Dossier d’œuvre architecture IA79004211 | Réalisé par
Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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  • enquête thématique régionale, Patrimoine roman
Eglise Saint-Médard à Thouars
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays Thouarsais - Thouars
  • Commune Thouars
  • Adresse place Saint-Médard
  • Cadastre 1825 C 82  ; 2014 BK 21
  • Dénominations
    église
  • Vocables
    saint Médard
  • Destinations
    église paroissiale

L'église Saint-Médard de Thouars, reconstruite à la fin du 12e siècle, a été profondément remaniée à la fin de l'époque gothique. La façade et le portail nord sont les précieux éléments conservés de l'église romane.

Une première église Saint-Médard, dont la fondation est inconnue, est attestée vers 1100 à Thouars, ville forte établie sur un promontoire dominant le Thouet et tenue par de puissants vicomtes. L'église dépend de l'abbaye Saint-Jean-de-Bonneval qui était située sur l'actuelle commune Saint-Jean-de-Thouars. Construite hors des murs de la cité, Saint-Médard sert d'église paroissiale aux habitants des hameaux environnant Thouars.

Détruite en 1158 lors du siège de la ville par le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt, l'église est reconstruite à la fin du 12e siècle ; elle comprend notamment une nef à trois vaisseaux. À la fin du 12e siècle ou au début du 13e siècle, l'enceinte urbaine est élargie et enclot l'église Saint-Médard.

Dans le dernier tiers du 15e siècle, la ville connaît une période de prospérité. L'église Saint-Médard est profondément remaniée. Les piliers de la nef sont abattus pour réaliser un vaisseau unique flanqué ultérieurement au nord de deux chapelles latérales : la chapelle des Trois-Marie, fondée en 1480, et, vers 1510, la chapelle Saint-Louis.

L'église Saint-Médard demeure paroissiale après la Révolution. Au milieu du 19e siècle, les maisons à pans de bois édifiées contre la façade et devant l'élévation nord sont détruites afin de dégager l'église. La façade est restaurée par l'architecte Daviau entre 1866 et 1870.

L'église est classée au titre des monuments historiques en 1909. Entre les années 1980 et 2014, l'édifice bénéficie d'une importante restauration ; les travaux de la façade sont programmés pour septembre 2014.

L'église, construite en tuffeau, présente un plan simple : une nef unique à chevet plat. Elle illustre principalement l'architecture gothique, à l'exception de la façade et du portail nord, éléments préservés de la précédente église romane.

La façade s'élève sur trois niveaux couronnés d'un pignon ; elle est également organisée en trois travées, celle du centre étant en légère saillie.

Le rez-de-chaussée présente un portail richement sculpté encadré par deux arcades aveugles en plein cintre, l'ensemble étant surmonté de statues (neuf au centre, six dans les parties latérales).

Une corniche sculptée sépare le rez-de-chaussée du niveau intermédiaire. Celui-ci est percé d'une rose gothique flanquée de deux petites baies en plein cintre romanes. Une arcature aveugle trilobée assure la transition avec le pignon couronnant l'ensemble. Dans l'angle nord-ouest s'élève un clocher carré, inachevé.

Malgré les remaniements gothiques, cette façade évoque celles des grandes églises romanes du Poitou : Saint-Jouin-de-Marnes, Notre-Dame la Grande de Poitiers... La restauration radicale du 19e siècle a cependant défiguré le décor sculpté et l'a parfois librement interprété. Ainsi, le Christ en majesté surmontant le portail et les chapiteaux du portail sont « inventés », les sculptures romanes ayant disparu ou étant trop érodées pour être lisibles ; sur la voussure du portail, les têtes et les mains des personnages ont été refaites...

En son état, le décor du rez-de-chaussée est dédié au triomphe du Christ. La voussure du portail compte quatre rouleaux. Le premier arc interne porte un décor de palmettes. Sur le second, trois personnages tenant des palmes entourent les deux motifs centraux, un ange et un aigle ; les sculptures suivent la courbe de l'arc.

Les deux rouleaux externes sont de forme torique et les personnages sont disposés en ordre rayonnant. Ils illustrent l'un l'Entrée de Jésus à Jérusalem, l'autre l'Ascension du Christ (le Christ, au centre, date du 19e siècle).

Au-dessus du portail est figuré le Christ en majesté (19e siècle) flanqué de chaque côté de quatre anges romans.

Les arcades aveugles latérales portent un décor de feuillage, d'oiseaux, de masques... refait au 19e siècle. Au-dessus d'elles prennent place six statues séparées par des colonnes au fût richement orné.

Le second portail roman préservé est aménagé dans le mur nord de la seconde travée de la nef. Il est couvert par une voussure composée de trois arcs polylobés garnis d'un mince tore. Il évoque celui du portail de l'église de l'abbaye de Celles-sur-Belle (Deux-Sèvres).

Les portails ouvrent sur la nef gothique. Longue de 44 mètres et large de 17, la nef est constituée de cinq travées couvertes de voûtes sur croisée d'ogives et liernes longitudinales. Les ogives ne reposent pas sur les murs latéraux mais sur des murs transversaux destinés à diminuer la portée des voûtes.

Au nord, une grande chapelle dédiée à Saint-Louis ouvre sur les deux dernières travées orientales de la nef. Elle est couverte de voûtes sur croisées d'ogives avec liernes et tiercerons et éclairée par deux baies à trois lancettes percées dans le mur nord. Elle communique à l'ouest avec la petite chapelle des Trois-Marie édifiée quelques années plus tôt.

La travée du chœur, qui termine l'église, est identique à celles de la nef. Elle est éclairée par une grande baie à six lancettes percée dans le mur est.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 1988/02/03
    inscrit MH, 1999/12/21
  • Référence MH
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