Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
  • Commune Lésigny
  • Cadastre 1833 B 811  ; 2012 AD 201

L'église a été construite sur l'emplacement de la précédente, qui était de style roman. L'ancienne église était parallèle à la route principale et son entrée était orientée à l'est. Édouard de Fouchier écrit en 1860 à propos de l´ancienne église de Lésigny : "Rien de remarquable dans l´ancienne église, dont quelques parties peuvent être du 11e au 12e siècle". En 1833, le maire de Lésigny décide de fondre une nouvelle cloche pour l'église. Suite à un rapport de l'architecte du département de la Vienne, en date du 23 septembre 1854, le Préfet de la Vienne décide d'interdire l'accès de l'église au public et ordonne sa fermeture immédiate. L'état de l'église était devenu déplorable au point qu'elle a été déclarée à l'état de " ruine imminente ". Par son courrier, le Préfet demanda au maire de Lésigny d'envisager la construction d'une nouvelle église. En 1810, l'église romane et le presbytère avaient déjà subi de lourds travaux de restaurations sur les élévations extérieures et sur les intérieurs.

Le 23 octobre 1855, le Préfet de la Vienne donne son accord pour la construction de l'église suivant les plans et devis de Mr Godineau de la Bretonnerie, architecte à Châtellerault. L'emplacement de cette église a fait débat parmi la population de Lésigny et a retardé la construction de plusieurs années. Un plan montre les quatre emplacements possibles de la nouvelle église. Certains habitants voulaient que cette dernière soit construite près de leurs terrains afin de les vendre plus cher dans le futur. Une partie du conseil municipal et du conseil de fabrique étaient contre. La municipalité souhaitait intégrer la nouvelle église dans un plan d'aménagement cohérent à l'échelle du bourg de Lésigny. Ainsi, l'emplacement envisagé se situait dans le prolongement de l'ancienne église mais plus à l'ouest du bourg, c'est-à-dire parallèle à la voie de communication principale et en face d'un bâtiment déjà existant dénommé "les halles". L'objectif des élus locaux était de donner à l'église une position centrale dans le bourg et regrouper les édifices publics sur un même espace.

Toutefois, il fut décidé que l'église serait édifiée près de l'emplacement de l'ancienne mais avec une orientation différente. Le terrain, qui se révèlera marécageux, a été donné par un membre du conseil municipal. La nouvelle église est construite perpendiculairement à la route principale et en retrait. Devant la façade principale située au nord, une petite place a été aménagée. Le 3 mars 1866, l'adjudication du marché pour la construction de l'église a lieu lançant officiellement le début des travaux. L'entrepreneur est Vincent Dechene, entrepreneur à Preuilly-sur-Claise. Les travaux de finition comme les corniches, les sculptures des chapiteaux et des voûtes, la pose de colonnettes ont été exécutés à une date ultérieure. Le caractère sobre et épuré de l'ornementation des élévations extérieures est une volonté des autorités préfectorales de l'époque. Dans plusieurs sources d'archives, il est fait mention de rapports du Préfet envoyés à la municipalité de Lésigny, dans lesquels il demande que l'architecte réalise moins de colonnes au niveau des ouvertures, moins de chapiteaux sculptés, ces derniers devant être principalement fonctionnels dans le schéma structurel de l'édifice. Le Préfet demande que l'on vérifie que la sobriété du décor soit respectée. Initialement le clocher devait être au milieu de l'église, soutenu par les quatre piliers du transept. Cette disposition ne correspond pas à celle d'aujourd'hui (le clocher est au-dessus de la façade), ce qui prouve que l'architecte, les autorités préfectorales ou municipales, ont revu les plans de l'église à un moment donné.

En 1867, l'architecte en chef du projet, Godineau de la Bretonnerie, rend un rapport sur l'état d'avancement des travaux et émet une alerte sur la qualité des matériaux. Il fait état dans une lettre adressée au maire que les mortiers sont mauvais et que les travaux devraient s'arrêter par sécurité. La sous-préfecture désavoua ce rapport en assurant que l'architecte n'était pas à la hauteur de la construction demandée et qu'il travaillait trop lentement. Godineau de la Bretonnerie fut obligé de démissionner. La municipalité de Lésigny engagea pour le remplacer Charles Carmejeanne, architecte à Châtellerault. La nouvelle église a été consacrée par l'évêque de Poitiers, Mgr Pie, en 1873 sous le vocable de Saint-Hilaire. Les armes du cardinal ornent un des vitraux du choeur. Depuis la fermeture de l'ancienne église en 1854 et jusqu'à l'ouverture de la nouvelle, le culte se faisait dans la grande halle (ancienne mairie).

En 1891, on installa une seconde cloche dans le clocher de l'église. La première cloche proviendrait du beffroi de l'ancienne église. En 1904, sur une demande des habitants, une horloge est installée dans le clocher de l'église. Le 16 juin 1913, de gros dégâts sont causés par la foudre sur le clocher de l'église. A la suite de cet orage, le conseil municipal fait installer un paratonnerre sur le clocher. En octobre 1946, le clocher fut redressé suite aux bombardements qui l'avaient endommagé en 1940 et à l'explosion du pont en 1944. En 1947, toujours suite à l'explosion du pont, les vitraux ont été restaurés par M. Broleau d'Angers. En 1978, la toiture du clocher de l'église fut refaite et la municipalité décida de réparer le paratonnerre. En 1983, la façade du clocher fut restaurée.

L´église Saint-Hilaire de Lésigny présente un plan en forme de croix latine et un clocher carré situé au-dessus de la façade située au nord. Couverte en ardoise, elle est construite en moellon enduit pour le gros œuvre et en pierre de taille pour les angles et les encadrements.

La façade nord est percée d'un portail central, encadré par deux contreforts à ressauts qui s'élèvent jusqu'à la base du clocher. Le portail est composé d'un tympan sans décor, de trois rouleaux en plein cintre reposant de chaque côté de l'entrée sur trois colonnes. Au-dessus, une corniche relie les deux contreforts. Une baie centrale et deux latérales éclairent la tribune. La baie centrale est composée de deux rouleaux en plein cintre alors que les baies latérales n'en possèdent qu'un. La baie centrale est surplombée d'une corniche à modillons, d'une frise décorative de quatre arcs en plein cintre soutenant une corniche. L´horloge mécanique puis le clocher viennent terminer la structure de la façade de l´église. Chaque face du clocher présente des baies géminées surplombées d´un oculus trilobé. Un rouleau en plein cintre encadre ces deux baies. Le clocher est muni d´une flèche octogonale couverte en ardoise. Une carte postale du début du 20e siècle montre que les quatre faces du clocher possédaient une lucarne située au départ de la flèche. La nef est composée de cinq travées plus une travée sous clocher. Les élévations de la nef sont soutenues par des contreforts. Elles sont surmontées d´une corniche sur modillons et sont percées de quatre baies en arc brisé à l´est et à l´ouest. Chaque fenêtre est surmontée d´une décharge en arc brisé. L´église comporte au sud une abside semi-circulaire soutenue par quatre contreforts. Les élévations de l´abside sont également surmontées d´une corniche sur modillons et percées de cinq arcs en plein cintre. Une poulie est fixée au niveau de l´abside sur le côté est de l´église. Deux chapelles de plan carré sont aménagées dans les bras du transept. Elles sont munies de baies positionnées sur deux niveaux. Trois baies en plein cintre soutenues par un bandeau se situent au premier niveau. Au-dessus est percée une quatrième baie, plus étroite, en plein cintre, soutenue par une corniche sur modillons. Les deux sacristies ont été ajoutées ultérieurement dans l'angle au sud des chapelles latérales.

A l´intérieur, une tribune en pierre ouverte par un arc en plein cintre est aménagée au-dessus de l´entrée. Une porte positionnée à droite dans l´entrée permet d´accéder à cette tribune et au clocher. La nef à vaisseau unique est composée de voûtes néo-gothiques à croisées d´ogives. Les arcs doubleaux et les ogives reposent sur des colonnes engagées. Ces colonnes à chapiteaux sculptés divisent la nef en cinq travées. Tous les chapiteaux présentent des décors végétaux originaux. Les colonnes engagées sont adossées à des piliers qui reçoivent les formerets des murs de la nef. Le choeur, voûté en cul-de four, est éclairé par cinq baies encadrées de colonnes munies de chapiteaux sculptés. La chapelle située dans le bras du transept ouest est dédiée à sainte Néomaye.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • flèche polygonale
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • ornement végétal
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Bien communaux bâtis, l'église de Lésigny.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 156 5.Sous-série 2 O, Administration et comptabilité communales de Lésigny.

Bibliographie

  • Arnoult, Michel. L'église et les églises Saint-Hilaire de Lésigny, manuscrit daté de 1995.

  • Arnoult, Michel, Oyez ! Oyez ! Braves Lésignois, La belle Histouère de Nout'Néomaye, Document non publié.

  • Fouchier, Édouard de. Répertoire archéologique du département de la Vienne. Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1860.

    p. 529
  • PAIN, Armelle, FORESTIER, Carine (coord.). Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic, 2002, 2 vol., 1135 p.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 709.446 3 PAT POI
    p. 728-729
  • La Mémoire Lésignoise, Redécouvrir Lésigny, Bulletin de l'association la Mémoire Lésignoise.

    p. 59
  • Simmat, Gérard, Juchault, Pierre, Dubout, Jean-Paul. Le Pays des Vals de Gartempe. Joué-lès-Tours : Alan Sutton, 2000. 126 p., ill. (Mémoire en Images). ISBN 2-84253-512-X.

Documents figurés

  • [Plan du projet de la nouvelle église de Lésigny], auteur inconnu.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 156 5
  • [Plan cadastral de la commune de Lésigny portant indication des divers emplacements proposés pour l'église], par l'architecte Godineau de la Bretonnerie, conservé aux archives départementales de la Vienne, sous-série 2 O 156 5.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : Sous-série 2 O 156 5

Annexes

  • Annexe n°1
  • Une particularité à Lésigny-sur-Creuse : le culte de sainte Néomaye.
Date d'enquête 2012 ; Dernière mise à jour en 2012