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Église Saint-Pierre-ès-Liens

Dossier IA86007796 réalisé en 2010
Vocablessaint Pierre ès Liens
Dénominationséglise
Aire d'étude et cantonPays Civraisien - Civray
AdresseCommune : Saint-Pierre-d'Exideuil
Cadastre : 1830 E2 656 ; 2009 C 409

La paroisse de Saint-Pierre-d'Exideuil se développe au nord-ouest de la ville de Civray qui relève, jusqu'au milieu du 12e siècle, du comté de la Marche. L'église " sancti petri de Issinodio " apparaît pour la première fois dans la liste des possessions de l'abbaye Saint-Junien à Nouaillé confirmées en 1118 par le pape Gélase II (Monsabert, A.H.P., 1936, p. 316). La paroisse Saint-Pierre est à nouveau citée en 1128 dans un jugement rendu par l'évêque d'Angoulême Géraud concernant le litige opposant les religieux de Nouaillé et de Charroux quant à la possession de l'église Saint-Clémentin à Civray. Cependant, la première fondation d'un édifice chrétien est plus ancienne. P. Besly fait référence à un document daté de 893 signalant une église dédiée à saint Pierre près du château de Layré, sur la Charente, paroisse de Savigné (P. Besly, Histoire des comtes de Poitou, Paris, 1647, p. 209. Cité dans Rédet, 1881, p. 226). Layré, ancien fief de la paroisse Saint-Pierre relevant du comté de Civray, est situé sur la rive droite de la Charente. En l'absence d'autres sources, la date de 893 est à prendre avec réserve.

La paroisse Saint-Pierre s'étend sur les deux rives de la Charente et son histoire semble étroitement liée à celle de Civray. L'église, au moins à partir du 15e siècle, est une annexe du prieuré Saint-Nicolas à Civray comme en témoigne un document du 15 novembre 1443 mentionnant un curé de Saint-Nicolas et de Saint-Pierre d'Exideuil (Mandon, 2001, p. 22, note 118).

Dans la seconde moitié du 16e siècle, la région de Civray, qui a favorablement accueilli la Réforme protestante, est durement touchée par les guerres de Religion. La ville est plusieurs fois assiégée et l'église Saint-Pierre est partiellement détruite (Sauvaget, juin 1987, p. 5).

Après la signature de l'édit de Nantes (1598), la Réforme s'affirme dans le Civraisien ; une forte communauté protestante est présente sur le territoire de Saint-Pierre-d'Exideuil jusqu'aux années 1680 (Guillemet, 2003, p. 140, 294). La réaction catholique se manifeste notamment par l'arrivée de nouvelles congrégations et la reconstruction des églises. Les Capucins s'installent sur le territoire de la paroisse Saint-Pierre, près de la porte Sénéjaut de Civray. L'église Saint-Pierre est restaurée à l'initiative de Jacques Maron de la Bonnardelière : réfection du mur nord, de l'arc triomphal et de la façade. Les travaux sont achevés avant le décès du commanditaire, en 1683. La paroisse abrite alors 135 feux. En 1737, Jean Coudreau, de Blanzay, érige le clocher-mur ; l'année suivante, les deux cloches sont installées et le sol de l'église est pavé à neuf. La couverture de l'abside est également refaite en pierre plate au 18e siècle (Rougier, juin 1980, p. 10).

La paroisse Saint-Pierre devient en 1789 la commune Saint-Pierre-d'Exideuil dont l'étendue recouvre presque intégralement l'ancien territoire paroissial ; lors de la Terreur, la commune est provisoirement dénommée Pierre-la-Plaine. L'église, ancienne annexe du prieuré Saint-Nicolas, devient paroissiale en 1844 (Rédet, 1881, p. 384).

L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 21 décembre 1904. Une importante campagne de restauration est menée en 1907 par l'architecte Déverin. La voûte en berceau s'étant effondrée à l'entrée du chœur, la nef reçoit une nouvelle voûte en brique, la charpente et la couverture sont refaites, le mur nord est restauré. En 1928, une nouvelle sacristie est adossée au mur sud du chevet. Les travaux de la seconde moité du 20e siècle concernent principalement la toiture de l'église : réfection des couvertures de la nef en 1945 et du chevet en 1966. En 1993, la couverture de la nef est à nouveau restaurée sous la direction de l'architecte en chef des Monuments Historiques François Jeanneau. Préalablement à la restauration, les maçonneries anciennes sont nettoyées et parfois reprises.

Période(s)Principale : 12e siècle
Secondaire : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'église Saint-Pierre-ès-Liens s'élève, entourée du cimetière, au centre de l'ancien village. Édifiée à l'époque romane, elle a conservé son plan originel en dépit des destructions et restaurations qui l'ont affectée. De plan allongé, elle est orientée et se compose d'une nef à quatre travées et d'un chœur à travée droite et abside demi-circulaire. Selon P.-A. Brouillet, elle mesure 26,30 mètres en longueur et la nef est large de 6,20 mètres. Les élévations et la toiture de l'édifice roman ont été plus altérées. La maçonnerie est hétérogène : moellons équarris assisés pour les murs gouttereaux, parement en pierre de taille pour le chevet et la façade, reprises en pierre de taille. Le niveau actuel du toit à longs pans couverts en tuile plate de la nef ne correspond sans doute pas à celui de l'église romane. En outre, les versants sont plus pentus qu'au 19e siècle, comme en témoigne un dessin de P. A. Brouillet, publié en 1865 (fig. 1) ; sur ce même document, le pignon oriental séparant le toit de la nef et celui du chevet n'apparaît pas. Ce dernier, un toit à croupe ronde couvert en pierre plate, a été repris au 18e siècle et au 20e siècle. La lauze est toutefois un matériau de couverture utilisé à l'époque romane.

L'église ouvre à l'ouest par une façade-pignon couronnée d'un clocher-mur à deux baies construit en 1737, quelques décennies après une première restauration de la façade. Érigée en moyen appareil, la façade actuelle est confortée aux angles par deux petits contreforts plats terminés en larmier. Un portail couvert en plein cintre ouvre dans l'axe de l'élévation. La voussure, nue, est composée de deux rouleaux et d'une archivolte moulurée ; le rouleau externe repose sur les colonnes des piédroits dont les chapiteaux portent un décor sculpté (cf. Annexe sur le décor sculpté). Les tailloirs se prolongent en larmiers régnant jusqu'aux contreforts. Toujours dans l'axe, une baie couverte en plein cintre éclaire la partie haute de la façade.

La façade est légèrement débordante par rapport à la nef. L'extrémité ouest du mur gouttereau sud de la nef présente un ressaut de faible épaisseur qui rachète cette irrégularité et forme l'angle avec la façade. Elle est renforcée d'un contrefort plat. Cette élévation sud est construite en pierres de taille et en moellons disposés en assises de hauteur irrégulière. Le mur est appuyé de trois contreforts plats et chaque travée est éclairée d'une étroite baie couverte d'un bloc monolithe en plein cintre. En partie haute du mur gouttereau, une série de modillons sculptés supporte trois assises de pierre formant encorbellement ; ce dernier peut être une adjonction postérieure à l'époque romane. Plusieurs modillons romans ont été réemployés dans la troisième travée. Une construction en pierre couvert en tuiles creuses, qui abrite un escalier en vis, est adossée à l'extrémité est du mur sud, avant la travée droite du chœur.

Le chevet, à travée droite et abside demi-circulaire, prolonge directement la nef. Il présente une maçonnerie en moyen appareil de calcaire ; la base des murs est moulurée. La jonction entre la travée droite et l'abside est appuyée d'un contrefort rectangulaire sur dosseret et l'abside est épaulée par cinq contreforts-colonnes sur dosseret. La travée droite et l'abside sont éclairées par des baies couvertes en plein cintre flanquées de deux colonnettes. La baie d'axe du chevet a reçu un décor particulier : arc décoré de deux tores superposés, archivolte et tailloirs des chapiteaux ornés de pointes de diamant. Les autres baies sont plus sobrement pourvues d'archivoltes et de tailloirs moulurés que l'on retrouve dans plusieurs églises du pays civraisien comme, par exemple, à Saint-Nicolas de Civray. Le soin apporté à l'architecture du chevet est renforcé par la sculpture qui en souligne les points de force et orne les chapiteaux des colonnettes des fenêtres du chevet, ceux des contreforts-colonnes de l'abside et les modillons de la corniche. Majoritairement végétale ou géométrique, cette ornementation inclut aussi quelques motifs du bestiaire roman (personnage nu aux jambes relevées, diable, tête de cochon, quadrupède représenté de dos...). Elle est décrite dans l'annexe 1 consacrée au décor sculpté roman.

Si le chevet est ponctué ça et là de lancis, le mur nord de la travée droite a, en revanche, été refait au début du 20e siècle. Il est éclairé d'une baie en plein cintre moderne, copie de la baie romane du mur sud ; au rez-de-chaussée, une porte rectangulaire permet de communiquer directement avec le cimetière.

La même campagne de travaux a présidé à la réfection de certains éléments de l'élévation nord de la nef, déjà restaurée au 17e siècle. Le mur présente une maçonnerie disparate de pierres de taille en remploi et de moellons équarris disposés en assises de hauteur irrégulière. Comme au sud, le ressaut occidental du mur, au parement régulier, forme l'angle avec la façade débordante ; il est conforté d'un contrefort plat. En partie haute, trois assises de pierres en encorbellement reposent sur des modillons à décor géométrique. Appuyé de trois contreforts à un ressaut, le mur gouttereau est percé de quatre étroites baies couvertes en plein cintre. L'encadrement harpé des baies, les modillons et l'encorbellement ont été restaurés au 20e siècle.

Le portail occidental est l'entrée principale de l'église. Il ouvre sur une nef unique dont le sol est en contrebas par rapport à l'extérieur. La différence de niveau est rachetée par des marches aménagées au milieu de la première travée de la nef.

La nef est couverte d'une voûte en berceau brisé en brique soutenue par des arcs doubleaux. Ces derniers sont formés, sur les deux-tiers du tracé, d'un seul rang de voussoirs, les reins sud conservant deux rangs de petits voussoirs provenant des anciens arcs doubleaux.

La voûte repose sur les murs gouttereaux dotés de supports engagés recevant les arcs doubleaux. Le premier arc doubleau, à l'ouest, retombe sur des pilastres ; les deux suivants sont supportés par des colonnes engagées. Au nord, pilastre et colonnes sont dépourvus de décor ; au sud, le chapiteau de la seconde colonne sud porte un sobre décor gravé et les bases des deux colonnes sont ornées de griffes.

Le couvrement et les supports du mur gouttereau nord ont été refaits au début du 20e siècle. Au sud, les pilastre et colonnes engagées présentent des caractéristiques romanes tels le chapiteau de la deuxième colonne ou les griffes des bases.

Les murs gouttereaux, dont les parties hautes sont recouvertes d'un faux appareil, présentent en partie basse des disparités pouvant résulter de remaniements. Au nord, dans la seconde travée, la base du mur en moellons est appuyée de blocs de pierre rectangulaires formant une banquette. Dans les travées suivantes, le soubassement du mur est composé de deux assises de blocs taillées rectangulaires, les pierres de la rangée supérieure étant chanfreinées. Dans la quatrième travée, une troisième assise de pierres est visible. Des dalles en pierre sont régulièrement disposées devant le soubassement du mur nord - à l'exception de la quatrième travée - et du mur sud. La partie basse de ce dernier est recouverte de boiseries qui laissent apparaître une base légèrement talutée en moellons.

La nef est éclairée, au nord et au sud, par quatre baies couvertes en plein cintre dont l'ébrasement très évasé permet une meilleure diffusion de la lumière. Une petite ouverture aménagée à mi-hauteur du mur sud de la quatrième travée donne accès à un escalier en vis qui communique avec les combles de l'église.

Une arcade à deux rouleaux légèrement brisés marque l'entrée du chœur. Seule la partie sud de l'arcade romane a été conservée lors des restaurations successives. Le sanctuaire, dont le sol est surélevé par rapport à la nef, comprend une travée droite couverte d'une voûte en berceau légèrement brisé et une abside demi-circulaire couverte d'une voûte en cul-de-four. La travée droite, dont le mur nord a été refait au début du 20e siècle, est moins large que la nef et l'abside est elle-même plus étroite que la travée droite. Les baies de la travée droite et de l'abside, plus hautes et moins ébrasées que celles de la nef, sont couvertes en plein cintre. Chacune est inscrite dans un ressaut et encadrée de deux colonnettes à chapiteau sculpté et base moulurée dont la circonférence est souvent plus grande que celle des fûts.

L'intérieur de l'édifice conserve des éléments de décor peint et sculpté. Dans la nef, les murs gouttereaux portent un décor de faux appareil sur enduit et des traces de pigment rouge. Des fragments peint rouges apparaissent aussi sur les claveaux anciens des arcs doubleaux. Dans le chœur, la voûte en cul-de-four est ornée d'une peinture représentant la colombe du Saint-Esprit entourée d'anges ; l'intrados de l'arc triomphal est recouvert d'un enduit bleu et, sur la retombée nord, d'étoiles.

La sculpture se concentre essentiellement sur les chapiteaux des colonnettes des baies du sanctuaire, à l'exception de la fenêtre nord de la travée droite ; ils sont ornés de feuillages d'animaux stylisés. La sculpture est rare dans la nef où elle n'est portée que par le chapiteau de la deuxième colonne engagée du mur gouttereau sud. L'ensemble est détaillé dans l'annexe sur le décor sculpté roman.

Plusieurs dalles funéraires gravées sont conservées dans le dallage du sol de la nef.

Murscalcaire moellon
calcaire moyen appareil
Toittuile creuse, tuile plate, pierre en couverture
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte en berceau brisé
cul-de-four
Couverturestoit à longs pans
appentis
croupe ronde
Techniquespeinture
sculpture
Représentationsornement géométrique, pointe de diamant ornement végétal, feuillage, feuille ornement animal, animal, chien, cochon, oiseau, serpent ornement figuré, tête humaine, masque, tête d'ange figure allégorique chrétienne colombe du Saint-Esprit, ornement en forme d'objet, pot à feu, croix
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1904/12/21
Précisions sur la protection

Eglise : classement par arrêté du 21 décembre 1904.

Annexes

  • Annexe concernant le décor sculpté roman de l'église Saint-Pierre-ès-Liens à Saint-Pierre-d'Exideuil.

    Le décor sculpté roman de l'église Saint-Pierre-ès-Liens a été en partie préservé. À l'extérieur, il se déploie sur le chevet, où il est porté par des modillons de la corniche, les chapiteaux des colonnettes des baies et des contreforts-colonnes, et, dans une moindre mesure, sur le portail ouest et sur quelques modillons du mur gouttereau sud de la nef. L'édifice ayant été restauré à différentes reprises, il peut se poser la question de l'emplacement originel des sculptures conservées. À l'intérieur, le décor sculpté roman se concentre dans le chœur.

    Le portail de l'église, qui s'ouvre dans la façade restaurée au 17e siècle, présente deux chapiteaux ornés de motifs végétaux. À gauche, des palmettes disposées tête-bêche occupent toute la corbeille ; à droite, le chapiteau porte un décor de feuilles grasses qui jaillissent de la petite tête de monstre représentée sur la partie supérieure de l'arête.

    Ces motifs se retrouvent sur le chevet, où des feuillages, très présents dans la sculpture romane poitevine, décorent plusieurs chapiteaux. À Saint-Pierre-d'Exideuil, ils se partagent entre la feuille grasse (lacis végétal de tiges et folioles charnues) et la feuille d'eau lisse. Des feuilles grasses ornent le chapiteau du contrefort-colonne sud dont l'arête est mise en valeur par la volute d'angle. Elles sortent de la gueule d'un monstre sur le chapiteau de la colonnette gauche de la baie d'axe. À droite de cette fenêtre, c'est une grande feuille d'eau lisse qui se déploie sur l'arête. Deux feuilles lisses superposées, surmontées d'une volute d'angle, recouvrent les arêtes du chapiteau du contrefort-colonne sud-est. Les contreforts-colonnes du flanc nord de l'abside présentent une ornementation géométrique : un décor d'écailles triangulaires (dents de scie ?), un motif à nid d'abeilles.

    Des figures animales et humaines sont également distribuées sur le chevet. Deux oiseaux affrontés prennent place sur le chapiteau de la colonnette droite de la baie sud de l'abside alors qu'un masque humain orne son vis-à-vis. Au-dessus de cette baie, trois modillons romans portent, de gauche à droite, les représentations d'un personnage nu aux jambes relevées et à chevelure torsadée, d'un petit diable nu et d'une tête de cochon. Plus à l'est, au-dessus de la baie d'axe, deux modillons sont sculptés l'un d'une tête d'animal à bec plat, l'autre d'une tête animale brisée. Quatre des cinq modillons du mur sud de la travée droite du chœur portent également un décor sculpté animalier. Les deux de droite, ornés respectivement d'un quadrupède représenté de dos et d'un animal tirant la langue, peuvent être romans.

    Le bestiaire roman est vraisemblablement la source d'inspiration des sculpteurs qui ont exécuté les modillons modernes portant l'encorbellement du mur gouttereau sud de la nef. Parmi ceux-ci, cinq modillons érodés, de facture assez frustre, peuvent être des éléments romans réemployés : le septième modillon de la seconde travée, orné d'une tête humaine ; les modillons de la troisième travée, où sont représentés, de gauche à droite : une tête de chien (?), une tête d'animal, une tête de diable (?), une tête humaine, une tête animale moderne, un motif géométrique ou deux petits quadrupèdes. Ces sujets sont régulièrement représentés dans les églises romanes de la région.

    Une pierre sculptée, portant un décor à croix pattée encadrée de deux colonnettes, est utilisée en remploi dans l'angle ouest du bâtiment adossé à la quatrième travée du mur sud.

    Le décor sculpté roman est également présent à l'intérieur de l'église. Dans la nef, le chapiteau de la seconde colonne engagée du mur sud est très sobrement orné d'une volute d'angle et de deux traits gravés imitant les contours de deux feuilles lisses d'angle ; le tailloir est orné d'un ruban plissé. Comme à l'extérieur, le sanctuaire est l'espace le plus ornementé de l'église. À l'entrée du chœur, la colonne sud de l'arc triomphal présente un décor un peu plus élaboré : une feuille d'eau lisse recouvre les deux arêtes. Les deux volutes d'angle qui les surmontent sont reliées par des rubans plats dessinant un losange. Cette composition, simple, était peut-être enrichie de peintures.

    Dans le chœur, les chapiteaux d'angle des colonnettes des baies sont diversement ornés de végétaux, d'animaux ou de motifs géométriques, parfois difficilement identifiables sous les couches de badigeon. Sur les corbeilles de la baie sud de l'abside sont représentés, à droite, deux quadrupèdes affrontés et, à gauche, une feuille d'eau lisse recouvrant l'arête et surmontée d'une tige terminée en volute. Les chapiteaux de la baie d'axe portent un décor animalier à gauche (deux oiseaux ou deux quadrupèdes affrontés ?) et, à droite, une sculpture, masque ou animal. Un motif identique, composé de moulures successives, occupe les deux faces de la corbeille ornée à l'angle d'une volute (ou masque ?). La baie sud de la travée droite conserve deux chapiteaux disparates : à droite, l'épannelage semble avoir été interrompu ; à gauche, le chapiteau repose maladroitement sur un étroit fût. La corbeille est gravée de traits entrecroisés.

    À Saint-Pierre-d'Exideuil, le décor sculpté intérieur et extérieur présente de nombreux traits communs. Les corbeilles des chapiteaux des colonnettes des baies sont sculptées à l'avant d'un bloc de pierre qui s'enfonce dans le mur ; elles sont parfois surmontées d'un abaque. La facture est assez frustre, souvent maladroite. Les figures se dégagent peu de la corbeille et sont souvent sculptées en méplat. Les motifs (végétaux à tiges grasses ou feuilles lisses, animaux) sont fréquents en Poitou au 12e siècle et se retrouvent dans de nombreuses autres églises du pays civraisien.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne. G 428. 1728. Déclarations des revenus de la cure de Saint-Nicolas de Civray et de Saint-Pierre d'Exideuil son annexe, par Jean Ardibus, vicaire perpétuel.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : G 428
  • Archives départementales de la Vienne. 1 H 5 ; registre 218 (Inventaire des chartes et papiers de l'abbaye de Nouaillé, 1677).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 H 5
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    5 p., 5 fig., 1 plan, 1 élév., 1 coupe Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Paris. 0081/086 - Restauration d'édifice de la Vienne, série générale. Conservation : 0081/086/0045. N° document : 0081/086/0322. Vienne. Saint-Pierre-d'Exideuil (église de Saint-Pierre-es-Liens). 1928-1979. Correspondance : projet de construction d'une sacristie ; projet de transformation d'un cimetière en jardin. 1907-1968. Dossier travaux. Restauration des façades, des voûtes, de la charpente, des maçonneries du clocher, du portail d'entrée ouest ; reprise des parements ; restauration des couvertures.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Archives diocésaines de l'évêché de Poitiers. Dossier de la paroisse de Saint-Pierre-d'Exideuil. 1844, 31 mars : le ministère de la justice et des cultes transforme la paroisse de Saint-Pierre-d'Exideuil en succursale.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers
  • Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes (Conservation régionale des Monuments historiques). Église Saint-Pierre. Saint-Pierre-d'Exideuil. Vienne : dossier documentaire de protection.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
Documents figurés
  • ""[Ensemble de gravures sur l'église de Saint-Pierre-d'Exideuil] ". 1865. Brouillet. [Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray, 1865]. Canton de Civray : " Élévation sud et plan " : planche 17. " Chevet " : planche 18. " Façade, chapiteaux, bases, modillons " : planche 19.

  • " Restauration. Coupe longitudinale. Élévation de la façade méridionale. Plan ". 1906. Déverin, Joseph (ACMH). Calque, encre, lavis. Ech. 0,01[Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2013, 014586].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • " Essai de restitution du clocher. Elévation et plan. Vue de l'église ". 1906. Déverin, Joseph (ACMH). Calque, papier, encre. Ech. 0,01[Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2013, 078577].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • " Vue perspective ". 1919. Déverin, Joseph (ACMH) Papier, aquarelle [Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2011, 015728].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • " Plan et élévation ". Sans date. S.n. Calque, crayon. Ech. 0,01 [Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2013, 038657].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • " Coupe longitudinale. Plan ". Sans date. S.n. Calque, encre. Ech. 0,01 [Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2011, 021337].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • " Coupe transversale ". Sans date. S.n. Calque, encre. Ech. 0,01 [Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2011, 021337 (002).

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • " Coupe longitudinale ". Sans date. S.n. Calque, encre. Ech. 0,01 [Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Charenton-le-Pont), 0082/086/2011, 021337 (003).

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Bibliographie
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    p. 293-294
  • Demézil, M. Origine probable des noms de lieux-dits habités en civraisien. Les Amis du Pays civraisien, juin 1991.

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  • Mandon, Fabrice. L'église Saint-Nicolas de Civray. Vienne / dir. Dany Sandron. Sans lieu : S. n., septembre 2001. [Mémoire de maîtrise : Histoire de l'art : Paris IV - Paris Sorbonne : septembre 2001].

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  • Salvini, Joseph. Communication à la séance du 120 février 1947. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 14, 1946-1948.

    p. 154
  • Sauvaget, Jean. Églises et vieux cimetières en pays civraisien. Les Amis du Pays Civraisien, n° 55, décembre 1983.

    p. 7, 11
  • Sauvaget, Jean. Les guerres de religion en Poitou méridional et leurs conséquences. Les Amis du Pays civraisien, n° 69 et n° 70, juin et septembre 1987.

    n° 69 p. 5
  • Tarrade, Jean. La réforme municipale de 1787 en Poitou. Bulletins de la société des Antiquaires de l'Ouest, 1986.

    p. 437
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Sarrazin Christine