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Église paroissiale Saint-Rémi

Dossier IA86009691 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéessacristie
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Châtellerault-3
AdresseCommune : Leigné-les-Bois
Lieu-dit : Le bourg
Adresse : place
de l'église
Cadastre : 1833 G 47 ; 2017 AT 90

L'église Saint-Rémi (parfois orthographié Saint-Rémy) est mentionnée pour la première fois dans un document d'archives relatif à l'abbaye de Saint-Savin en 1093. En effet, pendant l'Ancien Régime, c'est l'abbé de Saint-Savin qui nommait le curé de Leigné-les-Bois.

Un diplôme de 637, attribué à Dagobert 1er, mentionne aussi l'église paroissiale en tant que dépendance de la basilique de Saint-Denis. Cependant, dès le 19e siècle, l'authenticité de ce document a été remise en question. En effet, il a très probablement été rédigé à une époque bien postérieure. Ces contrefaçons étaient courantes pendant l'Ancien Régime, notamment pour s'approprier une possession.

L'église présente des restes romans au niveau de son clocher qui pourrait dater du 12e siècle. À cette époque, une coupole sur trompes fut construite pour couvrir la travée du clocher-porche. Elle n'était pas présente dans le bâtiment d'origine car elle nécessita l'ajout d'un contrefort sur le mur sud qui est venu boucher l'accès d'une ancienne porte.

L'édifice a été partiellement reconstruit au 15e siècle, comme en témoigne la porte occidentale, la nef et le chevet de style gothique. D'après l'inscription visible sur l'élévation ouest du clocher, elle fut restaurée au 17e siècle après avoir été endommagée par une tempête. Sur l'inscription de l'église, la reconstruction est datée de 1627, mais une tempête est aussi mentionnée dans les registres paroissiaux de Pleumartin en février 1632.

Aux 17e et 18e siècles, plusieurs chapelles sont mentionnées, dédiées aux Trois Marie et à la Vierge. Il existait aussi deux autres chapelles, dites "des Lignes" et "des Potineaux", qui devaient dépendre des manoirs des Lignes et des Potineaux à Leigné-les-Bois. De plus, sur l'une des clés de voûtes de la nef, un blason meublé de trois tours est visible. Il s'agit probablement du blason de la famille Prud'homme ("de gueule, à trois tours d'argent maçonnées de sable"), mentionnée en tant que seigneurs des Lignes dès le 17e siècle. Comme en témoignent les registres paroissiaux, l'église fut aussi un lieu de sépulture pour plusieurs familles nobles de Leigné-les-Bois.

En 1810, la commune de Leigné-les-Bois alerte sur l'état de dégradation du bâtiment, qui reste cependant "une assez belle construction". La cloche est brisée et doit être entièrement refondue. Les travaux à réaliser sont estimés à 1500 francs mais le préfet refuse que la commune fasse une telle dépense. Les réparations sont donc ajournées. En 1837, l'église "tombe en ruines, faute de fonds" et le maire demande une nouvelle fois une aide financière au préfet et à l'évêché. L'architecte Renaudet (aîné), résidant à Châtellerault, est choisi pour rédiger le devis estimatif. Il signale la dégradation du carrelage en terre cuite, des maçonneries au sud du clocher, des pignons du chœur et de la chapelle Saint-Rémi et de la charpente.

La sacristie, accessible depuis le chœur, est reconstruite en 1900. En 1923, la Commune passe un marché de gré à gré avec un charpentier de Chenevelles, Marcel Morisset, pour détruire et refaire le beffroi du clocher pour un montant de 2804 francs. Les cloches sont descendues pendant les travaux, qui sont officiellement terminés en 1924.

Période(s)Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 15e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 17e siècle , porte la date
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates1627, porte la date
1900, daté par source
1924, daté par source
Auteur(s)Auteur : Morisset Marcel
Morisset Marcel

Charpentier à Chenevelles.


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charpentier attribution par source

Le bâtiment, orienté à l'est, est situé dans l'angle sud-est de la place de l'église, au centre du bourg de Leigné-les-Bois. Construite sur un plan en croix latine à chevet plat, elle est maçonnée en pierre calcaire, dont certaines présentent une teinte rougeâtre. Elles pourraient provenir des carrières de Vicq-sur-Gartempe, en particulier du hameau de Montin, où les pierres ont une couleur similaire. Quant au toit de l'église, il est entièrement couvert d'ardoises.

L'entrée occidentale est située sous un clocher-porche. La porte est couverte d'un arc en plein cintre, décoré d'une accolade. Celle-ci est décorée de plusieurs feuilles de choux sculptées, dont l'une est tenue par un engoulant. Sur l'élévation sud du clocher, une ancienne porte couverte d'un arc en plein cintre a été murée. Elle est aujourd'hui à demi-enterrée et recouverte par un contrefort. Au niveau supérieur, sur les élévations sud et nord, deux baies géminées aveugles sont encore visibles. Elles sont couvertes d'arcs en plein cintre reposant sur une colonne centrale, dont le chapiteau est sculpté. Sur l'élévation occidentale, sous la corniche, plusieurs pierres portent une inscription du 17e siècle. Elle est signé "PRD" pour père René Desturaux, curé de Leigné-les-Bois à cette époque. La corniche conserve une partie du décor roman. Une frise d'ornements géométriques, rappellant un motif de pointe de diamant, est soutenue par plusieurs modillons sculptés. Sur l'élévation nord, l'un d'entre eux représente un visage fruste. Sur un autre, un musicien joue d'un instrument à vent. D'autres modillons sculptés sont visibles du côté oriental, sous la charpente. Protégés des intempéries, ils sont en meilleur état de conservation que les modillons visibles à l'extérieur. Le clocher est surmonté d'un beffroi couvert d'un essentage d'ardoise et se termine par une toiture polygonale.

La nef est ajourée par plusieurs baies, couvertes d'arcs brisés. C'est aussi le cas pour le chevet plat, éclairé par une baie à remplage. L'élévation ouest, les bras du transept et le chevet plat présentent tous des pignons découverts. Couvrant la nef, l'ancienne charpente à chevrons formant fermes a aussi été conservée.

La sacristie se trouve au nord du bâtiment et comprend tout l'espace situé entre le bras du transept et le chevet. Une autre salle est construite de l'autre côté du transept, vers l'ouest. Une ancienne chambre mortuaire, accessible depuis l'extérieur par un escalier, se trouve au sous-sol.

À l'intérieur, le porche est couvert d'une coupole sur trompes. C'est dans cette partie de l'église que se trouve l'accès à l'escalier en vis. Maçonné en pierre, il permet d'accéder à la charpente et aux cloches. La nef et le chœur sont couverts de quatre travées voûtées d'ogives, reposant sur des supports adossés aux murs gouttereaux et dépourvus de chapiteaux. Deux blasons sont sculptés sur deux clés de voûtes de la nef. L'un d'entre comporte trois tours. L'autre a été buché, hormis le chef sur lequel des merlettes sont visibles. Les deux bras du transept accueillent des chapelles, dédiées à la Vierge au sud et à saint Rémi au nord. Elles sont elles aussi couvertes par des voûtes d'ogives qui, dans la chapelle sud, reposent sur des culots sculptés de visages archaïques.

Dans le chœur, des peintures murales anciennes sont partiellement visibles sous un décor peint contemporain. La sacristie est accessible depuis l'intérieur par une porte située dans le chœur de l'église.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moellon
Toitardoise
Plansplan en croix latine
Étagessous-sol, rez-de-chaussée
Couvrementsvoûte d'ogives
coupole à trompes
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
toit polygonal
Escaliersescalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
escalier hors-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
Techniquessculpture
Représentationspointe de diamant, ornement géométrique, accolade, engoulant, chou, musicien, personnages, tête humaine, armoiries
Précision représentations

Inscription sur le clocher :

"CETE/EGLISE/RVINEE/PAR/LA/TEMPESTE/RESTABIE/1627 PRD"

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1939/02/14

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD 86. 2 O 152 6 (1810-1931) : Leigné-les-Bois, biens communaux bâtis.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 152 6
Bibliographie
  • Beauchet-Filleau, Henri. Pouillé du diocèse de Poitiers. Niort (22, rue des Halles) : L. Clouzot ; Poitiers (4, rue de l'Éperon) : H. Oudin, 1868.

    p. 290 Bibliothèque nationale de France, Paris : 254 BEA
  • Carré de Busserolle, J.-X., Armorial des anciennes familles de la ville et de la sénéchaussée de Châtellerault, Tours, 1886.

    p. 83
  • Guillemet, Dominique. Dir., Dictionnaire des communes et pays de la Vienne. 2004, Geste éditions.

    p. 179
  • PAIN, Armelle et FORESTIER, Carine (coord.). Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic, 2002.

    p. 726, 727 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 709.446 3 PAT POI
  • Pouliot, Maurice ; Salvini, Joseph ; Villard, François. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Vienne, Série E supplément (Communes), Tome cinquième, Imprimerie P. Oudin, Poitiers, 1970.

    p. 150-165
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 227 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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