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Ensemble de 7 peintures : Cycle à la gloire de Vénus

Dossier IM40008624 réalisé en 2021

Fiche

Dénominationstableau
Aire d'étude et cantonGeaune
AdresseCommune : Geaune
Emplacement dans l'édificeancien hospice, réfectoire (en 1991)
Commune : Mont-de-Marsan Adresse : 6 place Marguerite-de-Navarre

Ce cycle de peintures sur le thème de Vénus a été étudié en détail, au moment de sa redécouverte, par Jean-Pierre Suau, qui a publié ses conclusions dans un article du Bulletin de la Société de Borda en 1994. Le décor fut exécuté au tout début du XIXe siècle sur les quatre murs d'un salon, au premier étage d'une maison particulière donnant sur la rue Gourgues, artère principale de Geaune menant à la place et à l'église. La maison fut acquise en 1970 par la commune de Geaune pour devenir l'hospice municipal. Lorsqu'il fut question de reconstruire cet établissement, en 1986, l'ensemble pictural, "découvert sous plusieurs couches de tapisseries", fut déposé en vue de sa préservation, marouflé sur des panneaux métalliques et inscrit au titre des Monuments historiques en juin 1987. Devenues des tableaux mobiles, les peintures furent alors réinstallées dans le réfectoire, le salon et le bureau du directeur de la nouvelle maison de retraite. En 1991, à l'occasion d'un pré-inventaire, seules deux des peintures (Vénus et Adonis et Les trois Grâces) purent être étudiées dans la salle à manger. Depuis lors, le cycle complet a été déposé en mai 2014 dans les réserves du musée Despiau-Wlérick à Mont-de-Marsan (comm. de M. Anthony Rault, directeur de la maison de retraite de Geaune).

Le tableau du Départ d'Adonis est inspiré d'une célèbre composition du Titien, dont le prototype (perdu) fut peint à Rome vers 1545-1546 pour le cardinal Alexandre Farnèse et une seconde version en 1554 pour Philippe II d'Espagne, aujourd'hui conservée au musée du Prado à Madrid. La copie de Geaune ne dérive pas du modèle madrilène, mais du "type Farnèse" (variante avec un Amour différent), représenté par la version de la National Gallery de Washington. Dans le sens inverse de l'original, le copie reproduit l'une des gravures en contrepartie qui diffusèrent la composition titianesque, peut-être celle de l'Anglais Robert Strange (1762-1769). Le Repos de Vénus dérive lui aussi, plus librement, d'un modèle du Titien, la figure éponyme de Vénus et l'Amour (parfois accompagnés d'un musicien), composition créée vers 1550 et connue en plusieurs versions (Florence, Madrid, Cambridge, Berlin, New York).

La source visuelle des Trois Grâces - non identifiée jusqu'à présent - est une composition de Charles André (Carle) van Loo (1705-1765), dont l'une des versions est aujourd'hui au County Museum of Art de Los Angeles. L'œuvre, alors dans la collection Damery, fut gravée à Paris en 1769 par Jacques-Jean Pasquier, estampe qui a probablement servi de modèle au copiste de Geaune.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle
Stade de créationcopie interprétée de peinture
Lieu d'exécutionCommune : Geaune
Auteur(s)Auteur de la source figurée : Vecellio Tiziano , dit(e)
Vecellio Tiziano , dit(e) (1488 - 1576)
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peintre
Auteur de la source figurée : Van Loo Charles André , dit(e)
Van Loo Charles André , dit(e) (1705 - 1765)

Né à Nice le 15 février 1705, mort à Paris le 15 juillet 1765, fils de Louis-Abraham van Loo. Gouverneur de l'École royale des élèves protégés en 1749, recteur (1754) puis directeur (1763) de l’Académie royale de peinture et de sculpture, Premier peintre du roi en juin 1762.


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peintre

Le décor était, à l'origine, exécuté à l'huile, sans préparation, directement sur un enduit de plâtre, de chaux et de terre posé sur les murs du salon. Les scènes recouvraient les deux tiers de la hauteur des parois au-dessus d'un lambris d'appui ; elles étaient disposées à raison d'une, deux ou trois scènes par mur, de part et d'autre de la porte d'entrée à l'est, de la cheminée qui lui faisait face à l'ouest et des deux fenêtres qui ouvraient au sud sur la rue Gourgues ; seul le pan de mur à gauche de la cheminée ne comportait pas de peinture, sans doute en raison de l'installation prévue d'un meuble de grande taille. Le Jugement de Pâris, de dimensions inférieures à celles des autres panneaux, était placé en trumeau au-dessus de la cheminée.

Les sept peintures, détachées de leur enduit d'origine, ont été transposées sur des supports métalliques (voir état).

Catégoriespeinture murale, peinture
Structuresrectangulaire horizontal rectangulaire vertical
Matériauxenduit, support peinture à l'huile, marouflé
métal, support
Mesuresh : 165.0 (hauteur de cinq peintures mythologiques)
la : 199.0 (largeur du "Départ d'Adonis pour la chasse")
la : 184.0 (largeur des "Trois Grâces")
h : 135.0 (hauteur du "Jugement de Pâris")
la : 83.0 (largeur du "Jugement de Pâris")
h : 183.0 (hauteur de "Vénus offrant Hélène à Pâris")
la : 127.0 (largeur de "Vénus offrant Hélène à Pâris")
Précision dimensions

Dimensions de la surface peinte.

Iconographiesscène mythologique, Vénus, repos, lit, tenture
scène mythologique, Vénus, Adonis, amour, repos
scène mythologique, Vénus, Adonis, départ, séparation, chasse, chien, Cupidon
figures mythologiques, les Grâces
scène mythologique, Pâris myth., Vénus, jugement, pomme d'or, Cupidon
scène mythologique, Pâris myth., Vénus, Hélène, présentation, Cupidon
représentation d'objet, vase, bouquet, fleur
Précision représentations

Premier tableau. Le Repos de Vénus : la déesse, son corps légèrement couvert d'une tunique transparente, est étendue sur un lit de repos jonché de bouquets de roses, sous une tenture rouge suspendue à un arbre, dont elle écarte un pan pour dévoiler un paysage agreste ; derrière le lit, une balustrade où sont posées deux colombes se becquettant, les attributs habituels de Vénus. Le copiste a repris de l'original du Titien le corps de Vénus, le lit et la tenture (avec variante), mais a modifé la position de la tête et des bras de la déesse et supprimé les autres éléments (Cupidon et le chien).

Deuxième tableau. Les amours de Vénus et d'Adonis : les deux amants, enlacés et couchés à demi sur un lit de repos en pleine nature, se reposent au cours d'une partie de chasse.

Troisième tableau. Sujet tiré des Métamorphoses d'Ovide : Vénus, éprise du jeune mortel Adonis, tente de l'empêcher de partir à la chasse, pressentant le sort tragique qui l'attend (il sera tué par un sanglier envoyé par le dieu Mars jaloux). Le jeune homme tient en laisse ses deux chiens, tandis que l'Amour, fils de Vénus, observe la scène au pied d'un arbre où est suspendu le carquois du chasseur.

Quatrième tableau. Les trois Grâces (ou Carites), suivantes de Vénus, se tenant par la main sous un chêne auquel est suspendue une grande tenture rouge. Les déesses, contrairement au modèle original de Van Loo, où elles sont figurées nues selon la tradition, sont ici vêtues de courtes tuniques de couleur blanche ou jaune, sur lesquelles sont drapés de légers manteaux bleu ou jaune.

Cinquième tableau. Le Jugement de Pâris. La scène est ici limitée à trois personnages, les déesses Junon et Diane n'étant pas figurées. Le prince troyen, assis sur un tertre herbu au pied d'un arbre, vêtu en berger et coiffé du bonnet phrygien, sa houlette et sa flûte posées à ses pieds, offre la pomme d'or à Vénus debout devant lui et accompagnée de l'Amour qui pointe sa flèche vers la pomme ; dans le ciel au-dessus de Vénus brille l'étoile du berger.

Sixième tableau. Vénus offre Hélène à Pâris : Vénus, sortant d'une nuée, dévoile aux yeux de Pâris (coiffé du bonnet phrygien et tenant sa houlette de berger) Hélène, reine de Sparte ("la plus belle femme du monde"), dont elle lui a promis l'amour en récompense du don de la pomme d'or à la déesse. Hélène est assise, endormie, sur un rocher, son bras gauche appuyé sur un arc ; Cupidon, au côté de Pâris, bande son arc pour décocher une flèche à la reine. [N.B. : scène intitulée "Pâris, Vénus, l'Amour et Diane ?" par J.-P. Suau, 1994]

Septième tableau. Un vase de jardin, en forme de vase Médicis à panse cannelée, empli d'un bouquet de tulipes et d’œillets, posé sur un piédestal de pierre sur fond de frondaisons.

Les peintures sont encadrées par des colonnes ou pilastres feints, au fût en faux marbre veiné, forment séparation entre les différentes scènes.

État de conservationsupport restauré
remontage
manque
Précision état de conservation

Les peintures, exécutées à l'huile sur un enduit de plâtre et de chaux, ont été déposées et transférées sur des supports métalliques mobiles. Elles ont été restaurées en 1987 par Frédérique Thomas, restauratrice à Estibeaux (Landes), qui a restitué de nombreuses lacunes dues à l'arrachage du papier peint collé a posteriori sur les peintures. Un lait de chaux appliqué au XXe siècle sur l'ensemble des surfaces a partiellement détruit certains pigments (par exemple le bleu des fonds de ciel). La partie droite des Amours de Vénus et Adonis avait été détruite dans les années 1970 par l'installation d'un lavabo dans le salon, devenu chambre à coucher d'un résident de la maison de retraite. Il manque probablement une peinture avec Vase de fleurs, qui devait faire pendant à la peinture de même sujet, du côté gauche des Trois Grâces sur le mur nord de l'ancien salon.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsinscrit au titre objet, 1987/06/18
Précisions sur la protection

Arrêté de protection : "Six peintures murales décorant l'ancienne salle de l'hospice, couvrant une surface de quinze mètres carrés".

Références documentaires

Bibliographie
  • SOUSSIEUX Philippe. Dictionnaire historique des Landes. Études landaises, 2012.

    P. 322.
Périodiques
  • SUAU Jean-Pierre. "Découverte et sauvegarde d'un cycle à la gloire de Vénus, peint dans une maison de Geaune au début du XIXe siècle", Bulletin de la Société de Borda, 1994, tome 2.

    P. 5-30.
  • MARTIN Benoît. "Fresques mystérieuses de Geaune : de la maison de retraite au musée". Sud-Ouest, 19 mai 2014.

  • LASTIC Georges de. "Les Grâces de Carle Van Loo". Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1973.

    P. 193-198.

Liens web

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