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Église paroissiale Saint-Pierre - Saint-Sauveur

Dossier IA19000200 réalisé en 2008

Fiche

Vocablessaint Pierre, saint Sauveur
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonCollonges-la-Rouge - Meyssac
AdresseCommune : Collonges-la-Rouge
Cadastre : 1831 C1 181 ; 2007 AI 185

Cette église romane fortifiée, placée sous le double vocable de Saint-Pierre et Saint-Sauveur, a été construite vers 1060-1070. De l´édifice roman primitif seule la travée sous clocher, de plan carrée, est conservée. En effet, les piliers de la croisée du transept et les arcs en plein-cintre surhaussés datent du 11e siècle et la coupole du clocher est du 12e siècle. Le chœur date du 13e siècle et la nef nord du 15e siècle.

Cette église a connu des agrandissements et des transformations successifs au cours des 12e et 15e siècles sur lesquels nous n´avons que très peu de renseignements. Toutefois, nous savons que durant la seconde moitié du 14e siècle, Barthélémy de Vassignac, fils du seigneur de Collonges, permet l'octroi de dons importants à la communauté bénédictine pour agrandir l'église et la doter d'éléments fortifiés. Au 15e siècle, cette église qui est jugée trop petite est agrandie au nord où une seconde nef est édifiée. A la fin du 16e siècle, le vicomte de Turenne, seigneur suzerain, entraîne son vassal dans le clan protestant. Une tradition locale raconte, à ce propos, que le culte protestant s'exerçait dans la nef sud qui était alors isolée du transept par une cloison et reliée au-dehors par une petite porte. Mais aucun document n'étaye vraiment cette hypothèse.

Dans la nef sud, quatre chapelles s'ouvrent : les trois premières datent du 15e siècle alors que la quatrième, située près du chœur, a été fondée au 16e siècle. Dédiée à saint Jacques, elle a servi de sacristie jusqu´en 1987. A ce propos, l´examen des devis des travaux à réaliser dans l'église de Collonges datant de 1836, nous indique qu´il existait bien une petite sacristie accolée au mur gouttereau sud de l´église. Cette sacristie, qui offrait une surface d'environ 54 m2, a été détruite lors de la première campagne de réparation de l'église.

Au 17e siècle, les fenêtres gothiques de la nef nord sont remplacées par des baies vitrées destinées à faire pénétrer davantage de lumière. Mais aucune d´entre elles n´a été conservée. En effet, d´après les informations recueillies dans un des rapports de restaurations conservés à la Médiathèque du Patrimoine, nous savons qu´il ne restait plus aucune trace des anciens vitraux et que des clôtures en bois garnissaient déjà les baies. Ces dernières ont été remplacées en 1934 par des vitraux sous plomb à dessins géométriques et exécutés en verre patiné et teinté. Celui de la chapelle sud qui appartenait à la famille Cardaillac de Nozières, (1ère travée), est l´œuvre du maître verrier Francis Chigot qui l´a réalisé en 1937 (cf. IM19001447). La chapelle qui se situe près de la porte est qui est la plus basse de toutes appartenait aux Cardaillac de Nozières.

Au 19e siècle, il est décidé de remettre en état les toitures de l´église. Mais ce n´est qu´après son classement, le 4 avril 1905, que de véritables restaurations sont engagées. Le clocher roman est dégagé et restauré en 1907 par l´architecte Henri Chaine. En 1923, son successeur, Louis-Albert Mayeux entreprend d´importantes réparations sur le mur-pignon occidental et découvre les restes du portail du 12e siècle. C´est d´ailleurs à cette occasion que les fragments du tympan furent remis en place. Les parties manquantes furent remplacées par des pierres neuves. Toujours, selon la tradition locale, c´est au moment des guerres de religion que le portail roman aurait été démantelé et les fragments sculptés du tympan placés au sommet du pignon ouest, hors de portée des Protestants.

Entre 1984 et 1986, l´architecte en chef des monuments historiques, Gabor Mester de Paradj replaça d´autres éléments du portail et compléta la sculpture. Les dernières interventions importantes ont été réalisées en 1986 et 1987 avec une réfection complète des couvertures. Les travaux de restauration réalisés en 1982 sur le porche, la sacristie et le dallage de l´entrée ont révélé que le sol originel de l´église se trouve, sans doute, à 1 mètre voire parfois à 1 mètre 20, en dessous du niveau du sol actuel. C´est pourquoi, les bases des colonnes qui portent la voûte sont aujourd'hui invisibles car elles sont enfouies sous le sol actuel. De ce fait, on peut en déduire que les chapiteaux des colonnes se trouvaient autrefois à trois mètres du sol. Pour se rendre compte du décalage il faut imaginer que le sol de l´église se situait au niveau de celui de la place de l´église.

Lorsque le comblement de l´église a été réalisé avec la terre provenant de l´ancien cimetière (d´où la présence d´ossements dans le sol de l´église découverts lors de fouille en 1985) les arcs romans avec leur forme arrondie ne permettaient plus le passage des fidèles, on les transforma donc en style gothique sans rien changer du caractère roman du reste de l´église.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 1er quart 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates1841, daté par travaux historiques
1905, daté par travaux historiques
1907, daté par travaux historiques
1923, daté par travaux historiques
1934, daté par travaux historiques
1984, daté par travaux historiques
1986, daté par travaux historiques
1987, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Chaine Henri (architecte)
Chaine Henri (architecte) (1847 - (19..])

Né à Barcelone en 1847. Ancien élève de l'école des Beaux-Arts (promotion 1869), de Questel et de Pascal, nommé rapporteur le 3 mai 1883. Architecte du Gouvernement et des monuments historiques, il a codirigé avec A. de Baudot l'Encyclopédie d'architecture.


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architecte des Monuments historiques attribution par travaux historiques
Auteur : Mayeux Louis-Albert
Mayeux Louis-Albert (1872 - 1931)

Ancien élève de l'école des Beaux-Arts (promotion 1890), de Laloux et de son père Pierre-Henri Mayeux. Il est diplômé en 1895.


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architecte des Monuments historiques attribution par travaux historiques
Auteur : Mester de Parajd Gabor
Mester de Parajd Gabor

architecte des Monuments historiques


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architecte des Monuments historiques attribution par travaux historiques

Cette église paroissiale, de plan irrégulier atypique, est composée de deux nefs juxtaposées à chevet plat, de longueurs inégales. On remarque que toutes les clefs de voûtes sont sculptées soit de figures bibliques soit de représentations géométriques. Cet édifice est surmonté de deux clochers, l'un octogonal situé sur la troisième travée de la nef méridionale et l'autre, sur la première et deuxième travée de la nef septentrionale. Une tourelle carrée à vocation défensive s'élève entre la première et la deuxième travée de la nef méridionale. Les parties les plus remarquables de cet édifice sont le clocher octogonal et le portail divisé en deux baies à arcs polylobés d´inspiration hispano-mauresque.

Le clocher, qui compte sept niveaux et s´élève à 20,65 mètres de haut, domine largement l´église. Il est constitué d´une tour carrée à deux étages, ajourée de baies en plein-cintre, flanquée de frontons (ou gâbles) ménageant la transition entre le plan carré et le plan octogonal. La couverture conique qui remplace l´ancienne flèche en grès rouge complète cet ensemble. C´est l´un des plus anciens prototypes des clochers romans du Limousin.

A l´intérieur de la nef méridionale, quatre chapelles sont ouvertes. La chapelle située près du chœur (4ème travée sud) a été fondée par Etienne de Vassignac. Dédiée à saint Jacques, elle s´ouvre sur la nef par une arcade en plein-cintre et communique avec une seconde chapelle par une arcade brisée. Les deux autres chapelles sont moins hautes que les précédentes. Celle de la seconde travée dispose d'un siège du guetteur. Elle a été remaniée lors de la construction de la tour du guetteur. La tour carrée située sur l´élévation sud est percée de meurtrières et d´archères. La partie supérieure de cette tour est partagée en deux étages. Du haut de la tour une fenêtre de guet permettait de surveiller l´horizon. On pénétrait autrefois dans cette tour par une ouverture carrée qui est désormais murée. Aujourd'hui, l´accès n´est possible que par le comble.

A côté du portail, on peut voir les restes (murés) de ce qui aurait pu être une entrée secondaire de l´église couverte d´une voûte en berceau classique. Enfin, toujours sur l´élévation ouest, on remarque quelques vestiges d´éléments défensifs. En effet, trois corbeaux en quart de rond rappellent la présence d´une ancienne bretèche.

Mursgrès moellon
calcaire pierre de taille
grès pierre de taille
Toitardoise
Plansplan régulier
Étages2 vaisseaux
Couvrementsvoûte en berceau
voûte d'ogives
État de conservationrestauré
Techniquessculpture
Représentationsornement géométrique ornement végétal personnages agneau mystique
Précision représentations

Entrelacs géométriques ; décor figuré en spirale ; décor floral ; évêque bénissant ; Agneau Pascal.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Éléments remarquablesportail, clocher, nef, chapiteau
Protectionsclassé MH, 1905/04/04
Précisions sur la protection

Classée MH par arrêté du 4 avril 1905.

Annexes

  • AD Corrèze. 20 426 : Devis des réparations de l'église de Collonges (1839).

    Ce document conservé aux Archives Départementales de Tulle, donne une description précise des réparations entreprises par la commune de Collonges sur son église. On apprend que le pavillon de l'horloge est établi sur la charpente du clocher et qu'il a une forme octogonal. Sa construction a nécessité 32 poteaux, 16 sablières, 16 chevrons et 16 appuis ou linteaux pour les 8 ouvertures. Ce pavillon de l'horloge est couvert d'ardoises. En outre, il est précisé que Jean-Baptiste Paintandre, fondeur de cloche demeurant en Haute-Marne est chargé de refondre la petite cloche fêlée de l'église de Collonges.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Corrèze. Série O ; 2 O 424 - 426. Administration et comptabilité des communes (An VIII-1940) : édifices et travaux [Presbytère (1812-1927), Culte (1853-1923) ; Maison d'école : Aliénation et acquisition (1834-1869) ; Monument aux morts (1922) ; Installation d'une école des filles (1882) ; Construction (1888-1914) ; Mairie (1809-1936) ; Plan de la mairie (1875) ; Cimetière : transfert (1839-1858). Agrandissement (1920-1934). Concessions (1858-1940). Plan de 1839 ; Halle : réparation de la toiture (1839-1868) ; Culte (1853-1923) ].

    Archives départementales de la Corrèze, Tulle : 2O 427, 426 - 428
  • MEDIATHEQUE DE L'ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE, Paris. Archives du Patrimoine. C13 81/19. Collonges, [s.d.].

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : C 13 81/19
  • AMH. Archives du Patrimoine. Rapport n° 595 de l'architecte Mayeux, du 15 novembre 1923. Paris.

    Archives des Monuments Historiques, Limoges : non coté
  • AMH Limoges. Arrêté de classement de l'église paroissiale de Collonges-la-Rouge (Corrèze). 4 avril 1905.

    Archives des Monuments Historiques, Limoges : non coté
Bibliographie
  • SOULIE, Gabriel. Collonges, l´église. In CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE (84 ; 1921 ; Limoges). Paris : A. Picard, 1921.

    p. 20-178 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : non coté
  • COLLE-MADIES, Karine. Collonges-la-Rouge, clocher de l'église Saint-Martin. In CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE (163 ; 2005 ; Paris). Monuments de Corrèze. Paris : Société Française d'Archéologie, 2007.

    p. 125 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : (19) 72 SOC
  • Françoise MACARY, Marie-Madeleine. Collonges. 38 p : ill. La Pierre-qui-Vire : Les Presses monastiques, 1972. (Zodiaque).

    p. 2-29 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : (19) COL 9
  • POULBRIERE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et archéologique des paroisses du diocèse de Tulle. 1ère éd. 1842-1917 ; 2e éd. Brive : Imprimerie Chastrusse et Cie, 1964-1966.

    p. 325 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : (19) 94 POU
  • PROUST, Evelyne. La sculpture romane en Bas-Limousin : un domaine original du grand art languedocien. Paris : Picard, 2004. (br.). Sources d'archives p. 346, bibliographie p. 348, index des noms de lieux p. 351. ISBN 2-7084-075-8.

    p. 258-263 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : (19) 73 PRO
Périodiques
  • BIAL, Paul. Leodunum ou le Puy de Vézy. Monographie de Collonges (Corrèze). Bulletin de la société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, 1896.

    p. 4-8 Archives départementales de la Corrèze, Tulle : br 4719
  • LABORDERIE, A. de. L'Eglise de Collonges. Bulletin de la société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, 1931, t. 53 (1ère livraison).

    p. 11-37 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : R 06
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Ville de Collonges-la-Rouge (c) Ville de Collonges-la-Rouge ; (c) Monuments historiques (c) Monuments historiques - Brahim-Giry Agnès
Brahim-Giry Agnès

Chercheur SRI Limousin (2007-2016) - Responsable de l'Unité Études et Ressources documentaires, site de Limoges (2016-2017 ) - Responsable de l'Unité Recherche-Photographie, Limoges-Poitiers (2017-


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- Brahim-Giry Agnès
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Chercheur SRI Limousin (2007-2016) - Responsable de l'Unité Études et Ressources documentaires, site de Limoges (2016-2017 ) - Responsable de l'Unité Recherche-Photographie, Limoges-Poitiers (2017-


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