Logo ={0} - Retour à l'accueil

Eglise Saint-Etienne de Marans (vestiges)

Dossier IA17006699 réalisé en 2002

Dans le cimetière situé au sud de Marans, les ruines de l'ancien prieuré Saint-Etienne, bâti probablement au 11e siècle, présentent encore des chapiteaux romans de belle facture.

La construction de ce prieuré qui dépendait de l´abbaye Saint-Pierre de Maillezais (Vendée) s'est poursuivie au 12e siècle, pour la base du clocher et des chapiteaux. A la fin du 14e et au 15e siècle, d'importantes transformations sont apportées avec la construction de la tour octogonale du clocher et l'élargissement de la nef et du choeur. Les guerres de Religion provoquent le pillage de l'édifice et l'effondrement des voûtes. Si l'église est restaurée au 17e siècle, son emplacement en dehors de la ville la condamne à la fin du 19e siècle, lorsque une nouvelle église est édifiée dans le centre ville. L'inauguration de celle-ci en 1902 conduit à la désacralisation et à la fermeture de l'église Saint-Étienne, condamnée à la démolition en 1920. La mobilisation d'une partie des habitants conduit à l'arrêt des travaux et au classement des vestiges au titre des monuments historiques en 1921.

Aujourd'hui, il ne reste de l'édifice que le clocher, dont le rez-de-chaussée est couvert par une coupole sur trompes surmontée d'une tour octogonale, autrefois couverte d'une flèche et actuellement d'un toit en pavillon en tuile creuse. Les trompes de la coupole retombent sur des colonnes aux beaux chapiteaux romans historiés. La tourelle d'escalier et une petite partie du mur sud du chevet (un contrefort et une baie) sont conservés également. Le bras nord du premier édifice est encore visible, ainsi qu'une partie du transept sud (l'élévation est, pour laquelle on remarque une ancienne baie murée).

Vocablessaint Etienne
Dénominationséglise
Aire d'étude et cantonPays d'Aunis - Marans
AdresseCommune : Marans
Adresse : rue
du Pas de l'Eglise
Cadastre : 1820 D 549 ; 2014 AH 312

L'église était liée à un ancien prieuré dépendant de l´abbaye Saint-Pierre de Maillezais. Les parties les plus anciennes de l'église (croisillon sud, une partie du croisillon nord) remontaient probablement au 11e siècle (l'église elle-même est mentionnée en 1066-1082). La construction se poursuit au 12e siècle (travée sous clocher et chapiteaux des colonnes, de la 2e moitié du 12e siècle). À la fin du 14e siècle et au 15e siècle, l´église subit quelques transformations : reconstruction de la tour octogonale du clocher et de la tour d'escalier en vis qui le dessert ; doublement de la nef vers le nord par un second vaisseau, séparé du premier par des arcades retombant sur des colonnes ; transformation du choeur en double sanctuaire de style gothique, avec chevet plat. Pendant les guerres de Religion, l'édifice est pillé et fortement endommagé (effondrement des voûtes).

Le rétablissement de l´église commence dès le 17e siècle (la date 1617 était inscrite au sommet d'une arcade du vaisseau sud de la nef ; une inscription datée de 1646 a été relevée dans le clocher). Le clocher est restauré en 1605 ; les voûtes ne sont pas reconstruites et sont remplacées par un plafonds en lambris ; un ballet vient masquer la façade ouest, servant de lieu d'assemblée des paroissiens. En 1629, l'église compte quatre autels et, en 1663, on la dit "très belle, grande et bien ornée".

Pendant la Révolution, l'église est utilisée comme temple de la Raison. Des réparations sont confiées en 1801 à l'entrepreneur Pierre Meunier. En 1845, l'architecte Antoine Brossard dresse les devis de travaux d'urgence et de sauvegarde de l´édifice, en mauvais état. Cependant, plusieurs instances, dont le conseil de fabrique et le conseil municipal, plaident pour l'abandon de l'église, située en dehors du centre-ville, au profit de l'église Notre-Dame, établie dans l'ancienne chapelle des capucins et rouverte au culte depuis 1822. Ce voeu est réitéré en 1885 par le conseil de fabrique. Une nouvelle église paroissiale est finalement construite en 1900 à la place de la chapelle des capucins, aboutissant à l'abandon de l'église Saint-Etienne.

Une délibération du conseil municipal de 1905 indique l´état de délabrement de l´édifice et note qu'une quantité importante de matériaux pourrait servir aux besoins de la Ville (c'est ainsi que les colonnes qui supportaient le ballet d'entrée seront réutilisées dans la petite orangerie en retour d'angle de l'hôtel de ville). Après le classement du clocher en 1921 au titre des Monuments historiques (contre l'avis de la municipalité), la démolition du reste de l'église commence en 1925. Une tentative de déclassement du clocher échoue en 1931, date à laquelle Le mur du fond de l'église est abattu. Les matériaux sont récupérés et adjugés à des entrepreneurs, les fenêtres du chevet sont vendues à M. Joret, demeurant 30 rue des Saints-Pères, à Paris. La porte de la sacristie, ornée d´un bas-relief du Repentir de Saint-Pierre, est déposée au musée de la commune.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 2e moitié 12e siècle
Principale : 4e quart 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Dates1605, daté par source
Auteur(s)Auteur : Meunier Pierre entrepreneur
Auteur : Brossard architecte
Auteur : Brossard Aubin-"Antoine"-Magloire
Brossard Aubin-"Antoine"-Magloire (1800 - entre 1878 et 1885)

Fils d'André Aubin Brossard, architecte à La Rochelle et architecte départemental de la Charente-Inférieure, son frère est second grand prix de Rome de peinture. Elève de Lépine et de l'école des Beaux-Arts, il succède à son père comme architecte départemental en 1825, et est également architecte de la Ville de La Rochelle et architecte diocésain jusqu'en 1873. On lui doit entre autres l'asile d'aliénés du département, le séminaire, les prisons de Rochefort et de Saintes, le lycée de La Rochelle, la bibliothèque et le cabinet d'histoire naturelle, le théâtre de Rochefort, l'hospice de Saint-Jean-d'Angély, l'église de Saint-Vivien de Saintes, plusieurs églises : Bois, Loix, Saint-Vivien de Saintes, la flèche de l'église d'Ars et des bains publics. Il a aussi participé à l'achèvement de la cathédrale où il a réalisé la chapelle de la Vierge.

(source : Elec, répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle, dir. Jean-Michel Leniaud, elec.enc.sorbonne.fr)


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte attribution par source

L'église était un édifice dont l'accès s'effectuait au nord-ouest par un ballet supportés par six colonnes, puis deux portes dont l'une en arc brisé et l'autre en accolade, sous un large mur pignon. La nef, à deux vaisseaux, était couverte d'un plafond en lambris, soutenu par trois colonnes centrales. Puis venait le transept, le clocher et enfin le choeur. Celui-ci, à double vaisseaux et à chevet plat, était plus vaste que la nef. Une sacristie de plan carré lui était accolée au sud-est. Lors de sa démolition partielle, l'église a perdu son chevet plat et la dernière travée du choeur, une grande partie du bras sud du transept, la nef et le ballet.

Parmi les vestiges conservés, le clocher octogonal, autrefois couvert d'une flèche et désormais d'un toit en pavillon, s'élève au-dessus d'une travée couverte par une coupole sur trompes. Ces trompes retombent sur des colonnes regroupées par trois, aux chapiteaux romans historiés. Au sud, un escalier en vis dans-œuvre donne accès au clocher.

Du bras sud du transept, seule une partie de l'élévation est a été préservée. Accolée à la tour d'escalier, cette élévation présente une baie à réseau, en grande partie murée, elle-même inscrite dans une arcade romane retombant sur deux colonnes engagées à chapiteaux sculptés. Cette arcade devait à l'origine ouvrir sur une absidiole.

Au nord de la travée sous clocher, une arcade qui menait du transept au choeur a été conservée. Elle aussi devait, à l'origine, ouvrir sur une absidiole. Elle est prolongée par le bras nord du transept, en grande partie préservé lui aussi. Son mur nord est percé d'une baie en arc brisé et à réseau, partiellement murée. Elle surmonte une ancienne porte en anse de panier, également murée. A l'extérieur (côté cimetière), cette porte murée possède un arc brisé.

De l'autre côté du clocher et du transept, vers l'est, une partie des murs du choeur (14e-15e siècles) a été préservée, avec de hautes baies en arc brisé, en partie murées, et des traces de voûtes d'ogives.

Murscalcaire
pierre de taille
Toittuile creuse
Étages2 vaisseaux
Couvrementscoupole à trompes
Couverturestoit en pavillon
flèche polygonale
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
État de conservationvestiges
Techniquessculpture
Représentationsornement figuré, tête d'homme ornement animal, animal fantastique, centaure ornement végétal, feuillage ornement géométrique, pointe de diamant, palmette
Précision représentations

Une série de chapiteaux historiés, d'époque romane, surmonte les colonnes qui soutiennent les arcs sous le clocher : animaux affrontés, animaux fantastiques évoluant parmi du feuillage, etc. Au nord-ouest, un chapiteau est orné d'un centaure à queue feuillue, et au sud-est se trouve une tête d'homme barbu. Des motifs géométriques ornent les tailloirs des chapiteaux, notamment des pointes de diamant.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH partiellement, 1921/11/10
Précisions sur la protection

Ruines du clocher : classement par décret du 10 novembre 1921.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1790-1934 : registres des délibérations du conseil municipal de Marans.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 86/228, archives municipales de Marans déposées, 1 D 1 à 16
  • Notes sur l'église Saint-Etienne de Marans aux 16e-18e siècles.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 87 J 10, fonds Cappon-Fleury
Bibliographie
  • Bachelier, Viviane. Marans et ses rues à travers les siècles, tome 1 : quartier du port, quartier des halles, quartier de la maréchaussée ; tome 2 : le château, les Capucins ; tome 3 : les mairies, les rues autour du château ; tomes 4 et 5 : les quartiers de l'est de la ville ; tome 6-7 : Le cimetière et l'église Saint-Etienne. [Marans] : les Amis du Vieux Marans, 2010-2013.

  • Blomme, Yves. Les églises d'Aunis. Saint-Jean-d'Angély : Editions Bordessoules, 1993.

    p. 90-95
  • Bonnin, Jean-Claude. L'ancienne église Saint-Etienne de Marans, dans Le Picton, la revue régionale du Poitou-Charentes, n° 38, 1983, p. 17-20.

  • Glénisson, Jean. Dir. Histoire de l'Aunis et de la Saintonge : le Moyen Âge. Tome deuxième. / Robert Favreau. La Crèche : Geste éditions, 2014.

    p. 87
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Carpentier Aline - Moisdon Pascale - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.