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Église paroissiale Saint-Pierre

Dossier IA00041715 réalisé en 1982
Vocablessaint Pierre
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays Ouest-Charente - pays du Cognac - Châteauneuf-sur-Charente
AdresseCommune : Éraville
Cadastre : 1834 B2 643 ; 1965 B 526 ; 2014 B 526

Aucun texte ne permet de dater l´église d´Eraville. Selon George, l´abside daterait du milieu du 12e siècle et la façade, du dernier tiers du 12e siècle. L´église aurait été restaurée au 17e siècle, avec notamment la mise en place des contreforts sur la façade. La date de remblaiement partiel du sol, du renfort du chevet dans sa partie sud et de la reprise de la nef ne peut pas être précisée. L´ensemble a été restauré entre 1857 et 1866 par Albert, entrepreneur, sous la direction de Raymond, architecte à Jarnac.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Raymond architecte

L´église Saint-Pierre est située un peu à l´écart du village, au pied d´une colline et en bordure d´un vallon, le côté sud étant beaucoup plus bas que le côté nord, la nef et le parvis ont été remblayés au moins sur un mètre d´épaisseur si l´on en juge par la partie visible du portail et l´estimation probable de sa hauteur d´origine.

Elle présente une longue nef allongée qui n´est pas partagée en travées et d´un chœur composé d´une petite travée droite et d´une abside semi-circulaire.

De l´époque romane subsistent la façade occidentale partiellement remaniée et le chevet. La façade occidentale, soutenue du côté sud par un puissant contrefort ajouté au 17e siècle, est constituée de deux niveaux séparés par une corniche et surmontée par un clocher mur dont l´arcade gauche est murée et la droite renferme une cloche.

La voussure en arc brisé du portail a été refaite à une période indéterminée, avec deux rouleaux composés chacun d´un gros tore vers l´intérieur, d´une mouluration en cavet et d´un tore plus petit et séparés par une ligne de pointes de diamant. Les chapiteaux sont très érodés et les piédroits enterrés sur au moins la moitié de leur hauteur d´origine. Le portail est encadré de deux contreforts colonnes qui s´interrompent sous la corniche qui souligne le premier étage. À sa gauche, du côté nord, se trouve une arcature aveugle avec une voussure composée de deux rouleaux sans décor et une archivolte torique. Il n´y a pas de trace d´arcature du côté sud, mais cette partie a été reprise au 17e siècle pour la mise en place du puissant contrefort dans l´angle. La présence d´un corbeau au-dessus de l´arcature nord et de deux traces d´arrachement au même niveau au-dessus du portail laissent supposer l´existence d´un porche en avant de la façade.

La corniche est ornée d´un motif en damier et portée par dix modillons dont la plupart, trop érodés, sont devenus illisibles. On devine néanmoins des têtes humaines et animales et un tonnelet.

Au second niveau, la baie centrale, sous une grande arcature, est encadrée de deux arcatures aveugles plus basses. À l´origine, il y avait probablement cinq arcatures à ce niveau : du côté nord se voit encore le départ d´un arc vers la gauche. La partie nord de l´arcature la plus au nord a été détruite par la reprise au nord pour mettre en place un contrefort perpendiculaire au mur nord et dont la face ouest se trouve dans l´alignement de la façade. L´arcature la plus au sud est masquée par le puissant contrefort plaqué postérieurement au sud de la façade.

Les archivoltes des trois arcs qui subsistent sont ornées de deux lignes de dents de scie. Les deux rouleaux de l´arcature centrale sont séparés par un cordon à décor d´entrelacs. Les tailloirs des chapiteaux qui reçoivent les arcatures sont décorés d´une ligne de pointes de diamant surmontées d´une ligne de dents de scie et se prolongent en cordon dans les arcatures. Dans l´arcature nord, entre les deux colonnes, est inséré un relief très érodé dans lequel on devine un personnage debout.

L´arc sud de l´arcature de l´étage retombe sur des chapiteaux sculptés. À gauche se trouve un chapiteau double décoré de feuillages et d´entrelacs ornés les uns et les autres de perles. Le chapiteau droit, simple, présente le même décor. Sur les deux parements de la nef se trouvent des signes lapidaires. La nef n´est pas épaulée de contreforts intermédiaires, mais seulement par un contrefort à l´extrémité ouest et un autre à la jonction avec la travée droite du chœur. Le mur nord de la nef ne présente aucune fenêtre, alors qu´il y en a deux sur le mur sud (la fenêtre la plus à l´ouest, murée lors de l´étude de 1982, a été rouverte depuis). Les corniches des murs gouttereaux ne sont pas portées par des modillons, mais du côté nord, l´un des éléments de la corniche est orné d´une tête humaine.

Le chevet, constitué d´une travée droite et d´une abside semi-circulaire, est renforcé à sa base par un soubassement visible notamment à l´est et au sud, en raison de la différence de niveaux. Le sommet de ce soubassement est orné d´une moulure dans le prolongement des bases des colonnes. Il est constitué de quatre arcatures séparées par des colonnes engagées dans le mur qui portent les retombées des grands arcs, avec une fenêtre couverte en plein cintre dans l´axe de la nef et une fenêtre murée dans l´arcature nord-est. Les chapiteaux des colonnes, qui portent des éléments de la corniche sont ornés de motifs végétaux érodés. Du côté sud, la travée droite du chœur a été entièrement reprise et renforcée par deux puissants contreforts, avec une fenêtre qui ne correspond plus à la fenêtre d´origine. La partie sud-est de l´abside, sans arcature, est en léger décalage par rapport à l´arcature orientale, avec un retrait correspondant à peu près à l´épaisseur d´un parement.

L´arc de l´arcature nord est constitué d´un seul rouleau avec archivolte ornée d´un motif en entrelacs très érodé, les trois autres arcs sont formés de deux rouleaux surmontés d´une archivolte très érodée au nord-est et d´une archivolte très partiellement conservée, ornée de pointes de diamant, à l´est. Les arcs reposent sur des impostes qui se prolongent en cordon dans les arcatures. La corniche, ornée de rectangles allongés penchés vers la gauche, est portée par les chapiteaux des colonnes et par trois modillons, sculptés de têtes humaines et animales, entre chaque chapiteau.

La nef forme un long rectangle surmonté à charpente apparente. Deux fenêtres, dont celle la plus à l´ouest est murée, sont percées dans le mur sud (le mur nord est aveugle) et suggèrent l´existence, à l´origine, de deux travées. Aujourd'hui, il ne subsiste que les traces d´un arc doubleau au revers de la façade et les vestiges d´une arcade aveugle dont il ne subsiste que le départ dans l´angle sud-ouest de la nef.

La nef est séparée du chœur par un arc doubleau en plein cintre reposant sur des colonnes sur dosseret à chapiteaux nus.

Dans le chœur se trouve une arcature composée de sept arcs retombant sur des chapiteaux non décorés. Les colonnes séparant ces arcs ont disparu. Les arcs sont de largeur irrégulière, les plus étroits sont couverts en plein cintre, les plus larges, notamment l´arcade centrale et celle située à sa droite, en arc surbaissé. Les deux arcs suivants, du côté sud, sont les plus étroits avec des chapiteaux différents, probablement refaits lors de la reprise de ce mur. Les fenêtres, dans la troisième arcature en partant de la gauche (aujourd'hui murée) et dans l´axe (quatrième arcature), sont encadrées de fines colonnettes à bases moulurées et chapiteaux sculptés. Le chapiteau gauche de la fenêtre nord est sculpté de rinceaux de feuillages et d´une feuille retournée à l´angle. Le chapiteau droit présente en bas une rangée de cinq petites feuilles et en haut, trois grandes feuilles se retournant en crosse aux angles de la corbeille. Sur le chapiteau gauche de la fenêtre d´axe se trouvent deux quadrupèdes affrontés et se retournant en arrière, un sur chaque face de la corbeille ; leur queue, qui est passée entre leurs jambes, se termine par une grande feuille. Sur le chapiteau droit de la même fenêtre s´affrontent deux quadrupèdes à la tête commune placée à l´angle de la corbeille.

Le cul-de-four de l´abside s´appuie sur une corniche.

Murscalcaire pierre de taille
Toittuile creuse
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementscul-de-four
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
croupe
Techniquessculpture
Représentationsornement végétal, feuille ornement géométrique, pointe de diamant, dent de scie, damier ornement en forme d'objet, tonneau ornement figuré, tête humaine ornement animal
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1965/05/31
Précisions sur la protection

Eglise Saint-Pierre (cad. B 526) : inscription par arrêté du 31 mai 1965.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1842, 12 juillet. Devis estimatif des travaux à faire pour réparer la toiture de l'église et le tambour du clocher de la dite église.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : O Eraville
  • 1856, 18 avril. Délibération du conseil municipal. L'église est presque tombée en ruine et aurait besoin qu'il y fut promptement fait des réparations.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : O Eraville
  • Travaux de Raymond, architecte à Jarnac, 1857-1858. 1857, 29 mars. Devis estimatif des réparations à faire à l'église d'Eraville. Architecte Raymond de Jarnac. 1862, 29 octobre. Mandant de paiement pour M. Albert, entrepreneur.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : O Eraville
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    4 p., 5 fig Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Documents figurés
  • " Eraville, église " 1904. Photographie. [Société archéologique et historique de la Charente, fonds George, tome XI, pl. 407 et 409]. - nef, vue est-ouest. - abside. - crucifix.

    Société archéologique et historique de la Charente, Angoulême : Fonds George, tome XI, pl. 407 et 409
Bibliographie
  • Cadet, Alberte. Eraville, qui fut mon horizon. Bulletins de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, tome 19, 1985.

    p. 27
  • Cadet, Alberte. Les cloches de nos provinces. Société d'Etudes folkloriques du Centre-Ouest, 1972, numéro spécial.

    p. 147, 155
  • Cadet, Alberte. Les saints patrons des églises romanes de Charente. Bulletin de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, t. 12, 1978.

    p. 295
  • Cadet, Albertine. Un drame dans la campagne charentaise. Aguiaine : Revue de la Société d'Études folkloriques du Centre-Ouest, tome XXII, 1990.

    p. 149 : ill. p. 150 [sur la cloche datant de 1857].
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge 1952-1961. T. 3, Saintes : Delavaud, 1959.

    p. 74-75
  • Daras, Charles. Les façades des églises romanes ornées d'arcatures en Charente. Leur origine, leur filiation. Bulletin monumental, tome 119, 1961.

    p. 125 n. 3, 126
  • George, Jean. Aperçu général sur les églises de la Charente. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 8ème série, tome 22, 1932.

    p. 31
  • George, Jean. Les églises de France : Charente. Paris : Letouzé et Ané, 1933.

    p. 108
  • Lotte, René ; Constantin, C. Comptes rendus. Mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 1977-1978. (Communication d'Alberte Cadet).

    p. XXXVII
  • Nanglard, abbé J. dir. Livre des fiefs de Guillaume de Blaye. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 7e série, tome 5, 1904-1905.

    p. 239, 241, 283
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 2, 1892.

    p. 145-146
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 4.

    p. 441-442
  • Ternet, Sylvie. Les églises romanes d'Angoumois. Tome I. Bâtisseurs et modes de construction en Angoumois roman. Paris : Le Croît vif, 2006.

    p. 101, 142, 157, 186, 200, 266, 363
  • Ternet, Sylvie. Les églises romanes d'Angoumois. Tome II. 75 églises de l'Angoumois roman. Paris : Le Croît vif, 2006.

    p. 560

Liens web

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Riou Yves-Jean - Sarrazin Christine - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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