Logo ={0} - Retour à l'accueil

Église Saint-Martin

Dossier IA17045338 réalisé en 2012

Fiche

Dénominationséglise
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
AdresseCommune : Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet
Lieu-dit : Chenac
Adresse : rue du Clocher

De l'église primitive de Chenac, il ne semble subsister que deux chapiteaux, d'époque romane (11e ou 12e siècle), remployés dans le choeur de l'église actuelle. Au Moyen Age et sous l'Ancien Régime, comme le prieuré-cure de Saint-Seurin-d'Uzet, celui de Chenac relève de l'évêque de Saintes. Il est incorporé à l'archiprêtré d'Arvert puis, au 18e siècle, à celui de Mortagne. Le 27 décembre 1761, Victoire Brétinauld, épouse de Paul d'Asnières, écuyer, seigneur de la Chapelle et du Breuil, est inhumée dans l'église de Chenac. Une chapelle funéraire, à l'usage de la famille de La Croix du Repaire, du château Saint-Denis, existe par ailleurs, semble-t-il, à l'extérieur de l'église, à proximité immédiate du mur sud.

Après les événements révolutionnaires, l'église de Chenac est rendue au culte par le Concordat de 1801. Celle de Saint-Seurin-d'Uzet lui est rattachée, ce qui crée la polémique (l'église de Saint-Seurin est de nouveau séparée de celle de Chenac en 1845). Le 16 juillet 1801, une visite du "temple décadaire" de Chenac est effectuée par le maire qui constate son mauvais état. Il existe une tribune avec un escalier en bois pour y accéder. De là, une ouverture donne accès à la cloche placée dans un simple campanile sans charpente. La plus grande partie de la couverture en tuile est à refaire et les murs doivent être repris. Le total des travaux est estimés à 575 francs. Une souscription est lancée. Parmi les souscripteurs figurent Léon Dasnière, du château Saint-Denis, Pierre Larreau et Alexandre son fils, de Saint-Rémi.

Ces travaux ne suffisent pourtant pas. En 1842, l'église doit être fermée pour des raisons de sécurité. Le curé va alors habiter et célébrer le culte à Saint-Seurin-d'Uzet. L´église de Chenac est solennellement rouverte le 15 décembre 1843, après crépissage et chaulage des murs intérieurs, remplacement de tuiles, pose de nouvelles marches au sanctuaire, réparation de la fixation de la cloche et à la chaire, le tout réalisé par des artisans de Chenac. En 1844, on démolit une ancienne chapelle et on reconstruit la sacristie.

La même année, de nouvelles dépenses importantes se profilent : on envisage en effet d'acheter une nouvelle cloche pour remplacer l'ancienne qui date de 1640. Déjà sous le poids des dépenses occasionnées ou projetées par la municipalité pour l'acquisition d'un nouveau cimetière, d'une mairie-école, la reconstruction du presbytère et les réparations à l'église, le maire fait appel à l'évêque de La Rochelle mais aussi à l'évêque d'Alger, Mgr Dupuch qui n'est autre que le beau-frère du baron Henri de Saint-Seurin, notable et bienfaiteur de la paroisse. Le besoin s'élève à 14360 francs.

Le 14 mars 1852, le devis et détail estimatif des travaux, établi semble-t-il par le baron de Saint-Seurin lui-même, est approuvé par le conseil municipal. Ce document précise que le mur de parement extérieur de la nouvelle église sera revêtu de pierre de taille de Bourg (Gironde). Les ouvertures ainsi que la corniche intérieure seront en pierre de taille de Thénac. Le 18 avril, les travaux sont adjugés à Joseph Bruneau, entrepreneur à Javrezac. Ils commencent aussitôt, sous la direction du baron de Saint-Seurin.

La comparaison entre le plan cadastral de 1833, qui montre l'ancienne église, et le plan de la nouvelle permet de mieux comprendre cette reconstruction : la chapelle nord de la nouvelle église prend la place d'un bras de l'ancienne (peut-être déjà une chapelle) ; la nef de la nouvelle église est plus longue vers l'ouest ; au chevet plat de l'ancienne église succède un chevet en hémicycle ; comme le confirment les archives, l'ancienne chapelle funéraire des La Croix du Repaire est reliée à l'église pour en constituer la chapelle sud. Depuis lors, sur le mur extérieur de cette chapelle, une plaque rappelle l'emplacement du tombeau de cette famille.

Le 25 mars 1866, le conseil municipal de Chenac décide de compléter le nouvel édifice par un clocher et une nouvelle façade occidentale, d'autant qu'une nouvelle cloche a été acquise en 1863 et que l'église ne possède encore qu'un campanile, établi au sommet de la façade, pour l'accueillir. Les plans sont commandés à Aimé Bonnet, architecte à Saint-Jean-d'Angély. Le devis descriptif qu'il présente le 20 mai 1866 indique que la pierre de taille proviendra là encore des carrières de Thénac. Le projet est financé entre autres par un emprunt et par un don du curé, l'abbé Joseph Renaud. Adjugés le 5 octobre 1867 à Eutrope Perrinaud, entrepreneur à Saintes, pour 13930 francs, les travaux sont achevés en novembre 1868. Le campanile qui abritait la cloche au sommet de la façade est abattu et remplacé par un fronton et une croix. En 1894, le clocher est équipé d'un nouveau beffroi et de persiennes, réalisés par Lavergne, charpentier à Chenac.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1852, daté par source
1868, daté par source
Auteur(s)Auteur : Arnold Camille sculpteur attribution par analyse stylistique
Auteur : Bonnet Aimé
Bonnet Aimé (vers 1826 - 1911)

Architecte de la Ville de Saint-Jean-d'Angély dans la seconde moitié du 19e siècle. Père de Arthur Bonnet, également architecte.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte attribution par source

L'église est située au coeur du bourg de Chenac, au sommet d'un coteau d'où elle domine la partie sud et ouest du bourg. De plan en croix latine, elle comprend une nef unique, deux chapelles latérales formant transept, et un chevet en hémicycle. Le clocher est accolé à l'angle nord de la nef. Il comprend quatre niveau et est coiffé d'une flèche octogonale en pierre, sommée d'une croix en ferronnerie et flanquée de quatre clochetons. Les quatre angles du clocher sont soutenus par des contreforts. Le second niveau est orné d'une arcature, le troisième est percé de baies en plein cintre, et le quatrième de baies jumelées également en plein cintre. La nef, les chapelles et le chevet sont également percés de baies en plein cintre, sans autre ornementation qu'une mouluration sur l'encadrement. Le toit est souligné par uen corniche à modillons, que l'on retrouve sous le toit du clocher. La nef et le transept sont couverts en tuile mécanique, et le chevet en tuile plate.

La façade occidentale contraste avec cette sobriété, par la richesse de son décor sculpté. Cette façade en pignon est couronnée par une corniche à modillons et par une croix en pierre. Le premier niveau est composé d'un portail à trois arcades. Les deux arcades extérieures, aveugles, possèdent deux rouleaux. L'arcade centrale, autour de la porte, présente quatre rouleaux. Au-dessus, une première frise supporte une arcatures à dix cintres, retombant sur des colonnettes. Chaque cintre est constitué de trois rouleaux. Au-dessus encore, une seconde frise marque la base du fronton de la façade, qui est percé d'une baie circulaire.

A l'intérieur, la nef est couverte d'une voûte en berceau, en plâtre. Chacune des baies en plein cintre qui l'éclairent est encadrée par des colonnettes engagées. Leurs chapiteaux sont ornés pour la plupart de motifs végétaux. L'un d'eux présente deux oiseaux buvant dans un calice. Les chapelles latérales qui s'ouvrent par des arcs en plein cintre un peu avant le choeur, sont couvertes d'une voûte d'ogive qui retombe sur des colonnettes. Le choeur quant à lui est en cul-de-four. Il est séparé de la nef par un arc doubleau supporté par deux colonnes engagées.

Murscalcaire
pierre de taille
Toittuile mécanique, tuile plate
Plansplan en croix latine
Couvrementsvoûte en berceau
voûte d'ogives
cul-de-four
Couverturestoit à longs pans
Techniquessculpture
Représentationsornement végétal saint Martin charité Christ mascaron oiseau
Précision représentations

Outre les chapiteaux à décor feuillagé des colonnettes du clocher, le décor sculpté à l'extérieur de l'église, d'inspiration romane, se concentre sur la façade occidentale. Il semble avoir été réalisé par l'atelier du sculpteur Camille Arnold.

Les voussures du portail, de l'arcature et de l'encadrement de la baie circulaire au sommet sont ornés de frises végétales ou géométriques, de fleurs, de pointes de diamant et de tores. Les chapiteaux du portail présentent chacun un décor différent : scène de la vie de saint Martin, animaux fantastiques, oiseaux, enroulements végétaux, etc (voir en annexe). Parmi eux, le chapiteau à l'extrémité droite du portail représente la charité et l'avarice, accompagnée par la grande faucheuse, entourant la Vierge ; selon la tradition, l'avarice aurait les traits d'une personnalité de la paroisse qui aurait refusé de participer au financement de la construction de l'église.

La première frise au-dessus du portail, sous l'arcature, est formée de pampres et d'enroulements végétaux. En son centre figure une tête humaine. Les chapiteaux de l'arcature portent un décor là encore différent de l'un à l'autre : enroulements végétaux, figures fantastiques, scènes bibliques (voir en annexe). Enfin, la seconde frise au-dessus de l'arcature est constituée d'une suite de motifs végétaux ponctués de mascarons et de têtes. Parmi ces dernières, la figure au centre est celle du Christ et, à sa droite, celle d'une femme éplorée, aux cheveux longs.

Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • Motifs sculptés sur les chapiteaux du portail ; de gauche à droite :

    1- saint Martin partageant son manteau avec un pauvre ; 4- deux oiseaux attaquant deux animaux fantastiques à tête humaine couronnée ; 6 et 9- deux oiseaux dans du feuillage ; 11- combat entre deux paons et deux lions ; 14- la Vierge, assise au centre sous un dai, reçoit un don de la part d'une femme qui, avec son enfant et accompagnée d'un ange, symbolise la charité, tandis qu'à droite, un homme, symbolisant l'avarice, porte une bourse et se tient la gorge, avec la faucheuse, représentation de la mort, derrière lui.

    Motifs sculptés sur les chapiteaux de l'arcature ; de gauche à droite :

    2- deux diables ; 4- le sacrifice d'Isaac par son père Abraham ; 6- deux personnages en prière autour d'un calice ; 8- la tentation du Christ au désert, entouré par deux diables ; 10- deux diables.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Charente-Maritime, archives de la commune de Chenac. E dépôt 103/107, 2M 1. 1843-1894 : reconstruction du presbytère et de l'église.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 2 O 376. 1852-1883 : reconstruction de l'église de Chenac.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 178 V 2, 1858, 18 et 21 décembre : lettres du préfet de Charente-Inférieure à l'évêque de La Rochelle sujet du tombeau de la famille de La Croix du Repaire, soit une ancienne chapelle désormais reliée à la nouvelle église ; ce tombeau ne pourra désormais plus servir qu'à Mme veuve Durepaire, bienfaitrice de la commune.

Bibliographie
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 135, 151
  • Jouan, Eutrope. Monographie de Chenac (canton de Cozes). Recueil de la Commission des Arts de la Charente-Inférieure, t. 8, 1886.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.