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  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vals de Saintonge Communauté - Loulay
  • Commune Saint-Pierre-de-l'Île
  • Cadastre 2014 OB 516
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    saint Pierre ès Liens

L'église de Saint-Pierre-de-l'île présente une architecture romane, simple et élégante, de grande qualité, à laquelle s'ajoute un magnifique décor sculpté qui s'apparente à celui de l'église d'Aulnay.

Cette église est mentionnée pour la première fois en 1104 alors qu'elle est donnée à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. Dédiée à saint Pierre-ès-Liens, elle est bâtie dans le courant du 12e siècle. Des dommages causés par la guerre de Cent ans entraînent la reconstruction de la partie supérieure de la façade et du clocher au 15e siècle.

L'édifice est un long vaisseau constitué d'une nef unique à trois travées, accostée au sud par une petite chapelle rectangulaire que surmonte le clocher carré, d'une travée droite de choeur à voûte d'ogives et d'une abside semi-circulaire en cul-de-four. Un bâtiment masque une partie de la façade dont la partie basse conserve l'ordonnancement roman : un soubassement mouluré, des colonnes engagées latérales, un beau portail en plein cintre. Ce dernier est doté de chapiteaux historiés figurant un combat de monstres, la Nativité, la remise des clefs à Pierre et de la loi à Paul, ainsi que de voussures ornées de marguerites, de losanges gaufrés et de pointes de diamant.

Le chevet, malgré une surélévation en moellons, est également typique du 12e siècle avec des contreforts-colonnes et des baies à sculptures variées.

A l'intérieur, le décor est essentiellement placé dans la nef, au niveau des colonnettes jumelées et des culots sur lesquels elles reposent. Y sont ainsi représentés des combats entre des monstres et des guerriers munis de masses, d'épées et de boucliers ronds ou allongés. L'abside, démunie de tout décor hormis des vestiges d'une litre funéraire peinte sur le mur, est largement éclairée par les trois baies romanes.

Une première église romane, édifiée au début 12e siècle, a été très endommagée pendant la guerre de Cent Ans. Cette dernière avait été donnée, vers 1104, à l'abbaye de Saint-Jean d'Angély par Ramnulphe Tonnellus et son frère Zaccarias. La partie supérieure de la façade ouest et le clocher ont été reconstruits au 15e siècle, et le couvrement de la travée droite du chœur a été réalisé à cette même période.

Le clocher a été modifié avant la Révolution, et une cloche bénite a été installée à ce moment. Cette cloche porte l'inscription "ISH moi sancti petri de l'Isle. René Ravard d'Oriou. Je fus faite en l'an MCLVI (1156)" .

La sacristie accolée sur le mur nord a été érigée en 1878.

L'édifice a connu d'autres travaux, comme le remaniement du mur nord de la nef et de la partie supérieure de la façade. Des modillons de l'ancienne corniche ont été replacés à plusieurs endroits dans le haut des murs. La voûte romane a été remplacée par une voûte récente en plâtre.

  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle
    • Principale : 15e siècle

La façade occidentale de l'église est percée d'un portail à deux voussures supportées par des colonnes à chapiteaux sculptés. Le première voussure est sculptée de marguerites et la seconde comprend quatre rangées de losanges, le tout surmonté d'une archivolte en pointes de diamant. Deux bandeaux se prolongeant sur la façade sont dotés d'un listel sur lequel se situe l'inscription "Haec est domus dei et porta coeli" qui signifie "voici la maison de Dieu et la porte du ciel". Ces bandeaux figurent des têtes de félins, des rinceaux et des rubans.

L'abside, semi-circulaire, est divisée par quatre groupes de deux colonnes à chapiteaux de feuillages. Les fenêtres qui éclairent le chevet sont à une voussure soutenue par des colonnes à chapiteaux de feuillages et d'animaux. Les voussures, surhaussées d'archivoltes en pointes de diamants, sont richement décorées d'entrelacs.

La façade nord est parée de quatre contreforts, et d'une chapelle. Celle-ci, en pierre de taille, est dotée de deux façades en pignon découvert, dont une est percée d'une fenêtre tréflée. La façade sud, munie de gros contreforts, accueille le clocher carré, avec toit en ardoise.

À l'intérieur, l'église se compose de trois travées, dont la dernière, au sud, communique avec le clocher par un arc brisé. Le chœur est délimité par des pilastres plats avec, au milieu, des colonnes à chapiteaux sculptés de feuillages. La travée du chœur est limitée par deux groupes de trois colonnes supportant des voûtes d'ogives. Sur les deux murs de la nef se situent quatre séries de colonnes jumelées reposant, à mi-hauteur, sur des consoles sculptées.

  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • scène chrétienne, saint Pierre, saint Paul, ange
    • ornement figuré, homme, soldat, tête humaine
    • ornement animal, animal fantastique, dragon, animal, oiseau, lion
    • ornement végétal, fleur, feuille, feuillage, fleur
    • ornement géométrique, entrelacs, pointe de diamant, losange, cercle
  • Précision représentations

    Portail occidental avec colonnes à chapiteaux sculptés. Le premier chapiteau, à gauche, représente une lutte entre un démon et un basilique. Le deuxième est sculpté de deux quadrupèdes ailés. De l'autre côté le premier chapiteau présente deux anges et le second saint Pierre et saint Paul.

    Portail occidental à deux voussures sculptées l'une de losanges et l'autre de marguerites. Archivolte au-dessus des voussures sculptée de pointes de diamant.

    Tailloirs du portail occidental sculpté de personnages, de têtes de félins et d'entrelacs.

    Chapiteaux des fenêtres de l'abside et du chevet sculptés entre autre de feuillages, de têtes humaines, d'un monstre tenant dans sa gueule des queues d'oiseaux, d'animaux fantastiques se faisant face. Archivoltes au-dessus des fenêtres sculptées de pointes de diamant.

    Première console du mur nord présentant un démon dévorant une figure humaine. Deuxième console du mur nord sculptée d'une tête humaine et de marguerites. Troisième console du mur nord figurant deux chevaliers combattant avec des masses et protégés par des boucliers. Quatrième console du mur nord sculptée d'un chevalier avec une épée dans une main et un bouclier pointu dans l'autre, combattant un dragon ailé à queue de serpent.

    Première console du mur sud représentant un oiseau et un serpent. Deuxième, troisième et quatrième consoles du mur sud avec respectivement des feuilles de marronnier, des feuilles de laurier et des marguerites.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    inscrit MH, 1996/03/26
  • Précisions sur la protection

    Eglise (cad. B 516) : inscription par arrêté du 26 mars 1996.

Documents d'archives

  • Eglise de Saint-Pierre-de-l'île : dossier documentaire / Conservation régionale des Monuments historiques (Poitiers) ; réd. Yannick Comte. - Poitiers : C.R.M.H., 1995.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers

Bibliographie

  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge 1952-1961. T. 3, Saintes : Delavaud, 1959.

    p. 135-136
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 27, 80, 123, 138, 139, 148, 162, 176
  • Eygun, F., Dupont, J. Saintonge romane. Zodiaque, La Pierre qui Vire, 1970. (La nuit des temps, 33).

    p. 32
  • Gensbeitel, Christian. Saint-Pierre-de-l'Isle, église Saint-Pierre. Lacoste, Jacques dir. La sculpture romane en Saintonge : l'imaginaire et la foi. Sans lieu : Ch. Pirot, 1998.

    p. 288-290
  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 354
  • Prin, Rémy. Aulnay d'ombre et de lumière, édition Bourdessoules, 2009.

    p. 194-195
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély : canton de Matha. Saint-Jean d'Angély : Brisson, 1977.

    p. 31-32
Date d'enquête 1998 ; Dernière mise à jour en 2014
Articulation des dossiers