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Église paroissiale Saint-Sylvain de Mairé

Dossier IA86009522 inclus dans Bourg de Mairé réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

  • Statue de Vierge à l'Enfant
  • Présentation du mobilier de l'église Saint-Sylvain de Mairé
  • Ensemble de verrières
  • Verrière de l'adoration des mages
  • Statue
VocablesSaint-Sylvain
Parties constituantes non étudiéeschapelle seigneuriale
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Châtellerault-3
AdresseCommune : Mairé
Lieu-dit : Le Bourg
Adresse : place de
l'église
Cadastre : 1833 C 18 ; 2017 AH 107

L'église paroissiale dédiée à saint Sylvain dépendait de la doyenné de Pleumartin, de l'archiprêtré de Châtellerault et de l'évêché de Poitiers. Un texte de 1217 mentionne une chapelle ou chapellenie de Mairé (capellania), fondée par Philippe de Mairé, qui pourrait être la première trace écrite de l'église à nous être parvenue. À cette époque, l'édifice est probablement une construction de style roman, située à proximité du château de la seigneurie de Mairé. Elle fait partie des rares églises de la Vienne à porter le vocable de Saint-Sylvain, la seconde étant située à Saint-Sauvant.

Peu d'informations nous sont parvenues sur l'histoire du bâtiment avant le 19e siècle. D'après le Pouillé du diocèse de Poitiers, au moins deux chapellenies existaient dans l'église pendant l'Ancien Régime : une dédiée à saint Christophe, fondée par un certain Christophe de Ringère, et une seconde, sous le vocable de Saint-Étienne, à la charge de la famille Boutin. C'est dans cette dernière que plusieurs curés ont été enterrés au 18e siècle. Un autel dédié à la Vierge est aussi mentionné en 1716. L'autel de saint Laurent, protégé par un auvent, était aussi visible vers le côté nord. De plus, les seigneurs de Mairé disposaient d'une chapelle particulière dans l'église, située dans le bras oriental du transept et toujours visible aujourd'hui. Comme en témoignent les registres paroissiaux, les seigneurs étaient enterrés avec leurs épouses soit dans cette chapelle, soit dans le chœur.

L'église romane primitive est partiellement reconstruite dans un style gothique au 15e siècle. La chapelle seigneuriale est alors voûtée d'ogives, tout comme le chevet qui est reconstruit et ouvert par une fenêtre à remplages.

D'après un texte de 1803, l'église Saint-Sylvain n'a pas été vendue à la Révolution malgré la confiscation des biens du clergé. À cette date, l'église a déjà besoin de réparations mais il faut attendre les années 1810 pour que des restaurations soient effectuées. La charpente de la nef est alors tellement endommagée qu'elle doit être soutenue par des étais. L'escalier en vis, du côté nord, doit être refait, et les huit baies du clocher doivent être partiellement murées. En effet, les eaux de pluies s'infiltraient à l'intérieur et endommageaient le beffroi et la voûte.

Pendant douze ans, entre juillet 1818 et juin 1830, l'église n'a pas de desservant et le culte ne peut donc pas se dérouler pendant cette période. Avec l’arrivée d’un nouveau curé, la fabrique doit se doter à la hâte de mobilier cultuel. En effet, en 1829, deux petits noyers plantés dans le cimetière sont vendus à un sabotier et au sacristain de Mairé et l'argent ainsi récolté est employé pour acheter des ornements pour l'église. Malgré cela, en 1833, il manque encore une partie du mobilier nécessaire pour le bon déroulement du culte.

Dans les années 1830, la propriété de l'ancienne chapelle seigneuriale est sujette à un contentieux entre le conseil de fabrique et le marquis de Lussac, propriétaire du château du Mairé. Ce dernier affirme qu'elle lui revient de droit, puisqu'elle faisait partie de l'acte de vente du domaine du château en 1826 et que l'unique accès à la chapelle se situe dans sa propriété. En avril 1839, le roi de France Louis-Philippe autorise la fabrique à concéder au marquis de Lussac la jouissance de la "chapelle du château", en échange de quoi il doit se charger de son entretien.

Le 3 février 1850, la cloche de l'église est "cassée" et il devient urgent de la remplacer. Pour ce faire, un marché est passé en août 1852 avec Ernest Bollé, fondeur au Mans. Il échange l'ancienne cloche de 190 kg avec une nouvelle cloche de 250 kg, ainsi qu'un mouton, une roue et le cordage nécessaire à son fonctionnement. La cloche est transportée depuis la Sarthe et installée dans l'église avec une réception des travaux le 1er octobre 1852.

En 1869, le bras sud-ouest du transept et la chapelle attenante sont signalés en état de délabrement avancé, si bien qu'ils risquent de s'effondrer. Entre 1871 et 1872, ils sont détruits et reconstruits. La chapelle doit être voûtée d'ogives à l'image de l'ancienne chapelle seigneuriale. L’architecte recruté est Charles Carmejeanne, qui avait déjà travaillé à Lésigny pour finir la construction de la nouvelle église paroissiale entre 1867 et 1873. Le 30 juillet 1871, les travaux sont adjugés à Eugène Lavaux, entrepreneur à Yzeures-sur-Creuse. Ils sont définitivement réceptionnés le 30 mai 1872. Une grande partie des matériaux de construction provient de la destruction elle-même mais de nouvelles pierres sont acheminées depuis les carrières de Lésigny, pour le calcaire tendre, et du Grand Pressigny, pour le calcaire dur. Quant aux moellons et à la chaux, ils viennent de carrières du pays.

L'état actuel de l'église paroissiale résulte d'une reconstruction partielle et d'un agrandissement de l'édifice réalisé entre 1884 et 1885. Le montant des travaux s'élève à 30 000 francs et leur paiement est entièrement à la charge et sur les fonds propres de Ludovic Véneau, maire de la commune à l'époque. L'architecte M. Multon, qui a déjà réalisé la pompe du bourg, est recruté dés l'année 1882. La restauration est commémorée par la pose de la verrière de l'adoration des Rois mages dans la baie du chœur. L'église a aussi été restaurée à plusieurs reprises au début du 20e siècle, comme en témoignent les graffitis laissés par un maçon en 1907 et un couvreur en 1912.

En 1911, Ludovic Véneau fait don à l'église d'une cloche de 500 kg, nommée Michel-Germaine, qui rejoint une cloche de 300 kg nommée Marie-Louise.

Période(s)Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 15e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates1885, daté par source, porte la date
Auteur(s)Auteur : Carmejeanne Charles
Auteur : Multon architecte attribution par source
Auteur : Bollée Ernest-Sylvain
Bollée Ernest-Sylvain (1814 - 1891)

Fondeur de cloches au Mans, père d'Amédée-Ernest Bollée.


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Auteur : Lavaux Eugène
Lavaux Eugène

Entrepreneur à Yzeures-sur-Creuse


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entrepreneur de maçonnerie attribution par source

L'église Saint-Sylvain est située dans la partie sud-est du bourg de Mairé. Elle est construite sur un plan en croix latine, orientée vers le sud-est, maçonnée en pierre calcaire et couverte d'ardoises.

Extérieur de l'église

La façade principale est dirigée vers le nord-ouest. Elle présente une porte couverte d'un arc en plein cintre, une fenêtre couverte de même et un oculus sur le pignon découvert. Le portail principal est flanqué de quatre colonnes adossées dont les chapiteaux, à l'image des voussures de l'arc, sont décorés de palmettes et de motifs de feuilles stylisées. Une partie du parement de la façade, délimité par deux cordons, est réalisé en opus reticulatum, c'est-à-dire que les pierres sont mises en œuvre sur leurs arrêtes, formant des assises en losanges. Le cordon délimitant la partie supérieure de cette maçonnerie est supporté par des modillons sculptés de formes géométriques ou de feuilles stylisées. La fenêtre est elle aussi flanquée de deux colonnes et les claveaux de son arc sont décorés de palmettes. Elle est surmontée d'un larmier épousant la forme de l'arc.

L'ancienne chapelle seigneuriale prend place dans un appentis en pierre calcaire couvert d'ardoises, visible à proximité du transept nord-est. Elle est accessible seulement depuis l'extérieur par une porte chanfreinée et moulurée de style gothique. Elle est surmontée par le blason de la famille Lignaud de Lussac ("d'argent à trois merlettes de sable").

Le clocher carré est ouvert sur l'extérieur par huit baies couvertes d'un arc en plein cintre. Un cordon saillant situé sous les baies est supporté par plusieurs modillons, tout comme la corniche du clocher. Certains modillons de la corniche du clocher sont sculptés de visages joufflus ou grimaçants. Le toit en pavillon est couronné par une crête, une croix surmontée d'un coq et un paratonnerre, le tout en métal.

Les élévations latérales, au sud-ouest et au nord-est, sont revêtues d'enduit à la chaux et au sable et munies de petites fenêtres couvertes d'arcs en plein cintre. Les corniches de ces élévations sont aussi supportées par des modillons.

Le chevet plat, vers le sud-est, est entièrement maçonné en pierre de taille et présente un pignon découvert. Il est ajouré par une baie à remplage de style gothique.

Intérieur de l'église

L'intérieur de la nef est organisé en cinq travées. Dans la première travée, la tribune de l'église surplombant l'entrée est accessible par un escalier en vis ajouré supporté par de fines colonnettes. La tribune elle-même est supportée par une arcade formée de quatre colonnes dont deux sont engagées dans les murs latéraux de la nef.

Alors que les deux premières travées sont voûtées en arc-de-cloître, la troisième, sous le clocher, est couverte d'une coupole sur pendentifs. Sur chacun d'entre eux, un culot est sculpté d'un symbole du Tétramorphe : le lion pour saint Marc, le taureau pour saint Luc, l'aigle pour saint Jean et l'ange pour saint Mathieu. Le centre de la coupole est ouvert par un oculus par où étaient montées les cloches.

La plupart des chapiteaux visibles dans la nef sont décorés d'animaux, comme des félins ou des oiseaux, des animaux fantastiques ou d'ornements végétaux. Comme les modillons de la tribune, ils ont tous été peints en rouge et or, probablement lors d'une restauration récente.

Le chœur est voûté d'ogives. La clé de cette voûte est sculptée d'un blason de la famille Cléret, seigneurs de Mairé aux 15e et début du 16e siècle. Il se lit "d'or à deux fasces endenchées de sable".

Ce même blason est visible sur une clé de voûte de l'ancienne chapelle seigneuriale, à gauche du chœur. Elle est visible depuis la nef par deux grandes baies couvertes d'arcs brisés et fermées par des barreaux métalliques. L'espace intérieur est réparti en deux travées couvertes de voûtes d'ogives. Sous le badigeon imitant le marbre apparaissent des traces de peintures murales polychromes. Des objets liturgiques et des vêtements sacerdotaux sont aujourd'hui exposés dans cette chapelle.

Accolée au bras sud-ouest du transept vouté en berceau, une chapelle est accessible depuis le chœur. Elle est voûtée d'ogives dont les nervures reposent sur des culots sculptés. Cette chapelle accueille deux statues en pierre présentant des traces de polychromie et provenant de l'ancien prieuré de Montant à Oyré : une Vierge à l'Enfant et une statue représentant saint Jean-Baptiste selon la tradition orale.

L'escalier en vis du clocher est accessible depuis la nef, en empruntant une porte située sur le mur nord de la deuxième travée. La tourelle d'escalier, de forme octogonale, est couverte par un toit conique.

Murscalcaire enduit
Toitardoise
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte d'ogives
voûte en berceau
voûte en arc-de-cloître
coupole en pendentifs

Couverturestoit à longs pans pignon découvert
toit en pavillon
Escaliersescalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier en vis suspendu
Techniquessculpture
Représentationspersonnages animal fantastique blason feuillage ornement géométrique saint Marc saint Mathieu saint Jean saint Luc oiseau lion chronogramme tête
Précision représentations

À l'extérieur, le décor sculpté est visible sur la façade principale (nord-ouest) et sur les modillons du clocher.

À l'intérieur, ce sont les chapiteaux, les clés de voûtes et les culots qui portent le décor sculpté.

Trois blasons sont visibles dans et sur le bâtiment : un blason de la famille Cléret dans l'ancienne chapelle seigneuriale (côté nord-est), un autre de la même famille sur la clé de voûte du chœur, et un blason de la famille Lignaud de Lussac au-dessus de la porte de l'ancienne chapelle seigneuriale.

Mesures:
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protections

Annexes

  • Contentieux au sujet de la propriété de l'ancienne chapelle seigneuriale de l'église (1837) : Lettre du maire de Mairé.

    AD 86. 2 O 172 3

    « Méré, le 16 octobre 1837,

    Ce matin, Monsieur le marquis de Lussac s’est encore permis de faire percer le mur de la chapelle des anciens seigneurs pour y établir une croisée toujours de son autorité et sans en prévenir personne. Comme ce travail sans rien dire de plus peut être nuisible à la solidité des murs, je vous préviens de ce fait afin que vous m’envoyez vos instructions, ne voulant point avoir aucune discussion avec Monsieur le marquis qui se croit maître tout seul. J’attends toujours le résultat de la délibération que je vous ai adressé et qui concerne la chapelle. Monsieur, je suis votre très dévoué serviteur.

    Boutin maire. »

  • Contentieux au sujet de la propriété de l'ancienne chapelle seigneuriale de l'église (1837) : Témoignage du curé de Lésigny.

    AD 86. 2 O 172 3

    « Je soussigné certifie à qui de droit que dans l’année mille huit cent vingt cinq, M. Delacou vendant en détail la terre de Méré, me donna verbalement la chapelle dite du château ainsi que la cour y attenant, et me fit remettre les trois clefs à ce nécessaire, savoir celle de la porte de la cour qui entre dans la chapelle et les deux clefs des deux autres portes qui donnent de la chapelle dans l’église […]. Je fis murer de suite la porte de communication entre la petite cour de la dite chapelle et celle du château et je me mis à l’œuvre pour ôter les barreaux afin d’en entourer les fonts de baptême, mais les habitants de Méré en voyant un ouvrier abattre cette cloison et une charrette pour l’emporter chez lui afin de la disposer pour l’ouvrage que je lui avais commandé, crurent qu’on voulait embellir l’église de Lésigny au détriment de la leur, firent une espèce d’émeute, qui me força par prudence à me désister de mon entreprise, et comme je n’avais pas lieu d’être satisfait de la conduite des habitants de Méré, je priais M. Delacou de reprendre la chapelle et de la donner ou de la vendre à qui bon lui semblerait. Quelques jours après, M. le marquis de Lussac en devient acquéreur et en a joui paisiblement jusqu’à ce jour.

    Lésigny, 2 décembre 1837

    Saufroix, curé de Lésigny. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 172 3
  • AM. non côté, 1827-1876: Registre des délibérations du conseil municipal de Mairé.

  • AM. non côté. 1876-1890: Registre des délibérations du conseil municipal de Mairé.

Bibliographie
  • Association VGCA, Les clochers des Vals de Gartempe et Creuse, entre Berry, Touraine et Poitou, 2017.

    p. 95-100
  • Association VGCA, Lumière et couleurs: les vitraux des Vals de Gartempe et Creuse, 2015.

    p. 46, 47 ; 76, 77
  • Beauchet-Filleau, Henri. Pouillé du diocèse de Poitiers. Niort (22, rue des Halles) : L. Clouzot ; Poitiers (4, rue de l'Éperon) : H. Oudin, 1868.

    p. 82, 117, 302 Bibliothèque nationale de France, Paris : 254 BEA
  • Clouzot, Étienne, Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu, autrement dite de Bécheron, au diocèse de Poitiers, Archives Historiques du Poitou, tome 34, Poitiers, 1905.

    p. 92
  • Lalanne, abbé. Histoire de Chatelleraud et du Chatelleraudais, Châtellerault : chez A. Rivière, imprimeur-libraire, 1859.

    p. 548
  • Pouliot, Maurice ; Salvini, Joseph ; Villard, François. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Vienne, Série E supplément (Communes), Tome cinquième, Imprimerie P. Oudin, Poitiers, 1970.

    p. 179-184
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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