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Eglise Saint-Révérend

Dossier IA17004241 réalisé en 2000

Fiche

VocablesSaint-Révérend
Dénominationséglise
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Matha
AdresseCommune : Les Éduts
Adresse : place du
19 Mars 1962
Cadastre : 1835 A3 981 ; 2016 A 682

L'église Saint-Révérend des Eduts remonte au 12e siècle. La façade occidentale, jusqu'à la corniche à modillons, est romane et date de cette période. Le petit clocher-mur au-dessus est le fruit d'un réaménagement postérieur, sans doute à la période moderne, mais les claveaux sculptés sont des éléments romans en remploi. Sous la fenêtre se trouve scellée une pierre sculptée d'un écu avec une date (162-, 1626 d'après le Docteur Texier), mais rien ne permet d'affirmer que cet élément est en rapport avec l'histoire de la construction de l'église. La nef est difficilement datable : si le mur sud peut remonter à la construction primitive, le mur nord a été entièrement remonté en moellons à une époque indéterminée.

Le choeur a quant à lui été reconstruit dans le style gothique vers la fin du 13e siècle ou le début du 14e siècle. La forme des ouvertures, les voûtes et leurs supports, ainsi que les peintures murales qui l'ornent sont datables de cette période. En revanche, les peintures mises au jour sur le mur sud de la nef sont postérieures et datent du 15e siècle, voire du début du 16e siècle.

Avec la suppression de la paroisse des Eduts, rattachée à celle de Néré suite à la Révolution, l'église est désaffectée et peu à peu abandonnée. En bon état au début du 19e siècle, elle échappe semble-t-il de peu à la vente. Au milieu du 20e siècle, Charles Connoué décrit un édifice livré aux ronces et au bord de la ruine, dont seule la façade est un peu entretenue. L'église est classée Monument Historique en 1973 et sauvée de la destruction par une importante restauration. Les peintures murales sont alors mises au jour mais elles n'ont pas été entièrement dégagées.

Une apparition aurait eu lieu dans l'église dans la soirée du 19 mai 1803 : d'après la tradition, le sacristain Pierre Pinaud, alors qu’il allait sonner l’angélus, vit un ange aux longues ailes blanches, tenant un grand livre et une torche allumée qui jetait une lumière bleue. Effrayé, il s'enfuit et fit venir les villageois qui trouvèrent seulement la torche sur l’autel. Celle-ci était d'une matière molle et froide et la flamme bleue ne brûlait pas...

Période(s)Principale : 12e siècle, limite 13e siècle 14e siècle, Temps modernes
Dates1626, porte la date

L'église des Eduts, sous le vocable de Saint-Révérend, est orientée, c'est-à-dire que le choeur se trouve face à l'est. Elle possède un plan rectangulaire très simple.

La façade occidentale est flanquée de deux contreforts plats. Le portail en plein cintre présente deux voussures, la première sur jambages, la seconde sur colonnettes à chapiteaux sculptés de feuillages, toutes deux reliées par des abaques à dents-de-scie. Le bandeau d'archivolte est orné de pointes de diamant. Sous la fenêtre se trouve une pierre sculptée avec une couronne végétale, un écu, une inscription et une date tronquées. Les modillons de la corniche sont sculptés : on reconnaît un serpent, des fleurs, un tonnelet, une tête d'homme barbu et un dragon.

La façade est coiffée d'un clocher-mur au sommet du pignon. L'ouverture pour la cloche, en plein cintre, présente des claveaux remployés sculptés de losanges. La cloche porte l'inscription suivante : « Saint-Révérend 1884 Decaud maire Robert adjoint N. Pineau J. Hubert PB. Pineau Gauvin Clouzeau Renaudon P. Hubert P. Pineau conseillers municipaux moine prêtre M. Pineau instituteur ». Elle porte la signature de la fonderie Amédée Bollée du Mans.

Les murs latéraux de la nef, aveugles, supportent une charpente. L'ancienne chaire est visible près de l'entrée. Sur le mur sud, près du choeur, apparaît une peinture murale représentant la sagittation de saint Sébastien : le saint, vêtu d'un simple pagne, est attaché à un arbre au centre, tandis que deux archers de part et d'autre le transpercent de flèches.

L'arc triomphal, très légèrement brisé, donne sur le choeur à deux travées couvert de voûtes d'ogives. Celles-ci retombent sur des colonnes engagées à chapiteaux sculptés de feuillages et de crochets. Les clés de voûte sont également sculptées de feuilles. Deux fenêtres en arc brisé éclairent le choeur, une troisième sur le mur est, à deux lancettes surmontées d'un oculus, est aujourd'hui murée. L'ancienne sacristie dans laquelle donnait la porte à droite a été démolie. A l'extérieur, des contreforts épaulent les murs surmontés d'une corniche à modillons nus.

Des peintures murales ont été partiellement dégagées sur les murs est et sud du choeur. A gauche de l'autel, on reconnaît la Vierge à l'Enfant assise : le sol est traité en losanges rouges sur fond jaune, le fond est décoré de fleurettes se retrouvant sur l'ébrasement de la baie murée. Un autre personnage devait lui faire pendant à droite de l'autel, mais il est encore presque entièrement masqué par l'enduit. Sur le mur sud, de part et d'autre de la fenêtre, apparaissent deux personnages debout (celui de gauche très mutilé, celui de droite partiellement dégagé) sur un fond de fleurettes et de branchages.

Murscalcaire pierre de taille
moellon
Toittuile creuse
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte d'ogives
charpente en bois apparente
Couverturestoit à longs pans
État de conservationrestauré
Techniquespeinture
sculpture
Représentationsornement géométrique, losange, dent de scie, pointe de diamant ornement en forme d'objet, écu, tonneau ornement végétal, feuille, fleur, couronne végétale ornement animal, serpent, dragon ornement figuré, tête d'homme représentation figurative, Vierge à l'Enfant, personnages, saint Sébastien
Précision représentations

Portail orné de colonnettes à chapiteaux sculptés de feuillages, d'abaques à dents-de-scie et d'un bandeau d'archivolte en pointes de diamant. Sous la fenêtre, pierre sculptée avec une couronne végétale et un écu. Modillons de la corniche sculptés d'un serpent, de fleurs, d'un tonnelet, d'une tête d'homme barbu et d'un dragon. Claveaux sculptés de losanges ornant la baie de la cloche.

Chapiteaux et clés de voûtes du choeur ornés de motifs végétaux sculptés (feuillages).

Peintures murales représentant le martyr de saint Sébastien, la Vierge à l'Enfant et d'autres personnages non identifiés.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1973/07/23

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1817 : état des églises et des presbytères de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 52 V 1
  • 1806, 7 juin : statistique concernant les églises de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 54 V 1
Bibliographie
  • Chapacou, Denis. Aulnay, un voyage dans l'histoire du canton, 1995.

    p. 28
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge, t. 3. Saintes : Delavaud, 1952-1961.

    p. 69
  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 122
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély : Canton d'Aulnay, t. 2. Saint-Jean d'Angély : Brisson, 1970.

    p. 11
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Ivars Martine - Barreau Pierrick