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Église paroissiale Saint-Barthélemy

Ensemble de 2 cloches

Dossier IM40007393 réalisé en 2018

Fiche

Dénominationscloche
Aire d'étude et cantonTartas ouest
AdresseCommune : Rion-des-Landes
Adresse : place des Droits-de-l'Homme
Emplacement dans l'édificeclocher

Comme l'indique l'abbé Daugé dans sa monographie (1912), ces cloches furent fondues le 11 novembre 1847, au pied même de l'église, par "le sieur Martin", sans plus de précision. Toutes deux portent la marque "Auguste Martin" qui, à cette date, ne semble pas pouvoir désigner le saintier lorrain Augustin, dit Auguste Martin (Breuvannes 1797-1865), retiré deux ans auparavant, mais plutôt son deuxième fils, Joseph-Augustin, également surnommé Auguste (Breuvannes 1815-1875). Ce dernier avait été associé à son père et à ses frères Édouard (1813-1881) et Alphonse (1821-1893) de 1833 à 1845 sous la raison sociale "Martin père et fils". Il travailla ensuite en société avec Paul Gouyot et Émile Mutel, avec qui il mena une carrière itinérante en France (principalement dans les Landes), avant de se retirer lui-même en 1865 dans son Bassigny natal pour s'y marier. Certaines obscurités qui entourent encore la carrière et les associations successives des différents membres de la famille Martin empêchent toutefois d'écarter absolument l'attribution des deux cloches de Rion à Auguste Martin père.

Les nouvelles cloches remplaçaient dans l'ancien clocher de Rion (rebâti en 1868) un instrument de 1720 "entièrement hors de service", qui avait échappé aux réquisitions révolutionnaires de la fin 1793. Les souscripteurs les plus généreux, Jacques Maque, ancien maire de la commune (de 1833 à 1838), Jeanne Lasserre, veuve Callede, Jean Boré, propriétaire à Pinache, et la belle-mère de ce dernier, Marguerite Bonnan, furent choisis pour parrainer les deux cloches. Les moutons, cordes et autres accessoires furent acquis en mai 1849 avec un supplément de dépense de 217 francs (Daugé, p. 311).

Les cloches furent inventoriées en février 1906 sous les numéros 83 et 84. A cette occasion, la fille naturelle de Jacques Maque, Madeleine Dufourcq-Poisson (1836-1910), elle-même mère d'Albert Poisson (1855-1931), maire de Rion de 1887 à 1925, revendiqua la seconde cloche.

Les deux cloches sont équipées depuis leur électrification de moteurs de tintement de la maison Bach.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle
Dates1847, porte la date
Lieu d'exécutionCommune : Rion-des-Landes
Auteur(s)Auteur : Martin Joseph-Augustin , dit(e)
Martin Joseph-Augustin , dit(e) (1815 - 1875)

Prénom usuel : Auguste. Membre d'une dynastie de fondeurs de cloches lorrains, né à Breuvannes (Haute-Marne) le 1er juin 1815, mort dans la même ville le 10 avril 1875 ; deuxième fils aîné du fondeur Auguste Martin (1787-1865) et de Marie-Catherine Causard ; frère des fondeurs Bernard Édouard (1813-1881) et Alphonse (1821-1893) Martin. Associé à son père et à ses frères à partir de 1833 ("Martin père et fils"), puis en société avec Paul Gouyot et Émile Mutel, avec qui il mena une carrière itinérante en France (principalement dans les Landes), avant de se retirer en 1865. Il épousa à Breuvannes, le 26 septembre 1866, Marguerite Aubry.


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fondeur de cloches (?), signature
Auteur : Martin Augustin , dit(e)
Martin Augustin , dit(e) (1787 - 1865)

Membre d'une dynastie de fondeurs de cloches lorrains, né à Breuvannes (Haute-Marne) le 27 août 1787, mort dans la même ville le 20 avril 1865 ; fils du fondeur Jean-Baptiste Martin (1745-1822) et de Marie-Anne Mouchotte, et neveu des fondeurs Jacques, Jean et Nicolas Martin et Jean-Baptiste Mouchotte ; frère des fondeurs Jacques II, Bernard, François, Alexis, Louis et Nicolas II Martin. Épouse à Breuvannes, le 7 janvier 1812, Marie-Catherine Causard (sœur du fondeur Jean-Baptiste Causard et belle-sœur du fondeur Jean-Baptiste Malnuit), dont il eut trois fils : Bernard-Édouard (1813-1881), Joseph-Augustin dit Auguste (1815-1875) et Alexis-Alphonse (1821-1893). D'abord associé à ses frères Bernard et François, il le fut ensuite avec ses trois fils de 1833 à 1845, date à laquelle il se retira.


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fondeur de cloches (?), signature

Cloches suspendues de volée ; tintement par actionnement électrique ; couronnes d'anses usuelles ; moutons en orme (en deux éléments), à deux brides rondes et deux plates (cloche 1) ou à quatre brides plates (cloche 2) ; battants en fer forgé à extrémité percée. Inscription : un dossier par lettre.

Catégoriesfonderie de cloches
Structuressuspendu
Matériauxbronze, fondu à la cire perdue, décor en relief
orme
fer, forgé
Mesuresh : 74.0 (hauteur de la cloche 1 sans la couronne d'anses, à la tangente)
h : 91.0 (hauteur de la cloche 1 avec la couronne d'anses, à la tangente)
d : 91.0 (diamètre de la cloche 1)
h : 67.0 (hauteur de la cloche 2 sans la couronne d'anses, à la tangente)
h : 83.0 (hauteur de la cloche 2 avec la couronne d'anses, à la tangente)
d : 82.5 (diamètre de la cloche 2)
IconographiesChrist en croix, sainte Madeleine, Vierge à l'Enfant, filet
Christ en croix, sainte Madeleine, Vierge à l'Enfant, filet
Précision représentations

Les deux cloches portent le même décor : Christ en croix avec sainte Madeleine (croix sur socle orné de palmettes et d'enroulements d'acanthe) ; Vierge à l'Enfant ; filets sur le vase supérieur (2, 2 et 4), à la faussure (5) et à la pince (3).

Inscriptions & marquesdédicace, fondu
signature, fondu
date, fondu
Précision inscriptions

Cloche 1. Dédicace et date (en deux lignes sur le vase supérieur, chacune introduite par une main indicatrice, les différentes sections séparées par des fleurons [*]) : [main] SANCTUS BARTHOLOMŒUS * MR LESTAGE DOMINIQUE CURE * MR TARTAS GUILLAUME MAIRE 1847 / [main] PARRAIN MR MAQUE JACQUES MARRAINE MME LASSERRE JEANNE A CHAMBRET. Signature (sous le Christ en croix, à la faussure, entre deux filets) : AUGUSTE MARTIN FONDEUR.

Cloche 2. Dédicace et date (en deux lignes sur le vase supérieur, chacune introduite par une main indicatrice, les différentes sections séparées par des fleurons [*]) : [main] SANCTA MARIA * MR LESTAGE DOMINIQUE CURE * MR TARTAS GUILLAUME MAIRE 1847 / [main] PARRAIN MR BORE JEAN A CHAMBRET MARRAINE MME BONNAN MARGUERITE A PINACHE. Signature (sous le Christ en croix, à la faussure, entre deux filets) : AUGUSTE MARTIN FONDEUR.

État de conservationbon état
Précision état de conservation

Les deux cloches ont conservé leurs moutons et battants d'origine.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Extrait de : Césaire Daugé, "Rion-des-Landes, son histoire", troisième partie, chapitre I ("Rion paroissial de 1803 à 1863"), p. 283-284

    "En 1847, nouvel appel à la générosité et à la piété des habitants. La cloche, qui durait depuis 127 ans (elle avait donc était [sic] fondue en 1720), se trouva entièrement hors de service. La charité publique se surpassa ; la quête par quartiers produisit 1.900 francs. Le résultat eut été plus beau encore sans une scission qui se produisit parmi les habitants. Quelques-uns opinaient pour un bourdon dont la voix sonore aurait ébranlé tous les échos de la paroisse. D'autres préféraient deux cloches s'harmonisant entre elles. Ces derniers l'emportèrent ; mais les premiers, tenant rigueur, ne décordèrent pas leur bourse. Les deux cloches furent fondues avec un plein succès, au pied même du clocher, le 11 novembre 1847, jour de Saint-Martin, par le sieur Martin, fondeur [Note : Mairie de Rion, D. I, p. 57, v.]. M. Jacques Maque arrive en tête des plus généreux donateurs avec une somme de 600 francs. A sa suite, nous trouvons M. le curé Lestage, 217 fr. ; Jeanne Lasserre, veuve Callede, à Chambret, 50 fr. ; Boré, à Chambret, 50 fr. ; Marguerite Bonnan et Boré, son gendre, à Pinache, 10 fr. [...] Nous ne citons pas les souscriptions à 5 francs ni celles qui leur sont inférieures : c'était l'obole du pauvre aussi méritoire que celle du riche. Nous ne citerons pas non plus les réfractaires ; car il y eut des réfractaires ainsi flétris sur le registre qui mentionne ce bel élan paroissial : "La liste de ceux qui au lieu d'écouter la voix de l'honneur, du bien public, de la charité, de la piété et de la générosité, n'ont écouté que la voix de l'égoïsme et de l'avarice, et ont renoncé à avoir aucune part aux avertissements des cloches qui sont, dans tant d'occasions, la voix même de Dieu, n'ont voulu rien donner - ou n'ont pu - Dieu le sait". Qu'il nous suffise de dire qu'il y eut 9 réfractaires au quartier du Cournau, autant au quartier d'Estiey, 18 au quartier du bourg, 9 au quartier de Mascous et 10 au quartier de la Gouarde."

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Références documentaires

Documents d'archives
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 22 février 1906.

    n° 83 et 84 Archives départementales des Landes : 70 V 286/7
Bibliographie
  • DAUGÉ Césaire. Rion-des-Landes : son histoire. Bergerac : Imprimerie générale du Sud-Ouest, 1912.

    p. 283-284, 311
  • FAIVRE Jean-Bernard, MATÉOS Vincent. Cloches, sonnailles, carillons en pays landais. Bordeaux : Le Festin, 2011.

    p. 16, 19
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