. L'arsenal de Colbert. Rochefort, Centre international de la mer, 1986.

  • L'Echo charentais, 17 juin 1891.

    p. 3-4
  • Fardet, M. " Les ouvrages portuaires de Rochefort ", in : Rochefort et la mer ; technique et politique maritimes aux XVII et XVIIIe siècles. Jonzac, Université francophone d'Eté, 1985.

    p. 41-58
  • Fontainieu, Emmanuel de. L'Hermione ; de Rochefort à la gloire américaine. Paris : Editions de Monza, 2013.

  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 76-77
  • Merino, J. " Arsenaux et formes de radoub en Europe ", in : Rochefort et la mer ; technique et politique maritimes aux XVII et XVIIIe siècles. Jonzac, Université francophone d'Eté, 1985.

    p. 21-30
  • Merino, J. " Les arsenaux des Lumières ", in : Rochefort et la mer ; technique et politique maritimes aux XVII et XVIIIe siècles. Jonzac, Université francophone d'Eté, 1985.

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  • Pinard, Jacques. Les industries du Poitou et des Charentes : Étude de l'industrialisation d'un milieu rural et de ses villes. Poitiers : S. F. I. L., 1972.

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  • PINARD Jacques. Les bâtiments industriels de l'ancien arsenal de Rochefort. La Rochelle, 1979.

  • Collectif. Rochefort ; trois siècles en images. Comité d'histoire locale, t. 1, 1981.

  • Thomas. Mémoires pour servir à l'histoire de la ville et du port de Rochefort. Rochefort, Faye, 1828.

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  • Un siècle d'air et d'eau, 1896 à 1996. Issy-Les-Moulineaux, Zodiac, 1996.

  • Viaud, J. Th. ; Fleury, E. J. Histoire de la ville et du port de Rochefort. Rochefort, 1845, ré-ed. Marseille : Laffite-Reprints, 1977.

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